Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert

Après plus de 10 millions de livres vendus dans le monde, une multitude de traductions et une adaptation au cinéma avec Jennifer Lopez dans le rôle principal, je m’attendais à un livre assez marketing, assez « niais »,voguant sur la vague du « je prends soin de moi », du yoga et du « je cherche mon moi intérieur ».

Bien mal m’en a pris. Première surprise : c’est un roman autobiographique, d’ailleurs plus bio que roman ; moi qui pensais avoir affaire à une pure fiction… Et deuxième surprise (encore plus agréable) : ce livre est TOUT sauf niais. Il est profond, il est exotique, il est sensible, il est opressant mais aussi libérateur.

La narratrice qui est aussi l’auteure nous raconte comment, à la suite d’un divorce très difficile et d’une grave dépression, elle a décidé de reprendre sa vie en main pendant une année. Une année où elle allait libérer de tous ces poids morts, une année de découvertes plus ou moins personnelles où toute sa vie et son attitude seront remises en question. Elle qui dans son métier a eu plusieurs fois l’occasion de voyager révisera profondément le sens de ce mot, loin de toutes notions de tourisme ou de mercantilisme.

Elle débute par l’Italie (« Mange ») où elle apprend à se faire plaisir ; elle qui était du genre à manger un yaourt de soja saupoudré de graines au petit-déjeuner découvre le vraie gastronomie, ses sens se réveillent et réapprennent à savourer. Tombée amoureuse de la langue italienne, elle se surprend à aimer son corps, à se rédécouvrir toute entière en se rappelant qu’elle est être humain et donc être de désir.

Puis elle part pour l’Inde (« Prie »), dans un ashram pour se soumettre à la discipline sévère du yoga. Des belles rencontres aux remises en question, Elisabeth devra se poser, partir en méditation, persister, faire le vide pour que son moi profond fasse la rencontre divine, l’état magique du yogi averti où tout l’univers se déploie devant vous, son fonctionnement et les problèmes qu’ils soulèvent se résolvent d’eux-mêmes dans vos pensées. Un apaisement dur à obtenir où la tenacité mais aussi la sagesse permette un grand pas en avant pour retrouver une sénérité sincère et profonde.

Apaisée, elle finit son voyage en Indonésie (« Aime »), le dernier des trois « I » de son périple. Ici, elle suit le quotidien d’un sorcier-guérisseur balinais, découvre la méditation indienne, renoue avec la vie dans cette ville si agitée et particulière qu’est Bali. Bercé par des rites religieux très codés et un système de castes primordial, la vie indonésienne lui permet de faire la connaissance de gens extra-ordinaires au sens littéral du terme qui changeront à jamais sa vision du monde. Elisabeth se rend compte alors que la vie vaut la peine de ressentir, d’éprouver… d’être vécue !

C’est plus qu’un voyage, c’est un périple, une initiation au bonheur et à la sagesse à laquelle nous avons la chance d’assister. Entré dans l’intimité profonde de la narrratrice, le lecteur n’est pas perdu : tout est parfaitement expliqué (les notions de yogas, la vie balinaise…) sans être trop descriptif ou posséder un côté ennuyeux. Sans pour autant parler avec « légéreté », l’auteure évoque ses problèmes passés avec franchise, sang-froid mais en réussissant tout de même à nous faire ressentir l’état émotionnel qui l’occupait à ce moment-là. L’écriture est très fluide, les pages glissent entre nos mains sans nous en rendre compte, on traverse des kilomètres, des centaines de péripéties et d’expériences en quelques heures mais ces quelques heures laissent dans notre âme une impression perceptible. L’impression qu’il est peut-être temps pour nous aussi de nous remettre en question, de revoir si nos désirs sont réels ou bien inutiles, si nous nous connaissons vraiment, si nous savons ce qu’est l’amour, ce qu’est la sagesse. C’est une vision de la vie personnelle certes, mais aussi universelle car sa portée dépasse les générations, les religions, les différences culturelles. Une lecture plus que conseillée pour tout ceux qui souhaitent goûter à l’exotisme, avoir le témoignage d’un changement de vie radical, suivre l’évolution d’une existence sur le point de se révolutionner. C’est un livre-médicament, une bible indolente de la sagesse et une invitation paisible au voyage ou invitation résolue à une mutation de nos vies.

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2 réflexions au sujet de « Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert »

    • Erf oui c’est JULIA ROBERTS.
      Bon, en même temps, elles font souvent le même genre de film, on aurait presque pas vu la différence 😉
      Enfin, si. Julia Roberts est plus douée pour jouer la dépressive, c’est tout.

      Heureusement que les Plumes sont là pour me corriger, merci !

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