Apocalypse Bébé, de Virginie Despentes

Parce que c’est Virginie Despentes, ça fait longtemps que je repousse la lecture d’Apocalypse Bébé. Je me disais toujours que cette auteur à l’écriture sulfureuse n’était pas pour moi. Je me croyais au-dessus de ces pauvres lecteurs qui adulaient ces romans car elle était un peu plus vulgaire que la moyenne. Heureusement, à l’occasion de la sortie poche de l’ouvrage, j’ai laissé mon orgueil surdimensionné et injuste de coté pour prendre une grosse claque. Aujourd’hui je remercie cette auteure sans qui j’aurais gardé mes a priori réacs tous pourris…
Comment vous décrire en deux mots cette histoire ? Dans les faits, on suit Lucie, une privée chargée de suivre à la trace Valentine, ado friquée et turbulente. Mais au détour du métro, celle-ci s’évanouit dans la nature. Lucie hérite donc pour la première fois de sa carrière d’un dossier d’enquête sur une disparition. Paumée, elle contacte la Hyène, routière de cet univers, aux principes parfois limites, à l’instinct et à la réactivité effrayants. Elles partent alors sur les traces de Valentine entre banlieue parisienne, plages espagnoles, et couvent barcelonnais. Pas forcément complémentaire, ce duo arrive tout de même à avancer jusqu’à la fin plutot… surprenante.
On erre entre amours lesbiens, groupe de trash metal, ados bobos et violence gratuite. Le monde qui nous est décrit est peut-être un peu cliché, un peu too much mais franchement, ça nous est égal. Le livre ne se caractérise pas par son action trépidante, toutefois vous ne serez jamais en repos parmi toutes ces consciences que l’auteur met en lumière chapitre après chapitre. On découvre des personnalités étranges, torturées, vénales, manipulatrices, perdues, désespérées. Et c’est libérateur de voir ces situations glauques, noires et sales. Pouvoir de la catharsis puissance 1000 en action.
Je comprend aujourd’hui la passion de ces lecteurs pour ces fruits défendus que met à notre disposition Virginie Despentes. Son écriture est incisive, sans faux semblants. Elle écrit juste, selon la situation, le personnage, l’atmosphère. On est bercé de façon névrotique par ce flot de mots tranchants et vrais. C’est une plume venus d’ailleurs qui n’a pas peur de ce qu’elle dit et nous rentre dedans, agressivement, et franchement, on adore ça. Elle décortique ses personnages au plus profond de la noirceur de leur être. Elle explore des univers peu connus, peu mis en lumière. Elle touche des points sensibles et cachés de notre insconscient. Elle met le doigt là où ça fait mal.
Apocalypse Bébé a obtenu le prix Renaudot en 2010. Et on comprend pourquoi.

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4 réflexions au sujet de « Apocalypse Bébé, de Virginie Despentes »

  1. Alors, depuis, tu as renouveler l’expérience Despente ? En effet, j’avais beaucoup aimer ce livre ! Et tout à fait d’accord avec toi, l’apriori joue trop avec ou contre, en l’occurrence, cette auteure :/

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