Miserere, de Jean-Christophe Grangé

Aujourd’hui, je sors de mon parcours habituel de lecture pour vous présenter un trhiller. Jean-Christophe Grangé est un des rares auteurs qui arrive à me happer complètement dans son histoire. Pour son Miserere, j’ai fait nuit blanche et dévorer les pages à la vitesse de l’éclair de ce roman noir.

Ce livre racontre l’histoire de Lionel Kasdan, un policier d’origine arménienne, à la retraite. Un jour, le maître de chorale de son église, Goetz, est assassiné de façon bien étrange : il serait mort de douleur. En effet, ses tympans ont été percés, ses os auriculaires endommagés ; l’arme du crime devait être vraiment très fine et solide, pourtant elle n’a laissé aucun résidus sur l’os. Très vite, plusieurs hypothèses s’offrent à Kasdan qui se penche sur cette enquête malgré sa retraite. Peut-être un crime homophobe ? Car très vite, le policier découvre l’ami de Goetz. Ou un meurtre politique : le chef de choeur est un réfugié politique chilien. Mais les pistes se multiplient, les éléments disparates et étranges s’accumulent. Kasdan s’associe alors à Cédric Volokine, la trentaine, un agent à qui tout réussit, 98 % de taux de résolution pour les affaires qui lui sont confiées. Mais Volo est un peu particulier : il est héroïnomane, c’est dans un centre de désintoxication que Kasdan vient le chercher. Entre eux deux va se tisser une relation pudique et forte. Ils se complètent sur le plan professionnel, le jeune entraînant le retraité sur des pistes moins conventionnelles, et admettant plus facilement les indices incompréhensibles qui s’entassent dans cette enquête. Mais cette affaire prend une tournure de plus en plus étrange entre voix d’anges, rires d’enfants, tortures expérimentales et dérives sectaires… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher votre lecture, mais vous pouvez me croire, le fin de l’histoire est assez ahurissante !

« Les deux enquêteurs l’avaient compris : leur enquête était un cyclone et ils étaient à l’intérieur de l’oeil. Il n’y aurait aucun moyen de s’arrêter jusqu’à son terme. Et surtout pas de rationaliser les données de plus en plus cinglées qui leur tombaient dessus. »

Les deux personnages sont vraiment intéressants. Comme presque tous les policiers de thriller, ils ont leur côté mélancolique et dépressif mais Grangé a su in extremis ne pas tomber dans le piège du déjà-vu. Volokine et son combat pour arrêter l’héroïne est vraiment touchant de sincérité ; il ne se prend pas pour un paria même s’il sait son appartenance indéniable au monde des junkies. Il accepte ce côté-là et essait d’aller au-delà. Quant à Kasdan, son passé reste flou, peut-être un peu tiré par les cheveux voire carrément cliché, on appréciera quand même ce côté gros dur qui essait de ne pas dévoiler ses sentiments que ce soit aux autres ou à lui-même : il y a vraiment des passages pleins de sensibilité concernant cette partie du personnage. Leur relation n’est presque pas explicitée, sauf parfois le sentiment parternel que peut éprouver l’arménien pour Volo ; tout est illustré par des gestes, des comportements qui sont flagrants de vérité.

L’intrigue, elle, est parfaite. Elle nous tient en haleine sans pour autant nous faire péter un cable ! L’écriture est posée, on sent l’écrivain qui maîtrise son art, qui reste assez distant de son texte pour ne pas lui-même se laisser emporter et déborder. Je regrette tout de même les quelques flashbacks liés au passé de Kasdan auquel je n’ai pas vraiment adhérer : ça a par moment véritablement gêné ma lecture. Ma grande déception reste le final : Grangé devait avoir hâte de finir son roman. Certes, c’est de l’action, mais même là, ça reste pauvre et trop pressé. On s’attend à quelque chose de plus palpitant, à la hauteur du reste de l’oeuvre, on s’attend à plus d’explications, un petit épilogue. Là, je reste sur ma faim, une fin que je trouve bâclée ; même si, dans le contenu, l’idée est très bonne, c’est juste l’écriture qui ne va pas. Mais cela ne concerne que les trente dernières pages, le reste de l’ouvrage est vraiment prenant et vous engouffre dans un tourbillon de suspicion, de doute. Vraiment une lecture que je vous conseille si vous voulez changer d’air quelques heures.

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3 réflexions au sujet de « Miserere, de Jean-Christophe Grangé »

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