jPod, de Douglas Coupland

Je vais vous parler d’un roman complètement barré, à l’écriture que j’aurais peine à décrire, qui sait offerte une liberté bien rafraîchissante dans le milieu romanesque. Bref, une petite poudre blanche à sniffer cachée dans les replis des pages. Je vous présente jPod de Douglas Coupland (un auteur dont je vais dévorer la bibliographie maintenant).

Attention, âmes sensibles ou conservatrices s’abstenir, ici, il y a du lourd. Entre les situations improbables, les personnages bizarres, l’entreprise horriblement mal gérée… il y a de quoi faire de l’épilepsie littéraire, mais sincèrement, ce sentiment de lire un style borderline est foutrement agréable.

Nous sommes à jPod, une enclave dans une entreprise de jeux vidéos, qui renferme quelques spécimens de geeks bien gratinés : le John Doe qui veut se fondre dans la masse (qui a une maman lesbienne-hippie-reconfiguronsnosovaires), le narrateur Ethan qui veut bien résoudre toutes les situations (avec un papa acteur fan de danse de salon, et une maman qui tue des bikers et cultive du cannabis dans le garage), la fille un peu nymphomane sur les bords, la patron qui aime les tortues parce qu’il est divorcé… Il y a de quoi faire. Surtout si vous mélangez tout ça et que vous les faites interagir ensemble. Ça crée des situations farfelues, rocambolesques et complètement tirées par les cheveux. Mais on accepte, car un peu de folie, ça fait du bien parfois.

Le fil conducteur (même si les intrigues sont multiples, parallèles ou croisées), c’est la création d’un jeu, qui va passer du tout à son contraire. Je ne peux pas vous en dévoiler plus, ça vous gâcherait le plaisir. Mais sachez que dans ce roman, il y a aussi des Nikes contrefaites, des Ronald MacDonald maléfiques, des fougères arrachées, des coming-out, des clandestins chinois, Douglas Coupland se mettant en scène lui-même, des vols de vie, un peu de cocaïne, des post-it en pâte d’amande et les décimales de Pi. Ah et des pages bizarres avec des messages de pubs internet, des chiffres aléatoires, « nouilles ramen » écrit en boucle et j’en passe.

 

Comprenez mon problème : je suis très enthousiaste, je veux vous pousser à lire ce… cette chose, mais elle est indescriptible, c’est un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). C’est quelque chose de complètement barré, déglingué, écrit par un psychotique en pleine inspiration mystique (je ne peux pas l’imaginer autrement), c’est… pfiou, je m’arrête là, lisez-le, vous verrez bien. 500 pages où on fait semblant de garder son sérieux, 500 pages de What the fuck ? 500 pages d’innovation romanesque qui font du bien par où ça passe.

Douglas Coupland, jPod, traduction par Christophe Grosdidier, Au Diable Vauvert, 23€.

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