La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger

J’ai lu un roman très, très étrange. Un premier roman français inclassable. Entre la biographie, l’histoire et l’avènement de la technologie, le cours de physique, la réflexion sociologique. J’hésite à me prononcer : c’est à la fois ennuyeux, saisissant, et troublant. Ce livre, c’est La Théorie de l’information d’Aurélien Bellanger.

Alors, comment dire ?

Ce roman (puisque c’est ce qui est marqué sur la couverture) se partage en trois grandes parties : le Minitel (trop lointain pour vraiment me plaire), l’internet (trop technique), et l’ère de 2.0 (assez sinistre). Grâce à cet ordre chronologique somme toute logique, on suit la vie d’un certain Pascal Ertanger, un ado parti de rien qui deviendra riche. Pour ça, il a investi dans la messagerie rose, et élargi son réseau. L’histoire d’une réussite personnelle et entrepreunariale, l’histoire du capitalisme qui surfe sur les nouvelles technologies. Mais en parallèle, l’auteur nous gratifie de petites quelques petits passages sans rapport, comme des extraits d’articles scientifiques bien compliqués pour le néophyte. J’ignore encore pourquoi, d’autant plus que le lien n’est pas vraiment direct avec le reste du texte.

Ce n’est pas mal écrit, dans le genre qui-n’est-pas-un-roman à la base. Au rayon Histoire/Sociologie d’une librairie universitaire, ça irait même très bien. J’ai eu l’impression que la création ce personnage, de ce héros Ertanger, n’a été qu’une excuse pour nous emmener dans l’épopée du Minitel et de la Toile. Et il faut dire que c’est plutôt réussi, la preuve j’ai lu sans trop de mal, sans me forcer à avaler les presque 500 pages de ce livre ! Ce n’est pas un coup de cœur, disons que ma réaction est plutôt dubitative face à cet Objet Littéraire Non Identifié. Au moins, c’est une expérience dépaysante, bien qu’un certain malaise prend place peu à peu quand la petite guéguerre pour avoir les parts de marchés, le meilleur rendement, le meilleur partenariat fait rage. Le capitalisme et la course au progrès peuvent détruire des hommes et des empires entiers, c’est déstabilisant, frustrant et excitant.

Je vais avoir du mal à faire une chronique plus concluante et complète sur La Théorie de l’information. Lisez-en au moins quelques pages pour voir ce que ça donne, je pense que ce roman vaut le détour. Toutefois, ne vous attendez pas à la découverte du siècle : bien que très étrange, ce livre est surtout dérangeant. On met du temps à le lire, on ne peut pas faire autrement.

Aurélien Bellanger, La Théorie de l’information, Gallimard, 22€50.

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2 réflexions au sujet de « La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger »

  1. Ton billet reflète assez ce que j’ai ressenti en le lisant : il y a des choses qui font penser que ça pourrait être un très bon roman, ça se lit bien mais au final, c’est froid !

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