Un roman américain, d’Antoine Bello

Je suis désolée d’avoir délaissé ce blog pendant une bonne partie du mois de janvier. J’ai d’abord été tétanisée par les évènements atroces que la France a subi. Il m’a fallu du temps pour m’en relever, comme beaucoup d’autres j’imagine. Vraiment, ça m’a touchée et meurtrie.

Puis quand j’ai re-commencé à vouloir écrire, j’ai tout simplement été malade. Je préférais garder mes dernières forces pour le travail. En parlant de travail, j’ai repris mon boulot à l’association du Prix du Jeune Ecrivain. Donc si vous écrivez des nouvelles et que vous avez entre 15 et 27 ans, c’est le moment de participer ! Et si vous voulez faire partie de nos comités de lecture, envoyez-moi un petit mail : lacritiquante@gmail.com

Bref, parlons du vif de sujet.

Pendant les vacances de Noël, j’avais embarqué un roman qui m’intriguait : le sujet avait l’air soporifique et j’étais curieuse de voir comment l’auteur allait s’en dépatouiller. Ce livre, c’est Roman américain d’Antoine Bello (ancien lauréat du Prix du Jeune Ecrivain soit dit en passant…).

Je vais faire quelque chose que je fais rarement dans mes chroniques, je vais résumer l’histoire en citant la quatrième de couverture. Parce que le faire de façon claire, j’en suis personnellement incapable.

Vlad Eisinger, journaliste économique américain, publie une série d’articles sur le marché du «life settlement». Cette pratique, qui consiste à revendre à des tiers des assurances-vie en cours, est devenue un véritable marché aux États-Unis, sur lequel assureurs et investisseurs opposent leurs intérêts respectifs jusqu’aux limites de la légalité.
Vlad étudie ce phénomène à travers le microcosme d’une résidence de Floride, Destin Terrace, où cohabitent des personnes ayant revendu leurs assurances-vie et des investisseurs qui ont bâti leur fortune sur ce marché. Dans la résidence vit l’autre narrateur du roman, Dan Siver, écrivain sans succès, qui décrit de l’intérieur les répercussions tragicomiques des articles de Vlad sur les membres de la communauté.

Oui, oui, un livre avec de l’économie et des magouiles américaines dedans. Et une observation sociologique dans un patelin à la Desperate Housewives. Dis comme ça, ça ne donne pas forcément envie. C’est sans compter la façon dont Antoine Bello traite son sujet. Le roman est partagé entre les échanges de mails entre Dan et Vlad, le journal que tient Dan et les articles qu’écrit Vlad. Ces différents éléments s’alternent de façon harmonieuse et judicieuse, cassant une narration qui sans cela aurait pu être monotone. Une idée lumineuse, les différentes parties se répondant entre elles et faisant avancer l’intrigue d’une manière très agréable. En fait, la lecture est agréable. A aucun moment, je n’ai voulu posé le livre par ennui. Au contraire, je ne pouvais plus le lâcher !

Antoine Bello mène ses lecteurs par le bout de nez. Son écriture est à la fois ferme, bien maîtrisée, et drôle, virtuose. Il réussit à nous faire voir une autre Amérique par le prisme du marché des assurances vies. Avouez que c’est quand même un coup de maître !

N’hésitez plus et partez vite à la découverte de cet auteur talentueux et de son Roman américain. C’est une expérience à vivre, et le dénouement de l’histoire est juste magique.

Antoine Bello, Un Roman américain, aux éditions Gallimard, 18€50.

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2 réflexions au sujet de « Un roman américain, d’Antoine Bello »

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