J’irai cracher sur vos tombes, de Boris Vian

Après La Promesse de l’aube de Romain Gary, je continue de rattraper mon retard dans les classiques de la littérature de notre temps en abordant cette fois le fameux J‘irai cracher sur vos tombes de Boris Vian.

Cette lecture fut assez explosive. N’ayant absolument jamais lu cet auteur, j’avoue que j’ai été très désarçonnée et surprise : il faut dire que l’écrivain ne s’embarrasse pas de convenance et va… droit au but. Je vais être assez peu précise sur l’intrigue pour ne vous gâcher le plaisir de ce roman qui se lit très très vite.

Un jeune homme, Lee, vient de débarquer en ville, il tient la librairie – une succursale de grande chaîne. On est en Amérique, à l’époque des diners aux relents de ségrégation raciale. La jeunesse est un peu folle et elle ne va pas bouder son plaisir quant à profiter de sa vie. Lee côtoie une bande d’amis plus jeunes que lui, il est attirant et n’a aucun soucis à coucher avec toutes les filles. Côté sexualité, c’est assez libéré et débridé, avec pas mal d’alcool. On sent bien que Lee cherche quelque chose dans tout ça : cette vie ne lui déplaît pas du tout, mais il veut aller plus loin, coucher avec des femmes qui en valent la peine, et pas juste des nénettes en socquettes blanches. Le pourquoi, je ne vous le dis pas, à vous de la découvrir.

Au-delà de l’histoire qui est très particulière (mais captivante), c’est la langue de Boris Vian qui choque le plus. Il n’y va pas par quatre chemins, il s’exprime comme son personnage, et ce dernier n’est pas doctorant en lettres classiques, c’est sûr. Il va droit au but, ne s’embête pas avec des salamalecs. J’ai apprécié cette « fraîcheur », cette franchise, même s’il m’a fallu plusieurs pages pour m’y faire – surtout que j’ai mis beaucoup de temps à comprendre l’intrigue, le héros, etc. Au début, on se demande quel intérêt a cette histoire, si ce n’est pas juste un roman qui parle de picole et de baise vite fait. Mais très vite, on sent qu’il y a quelque chose de plus profond derrière et Boris Vian nous emmène à une vitesse folle jusqu’au bout de l’histoire. On veut en savoir plus, en voir plus, avec empressement et avidité.

C’est assurément une expérience à vivre que de lire du Boris Vian. Je serai incapable de dire si j’ai aimé ce roman. Ce qui est sûr, c’est que j’ai aimé cette expérience-là. Et si ce n’est pas déjà fait, vous devez absolument tester. Vous aurez peut-être envie d’abandonner cette lecture en cours de route, mais persistez – de toute façon, ce livre est plutôt court -, car ça en vaut vraiment la peine.

Boris Vian, J’irai cracher sur vos tombes, Le Livre de Poche (14143), 5€.

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4 réflexions au sujet de « J’irai cracher sur vos tombes, de Boris Vian »

  1. Si je me souviens bien il avait écrit ce livre sous le pseudo Vernon Sullivan non ? C’est un roman très différent des romans signés de son vrai nom, qui sont plus fantaisistes, plus surréalistes.

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