Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling

product_9782070624539_244x0Nouveau mois, et donc nouvelle lecture d’Harry Potter. Ce mois-ci, on parle du deuxième tome : Harry Potter et la Chambre des Secrets. Pour cet opus, J. K. Rowling fait grandir notre héros : ce n’est plus l’heure de l’émerveillement, des jeux de piste et de la découverte. C’est l’heure des menaces mortelles à l’œuvre dans l’enceinte même de l’école de sorcellerie Poudlard, pourtant réputé comme l’un des endroits les plus sûrs de la planète.

En effet, après une arrivée fracassante en voiture volante, Harry comprend vite que ce ne sera pas une année comme les autres à l’école. Avant même qu’il arrive à Poudlard, un elfe de maison essaie de le convaincre de ne pas y aller : apparemment, sa vie serait menacée… Mais pour Harry, c’est Poudlard sa vraie maison, il est hors de question pour lui de ne pas s’y rendre ! Très vite, des choses anormales se passent : la chatte de Rusard est pétrifiée, un agresseur rôde dans les couloirs et menacent les sorciers qui ne sont pas de sang pur… Les élèves sont paniqués, l’ambiance n’est plus la même dans les couloirs et les salles de classe. Et quels sont ces sons que Harry perçoit provenant des murs ?

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Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et nous font redouter une menace d’autant plus forte qu’elle provient de l’intérieur même de Poudlard. On est à l’abri nulle part. Ce tome-ci n’est pas du tout mon préféré, Harry est dans un entre-deux-âges que je n’ai jamais vraiment aimé, toutefois je reconnais que notre héros est obligé de grandir aussi. Être l’élu, celui qui a chassé Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé implique aussi d’être soupçonné au moindre doute. Difficile d’endosser un rôle que l’on n’a jamais voulu… J’apprécie beaucoup dans cet opus les efforts de l’auteure pour inclure de la tension. Les dangers sont réels, des personnages peuvent mourir ! Ce n’est pas rien… Et cet agresseur que personne ne débusque ! Les péripéties s’enchaînent, nous entraînant petit à petit vers la vérité. Il est vrai que parfois les événements vont dans le sens de nos héros (ils sont là au bon moment, ils sont les premiers sur telle scène importante, etc.) : ces ficelles de roman jeunesse, on les pardonne car J. K. Rowling nous embarque très loin dans le monde de la magie, dans le domaine de Poudlard et c’est avec plaisir et frisson que l’on suit Harry et ses amis jusqu’au bout de l’aventure.

C’est un très bon roman qui ouvre la porte vers des histoires plus noires, plus dangereuses. On quitte petit à petit un univers enfantin pour s’approcher de la noirceur de la sorcellerie. Même si c’est peut-être le tome que je préfère le moins, je le trouve très bon. J. K. Rowling a une plume qui va droit au but tout en immergeant dans un monde vaste et complet. Elle sait tout faire : la peur, l’action, mais aussi l’humour ! Ah, ce Gilderoy Lockhart !

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Et vous, avez-vous aimé Harry Potter et la Chambre des secrets ? Rendez-vous le mois prochain pour découvrir mon tome préféré !

J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 21€.

Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling

poudlard_nuitCette année est une grande année : Harry Potter fête ses vingts ans. Typiquement, je fais partie de la génération Harry Potter, la vraie, celle qui a grandi en même temps que notre célèbre sorcier, celle qui a fêté la sortie de chaque tome avec fébrilité, celle qui a découvert les films d’un œil curieux. Je fais partie de la masse des Potterheads, je suis une fan de la première heure. Mon pêché mignon, c’est d’acheter toutes les nouvelles éditions de la saga quand j’en croise une – pour l’instant seulement en français, mon très mauvais niveau en anglais me retenant pour la VO. Et Gallimard a justement sorti cette année une nouvelle édition aux couvertures magnifiques. Je me suis donc dis : et si je fêtais les vingt ans à ma façon, en achetant chaque mois un tome ? Et si, enfin, je commençais à parler de la saga Harry Potter sur mon blog à raison d’une chronique par mois ?

product_9782070624522_244x0Commençons par le commencement : Harry Potter à l’école des sorciers (ou une des rares fois où les traducteurs ont changé un bon escient un titre pour éviter au lecteur d’être légèrement spoilé). Harry est un garçon comme les autres. Ou presque. Ses parents sont morts alors qu’il n’était qu’un bébé et il a été recueilli par sa tante et son oncle. Depuis, il est traité comme un moins que rien par sa famille adoptive qui l’a rabroué dans le cagibi sous l’escalier. La vie pour Harry est solitaire et morose jusqu’au jour où une lettre lui est envoyée, une lettre de l’école de sorcellerie Poudlard. Là, tout s’éclaire, son destin est bouleversé. Après moult péripéties, dont l’exil sur un rocher en pleine mer lors d’une tempête, la rencontre avec un semi-géant et la traversée d’un mur en plein gare après l’achat d’un chaudron et d’une baguette magique, Harry se retrouve enfin à Poudlard. Il découvre le sport des sorciers, le Quidditch, il apprend à se faire des amis et à reconnaître ses ennemis, il suit des cours de sortilèges, de potions, de métamorphose…. Et apprend que dans le monde des sorciers aussi il y a des secrets, des dangers, des menaces. La plus grande n’est autre que Lord Voldemort… oh pardon ! Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Un mage noir extrêmement puissant qui a terrifié le monde des sorciers semant la mort et la désolation. C’est lui qui a tué les parents de Harry, lui qui a fait cette fameuse cicatrice en forme d’éclair sur le front du garçon. Après ça, il a disparu. On ne sait comment. C’est ce qui a rendu Harry Potter célèbre dans le monde magique alors même qu’il ignorait tout de cela. C’est le début d’une incroyable aventure, d’une formidable saga.

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Il est vrai que c’est le premier tome et c’est vraiment un livre très jeunesse. En le relisant, j’avais complètement oublié à quel point il allait vite, à quel point ce tome était peu épais. Quel exploit de rendre tant d’événements en si peu de pages : on n’est jamais perdu pour autant, on bénéficie de toutes les explications nécessaires pour appréhender et s’immerger dans ce nouveau monde. Et en plus de toutes les péripéties qui rebondissent les unes sur les autres, l’auteure prend le temps de nous faire découvrir l’école de Poudlard, ses enseignements, son histoire, son fonctionnement, ses professeurs. On prend un réel plaisir à imaginer les friandises des sorciers, les portraits et les peintures qui bougent, le confort de la salle commune de Gryffondor, les odeurs délicieuses lors des banquets dans la grande salle, la foule enthousiaste lors des matchs de Quidditch. Il n’y a pas à dire : J.K. Rowling sait décrire et inventer un monde nouveau et attirant, plein de couleurs, qui a un sacré goût de « reviens-y ».

Mr et Mrs Dursley, qui habitent au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. Jamais quiconque n’aurait imaginé qu’ils puissent se trouver impliqués dans quoi que ce soit d’étrange ou de mystérieux. Ils n’avaient pas de temps à perdre avec des sornettes.

Il est certain que je ne suis absolument pas objective. J’aime trop Harry Potter pour le décrier. Je dirais seulement que les personnages auraient pu être plus finement esquissés, quitte à rajouter quelques pages : l’amitié entre Hermione et Harry/Ron est trop facile. Certains retournements de l’intrigue sont un peu gros (et bon sang ! Où sont les adultes???). Je n’ai jamais aimé la fin avec cette succession d’épreuves… Mais ce sont des broutilles comparées à toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Et surtout, c’est le premier tome, celui qui a accroché des dizaines d’enfants, celui qui a fait basculer leur monde, celui qui leur a donné le goût de la lecture pour certains.

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Ce premier tome est évidemment tout un symbole, mais c’est un aussi un vrai bonheur de la littérature jeunesse. Je travaille dans une école primaire et je peux vous dire que mes yeux brillent quand je découvre qu’un des enfants a commencé à lire Harry Potter.

J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard, 21€.

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Wingardium Leviosa !

Simple, de Marie-Aude Murail

Après la lecture prenante mais lourde d’Un fils parfait, il me fallait quelque chose de plus léger pour repartir. J’ai donc trouvé là l’occasion idéale pour me plonger dans un roman qui me fait de l’œil depuis… bien trop longtemps. Il s’agit de Simple de Marie-Aude Murail.

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Si j’écris sur ce blog aujourd’hui, si j’ai fait des études de littérature et de création littéraire, si je dévore des tonnes de romans, c’est grâce à Marie-Aude Murail. Elle – et Gudule dans une moindre mesure – a façonn une lectrice dans le brouillon d’adolescente que j’étais alors. Je ne peux que l’en remercier (et encore, c’est bien trop peu). Tout a commencé quand j’étais au collège. J’étais alors en sixième ou en cinquième et le français était déjà ma matière préférée. J’ai eu la chance d’accueillir dans la classe un écrivain, un vrai, avec des livres qu’on peut toucher, acheter, emprunter en bibliothèque, dévorer sous la couette. Vous avez deviné, il s’agissait bien sûr de Marie-Aude Murail. Pour l’occasion, nous avions lu Amour, vampire et loup-garou. Plus que le roman, c’est avant tout la présence de l’auteure qui m’a complètement bouleversée. Ce jour-là, je suis tombée amoureuse – au moins. Et ce jour-là, en plus de découvrir le métier d’écrivain à travers une femme fantastique et attachante, Marie-Aude Murail a eu la gentillesse de nous dévoiler quelques lignes du nouveau roman qu’elle était en train d’écrire. Je m’étais juré à ce moment de le lire, tellement j’avais aimé. Il aura fallu attendre bien des années, mais voilà, enfin, ça y est : j’ai lu Simple, et palsambleu qu’est-ce que j’ai aimé !

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Simple c’est un surnom, Celui du frère de Kléber. Kléber a 17 ans, il est en terminale et il a décidé de déménager avec son frère dans une colocation. C’est déjà tout un programme mais rajoutez à cela que Simple, qui est techniquement plus âgé que Kléber, joue avec des Playmobils, a pour ami un lapin en peluche nommé Pinpin, et veut détruire Malicroix – un institut pour déficient mentaux où il ne veut surtout pas retourner – et là le tableau est complet. C’est justement pour lui éviter Malicroix que Kléber fait ce pari risqué, alors qu’il aimerait pleinement vivre comme un jeune homme de 17 ans, de prendre en charge son grand frère. La vie n’est pas de tout repos dans la colocation mais ce qui est sûr c’est que Simple peut arriver à chambouler la vie des gens.

Simple était matinal. Kléber lui avait appris à patienter dans son lit en regardant des albums. Mais, ce jour-là, le monde merveilleux de la colocation entrouvrait ses portes et Simple ne tenait plus en place. Sans l’avoir prémédité, il se retrouva dans le couloir, pieds nus et en pyjama. L’appartement était tout entier plongé dans la bienheureuse torpeur du petit matin. Comprenant que tout le monde dormait, Simple se dit « chut » à lui-même. Il avança jusqu’au milieu du couloir. Le silence lui parut redoutable. Il courut vers sa chambre et sauta d’un bond sur son lit.

64178774Ce que j’aime par dessus tout chez Marie-Aude Murail, juste après son humour, c’est sa sincérité. C’est une des rares auteures avec qui je m’élance les yeux fermés, quelque soit les thèmes de ses romans, car je sais qu’ils seront tous traités avec humanité, simplicité. Après tout, ces récits s’adressent aux jeunes. Pourquoi faire compliqué, pourquoi cacher certaines choses ? Faire l’amour, être attiré, être choqué par la différence… Et bien oui, ça arrive à tout le monde dans la vraie vie, pourquoi édulcorer ça dans un roman sous prétexte qu’il n’est pas réservé aux adultes ? Les mensonges de principe m’insupportent, alors voir les choses de la vraie vie tout bêtement exposées ici, ça fait sacrément du bien !

Marie-Aude Murail a un vrai talent pour dessiner des personnages touchants et profonds qui vous marquent. Même les personnages secondaires sont excellents. C’est simple (ah, ah, jeu de mots…) : il n’y a rien a jeter dans ce roman. J’aime tout. Le style limpide, les dialogues qui donnent énormément de vie à ce roman, les situations drôles mais tellement réalistes, les questionnements des personnages – de tous les personnages. C’est une tranche de vie que nous propose ici l’auteure et pas seulement une histoire basée sur « que devient une coloc quand on fait entrer un déficient mental dans tout ça ». L’histoire se lit vite, l’intrigue n’en est pas pour le moins complète et très bien construite. La narration nous mène par le bout de nez, il n’y a qu’à se laisser aller.

Alors oui, ça reste un roman pour la jeunesse. Happy end, amour, bons sentiments. Mais franchement, ça fait du bien et ça ne perd pas pour autant en saveur. Je ne peux que vous inviter à vous plonger le plus rapidement possible dans cette histoire touchante et souriante. Et même plus largement dans n’importe quel roman de Marie-Aude Murail. Car ça fait du bien tout simplement.

Marie-Aude Murail, Simple, aux éditions Ecole des Loisirs (Medium Poche), 6€80.

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, d’Annet Huizing

Il arrive parfois que je sois prise dans une frénésie de lecture et généralement dans ces cas-là, je lis des choses que je n’ai pas l’habitude de lire – comprenez : pas de littérature française ou classique. C’est assez naturellement que, dans cette période, je me dirige vers les romans jeunesse ou young adult, histoire d’avoir un truc agréable à croquer sous la dent rapidement. Voici comment est donc arrivé dans mes mains le livre d’Annet Huizing : Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte.

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Katinka est une jeune fille qui vit seule avec son petit frère et son père. Une de ses meilleures amies est sa voisine Lidwine, une auteure qui la fascine. Avec son aide, elle va commencer à écrire des petites choses, sur sa vie et sa famille. Sur Dirkje qui vient d’entrer dans leur existence tout doucement. Sauf qu’écrire, ce n’est pas toujours facile. C’est tout un art et une technique qui demande de l’entraînement et de l’apprentissage. Chaque jour, Katinka se met devant son ordinateur et essaie de pondre un petit texte. Elle ne s’imaginait pas en se lançant dans cette aventure que cela remuerait autant de choses en elle. Imperceptiblement, elle a autant appris sur elle que sur l’écriture – et sur le jardinage aussi.

C’est une lecture très rapide. J’ai trouvé ce texte simple mais sensible et émouvant. On ne côtoie que peu de temps les personnages mais on s’attache très vite à eux, les trouvant sincères et terriblement humains. Ce sont là plus que de simples êtres de papiers. L’intrigue en soi n’est vraiment pas incroyable mais elle se laisse suivre avec plaisir tout de même. L’auteure a réussi à donner vie à sa narratrice : ce sont vraiment les mots d’une enfant, toutefois cela n’est pas un problème puisque la langue et le style sont tout de même assez bons.

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J’ai peu de choses à rajouter sur ce roman. Il m’a changé les idées, c’est une bonne lecture que je conseillerai aux pré-ados, mais je n’ai pas rêvé comme dans une saga, je n’ai pas vibré comme dans Nos étoiles contraires par exemple. Il est agréable mais je trouve globalement ce livre peu ambitieux malgré un thème très intéressant.

Annet Huizing, Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, traduit du néerlandais par Myriam Bouzid, aux éditions Syros, 14€95.

Matilda, de Roald Dahl

Depuis plusieurs mois, traînait sur mes étagères un roman pour enfant piqué dans la bibliothèque de mon école : Matilda de Roald Dahl. Je me suis dit que mes multiples trajets en métro seraient une très bonne occasion pour me lancer dans cette lecture et je n’ai pas hésité.

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Matilda est une petite fille de cinq ans très très douée. Elle a appris à lire toute seule et a dévoré tous les classiques de la littérature mais aussi plein d’autres livres. Si bien qu’elle connaît énormément de choses pour son jeune âge. Mais Matilda est loin de vivre dans la plus parfaite des famille : elle y est transparente, entre un père garagiste malhonnête et une mère qui se drogue à la télévision. Quand elle rentre en classe pour la première fois, elle surprend immédiatement sa douce maîtresse par ses compétences. Mais là non plus la vie n’est pas rose… car la terrible et menaçante directrice de l’école n’est autre que Mlle Legourdin, une femme méchante qui déteste les enfants et n’hésite pas à leur faire comprendre. Heureusement pour elle – et pour nous – Matilda garde toujours le sourire malgré ces événements et fait preuve d’une malice sans faille pour se sortir de ses déboires !

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Je suis finalement assez partagée par ce roman. J’ai beaucoup aimé le personnage de Matilda et celui de sa maîtresse, mais j’ai trouvé absolument abominables ses parents et Mlle Legourdin : ils m’ont paru peu crédibles et j’ai été horrifiée de trouver ce genre de personnages dans une lecture pour enfants. De la maltraitance pure et dure, voilà ce que font ces êtres de papier, et personnellement cela m’a mis très très mal à l’aise pendant ma lecture. Il me semble qu’on aurait pu mettre de l’enjeu de façon tout de même plus légère et moins dramatique. Je pense très sincèrement que j’aurai gardé un souvenir étrange et assez traumatisant de ce roman si je l’avais lu enfant !

Il y a quelques répétitions dans l’arc narratif au début mais heureusement l’histoire évolue assez vite vers d’autres péripéties. J’ai beaucoup aimé le sens que prenait l’histoire (malgré les scènes assez violentes avec Mlle Legourdin). L’auteur a pris le temps de bien développer ses personnages centraux et la lecture avance à un bon train.

Mlle Legourdin, la directrice, était d’une autre race : c’était une géante formidable, un monstrueux tyran qui terrorisait également élèves et professeurs. Même à distance, une aura de menace l’enveloppait et, de près, l’on sentait les émanations brûlantes qu’elle dégageait comme une barre de métal chauffé à blanc. Lorsqu’elle fonçait – Mlle Legourdin ne marchait jamais ; elle avançait toujours comme un skieur, à longues enjambées, en balançant les bras –, donc lorsqu’elle fonçait le long d’un couloir, on l’entendait toujours grogner et grommeler, et si un groupe d’enfants se trouvait sur son passage, elle chargeait droit dessus comme un tank, projetant les petits de part et d’autre.

Clairement, cette lecture ne sera pas un souvenir impérissable pour moi, je ne l’aurais pas apprécié en tant qu’enfant. Toutefois, elle a des qualités indéniable : un talent décapant, une plume légère, des péripéties et de l’action savamment dosées, des personnages attachants.

Et vous, avez-vous déjà lu d’autres histoires de Roald Dahl ?

Roald Dahl, Matilda, traduction de l’anglais par Henri Robillot, illustrations par Quentin Blake, aux éditions Gallimard Jeunesse, 8€50.

L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5), de Joseph Delaney

En plus d’avoir peu de temps pour moi, il se trouve que j’ai une petite panne de lecture. Au lieu d’ouvrir un livre quand j’ai du temps libre chez moi, je trouve toujours autre chose à faire. Pour essayer de remettre le pied à l’étrier, je me suis choisie une lecture dont j’étais certaine qu’elle me plairait : L’erreur de l’Epouvanteur, le tome 5 de la saga de Joseph Delaney.

Tom Ward est le septième fils d’un septième fils. Il a donc des dons particuliers pour percevoir l’obscur et est devenu l’apprenti de l’épouvanteur Gregory. À ses côtés, il apprend à combattre sorcières, gobelins et autres créatures. Comme pour chacun de ses apprentis, Gregory l’envoie compléter sa formation chez un de ses collègues : Bill Arkwright, spécialiste des créatures des eaux. Entre son amie Alice qui semble céder à l’obscur, la menace mortelle que fait planer le Malin sur Tom, un nouveau maître épouvanteur qui habite un moulin hanté et une sorcière des eaux qui terrorise la région, notre jeune héros n’est pas au bout de ses peines.

erreur-epouvanteur-bonusQu’est-ce que j’ai aimé ce tome ! La personnalité d’Alice prend de la profondeur : cette jeune fille a un passé trouble et des faiblesses qu’il est parfois dur de combattre. A l’inverse, je trouve Tom toujours un peu trop boy-scout à mon goût, j’espère que ça s’arrangera. Ce n’est pas parce qu’on est dans un roman jeunesse qu’on doit créer un héros si manichéen. C’est, il me semble, le seul personnage qui a un tel défaut.

Gregory est un peu absent de ce tome, mais c’est très rafraîchissant de changer complètement de lieu, de quitter Chippenden. Arkwright est un personnage avec une vraie histoire, des failles, des points forts, une vision du métier et de l’apprentissage complètement différente de Gregory. On sent que notre héros va sortir grandi de cette rencontre, et j’espère vraiment qu’on retrouvera Arkwroght par la suite.

J’ai trouvé l’écriture de Jospeh Delaney très claire et fluide. On visualise facilement les scènes. L’intrigue avance bien, grâce à des péripéties secondaires toutes aussi intéressantes que le fil rouge principal. L’auteur a réussi avec brio à faire de ce tome à la fois une histoire unique et une partie intégrante de la saga. Il faut admettre que l’auteur maîtrise le genre : comme dans la vraie vie, les personnages évoluent d’un tome à l’autre, des alliances se font et se défont, le Comté continue de vivre en parallèle (la guerre en cours, etc.). Les liens avec les autres livres sont très bien réalisés, aucunement artificiels : il y a des échos très judicieux des livres précédents par exemple. A ce stade de l’histoire, il est cependant nécessaire d’avoir lu les autres romans au préalable : vous ne pouvez pas commencer l’histoire par là sans risquer de vous perdre.

J’ai très hâte de lire le prochain livre, quel teasing dans ce tome 5 !

Joseph Delaney, L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5 de la saga), aux éditions Bayard jeunesse, 12€90.

Les Outrepasseurs (T. 1) : Les Héritiers, de Cindy Van Wilder

Ah, j’attendais ça depuis tellement longtemps ! Le mois dernier, j’ai enfin pu rencontrer l’adorable Cindy Van Wilder. Je la croisais régulièrement sur Twitter, et quand j’ai su qu’elle se déplaçait à Toulouse pour le salon L’Imagina’livre organisé dans ma fac (une vraie réussite pour une première édition), je ne pouvais que sauter sur l’occasion. Et bien sûr, j’en ai profité pour me procurer et me faire dédicacer le premier tome de sa saga des Outrepasseurs : Les Héritiers. C’est avec une grande curiosité et beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé ma lecture, et autant vous prévenir, je l’ai finie en 24 heures. Je pense alors que vous vous doutez de mon avis sur ce premier tome.

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Peter est un jeune garçon comme les autres. Il vit à Londres avec sa mère Hermeline et rêve de devenir footballeur. Mais quand des molosses essaient de le tuer et que sa mère se transforme en renarde devant ses yeux pour le défendre, sa vie bascule. Il découvre qu’il est un Héritier. Il fait partie d’une longue lignée, les Outrepasseurs, qui se défendent depuis des siècles contre une menace terriblement puissante : les fés. Peter fait alors la connaissance de Noble, le seigneur des Outrepasseurs, et découvre qu’ils sont plusieurs à porter la Marque, qui se transmet de génération en génération. Mais le jeune homme n’est qu’au début de l’aventure : il va replonger au Moyen-Âge, pour découvrir les origines des Outrepasseurs. Et les révélations ne font que commencer.

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Bon, autant vous le dire tout de suite : tout m’a plu, sauf une unique chose. Ce roman, bien que situé de nos jours, fait d’incessants allers-retours dans le passé pour retrouver la trace des premiers Outrepasseurs. La majeure partie même se déroule durant ces flash-backs, et j’ai été beaucoup plus proche des nombreux personnages du passé que de Peter. J’irai même jusqu’à dire : on dirait que ce tome est un préquel. J’ai beaucoup aimé découvrir les racines des Outrepasseurs et je pense que cela est important pour comprendre qui il sont et contre qui ils se battent. De plus, on fait des parallèles avec le présent et petit à petit les pièces du puzzle s’assemblent. Toutefois, je me demande vraiment comme je vais aborder la suite : pour moi Peter est encore un étranger (bon, même si je sens que je vais beaucoup l’aimer ce personnage). C’est la seule petite réserve que j’ai à propos de ce tome.

Il y a de très nombreux personnages, vous serez peut-être perdu. Mais ne faites pas comme moi : dès le début, feuilletez tout le livre, vous verrez qu’à la fin, il y a un listing de ces personnages, très pratique pour s’y retrouver. La lecture devient alors très aisée.

Passons maintenant au principal : j’ai adoré ce roman. Il m’a fallu quelques dizaines de pages pour me plonger vraiment dans l’histoire, mais c’est assez normal puisque le lecteur est placé sur le même plan que Peter : on apprend les choses en même temps que le héros – héros qui reste assez calme malgré tout ce qui lui arrive, mais fait tout de même preuve de caractère. Je pensais que la grosse partie qui se déroulait au Moyen-Âge n’allait pas me plaire, parce que sincèrement je n’apprécie pas vraiment lire des histoires se déroulant à cette époque. Que nenni ! Bien sûr, il faut un peu de temps pour que les choses s’éclaircissent, qu’on comprenne qui est qui, mais très rapidement, on se prend d’affection pour les personnages. Et au cours des 350 pages, vous aurez l’occasion de pleurer avec eux, de vous inquiéter pour eux, de pester contre eux. Mais ce que j’ai le plus apprécié, en plus de l’épaisseur de ces héros, c’est leur évolution : ils leur arrivent des choses peu banales et ces événements vont changer pour toujours leurs vies. Et Cindy Van Wilder a su magnifiquement retranscrire cela. Ses personnages paraissent plus vrais que nature, quand bien même ils luttent contre des fés, ce qui est tout sauf naturel.

kp95lccbLes va-et-vients dans le passé et le présent sont réguliers et assez bien effectués : les retours au monde actuel sont un véritable souffle, et les plongées au Moyen-Âge en sont vraiment. On ne se mélange pas les pinceaux entre ces deux temporalités qui se complètent assez bien. Et surtout, grâce à la plume de l’auteure, vous serez transporté sans effort. Elle prend le temps de poser le cadre, de donner de la profondeur aux personnages, et très vite, l’intrigue s’installe. Et les événements s’enchaînent à un rythme rapide : c’est simple, une fois dedans, on ne peut plus lâcher ce roman ! Mais attention, ce n’est pas bâclé pour autant, avec ce tome, vous connaîtrez tout le background de la saga, et j’imagine que cela nous sera très utile pour la suite.

Il faut noter également que les éditions Gulf Stream nous ont pondu là un livre vraiment splendide : couverture magnifique, et petits détails jusqu’aux numéros de pages !

Il s’agit d’un coup de cœur. Je n’ai qu’une hâte : acheter le tome 2 au Salon du Livre de Paris et le lire dans le train à mon retour !

Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs (tome 1) : Les Héritiers, aux éditions Gulf Stream, 18€.