Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de J. K. Rowling

product_9782070624546_244x0Je dois vous avouer que ce petit rendez-vous mensuel autour d’Harry Potter me plaît bien. Je pense que ça va devenir un rituel jusqu’au jour où je n’aurais plus rien à lire de ce côté-là. J’avance dans ma relecture des tomes et c’est l’heure de vous parler de mon petit préféré, celui que j’ai adulé toute mon adolescence : Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de J. K. Rowling. Je connaissais toutes les répliques du film par cœur et je suis certaine que vous êtes nombreux à aimer cette histoire d’innocence gâchée, de vengeance et de secrets…

Sirius_Black_à_AzkabanHarry entre en troisième année à l’école de sorcellerie Poudlard. Mais certains choses ont changé depuis l’été dernier. En effet, un criminel très dangereux s’est enfui de la prison magique Azkaban – un exploit – et terrorise toute la communauté des sorciers. On lui attribue les meurtres de sept personnes, avec un seul coup de baguette magique… Et de plus, on découvre au fil des pages que ce fameux Sirius Black, un ancien élève de Poudlard, est également lié à la famille Potter (et pour ne pas spoiler ceux qui vivent dans une grotte, je n’en dirai pas plus). Pour protéger les jeunes sorciers – et surtout Harry – des Détraqueurs ont été postés à Poudlard. Ces créatures hideuses aspirent toutes idées de bonheur. L’ambiance à l’école de sorcellerie est donc bien étrange dans ce tome placé sous le signe des révélations.

J’ai beaucoup aimé ne pas avoir directement affaire à Voldemort dans cet opus, car c’est une nemesis qui ne m’excite pas plus que ça… Très clairement, j’aime les personnages secondaires plus complexes comme Sirius Black – ou Dolores Ombrage plus tard – dont l’écriture est un vrai petit chef-d’œuvre. Je me souviens qu’à ma toute première lecture, ce livre m’avait littéralement retourné le cerveau, j’ai cru tout ce qu’on me disait, je m’étais complètement laissé emportée, jusqu’à cette vérité qui change tout ! Les relectures depuis ont toujours été un bonheur, car je m’amuse énormément à traquer les indices laissés par J. K. Rowling au fil des pages.

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Les personnages prennent de l’ampleur, je pense notamment à Hermione qui est vraiment devenue pour moi une égérie à partir de ce tome. Harry est fidèle à lui-même, même si un peu trop mélodramatique à mon goût. Quant à Ron, il est au final peu présent, c’est un peu dommage. Heureusement, de nouvelles thématiques et de nouveaux personnages viennent renouveler notre esprit de découverte et font grandir cet univers. En vrac, je cite mes préférés : Lupin et l’attitude de Rogue envers lui, la carte du Maraudeur, Pré-au-Lard, les Patronus, les Animagus, le passé de Harry qu’on explore un peu plus, les scènes de Quidditch, le Magicobus, les examens de fin d’années, les soins aux créatures magiques, l’astuce d’Hermione pour suivre tous ses cours. J’ai pratiquement tout adoré.

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J’ai vibré au fur et à mesure des péripéties et des révélations : même si je trouve la fin un peu longuette (quand y en a plus, y en a encore), ce tome-là est vraiment pour moi le page-turner de la saga ! La tension est moins forte que dans le précédent, comme d’habitude les « coïncidences » pour faciliter la narration sont trop fréquentes, mais globalement c’est une histoire accrocheuse, avec beaucoup d’action. Il a donné un vrai second souffle à cette saga, entre deux tomes que personnellement j’apprécie beaucoup moins. Bref, Harry Potter et le Prisonnier d’Azaban : un coup de cœur pour toujours.

Et vous, jurez-vous solennellement que vos intentions sont mauvaises ?

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J. K. Rowling, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, nouvelle édition chez Gallimard, 22€.

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Le Hobbit, de J. R. R. Tolkien (lecture commune de septembre 2017)

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Les lectures communes sont pour moi l’occasion de me plonger enfin dans l’œuvre d’auteurs cultissimes que je n’ai toujours pas découvert. Ce mois-ci, j’ai donc lu Le Hobbit de J. R. R. Tolkien. J’avais ouïe dire que c’était l’idéal pour commencer avec cet écrivain : ce roman est en effet destiné à la jeunesse, il est vivant, assez court en comparaison des gros pavés qui suivent, sans compter que chronologiquement c’est ici que commence l’histoire de l’anneau.

Je vais vous demander d’ignorer les films qui correspondent à ce roman. Pitié. Même si l’adaptation au cinéma reprend pas mal d’éléments de l’intrigue, toutes ressemblances s’arrêtent là. Bilbo Bessac vit tranquillement sa vie de hobbit dans sa maison sous la colline quand il voit cette dernière envahie par une dizaine de nains, invités sans son autorisation par le magicien Gandalf. Bon gré, mal gré, il se voit bien obligé de les accueillir, d’écouter leurs récits et leurs chansons. Il finit alors par comprendre que ces nains vont partir pour un long périple jusqu’à la Montagne solitaire. C’est en effet à l’intérieur de cette montagne que leur immense trésor est caché. C’est le dragon Smaug qui garde farouchement et égoïstement ces richesses qui reviennent de droit aux nains. L’héritier légitime, Thorin Lécudechesne, veut retrouver sa place de Roi sous la Montagne. Et notre Bilbo a été désigné comme le dernier membre de la troupe : il sera le cambrioleur.

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Au fond d’un trou vivait un hobbit. Non pas un trou immonde, sale et humide, rempli de bouts de vers et de moisissures, ni encore un trou sec, dénudé, sablonneux, sans rien pour s’asseoir ni pour se nourir : c’était un trou de hobbit, d’où un certain confort. […] Ce hobbit était un hobbit fort bien nanti, et il s’appelait Bessac. Les Bessac habitaient les environs de la Colline de temps immémorial, et ils étaient vus comme des gens très respectables, non seulement parce que la plupart d’entre eux étaient riches, mais aussi parce qu’ils ne partaient jamais à l’aventure et ne faisaient jamais rien d’inattendu : on savait ce qu’un Bessac dirait de telle ou telle chose sans être obligé de lui poser la question. Cette histoire raconte comment un Bessac se trouva mêlé à une aventure, à faire et à dire des choses tout à fait inattendues. Il a peut-être perdu le respect de ses voisins, mais il a gagné… enfin, vous verrez s’il a gagné quelque chose à la fin du compte.

 

A ma grande surprise, j’ai beaucoup aimé cette histoire. Il s’agit là vraiment d’un roman destiné à la jeunesse et même s’il a été publié il y a soixante-dix ans, ce livre garde tout son intérêt et sa modernité – sans compter qu’il est servi par une très bonne traduction. Le voyage est périlleux, nos héros vont croiser des gnomes, des trolls, des portes magiques. Ils vont découvrir des paysages désertiques, des grottes obscures, des villes étranges. Je me suis beaucoup attachée à cette troupe de personnages, mais je regrette de ne pas mieux les connaître : ils sont en effet quatorze ! Pour la plupart, ils passent inaperçus et j’avoue ne pas avoir compris ce choix. Pourquoi mettre autant de héros ? Le lecteur se perd dans cette multitude !

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Les aventures traversées par les nains et le hobbit sont très divertissantes et originales, on ne s’ennuie pas une minute. J’ai tout de même trouvé que certaines péripéties n’étaient pas… héroïques. J’ai eu de temps en temps du mal à comprendre les choix de l’auteur en terme d’histoire. C’est parfois assez brouillon ou ennuyeux, on ne sait pas quoi en penser, on ne comprend pas où l’auteur veut nous emmener. Concernant l’écriture, elle est très fluide : le vocabulaire est simple, le style direct. Cela nous permet de rentrer directement dans l’univers de Tolkien et de découvrir cette histoire. Je vous invite donc à essayer cette lecture, c’est vraiment l’idéal pour commencer !

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J. R. R. Tolkien, Le Hobbit, traduit de l’anglais par Daniel Lauzon, aux éditions Le Livre de Poche (33837), 6€.

Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling

product_9782070624539_244x0Nouveau mois, et donc nouvelle lecture d’Harry Potter. Ce mois-ci, on parle du deuxième tome : Harry Potter et la Chambre des Secrets. Pour cet opus, J. K. Rowling fait grandir notre héros : ce n’est plus l’heure de l’émerveillement, des jeux de piste et de la découverte. C’est l’heure des menaces mortelles à l’œuvre dans l’enceinte même de l’école de sorcellerie Poudlard, pourtant réputé comme l’un des endroits les plus sûrs de la planète.

En effet, après une arrivée fracassante en voiture volante, Harry comprend vite que ce ne sera pas une année comme les autres à l’école. Avant même qu’il arrive à Poudlard, un elfe de maison essaie de le convaincre de ne pas y aller : apparemment, sa vie serait menacée… Mais pour Harry, c’est Poudlard sa vraie maison, il est hors de question pour lui de ne pas s’y rendre ! Très vite, des choses anormales se passent : la chatte de Rusard est pétrifiée, un agresseur rôde dans les couloirs et menacent les sorciers qui ne sont pas de sang pur… Les élèves sont paniqués, l’ambiance n’est plus la même dans les couloirs et les salles de classe. Et quels sont ces sons que Harry perçoit provenant des murs ?

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Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et nous font redouter une menace d’autant plus forte qu’elle provient de l’intérieur même de Poudlard. On est à l’abri nulle part. Ce tome-ci n’est pas du tout mon préféré, Harry est dans un entre-deux-âges que je n’ai jamais vraiment aimé, toutefois je reconnais que notre héros est obligé de grandir aussi. Être l’élu, celui qui a chassé Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé implique aussi d’être soupçonné au moindre doute. Difficile d’endosser un rôle que l’on n’a jamais voulu… J’apprécie beaucoup dans cet opus les efforts de l’auteure pour inclure de la tension. Les dangers sont réels, des personnages peuvent mourir ! Ce n’est pas rien… Et cet agresseur que personne ne débusque ! Les péripéties s’enchaînent, nous entraînant petit à petit vers la vérité. Il est vrai que parfois les événements vont dans le sens de nos héros (ils sont là au bon moment, ils sont les premiers sur telle scène importante, etc.) : ces ficelles de roman jeunesse, on les pardonne car J. K. Rowling nous embarque très loin dans le monde de la magie, dans le domaine de Poudlard et c’est avec plaisir et frisson que l’on suit Harry et ses amis jusqu’au bout de l’aventure.

C’est un très bon roman qui ouvre la porte vers des histoires plus noires, plus dangereuses. On quitte petit à petit un univers enfantin pour s’approcher de la noirceur de la sorcellerie. Même si c’est peut-être le tome que je préfère le moins, je le trouve très bon. J. K. Rowling a une plume qui va droit au but tout en immergeant dans un monde vaste et complet. Elle sait tout faire : la peur, l’action, mais aussi l’humour ! Ah, ce Gilderoy Lockhart !

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Et vous, avez-vous aimé Harry Potter et la Chambre des secrets ? Rendez-vous le mois prochain pour découvrir mon tome préféré !

J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 21€.

Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling

poudlard_nuitCette année est une grande année : Harry Potter fête ses vingts ans. Typiquement, je fais partie de la génération Harry Potter, la vraie, celle qui a grandi en même temps que notre célèbre sorcier, celle qui a fêté la sortie de chaque tome avec fébrilité, celle qui a découvert les films d’un œil curieux. Je fais partie de la masse des Potterheads, je suis une fan de la première heure. Mon pêché mignon, c’est d’acheter toutes les nouvelles éditions de la saga quand j’en croise une – pour l’instant seulement en français, mon très mauvais niveau en anglais me retenant pour la VO. Et Gallimard a justement sorti cette année une nouvelle édition aux couvertures magnifiques. Je me suis donc dis : et si je fêtais les vingt ans à ma façon, en achetant chaque mois un tome ? Et si, enfin, je commençais à parler de la saga Harry Potter sur mon blog à raison d’une chronique par mois ?

product_9782070624522_244x0Commençons par le commencement : Harry Potter à l’école des sorciers (ou une des rares fois où les traducteurs ont changé un bon escient un titre pour éviter au lecteur d’être légèrement spoilé). Harry est un garçon comme les autres. Ou presque. Ses parents sont morts alors qu’il n’était qu’un bébé et il a été recueilli par sa tante et son oncle. Depuis, il est traité comme un moins que rien par sa famille adoptive qui l’a rabroué dans le cagibi sous l’escalier. La vie pour Harry est solitaire et morose jusqu’au jour où une lettre lui est envoyée, une lettre de l’école de sorcellerie Poudlard. Là, tout s’éclaire, son destin est bouleversé. Après moult péripéties, dont l’exil sur un rocher en pleine mer lors d’une tempête, la rencontre avec un semi-géant et la traversée d’un mur en plein gare après l’achat d’un chaudron et d’une baguette magique, Harry se retrouve enfin à Poudlard. Il découvre le sport des sorciers, le Quidditch, il apprend à se faire des amis et à reconnaître ses ennemis, il suit des cours de sortilèges, de potions, de métamorphose…. Et apprend que dans le monde des sorciers aussi il y a des secrets, des dangers, des menaces. La plus grande n’est autre que Lord Voldemort… oh pardon ! Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Un mage noir extrêmement puissant qui a terrifié le monde des sorciers semant la mort et la désolation. C’est lui qui a tué les parents de Harry, lui qui a fait cette fameuse cicatrice en forme d’éclair sur le front du garçon. Après ça, il a disparu. On ne sait comment. C’est ce qui a rendu Harry Potter célèbre dans le monde magique alors même qu’il ignorait tout de cela. C’est le début d’une incroyable aventure, d’une formidable saga.

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Il est vrai que c’est le premier tome et c’est vraiment un livre très jeunesse. En le relisant, j’avais complètement oublié à quel point il allait vite, à quel point ce tome était peu épais. Quel exploit de rendre tant d’événements en si peu de pages : on n’est jamais perdu pour autant, on bénéficie de toutes les explications nécessaires pour appréhender et s’immerger dans ce nouveau monde. Et en plus de toutes les péripéties qui rebondissent les unes sur les autres, l’auteure prend le temps de nous faire découvrir l’école de Poudlard, ses enseignements, son histoire, son fonctionnement, ses professeurs. On prend un réel plaisir à imaginer les friandises des sorciers, les portraits et les peintures qui bougent, le confort de la salle commune de Gryffondor, les odeurs délicieuses lors des banquets dans la grande salle, la foule enthousiaste lors des matchs de Quidditch. Il n’y a pas à dire : J.K. Rowling sait décrire et inventer un monde nouveau et attirant, plein de couleurs, qui a un sacré goût de « reviens-y ».

Mr et Mrs Dursley, qui habitent au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. Jamais quiconque n’aurait imaginé qu’ils puissent se trouver impliqués dans quoi que ce soit d’étrange ou de mystérieux. Ils n’avaient pas de temps à perdre avec des sornettes.

Il est certain que je ne suis absolument pas objective. J’aime trop Harry Potter pour le décrier. Je dirais seulement que les personnages auraient pu être plus finement esquissés, quitte à rajouter quelques pages : l’amitié entre Hermione et Harry/Ron est trop facile. Certains retournements de l’intrigue sont un peu gros (et bon sang ! Où sont les adultes???). Je n’ai jamais aimé la fin avec cette succession d’épreuves… Mais ce sont des broutilles comparées à toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Et surtout, c’est le premier tome, celui qui a accroché des dizaines d’enfants, celui qui a fait basculer leur monde, celui qui leur a donné le goût de la lecture pour certains.

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Ce premier tome est évidemment tout un symbole, mais c’est un aussi un vrai bonheur de la littérature jeunesse. Je travaille dans une école primaire et je peux vous dire que mes yeux brillent quand je découvre qu’un des enfants a commencé à lire Harry Potter.

J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard, 21€.

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Wingardium Leviosa !

Simple, de Marie-Aude Murail

Après la lecture prenante mais lourde d’Un fils parfait, il me fallait quelque chose de plus léger pour repartir. J’ai donc trouvé là l’occasion idéale pour me plonger dans un roman qui me fait de l’œil depuis… bien trop longtemps. Il s’agit de Simple de Marie-Aude Murail.

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Si j’écris sur ce blog aujourd’hui, si j’ai fait des études de littérature et de création littéraire, si je dévore des tonnes de romans, c’est grâce à Marie-Aude Murail. Elle – et Gudule dans une moindre mesure – a façonn une lectrice dans le brouillon d’adolescente que j’étais alors. Je ne peux que l’en remercier (et encore, c’est bien trop peu). Tout a commencé quand j’étais au collège. J’étais alors en sixième ou en cinquième et le français était déjà ma matière préférée. J’ai eu la chance d’accueillir dans la classe un écrivain, un vrai, avec des livres qu’on peut toucher, acheter, emprunter en bibliothèque, dévorer sous la couette. Vous avez deviné, il s’agissait bien sûr de Marie-Aude Murail. Pour l’occasion, nous avions lu Amour, vampire et loup-garou. Plus que le roman, c’est avant tout la présence de l’auteure qui m’a complètement bouleversée. Ce jour-là, je suis tombée amoureuse – au moins. Et ce jour-là, en plus de découvrir le métier d’écrivain à travers une femme fantastique et attachante, Marie-Aude Murail a eu la gentillesse de nous dévoiler quelques lignes du nouveau roman qu’elle était en train d’écrire. Je m’étais juré à ce moment de le lire, tellement j’avais aimé. Il aura fallu attendre bien des années, mais voilà, enfin, ça y est : j’ai lu Simple, et palsambleu qu’est-ce que j’ai aimé !

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Simple c’est un surnom, Celui du frère de Kléber. Kléber a 17 ans, il est en terminale et il a décidé de déménager avec son frère dans une colocation. C’est déjà tout un programme mais rajoutez à cela que Simple, qui est techniquement plus âgé que Kléber, joue avec des Playmobils, a pour ami un lapin en peluche nommé Pinpin, et veut détruire Malicroix – un institut pour déficient mentaux où il ne veut surtout pas retourner – et là le tableau est complet. C’est justement pour lui éviter Malicroix que Kléber fait ce pari risqué, alors qu’il aimerait pleinement vivre comme un jeune homme de 17 ans, de prendre en charge son grand frère. La vie n’est pas de tout repos dans la colocation mais ce qui est sûr c’est que Simple peut arriver à chambouler la vie des gens.

Simple était matinal. Kléber lui avait appris à patienter dans son lit en regardant des albums. Mais, ce jour-là, le monde merveilleux de la colocation entrouvrait ses portes et Simple ne tenait plus en place. Sans l’avoir prémédité, il se retrouva dans le couloir, pieds nus et en pyjama. L’appartement était tout entier plongé dans la bienheureuse torpeur du petit matin. Comprenant que tout le monde dormait, Simple se dit « chut » à lui-même. Il avança jusqu’au milieu du couloir. Le silence lui parut redoutable. Il courut vers sa chambre et sauta d’un bond sur son lit.

64178774Ce que j’aime par dessus tout chez Marie-Aude Murail, juste après son humour, c’est sa sincérité. C’est une des rares auteures avec qui je m’élance les yeux fermés, quelque soit les thèmes de ses romans, car je sais qu’ils seront tous traités avec humanité, simplicité. Après tout, ces récits s’adressent aux jeunes. Pourquoi faire compliqué, pourquoi cacher certaines choses ? Faire l’amour, être attiré, être choqué par la différence… Et bien oui, ça arrive à tout le monde dans la vraie vie, pourquoi édulcorer ça dans un roman sous prétexte qu’il n’est pas réservé aux adultes ? Les mensonges de principe m’insupportent, alors voir les choses de la vraie vie tout bêtement exposées ici, ça fait sacrément du bien !

Marie-Aude Murail a un vrai talent pour dessiner des personnages touchants et profonds qui vous marquent. Même les personnages secondaires sont excellents. C’est simple (ah, ah, jeu de mots…) : il n’y a rien a jeter dans ce roman. J’aime tout. Le style limpide, les dialogues qui donnent énormément de vie à ce roman, les situations drôles mais tellement réalistes, les questionnements des personnages – de tous les personnages. C’est une tranche de vie que nous propose ici l’auteure et pas seulement une histoire basée sur « que devient une coloc quand on fait entrer un déficient mental dans tout ça ». L’histoire se lit vite, l’intrigue n’en est pas pour le moins complète et très bien construite. La narration nous mène par le bout de nez, il n’y a qu’à se laisser aller.

Alors oui, ça reste un roman pour la jeunesse. Happy end, amour, bons sentiments. Mais franchement, ça fait du bien et ça ne perd pas pour autant en saveur. Je ne peux que vous inviter à vous plonger le plus rapidement possible dans cette histoire touchante et souriante. Et même plus largement dans n’importe quel roman de Marie-Aude Murail. Car ça fait du bien tout simplement.

Marie-Aude Murail, Simple, aux éditions Ecole des Loisirs (Medium Poche), 6€80.

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, d’Annet Huizing

Il arrive parfois que je sois prise dans une frénésie de lecture et généralement dans ces cas-là, je lis des choses que je n’ai pas l’habitude de lire – comprenez : pas de littérature française ou classique. C’est assez naturellement que, dans cette période, je me dirige vers les romans jeunesse ou young adult, histoire d’avoir un truc agréable à croquer sous la dent rapidement. Voici comment est donc arrivé dans mes mains le livre d’Annet Huizing : Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte.

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Katinka est une jeune fille qui vit seule avec son petit frère et son père. Une de ses meilleures amies est sa voisine Lidwine, une auteure qui la fascine. Avec son aide, elle va commencer à écrire des petites choses, sur sa vie et sa famille. Sur Dirkje qui vient d’entrer dans leur existence tout doucement. Sauf qu’écrire, ce n’est pas toujours facile. C’est tout un art et une technique qui demande de l’entraînement et de l’apprentissage. Chaque jour, Katinka se met devant son ordinateur et essaie de pondre un petit texte. Elle ne s’imaginait pas en se lançant dans cette aventure que cela remuerait autant de choses en elle. Imperceptiblement, elle a autant appris sur elle que sur l’écriture – et sur le jardinage aussi.

C’est une lecture très rapide. J’ai trouvé ce texte simple mais sensible et émouvant. On ne côtoie que peu de temps les personnages mais on s’attache très vite à eux, les trouvant sincères et terriblement humains. Ce sont là plus que de simples êtres de papiers. L’intrigue en soi n’est vraiment pas incroyable mais elle se laisse suivre avec plaisir tout de même. L’auteure a réussi à donner vie à sa narratrice : ce sont vraiment les mots d’une enfant, toutefois cela n’est pas un problème puisque la langue et le style sont tout de même assez bons.

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J’ai peu de choses à rajouter sur ce roman. Il m’a changé les idées, c’est une bonne lecture que je conseillerai aux pré-ados, mais je n’ai pas rêvé comme dans une saga, je n’ai pas vibré comme dans Nos étoiles contraires par exemple. Il est agréable mais je trouve globalement ce livre peu ambitieux malgré un thème très intéressant.

Annet Huizing, Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, traduit du néerlandais par Myriam Bouzid, aux éditions Syros, 14€95.

Matilda, de Roald Dahl

Depuis plusieurs mois, traînait sur mes étagères un roman pour enfant piqué dans la bibliothèque de mon école : Matilda de Roald Dahl. Je me suis dit que mes multiples trajets en métro seraient une très bonne occasion pour me lancer dans cette lecture et je n’ai pas hésité.

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Matilda est une petite fille de cinq ans très très douée. Elle a appris à lire toute seule et a dévoré tous les classiques de la littérature mais aussi plein d’autres livres. Si bien qu’elle connaît énormément de choses pour son jeune âge. Mais Matilda est loin de vivre dans la plus parfaite des famille : elle y est transparente, entre un père garagiste malhonnête et une mère qui se drogue à la télévision. Quand elle rentre en classe pour la première fois, elle surprend immédiatement sa douce maîtresse par ses compétences. Mais là non plus la vie n’est pas rose… car la terrible et menaçante directrice de l’école n’est autre que Mlle Legourdin, une femme méchante qui déteste les enfants et n’hésite pas à leur faire comprendre. Heureusement pour elle – et pour nous – Matilda garde toujours le sourire malgré ces événements et fait preuve d’une malice sans faille pour se sortir de ses déboires !

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Je suis finalement assez partagée par ce roman. J’ai beaucoup aimé le personnage de Matilda et celui de sa maîtresse, mais j’ai trouvé absolument abominables ses parents et Mlle Legourdin : ils m’ont paru peu crédibles et j’ai été horrifiée de trouver ce genre de personnages dans une lecture pour enfants. De la maltraitance pure et dure, voilà ce que font ces êtres de papier, et personnellement cela m’a mis très très mal à l’aise pendant ma lecture. Il me semble qu’on aurait pu mettre de l’enjeu de façon tout de même plus légère et moins dramatique. Je pense très sincèrement que j’aurai gardé un souvenir étrange et assez traumatisant de ce roman si je l’avais lu enfant !

Il y a quelques répétitions dans l’arc narratif au début mais heureusement l’histoire évolue assez vite vers d’autres péripéties. J’ai beaucoup aimé le sens que prenait l’histoire (malgré les scènes assez violentes avec Mlle Legourdin). L’auteur a pris le temps de bien développer ses personnages centraux et la lecture avance à un bon train.

Mlle Legourdin, la directrice, était d’une autre race : c’était une géante formidable, un monstrueux tyran qui terrorisait également élèves et professeurs. Même à distance, une aura de menace l’enveloppait et, de près, l’on sentait les émanations brûlantes qu’elle dégageait comme une barre de métal chauffé à blanc. Lorsqu’elle fonçait – Mlle Legourdin ne marchait jamais ; elle avançait toujours comme un skieur, à longues enjambées, en balançant les bras –, donc lorsqu’elle fonçait le long d’un couloir, on l’entendait toujours grogner et grommeler, et si un groupe d’enfants se trouvait sur son passage, elle chargeait droit dessus comme un tank, projetant les petits de part et d’autre.

Clairement, cette lecture ne sera pas un souvenir impérissable pour moi, je ne l’aurais pas apprécié en tant qu’enfant. Toutefois, elle a des qualités indéniable : un talent décapant, une plume légère, des péripéties et de l’action savamment dosées, des personnages attachants.

Et vous, avez-vous déjà lu d’autres histoires de Roald Dahl ?

Roald Dahl, Matilda, traduction de l’anglais par Henri Robillot, illustrations par Quentin Blake, aux éditions Gallimard Jeunesse, 8€50.