L’Encre et le Sang, de Franck Thilliez et Laurent Scalese

Désolée pour le délais entre la parution de chaque billet, je suis plutôt occupée en ce moment et je délaisse mon blog. Vous vous souvenez que je vous avais parlé d’une création d’entreprise pour proposer de l’animation littéraire en région toulousaine ? Eh bien, ça y est : démarches enfin terminée, Anim’ Litt’ commence son activité tout doucement. N’hésitez pas à faire un tour sur le site 😉

Au fil des mois, je délaisse de plus en plus ma bibliothèque personnelle à cause de mes nombreuses infidélités : en effet, je la trompe avec la médiathèque où je travaille. Si bien que les livres non lus s’empilent chez moi – puisque j’ai toujours la fièvre acheteuse, cette maladie est sans remède.

Alors je me suis dit il y a deux semaines qu’il fallait me reprendre, je ne pouvais pas abandonner ces dizaines de romans à leur sort. Donc pour me faire pardonner, je me suis adonnée à une lecture express, j’ai choisi le plus petit livre, presque une nouvelle, qui est aussi le plus abîmé (il a voulu savoir s’il pouvait nager mais en fait non ; sécher a été une épreuve pire que la presque-noyade). Il s’agit de L’Encre et le Sang de Franck Thilliez et Laurent Scalese. Admirez plutôt cette couverture :

Ce petit roman écrit à quatre mains est un mélange de thriller, de polar et de fantastique. Les auteurs se sont donnés toute liberté en l’écrivant. L’histoire est celle d’un écrivain, William, qui s’est fait avoir en beauté par la femme qu’il aimait : elle lui a volé son dernier roman pour le refiler à son amant, qui a affirmé la paternité de ce best-seller. William se retrouve sans rien, et claque ses dernières économies dans un billet d’avion vers Hong-Kong, où le nouveau couple se trouve. Il erre, quand au détour d’un vieux garage, il la voit. La machine. Il découvre ses pouvoirs : il suffit de taper et ce qui est écrit se réalise vraiment. Ce sera l’instrument de sa vengeance, plus rien ne lui semble impossible. Sa colère va se déferler sur tous ceux qui l’ont insulté, humilié, menti.

L’Encre et le Sang aurait pu faire un très bon titre pour un livre sur le tatouage des prisonniers, mais finalement il sert à représenter une histoire complètement loufoque et assez horrible sur la puissance et la folie qu’entraîne cette dernière. J’ai été assez déçue par ce roman. Il comporte en seulement 115 pages beaucoup de défauts que je ne supporte pas.

Tout d’abord les personnages beaucoup trop stéréotypés, entre l’écrivain beau-gosse mais qui n’a rien écrit, le romancier déchu et fou de rage, la blondasse éditrice avide d’argent et de réussite, etc. Peut-être est-ce un parti pris ? Dans ce cas, j’ai beaucoup de mal à en comprendre l’intérêt.

Il y a aussi une volonté cinématographique dans ce livre. En cela, rien de mal, le problème c’est que cela s’inspire de gros blockbusters bien américains, et sans profondeur. Je me suis très vite lassée de ce répertoire de sang, de meurtres, et autres choses impossibles mais réalisables grâce à une machine diabolique.

Derrière ces apparences, on peut quand même souligner que la descente aux enfers du héros est assez bien réalisée, même si elle aurait pu être plus soignée, plus graduelle. A la fin du livre, il y a un retournement de situation annoncé par-ci par-là auparavant : une intrigue qui est vraiment intéressante, quel dommage que cela soit si peu exploité.

Je vais m’arrêter là, car il y a peu de choses à rajouter pour un si petit roman, et sincèrement, j’ai du mal à être objective. Écrire à quatre mains ne doit pas être évident. J’imagine que les idées devaient fuser entre les deux auteurs, qu’ils ont du prendre du plaisir à écrire et à offrir à la lecture cette histoire, mais cela ne doit rien enlever à l’application et aux soins mis dans la narration, la gestion de l’intrigue, la profondeur psychologique des personnages. Cela m’a laissé un arrière-goût de bâclé. Dommage, donc.

Franck Thilliez et Laurent Scalese, L’Encre et le Sang, aux éditions Pocket (14546), 2€90.

La maison des miroirs, de John Connolly

Pocket a sorti de nouveaux petits livres, des romans voire même parfois des récits qui s’apparentent plus à la nouvelle, et cela au prix de 2€90. C’est un peu plus cher évidemment que les folio à 2€ mais je trouve que le choix est plus agréable.

Aujourd’hui, j’ai donc choisi l’un deux : La maison des miroirs de John Connolly. Je ne suis pas très roman policier mais je sais d’expérience que j’aurais tord de les bannir complètement de mes lectures. Connolly étant une valeur sûre paraît-il, j’ai décidé de le lire. En plus, ce texte me permet de rencontrer un de ses personnages phares : le détective Charlie Parker.

Il y a des années, un certain John Grady a tué quatre enfants dans sa maison isolée. Une demeure étrange, empuantie par de la colle à tapisserie fabriqué par l’assassin et envahie de miroirs, présents sur chaque mur. Matheson est, enfin était, le père d’un des enfants qui ont perdu la vie à cause de ce fou. Il a racheté le domaine de Grady pour ne pas détruire ce dernier lieu qui a vu sa fille vivante. Mais un jour, il découvre une photographie d’une enfant jouant au base-ball, posée au milieu de la maison.

Il embauche alors le privé Charlie Parker pour enquêter sur ce phénomène étrange : retrouver cette gamine sur la photo et surveiller la maison de Grady qui se révélera bien plus perturbante encore qu’elle n’en a l’air. Mais un homme inquiétant approche le détective pour venir chercher une « dette » dans la maison du meurtrier. Très vite appelé « le Collectionneur », il est sûrement l’être le plus mystérieux en rapport avec cette enquête.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, sûrement parce qu’il n’était pas très long. En effet, il s’agit quand même là d’une enquête et lire ce genre de choses… ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Le fait qu’on suive un détective privé et non un vrai policier est plus agréable je trouve, il est plus libre de ses mouvements. Et, mon Dieu, que ça fait du bien de découvrir un personnage qui joue ce rôle sans être un dépressif ou une vrai caricature comme on en voit si souvent. Pas de flic reconverti au-dessus des règles, pas de violence gratuite, pas d’amourette, non juste un mec bientôt papa qui est enquêteur, point barre. C’est vraiment très agréable de découvrir que Charlie Parker en plus d’avoir de la jugeote est un être humain qui peut ressentir la peur, au lieu de sortir son flingue au moins bruit.

L’écriture est vraiment très fluide, avec beaucoup de dialogue. Il n’y a pas de longueurs ou de digressions qui seraient frustrantes dans ce genre de livre. La traduction française est sans anicroche. Quant à l’histoire, elle brasse plusieurs tenants et aboutissants, on pourrait presque dire qu’il y a plusieurs intrigues mais finalement, elles se rejoignent toutes dans cet endroit sombre et dangereux qu’est la maison de Grady.

Ce petit roman se lit vite et ne se lâche pas ! Il est idéal pour entrer en douceur dans le monde des enquêteurs et sa fin vraiment surprenante est effrayante à souhait. Une jolie petite découverte qui me pousserait même à lire une autre œuvre de Connolly

John Connolly, La maison des miroirs, traduction de l’anglais par Didier Sénecal, Pocket (15336), 2€90.

Jack l’Éventreur, affaire classée, de Patricia Cornwell

Cela faisait plus d’un an que je voulais lire ce livre, mais impossible de l’avoir à la médiathèque, il était sans cesse réservé ! Ce livre entre la biographie, l’enquête, le témoignage (un peu romancé), c’est Jack l’Éventreur, affaire classé, portrait d’un tueur (oui, oui, deux sous-titres) de Patricia Cornwell.

Quand je l’ai eu entre les mains, j’ai eu un peu peur car quand le nom de l’auteur sur la couverture est deux fois plus grand que le titre lui-même, j’ai l’habitude de penser que ce n’est jamais bon signe. Mais, c’est assez compréhensible quand on sait que cette auteure est en priorité connue pour ses romans, sa saga de thrillers : ce livre sort de l’ordinaire dans sa biographie.

Sur l’édition que j’ai, aucune quatrième de couverture, mais qu’importe, cela faisait longtemps que je voulais en savoir plus sur les abominables crimes de Londres sans pour autant dépérir d’ennui dans un livre trop sérieux : Cornwell était donc le juste milieu idéal.

A partir de 1888 et jusqu’à 1896 (selon les autorités), des meurtres de plus en plus horribles sont perpétrés sur des prostituées de Londres, qui ont la quarantaine et sont imbibées d’alcool. Ces homicides ont tous lieux dans l’East End, un quartier très pauvre et malfamé de Londres. Et bien qu’il arrive parfois que la police soit sur les lieux moins d’une demi-heure après les meurtres, jamais le coupable ne sera attrapé. Et pourtant, il laisse des indices, et joue avec les autorités en les noyant sous des lettres moqueuses et prophétiques qu’il envoie aussi à différents journaux.

La peur envahit peu à peu le fog londonien, les stipulations vont bon train sur cet être qui égorge et éventre ces pauvres femmes pour leur voler leur utérus. On dit que c’est un fou, un misérable de l’East End, ou bien quelqu’un qui s’y connaît en médecine, en chirurgie, on accuse même un avocat. Mais sans résultat. A l’époque, la médecine légale était quasiment inexistante : ce criminel qui joue au chat est né un siècle trop tôt pour qu’on espère la capturer.

Mais pour Patricia Cornwell qui retrace avec précision et minutie ces meurtres, le coupable ne peut être qu’un seul homme : Walter Sickert. Ce peintre qui deviendra très renommé n’a pas d’alibi, et en épluchant sa biographie, l’auteure a trouvé des similitudes avec la psychologie d’un serial killer. Mais plus encore, elle est certaine que les multiples lettres qu’on a pris pour un canular sont en fait toutes de la main de Sickert qui peut aisément contrefaire son écriture et inclure des fautes d’orthographes (jamais les mêmes, bizarre en effet) volontairement. Adepte des costumes, elle est intimement persuadé qu’il était passé maître dans l’art de se travestir et de se fondre dans la foule : idéal pour passer aperçu et commettre des homicides sans être repéré par la suite. Sickert connaissait l’East End même s’il n’y habitait pas. Bref que de points communs avec le tueur.

Mais Cornwell va encore plus loin en l’accusant d’autres meurtres dans Londres, en Angleterre et même en France : des femmes égorgées ou des corps démembrés qui impliquent un changement de méthode mais qui s’accordent avec les déplacements probables du peintre et la sauvagerie de Jack.

 Pourquoi lui et pas un autre ? Cornwell n’est pas la première à l’avoir soupçonnée mais son livre a quand même été une petite bombe dans le milieu, tellement elle est allée loin dans ses recherches (vous verrez, c’est vraiment stupéfiant, tout ce travail qu’elle a accompli!) Elle explique cette violence par une malformation et de douloureuses opérations chirurgicales qui auraient rendu Sickert impuissant. Ce peintre qui aimait représenter des prostituées sur ces toiles aurait transformé cette immense frustration en force mortelle.

De plus, l’auteure dépiaute ses peintures en les mettant en parallèle à des victimes par exemple, et les ressemblances, les « coïncidences » sont tout à fait édifiantes. Elle sait nous convaincre avec des faits.

Un de ses premiers tableaux sur Camden Town, où se déroula un des meurtres de Jack l’Éventreur qui égorgea une prostituée dans son lit.

Mais ce serait mentir que de ne pas souligner que Cornwell fait tout pour qu’on croit que c’est bien Sickert le coupable. Aujourd’hui, on ne sait toujours pas qui est le meurtrier, et on n’aura jamais de vraies preuves tangibles concernant le coupable. A plusieurs reprises, j’ai senti que l’auteure s’arrangeait avec les faits, les poussait au maximum dans leur interprétation pour servir sa cause. Cela m’a mise assez mal à l’aise par moment, j’ai eu l’impression d’une mauvaise foi latente.

Toutefois, ce livre est très convaincant. La lecture est vraiment agréable, il se lit presque comme un polar ! En plus de Jack l’Éventreur, on en apprend beaucoup sur ce peintre mais aussi sur Londres, l’East End, l’opinion publique de l’époque, le simulacre de la médecine légale et ses progrès aujourd’hui, la psychologie des tueurs en série, les conditions de vie des plus pauvres… C’est vraiment complet et je dirais même exhaustif ! La traduction est impeccable, un vrai plaisir. J’ai juste à déplorer quelques redites ou répétitions d’un chapitre à l’autre, mais ce n’est vraiment pas grand chose !

Bref, je vos conseille ce livre qui vous donnera à coup sûr l’envie de continuer l’enquête et d’en apprendre plus sur les autres coupables potentiels !

Patricia Cornwell, Jack l’Éventreur, affaire classée, portrait d’un tueur, traduction de l’américain par Jean Esch, aux éditions des Deux Terres, 22€50, ou chez Le Livre de Poche (37007), 8€10.

Avant d’aller dormir, de S. J. Watson

Depuis sa sortie, je rongeais mon frein, j’étais frustrée de ne pas avoir encore eu l’occasion de lire ce livre. Alors dès sa sortie en poche, je lui ai sauté dessus, même si je n’ai pas pu le dévorer tout de suite. Cessons le suspens à deux francs six sous, je veux vous parler aujourd’hui de la révélation S. J. Watson et de son roman Avant d’aller dormir.

Il s’agit d’un thriller, alors autant vous dire qu’il fallait qu’il soit vraiment alléchant pour m’attirer car ce n’est pas ma littérature favorite. Son grand atout a été de ne pas se passer dans un cadre policier, ce n’est pas un récit de fuite ou d’enquête. C’est plutôt rare et ça ne pouvait qu’attiser ma curiosité.

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L’histoire, c’est celle de Christine, une femme de quarante-sept ans mais qui pense en faire vingt ans de mois. En effet, chaque matin, elle se réveille sans souvenir. Pour elle, elle est étudiante ou adolescente, cela varie et chaque jour, c’est la surprise, le désarroi. Elle se retrouve dans un lit qu’elle ne reconnaît pas, dans une maison qui ne lui dit rien, auprès d’un inconnu qui doit alors lui expliquer qu’elle est amnésique et que lui, c’est Ben, son mari.

La tête dans le brouillard, une fois cet homme parti au travail, elle reçoit un coup de téléphone d’un certain docteur Nash, il lui explique que depuis quelques jours et malgré son amnésie, elle tient en secret de son mari un journal qu’elle remplit chaque jour, un procédé mis en place pour améliorer sa mémoire. Mais une fois qu’elle l’a entre les mains, la première phrase l’intrigue : « Ne pas faire confiance à Ben ». Et plus elle avance dans la lecture, plus elle découvre son passé à travers des souvenirs qui ont parfois resurgi, elle se refonde une identité mais met également au jour quelques incohérences, des mensonges, des secrets qui mis bout à bout dans son journal, soulèvent beaucoup de questions douteuses à propos de ce fameux Ben.

Christine comprend qu’on lui cache des choses, peut-être vitales. Et elle veut tout savoir.

Le roman est bien construit avec un début et une fin narrés par l’héroïne, le reste de l’œuvre est en fait constitué du journal en lui-même. Son style très littéraire est expliqué par la vocation d’auteure de Christine, ce qui est plutôt bien trouvé ! Et même si chaque matin c’est pour elle la même surprise, le journal n’en est pas pour autant redondant, un bon point donc, car c’était là ma plus grande crainte.

On est vite entraîné dans la vie de cette femme, et comme elle on veut connaître le fin mot de l’histoire. Dans la dernière partie de livre, les choses s’accélèrent et c’est seulement à ce moment-là qu’on peut dire que le livre est haletant. Il y a du suspens dans le reste de l’œuvre, c’est vrai, mais ça reste assez gentillet, assez doux. Parfois, on s’égare dans des petites péripéties annexes qui peuvent polluer le fil conducteur de l’histoire, et il y a même quelques longueurs. Disons que c’est un thriller pépère, mais qui n’en reste pas moins intéressant et divertissant à lire.

L’écriture est de qualité, la psychologie des personnages est très bien développée, bref, ce n’est pas pour rien que ce roman était en tête des ventes à sa sortie ! Je vous le conseille, sauf si vous êtes vraiment accro au suspens à n’en plus pouvoir, car là, il risque de vous décevoir un peu.

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S. J. Watson, Avant d’aller dormir, traduction de l’anglais par Sophie Aslanides, aux éditions Pocket (14849), 7€60.

Lu dans le cadre des challenges « Destination : PAL » chez Lili Galipette et « Thrillers et Polars » chez Liliba.

Hôpital psychiatrique, de Raymond Castells

Après une rencontre et une dédicace avec l’auteur Antoine Sénanque, dont j’ai chroniqué son dernier roman, je ne pouvais pas partir de la librairie sans zieuter un peu ce qui était sorti. A ma grande surprise, mes pas se dirigent vers le rayon policier. Je déniche alors un roman qui s’intitule Hôpital psychiatrique, et une fois la quatrième de couverture lue, s’en est fini pour lui : et hop, dans mon panier ! L’auteur s’appelle Raymond Castells, et je peux vous dire que je suis assez frustrée de ne pas avoir trouvé plus d’informations sur lui que son métier : psychologue clinicien.

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Nous sommes en mai 2010, Louis et Louise arrivent à la fin de leur vie et, pour répondre à un journaliste, ils témoignent et font revivre l’époque de leur rencontre.

A dix-sept ans, Louis Dantezzi est accusé du meurtre de son beau-père, de sa mère et de sa soeur, déclaré fou, il est envoyé dans un asile d’aliénés près de Toulouse. Il raconte son quotidien parmi les criminels dangereux et les Jésus en herbe, son ascension au sein de cette structure, les violences que font subir les gardiens et les expérimentations médicales hasardeuses.

Au cours de ces quelques années passées dans cette maison de fou, le monde change de couleur : c’est la Seconde Guerre mondiale. Heureusement, dans toutes ces atrocités, il rencontre Louise, elle aussi internée pour meurtre, une jeune fille à la vie pas facile : le coup de foudre est immédiat. Louis avait depuis longtemps pour projet de s’évader, mais en faisant les choses bien, en prenant son temps pour que toutes les conditions idéales soient réunies : il ne s’éloigne pas de son but mais à présent, c’est avec Louise qu’il veut s’enfuir.

Mais c’était sans compter sur les affres de la guerre : entre les résistants au sous-sol et les collabos sous les combles, la boucle est bouclée quand un régiment entier de la Wehrmacht prend ses quartiers dans l’asile : c’est bien une maison de fou, le seul lieu où une situation si surréaliste peut voir le jour.

C’est pourtant vrai : ce genre de cohabitation secrète et étrange a bel et bien existé durant la guerre. C’est d’ailleurs toute la force du roman. De nous décrire des évènements, des faits, des traitements, qui étaient légion pour l’époque mais qui nous semblent impossibles ou inhumains aujourd’hui. Et même quand l’asile d’aliénés est devenu hôpital psychiatrique, quand les gardiens sont devenus des infirmiers sur le papier, les choses n’ont pas réellement changé. 

Mais ce que j’ai vraiment adoré, c’est bel et bien le style de l’auteur : je m’y suis retrouvée trait pour trait, il écrit comme je rêverais un jour d’écrire. A la fois grave, sincère, mais aussi drôle et cynique. Il a un ton incisif, il joue sur des chapitres très courts qui jonglent à merveille entre dialogues théoriques, actions étranges, ruses et secrets.

Il faut dire que son personnage principal, Louis, est un garçon plutôt mystérieux : très, très malin, il réussit à graver les échelons, à force de patience. On pourrait parfois le prendre pour un sans-coeur, mais en réalité, Louis n’aime que les personnes qui sont aptes à être aimées. Et pour eux, il donnerait sa vie. Mais pour les autres, ce ne sont que des pions qui l’indiffèrent ou que parfois il déteste. Il arrive toujours à passer dans les mailles de leurs filets, et souvent il retourne cela à son avantage. C’est un personnage très intelligent, qui fait un peu peur c’est vrai, qui s’est peut-être laissé hanté par la folie ambiante.

C’est impossible de décrire de façon rationnelle ce roman, il brasse tellement de choses, de façon si pointue, sans état d’âme. Cette lecture est une aventure, elle nous emporte dans un autre univers qu’il nous est impossible d’imaginer sans y être. J’imagine à la fois les recherches que ce roman a demandé et l’esprit un peu fou qu’il faut avoir pour écrire de telles lignes. Car c’est prodigieux, c’est sauvage, c’est vivant, c’est mordant, c’est aliénant. Un cocktail explosif qui nous tient en haleine. Six cent pages accrocheuses de la préparation d’une fuite, d’un plan pour s’échapper de cette hôpital de malades de l’esprit, six cent pages d’une cohabitation dangereuse mais burlesque, six cent pages de rencontre avec la folie et toutes ses déviances, qu’importe de quel côté de la ligne on soit. Ce livre est fou. Et c’est pour ça que je vous le conseille.

Raymond Castells, Hôpital psychiatrique, aux éditions Payot & Rivages, coll. Rivages/Noir (889).

Le Sang du temps, de Maxime Chattam

C’est avec une grand joie que je vous annonce que, voilà, c’est fait, j’ai lu mon premier Maxime Chattam. Il me fallait un livre prenant pour éviter de penser au Salon du Livre où je n’étais pas… J’ai donc choisi Le Sang du temps (titre que je suis obligée de regarder cinq fois pour m’en souvenir, et le ré-oublier deux minutes après).

 SangDuTemps

Cette histoire est en fait double. D’un côté, Marion, qui était il y a encore quelques heures secrétaire à l’Institut médico-légal de Paris. Mais ça, c’était avant qu’elle se retrouve détentrice d’un lourd secret d’État et menacée de mort par des gens pas très fréquentables… La DST décide donc pour sa sécurité de la faire disparaître, le temps que les choses se tassent. Elle est conduite en secret au Mont-Saint-Michel où elle est obligée de résider incognito. Accueillie par la communauté religieuse de l’île, elle découvre la beauté de ces paysages hors du commun et l’état d’esprit insulaire. Un jour qu’elle aide à trier des archives sur la terre ferme, elle découvre un journal intime, un carnet de bord, caché sous une couverture d’un livre de Virginia Woolf et écrit en anglais. Très vite, elle se passionne pour ce récit d’une enquête policière qui s’est déroulée au Caire en 1928.

Jeremy Matheson doit élucider d’abominables meurtres : des enfants sont retrouvés assassinés et atrocement mutilés dans les faubourgs est de la ville. Une rumeur enfle et se propage : on aurait vu une ghûl, une goule dans les rues du Caire, essayant d’entrer dans les chambres des enfants, reniflant les vêtements en train de sécher sur un fil. Un être abominable, sans visage, qui se cache sous une bure et ne sort que la nuit. Mais le policier anglais ne veut pas croire à cette piste surnaturelle.

On a du mal à comprendre comment ces deux histoires sont liées. Pourtant, elles le sont, mais je ne peux pas vous en dire plus malheureusement. Ce roman était parfait pour me faire oublier le reste du monde, il m’a pris dans son étau, entre France et Égypte, et m’a embarqué. Chattam sait travailler le suspens, l’appréhension et l’angoisse, en ça, on peut dire qu’il est un bon écrivain de thriller.

J’ai eu du mal au début à me faire à cette distance si grande, sur tous les plans, qui séparent le Mont-Saint-Michel du Caire : le livre opère des allers-retours presque à chaque chapitre entre ces deux univers. On ne lit pas le carnet de Matheson, on est immergé dans sa vie, la narration de ces passages ne diffèrent guère de ceux où on retrouve Marion. Cependant, au fil de la lecture, on se fait à ce monde de fonctionnement, et on va d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre, sans trop de difficultés : l’auteur arrive à nous faire voyager dans ces deux mondes qu’on ne connaît pas, quitte à pousser les poncifs un peu plus loin que nécessaires (la communauté religieuse austère, ou l’opposition coloniale arabes/blancs).

Mais il y a quelques points que je n’ai pas vraiment apprécié et qui m’ont déçu. Ce livre aurait pu être fignolé pour éviter quelques maladresses, notamment dans les transitions narration au Caire/lecture de Marion. En effet pour expliquer que l’on passe de l’un à l’autre, l’auteur utilise des stratagèmes très voyants et peu esthétiques. C’est un peu du bricolage, du collage. Idem pour la fin qui m’a paru bâclée. Ce ne sont que des avis subjectifs et ça n’enlève rien aux autres charmes de ce livre : l’écriture, le style plutôt, est assez particulier, mais ça change de la logorrhée narrative habituelle. C’est une écriture qui parlera à tout le monde : elle utilise des images et topoï admis mais s’en sert avec parcimonie, et je dirais même, à bon escient. De plus, attendez-vous à lire la deuxième moitié du livre d’une traite tellement vous aurez envie de savoir, de voir cette goule, si elle existe.

Les thèmes sont plus qu’originaux, même si j’ai trouvé que le secret d’État détenu par Marion n’était qu’une excuse pour lui faire découvrir ce carnet et l’emmener sur ce lieu si romanesque qu’est le Mont-Saint-Michel. J’aurais aimé qu’on creuse un peu plus peut-être la profondeur psychologique des deux personnages principaux, mais je me suis satisfaite de ce qu’il y avait, c’est suffisant pour un thriller.

Bref, il y a deux-trois petites choses à redire sur Le Sang du temps selon moi, d’un point de vue techniques d’écriture surtout, mais je crois que je suis un peu trop pointilleuse… Ce livre fait quand même super bien son boulot et vous passerez un très agréable moment de lecture grâce à Maxime Chattam.

Maxime Chattam, Le Sang du temps, aux éditions Michel Lafon, coll. Pocket (13173), 7€60.

La Malédiction des Templiers, de Raymond Khoury

Aujourd’hui, je vais aborder avec vous un genre que je n’ai pas encore exploré sur le blog : le thriller ou roman d’action sur fond de trame relico-historique. Oui, oui, du genre du Da Vinci Code ; c’est d’ailleurs ce roman qui a ouvert les portes du temple de la consommation à cette littérature.
Le livre en question a été écrit par un auteur très connu dans ce genre, Raymond Khoury. La Malédiction des Templiers est en fait le deuxième opus où on peut retrouver Tess Chaykin, l’archéologue devenue romancière et Sein Reilly, l’agent du FBI. Le couple est en effet d’abord apparu dans Le Dernier Templier. Comme nous le laisse présager ces titres, oui, nous allons plonger au coeur de l’ordre des Chevaliers de la Croix, de leur relation tendue avec l’Eglise qui, nécessairement, nous cache des choses. Des choses pouvant bouleverser l’ordre du monde, ou au moins la foi de millions de personnes. On ne change pas une recette qui fonctionne, cela fait des dizaines d’années que l’ésotérisme et les rumeurs de complot autour des Templiers font fureur. Heureusement, ici l’auteur ne se targue pas d’avoir fait des recherches approfondies au point de nous faire croire que même la fiction présentée dans ce livre est réelle (oui, Dan Brown, c’est à toi que je pense). Non, un roman reste un roman.
Déjà, je vous rassure, il n’est pas obligatoire d’avoir lu le premier livre où apparaissent nos héros pour profiter de La Malédiction des Templiers. Certes, les deux histoires traitent de ces chevaliers hors du commun, à la fin du roman, on apprend même que les deux enquêtes sont liées. Des références légères sont faites à propos du premier opus mais cela ne gêne en rien la lecture, vous pourrez profiter de ce roman à votre aise.
Bon, vous l’aurez compris, quand je ne saute pas à plafond dès les premières lignes du billet, c’est que ce livre ne rejoindra pas mon panthéon personnel des oeuvres littéraires dignes de ce nom. Mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’un mauvais livre, ce serait bien trop prétentieux de ma part. Au contraire, je pense qu’il peut permettre à pas mal d’entre vous de passer un bon moment de lecture, un moment de loisir comme on va voir un bon gros blockbuster américain au ciné.
Il faut avant tout que je vous éclaire sur la construction de ce livre. En effet, différents points de vue historique s’alternent, se complètant : d’un côté, l’enquête palpitante de Sean et Tess, de l’autre la réalité des faits qui se sont déroulés il y a plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’année. C’est assez particulier, on est parfois frustré de changer d’époque mais on se rend vite compte que cette méthode sert l’intrigue de façon ingénieuse. Puis, les chapitres mettant en scène les Templiers sont admirablement bien écrits.
Je vais peut-être vous résumer le livre quand même ? Tout commence avec notre cher agent Reilly qui vole un ancien manuscrit très précieux au sein même des Archives secrètes du Vatican. Non, il n’est pas devenu un malfrat mais il fait ça sous la pression : en effet, Tess a été enlevée. Heureusement, dans des circonstances explosives, il la retrouve et découvre que toute cette histoire a commencé avec la découverte d’un parchemin. Apparemment, un trésor du Diable, mettant en grand péril l’Eglise, a été caché par des Templiers. Pensant que c’est là le meilleur moyen de bouleverser les ennemis de son pays, un Iranien s’est fait un devoir de le retrouver. Et pour cela il n’hésite pas à tuer, semant des cadavres le long de sa route. Une enquête palpitante va mener le couple en Europe et en Orient, à travers des sites et des paysages somptueux, rougis par le sang versé.
Difficile de donner un bon avant-goût de cet ouvrage sans vous spoiler. J’en suis tenu à survoler rapidement une narration pourtant bien ficelée. Ce livre est clairement un roman d’action, partout des bagarres, avec blessures mortelles, côtes fêlées et gémissements. C’est par moment assez répétitif voire carrément ennuyeux. Si vous n’avez jamais aimé les films de combat, fuyez cet ouvrage, sinon vous pouvez en profiter ! Il y a peu de ces moments d’émulation et de découverte qui font la jouissance de ces enquêtes sur fond religieux. J’ai d’ailleurs trouvé que la dernière étape avant d’accéder à la découverte finale a vraiment été trop facile pour nos deux héros, tellement qu’elle en est surprenante. Côté profondeur des personnages et psychologie ne cherchez pas, vous ne trouverez pas grand chose. Il y a bien une ébauche dans la relation de couple Tess-Chaykin mais c’est faible et niais. Le costaud et la colombe, on a vu plus palpitant comme amour.
Le point fort de roman est de nous faire voyager. Entre les époques, entre les continents. De ça, on ne se lasse jamais et on aime se faire surprendre. Après lecture, vous en saurez en tout cas beaucoup plus sur les Templiers, même s’il ne faut bien sûr pas tout prendre au pied de la lettre : ça reste une fiction.
La Malédiction des Templiers reste un bon choix pour une lecture de vacances, une lecture de farniente. En novembre 2011, est même paru le troisième opus rassemblant Sean Reilly et Tess Chaykin qui plongent cette fois dans les mystères des vies antérieures et de la réincarnation : L’Elixir du Diable.

Miserere, de Jean-Christophe Grangé

Aujourd’hui, je sors de mon parcours habituel de lecture pour vous présenter un trhiller. Jean-Christophe Grangé est un des rares auteurs qui arrive à me happer complètement dans son histoire. Pour son Miserere, j’ai fait nuit blanche et dévorer les pages à la vitesse de l’éclair de ce roman noir.

Ce livre racontre l’histoire de Lionel Kasdan, un policier d’origine arménienne, à la retraite. Un jour, le maître de chorale de son église, Goetz, est assassiné de façon bien étrange : il serait mort de douleur. En effet, ses tympans ont été percés, ses os auriculaires endommagés ; l’arme du crime devait être vraiment très fine et solide, pourtant elle n’a laissé aucun résidus sur l’os. Très vite, plusieurs hypothèses s’offrent à Kasdan qui se penche sur cette enquête malgré sa retraite. Peut-être un crime homophobe ? Car très vite, le policier découvre l’ami de Goetz. Ou un meurtre politique : le chef de choeur est un réfugié politique chilien. Mais les pistes se multiplient, les éléments disparates et étranges s’accumulent. Kasdan s’associe alors à Cédric Volokine, la trentaine, un agent à qui tout réussit, 98 % de taux de résolution pour les affaires qui lui sont confiées. Mais Volo est un peu particulier : il est héroïnomane, c’est dans un centre de désintoxication que Kasdan vient le chercher. Entre eux deux va se tisser une relation pudique et forte. Ils se complètent sur le plan professionnel, le jeune entraînant le retraité sur des pistes moins conventionnelles, et admettant plus facilement les indices incompréhensibles qui s’entassent dans cette enquête. Mais cette affaire prend une tournure de plus en plus étrange entre voix d’anges, rires d’enfants, tortures expérimentales et dérives sectaires… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher votre lecture, mais vous pouvez me croire, le fin de l’histoire est assez ahurissante !

« Les deux enquêteurs l’avaient compris : leur enquête était un cyclone et ils étaient à l’intérieur de l’oeil. Il n’y aurait aucun moyen de s’arrêter jusqu’à son terme. Et surtout pas de rationaliser les données de plus en plus cinglées qui leur tombaient dessus. »

Les deux personnages sont vraiment intéressants. Comme presque tous les policiers de thriller, ils ont leur côté mélancolique et dépressif mais Grangé a su in extremis ne pas tomber dans le piège du déjà-vu. Volokine et son combat pour arrêter l’héroïne est vraiment touchant de sincérité ; il ne se prend pas pour un paria même s’il sait son appartenance indéniable au monde des junkies. Il accepte ce côté-là et essait d’aller au-delà. Quant à Kasdan, son passé reste flou, peut-être un peu tiré par les cheveux voire carrément cliché, on appréciera quand même ce côté gros dur qui essait de ne pas dévoiler ses sentiments que ce soit aux autres ou à lui-même : il y a vraiment des passages pleins de sensibilité concernant cette partie du personnage. Leur relation n’est presque pas explicitée, sauf parfois le sentiment parternel que peut éprouver l’arménien pour Volo ; tout est illustré par des gestes, des comportements qui sont flagrants de vérité.

L’intrigue, elle, est parfaite. Elle nous tient en haleine sans pour autant nous faire péter un cable ! L’écriture est posée, on sent l’écrivain qui maîtrise son art, qui reste assez distant de son texte pour ne pas lui-même se laisser emporter et déborder. Je regrette tout de même les quelques flashbacks liés au passé de Kasdan auquel je n’ai pas vraiment adhérer : ça a par moment véritablement gêné ma lecture. Ma grande déception reste le final : Grangé devait avoir hâte de finir son roman. Certes, c’est de l’action, mais même là, ça reste pauvre et trop pressé. On s’attend à quelque chose de plus palpitant, à la hauteur du reste de l’oeuvre, on s’attend à plus d’explications, un petit épilogue. Là, je reste sur ma faim, une fin que je trouve bâclée ; même si, dans le contenu, l’idée est très bonne, c’est juste l’écriture qui ne va pas. Mais cela ne concerne que les trente dernières pages, le reste de l’ouvrage est vraiment prenant et vous engouffre dans un tourbillon de suspicion, de doute. Vraiment une lecture que je vous conseille si vous voulez changer d’air quelques heures.

Tu ne te souviendras pas de Sebastian Fitzek

On nous promet le remplacant d’Harlan Coben, un nouveau prodige allemand venant de Berlin. Connu grâce à son premier thriller Thérapie, Sebastian Fitzek récidive dans son quatrième ouvrage : Tu ne te souviendras pas. Alors, ce jeune auteur est-il vraiment à la hauteur de sa réputation ? C’est ce que j’ai voulu savoir à l’occasion de la sortie en poche de son dernier opus.

Tu ne te souviendras pas, ça commence par une incompréhension : Simon, 10 ans, cancéreux et pupille de l’Etat, déclare avoir commis un meurtre il y a 15 ans. Tout commence grâce à / à cause de Carina, une infirmière prise d’affection pour le jeune garçon. Voulant lui montrer que la mort ne signifie pas la fin de l’âme, elle lui offre une régression, c’est-à-dire la possibilité d’entrevoir nos vies antérieures grâce à l’hypnose. Sur le moment, rien ne se passe, mais par la suite, Simon voit l’image de sept meurtres qu’il aurait perpétrés avant sa naissance ! Ayant un sens aigu da la justice, il demande à Carina de lui trouver un avocat car il souhaite se constituer prisonnier. C’est ainsi que Robert Stern, célèbre avocat berlinois, se retrouve au beau milieu d’une zone en friche, auprès de son ex-petite-amie, d’un gamin enlevé de l’hôpital. L’histoire pourrait s’arrêter là quand Stern découvre à l’endroit désigné par l’enfant le cadavre, tué à la hâche, comme l’a décrit Simon. Tout est alors remis en cause. Peut-on vivre plusieurs vies ?

Le lendemain, Stern, reçoit un DVD. Sur celui-ci figure l’image de son fils Felix 10 ans plus tôt, bébé à la maternité. Sauf que la caméra filme le moment exact où ce bébé s’arrête de respirer : la mort subite du nourrisson a frappé. Anéanti par ces images, l’avocat se demande bien la signification de ce disque quand soudain apparait à l’écran, un garçon torse nu devant son gâteau d’anniversaire sur lequel trônent 10 bougies et, hasard étrange, celui-ci porte exactement la même tache de vin sur l’épaule qu’avait Félix. Une voix s’élève du téléviseur : « croyez-vous à la réincarnation, Mr Stern ? » Cette dernière lui propose un compromis : elle lui révèlera l’adresse du jeune garçon qui figure sur la vidéo si l’avocat trouve le coupable des meurtres découverts par Simon. Il n’a que quelques heures pour ça et ne doit surtout pas contacter la police.

Un roman qui commence bien : des personnages atypiques et attachants, une voix dans l’ombre qui sait et contrôle tout, la police aux trousses des héros, des cadavres qui s’accumulent et un avocat qui mène l’enquête. L’écriture est très fluide, ça se lit très vite mais ce sont toujours les mêmes thèmes qui reviennent dans les thrillers en ce moment : un brin d’inexplicable, de paranormal allié à des meurtres qui cachent toute la cruauté humaine. C’est parfois un peu mou, un peu trop prévisible, on tourne en rond. J’ai eu l’impression à certains moments que des actions ou des événements n’étaient là que comme excuse pour évoquer les travers et les vices les plus sombres (qui attirent toujours plus de lecteurs comme chacun le sait). Un thriller qui utilise les ficelles les plus communes du genre sans toutefois effusion de sang ou de cruauté extrême. Ce livre reste assez « sobre », enfin autant que peut l’être un thriller. Il fait passer le temps voire même il est un tout petit peu addictif mais je le conseille plus pour les longs voyages en train que comme lecture de suspense à proprement dite.