La bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarina Bivald

Parfois, il faut s’écouter. Pendant mon intersidérale panne de lecture – promis, j’arrête bientôt d’en parler – je me suis un peu forcée. Il y avait ce roman, ça promettait d’être feel-good, y a de la romance, de l’amitié, une librairie, l’amour des livres. Je me suis dit : « Banco, c’est fait pour moi ! » C’est vrai qu’il me semblait un poil long, mais je trouvais la couverture sympa, il n’avait pas reçu des mauvaises critiques, alors pourquoi pas ?

la-bibliotheque-des-coeurs-cabossesLa bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald est l’histoire de Sara, qui vient passer plusieurs semaines dans le village de Broken Wheel – elle vient de Suède – pour voir son amie Amy, une amie par correspondance. Toutes deux ont forgé une belle amitié en échangeant sur leurs lectures et enfin aujourd’hui, elles vont se rencontrer ! Mais il y a un vrai problème : Amy n’est plus là… Désemparée, Sara se voit heureusement secouru par les habitants de la ville qui la prennent sous leurs ailes, plus ou moins. Elle vivra dans la maison d’Amy.

Cette ville, en perte de vitesse, attriste un peu Sara. Il y a ce local vide dans la rue, et tous les livres d’Amy qui ne servent plus à rien. Et si… ? L’idée d’ouvrir une librairie est si tentante !

Cela fait des mois que j’ai lu ce livre et je l’ai refermé avec lourdeur. Clairement, ça n’a pas été ma lecture de l’année et ça ne m’a pas aidé à sortir de ma panne de lecture. Mon avis n’est donc pas le plus complet, je ne me souviens que partiellement de l’histoire : elle ne m’a pas marquée car je lui ai trouvé des longueurs, elle ne m’a pas marquée car je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages. Les personnages, parlons-en : ils sont très nombreux – trop. Certains sont originaux, mais la plupart n’ont pas d’intérêt en soi. On dirait qu’ils n’ont pas vraiment de vie, de consistance, de saveur, dans le sens où ils n’existent que les uns pour les autres, pour faire avancer leurs relations mutuelles. Ils n’ont pas pris corps dans mon esprit, ce sont restés de simples êtres de papier, présents pour faire avancer l’histoire et l’intrigue autour de notre personnage principal. Cette Sara est toute mimi, pleine de bonnes intentions, mais j’ai l’impression qu’on fait tout pour elle, elle manque clairement de profondeur et je la trouve un peu fade.

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Pourtant, il s’en passe des événements dans cette ville où tout le monde se connaît, les relations se font et se défont. J’ai l’habitude des romans où il se passe trop de choses pour que ce soit vrai, mais en général j’ai envie d’y croire, ou j’accepte de le croire car ça sonne vrai, car les intérêts sont grands. Ici, j’ai regardé les événements d’un œil distant, sans y croire un instant et en trouvant cela artificiel. Bizarrement, malgré tous les rebondissements, je me suis ennuyée, ce n’était pas assez rythmé et j’en avais assez marre de ce décor de petite ville américaine. Je n’étais sûrement pas dans le meilleur état d’esprit non plus pour en profiter, il est vrai, mais – je ne sais pas si la traduction y est pour beaucoup ou pas – l’écriture elle-même est un peu lourde, ça ne tiendrait qu’à moi, j’aurais fait de sacrées coupes ! Peut-être que ce style est recherchée, mais ce n’est clairement pas ma tasse de thé. Pourtant je reconnais qu’il y a un talent dans l’écriture de Katarina Bivald : l’idée de départ est sacrément bonne. Mais le lieu d’arrivée : beurk.

Un avis très subjectif mais sincère… Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Katarina Bivald, La bibliothèque des cœurs cabossés, traduit du suédois par Catherine Buy, aux éditions J’ai lu, 10€.

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Rendez-vous au Cupcake Café, de Jenny Colgan

On revient avec une chronique. Ça fait du bien. Je suis heureuse de voir que, c’est bon, je réécris, un peu. Presque une année sans lire ou si peu. Je suis passée à un rythme de lecture de trois à cinq romans par semaine à… 3 en dix mois. Ça fait vertigineusement peur. Et même si je relis seulement à dose homéopathique, je m’y remets en douceur pour de bon, je pense.

Dans ma quête ratée à la reprise de la lecture, j’ai quand même eu une bonne surprise, un roman auquel je ne m’attendais pas trop : Rendez-vous au Cupcake Café de Jenny Colgan. Je ne suis pas très portée sur les romances feel-good – c’est juste… pas mon truc. Mais j’étais désespérée, un peu triste et je voulais une lecture plus légère. Le roman me semblait pourtant long, et je me suis dit : « Bah ! Pourquoi pas? »

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Je me rappelle l’avoir lu cet été, en vacances d’abord à la plage de Narbonne puis perdue en rando dans les Pyrénées. Je l’ai lu petit à petit, en prenant mon temps, étalant la lecture sur plusieurs semaines. J’ai fait connaissance avec Izzy qui découvre avec stupeur son licenciement… C’est peut-être alors l’occasion pour elle de réaliser un rêve un peu fou. Ayant passé toute son enfance dans la boulangerie de son grand-père, on peut dire qu’Izzy a la pâtisserie dans le sang. Indéniablement, elle est très douée. Et elle souhaiterait offrir aux gens de son quartier un endroit douillet et accueillant où se détendre autour d’une bonne tasse de thé et d’un délicieux gâteau.

Quel merveilleux tableau cocooning ! J’en avais vraiment besoin. Et quand l’amour s’y mêle… J’avais oublié à quel point j’aimais vibrer à la lecture d’histoires d’amour ! Alors oui, c’est un peu fleur bleue, mais soyons clairs : c’est exactement ce que je recherchais. Et le meilleur : c’est que c’est fait avec brio !

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Jenny Colgan est une auteure brillante, elle sait créer des paysages, des décors, des ambiances sans alourdir son texte, mais en leur donnant corps. Mais là où elle brille le plus, c’est dans l’écriture de ces personnages – même si je dois avouer que pour les personnages sombres, elle a un peu de mal et force le trait. Ils sont tous très attachants à leur manière. Cette galerie de personnages, leurs relations sont vraiment très bien dessinées. Au fil des pages, sans le remarquer, on comprend les liens qui les unit, on est emporté avec eux dans la création du Cupcake Café. La relation d’Izzy avec sa colocataire, son grand-père… sont si belles. Beaucoup d’amitié et d’humanité dans ce livre : et ça fait sacrément du bien, vous pouvez me croire !

J’ai adoré me rouler dans le sucre pendant tout le roman – il donne sacrément faim et rend gourmand, mais pas d’inquiétude, les recettes sont fournies ! J’ai adoré également suivre Izzy dans cette nouvelle aventure, cette nouvelle vie et rencontrer les formidables personnes qui vont la suivre tout au long de son parcours. Et bien évidemment, j’ai été emballée par la romance – convenue, certes, mais bien amenée et bien écrite – de cette histoire.

Un bon livre qui fait du bien, et qui pourrait vraiment vous plaire en ces temps de plaids et de thé chaud !

Jenny Colgan, Rendez-vous au Cupcake Café, aux éditions pocket, traduit de l’anglais par Anne Rémond.

Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker

Ah voilà, enfin je l’ai lu ! Le Livre des Baltimore de Joël Dicker. Il y a quatre ans, j’avais lu l’opus qui le précédait, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, et je mettais jurer de ne pas trop tarder à retrouver notre narrateur, l’écrivain Marcus Goldman. Mieux vaut tard que jamais.

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Il est tout à fait possible de lire ce roman à part, car l’histoire traitée ici est tout autre. Nous allons cette fois plonger dans le passé et la vie de notre narrateur, et parler du fameux Drame qui a détruit tout un pan de sa famille. Il y a bien longtemps, quand il était encore un ado ou un enfant, il y a avait en réalité deux familles Goldman. La sienne, les Goldman-de-Montclair, et celle de son oncle, les Goldman-de-Baltimore. Cette dernière était riche, possédait une grande maison ainsi qu’une résidence de vacances dans les Hamptons et Marcus adorait y passer ses vacances, avec ses cousins.

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Pour Marcus, l’écrivain à succès, c’est l’heure de repartir sur les traces de cette famille qui n’existe plus, de revenir en arrière pour comprendre ce qui s’est passé. Des allers-retours dans ses souvenirs, des souvenirs émus, incrédules, douloureux qui vont établir le portait de cette famille, en apparence si idyllique mais qui cachent pourtant ses failles et ses secrets. Et ce périple va petit à petit revenir sur le vernis écaillé des Goldman-de-l’Amérique-huppée, qui révèle encore ses parts d’ombre huit ans après le Drame.

Joël Dicker

Joël Dicker

J’ai été fascinée par la façon dont l’auteur a opéré la narration, voyageant d’une époque à l’autre, menant plusieurs intrigues parallèles mais liées entre elles en même temps. Coup de chapeau car cela est mené d’une main de maître ! Petit à petit, Joël Dicker met les choses en place et nous aussi nous sommes éblouis par les Goldman-de-Baltimore. Comme Marcus, nous revivons cette enfance faite d’amitiés fortes, de premiers émois amoureux, de petites hontes familiales. La tournure que prennent les choses dans la dernière partie du livre nous fait d’autant plus frémir.
Comme dans son précédent livre, Joël Dicker a écrit ici un pavé, enrichi de quelques poncifs intelligemment revisités. Et comme pour son précédent livre, j’ai dévoré ce roman. Car même si je lui ai trouvé quelques longueurs, l’écriture fluide et prenante de l’auteur, toute l’ingéniosité qu’il met dans la construction de ses personnages et le fil de l’intrigue m’a pris aux tripes. Je devais savoir ce qui était arrivé à ces personnages pour lesquels je m‘étais priss d’affection.

Une vraie plongée en Amérique, que j’ai adoré.

Joël Dicker, Le Livre des Baltimore, aux éditions de Fallois/Paris, 22€ (mais existe aussi en poche maintenant).

Miss Dumplin, de Julie Murphy

Haut les cœurs ! Premier roman lu depuis ma panne de lecture ! C’est une grande première et c’est super chouette ! Pour recommencer à lire des heures et des heures, j’ai choisi un roman young adult dont j’avais beaucoup entendu parler au moment de sa sortie : Miss Dumplin de Julie Murphy.

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Je savais déjà que j’allais lire l’histoire d’une adolescente, en surpoids, qui apprenait à prendre confiance en elle dans un bled des États-Unis. La quatrième de couverture m’a apprise qu’elle s’appelait Willowdean – Will pour les intimes –, qu’elle est amoureuse de Bo et qu’elle va s’inscrire à un concours de beauté. En lisant, j’ai appris que c’est la mère même de Willowdean, une ex-miss, qui organise ce célèbre concours, ce qui rend les choses plus ardues.

Mais sur le chemin de la confiance en soi, Willowdean va se poser de nombreuses questions : pourquoi une telle distance se creuse avec sa meilleure amie ? Pourquoi redoute-elle tant qu’un garçon pose ses mains sur ses courbes ?

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L’histoire est intéressante, sans compter que l’écriture – bien qu’un peu lente – fait tout à fait l’affaire. Les pages défilent vite grâce à la plume légère et fluide de l’auteure. Malheureusement je n’ai pas été emballée du tout. Déjà j’ai du attendre 160 pages avant que l’idée même de participer au concours de beauté surgissent dans l’histoire, alors que j’étais super impatiente. Au lieu de ça, le véritable cœur de l’histoire, c’est les sentiments pour Bo, ainsi que l’amitié avec Ellen. Bon, ce n’est pas inintéressant, mais on y passe vraiment beaucoup de temps : quant on m’a vanté ce roman, c’était pour cette ode à la liberté d’être qui on veut, qu’importe son poids. Finalement, il ne s’agit que d’un énième livre young adult qui parle de soucis typiquement adolescents. Ce n’est pas un mal en soi, bien sûr ! C’est juste que je ne m’y attendais pas du tout, et j’ai été déçue.

De plus, je n’ai pas vraiment aimé le personnage principal. Will n’est pas si attachante, elle se plaint beaucoup et est inconstante. Clairement, c’est une adolescente qui se cherche, et qui a besoin de prendre du recul. J’ai trouvé peu réaliste son amitié avec Ellen et cette relation m’a ennuyée. Bien sûr, c’est très personnel tout ça. Je pense plus simplement que ce roman ne me convenait pas. On me l’avait sur-vendu, ça m’a fait trouvé cette histoire très longue et un peu insipide. Même la fin et le concours en soi étaient décevants à mes yeux.

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Je suis très curieuse de voir l’avis de ceux qui ont découvert ce livre après tout le brouhaha de sa sortie : avez-vous été comme moi un peu déçu ? Ou au contraire cela a-t-il répondu à vos attentes ?

Julie Murphy, Miss Dumplin, aux éditions Michel Lafon, 15€95.

Les raisins de la colère, de John Steinbeck (lecture commune d’octobre 2017)

cvt_les-raisins-de-la-colere_1811La vie ne nous laisse pas toujours le choix. J’ai été peu présente sur le blog depuis le début du mois, c’est comme ça, j’ai pris du temps pour moi. Et je suis certaine que vous pouvez comprendre cela. Rajoutez à cela un peu de culpabilité car j’ai mis un temps interminable à finir la lecture commune du mois dernier. Très sincèrement, je n’aurais jamais pensé me lancer dans la lecture d’un tel pavé. J’ai fait l’erreur de croire que ce roman pouvait se lire en un petit mois, alors qu’en réalité il s’agit d’une histoire fleuve qui demande plusieurs semaines pour être dégustée et digérée.

Les raisins de la colère est un des livres les plus célèbres de John Steinbeck, le prix Nobel de la littérature 1962. On y suit la famille Joad : Tom qui revient de prison, Pa et Man, les petits Ruthie et Winfield, Rosasharn enceinte et j’en passe. Comme des milliers de familles de l’Oklahoma, ils vivaient de la terre, de leur moisson, de leur récolte. Mais la roue tourne. Alors on les a chassé de leurs terres, comme ça. La Banque, c’est elle qui a décidé ça. On leur a dit de partir, que ce champ serait à présent cultivé avec un tracteur et un homme suffit à faire tout ça. On n’a plus de travail pour vous ici, au revoir.

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Avec les moyens du bords, avec quelques dollars qui sont toutes leurs richesses, avec de la débrouillardise, la famille Joad s’en va sur la route. Un long, très long périple qui fatigue les corps, les encrasse de poussière. Un voyage interminable où la famille a faim, où elle prie chaque kilomètres pour que le camion tienne encore. Des nuits et des nuits dans des campements de fortune à en croiser d’autres, des comme eux, des Okies. Petit à petit, les bruits courent que l’El Dorado vers lequel ils se précipitent n’est finalement pas si parfait. En effet, comme tous les autres, les Joad se dirigent vers la Californie, pour cueillir des oranges et du coton. On dit qu’il y a là-bas du travail pour tout le monde. Mais la réalité…

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau. Et parce qu’ils se sentaient perdus et désemparés, parce qu’ils venaient tous d’un coin où régnaient la désolation et les soucis, où ils avaient subi l’humiliation de la défaite, et parce qu’ils s’en allaient tous vers un pays nouveau et mystérieux, instinctivement, les émigrants se groupaient, se parlaient, partageaient leur vie, leur nourriture et tout ce qu’ils attendaient de la terre nouvelle…

J’ai beaucoup aimé cette famille. Je me suis attachée à chacun de ses membres qu’on apprend à connaître à travers ses actes. Ils sont courageux, ils sont curieux et généreux. Ils ne baissent pas les bras malgré les difficultés énormes qu’ils traversent et je dois dire que ça fait relativiser.

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Ce sont plus de 600 pages d’une aventure humaine incroyable que nous offre là Steinbeck. J’aurais pensé qu’à un moment il y aurait des longueurs ou de l’ennui. Mais personnellement j‘ai passionnément aimé ce livre. Il faut prendre le temps de le lire, prendre même une année s’il le faut, c’est tout à fait raisonnable. On y croit, on y est, on partage pleinement ces moments avec la famille Joad. On sent les Okies qui discutent de plus en plus, on sent l’incompréhension monter. C’est là où le titre de ce roman prend tous son sens. L’écriture de Steinbeck est incroyablement maîtrisée, ces personnages sont complètement incarnés. Rarement j’ai été autant plongée dans une histoire, et pourtant ce n’est absolument pas le genre de récit vers lequel je suis portée ! Et je ne regrette absolument pas d’avoir franchi le pas !

Et vous, avez-vous déjà tenté du Steinbeck ? Qu’en avez-vous pensé ?

Vous pouvez également aller voir l’avis de Virginy sur Des souris et des hommes du même auteur.

John Steinbeck, Les raisins de la colère, traduit brillamment de l’américain par Marcel Duhamel et M.-E. Coindreau, aux éditions folio, 9€10.

Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de J. K. Rowling

004373357Encore un mois de passé, on s’enfonce profondément dans le froid et le vent. Pour saluer l’automne et ses jolies couleurs, je me suis replongée dans la saga Harry Potter avec délice. Ce mois-ci, c’est le tour du tome 5 : Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

Les choses commencent à être sérieuses. Harry Potter a vu Lord Voldemort revenir à la vie… Albus Dumbledore reforme immédiatement la résistance : l’Ordre du Phénix. Malheureusement, le ministère de la Magie, en la personne de Cornelius Fudge, refuse catégoriquement de croire en cette version. Vivre dans le déni est tellement plus facile… Paranoïaque, Fudge se sent même menacé par Dumbledore et décide de mettre directement son nez dans les affaires de Poudlard, l’école de magie dirigée par Dumbledore. Tout l’été, Harry et lui ont été décrits comme des hurluberlus qui racontaient des bêtises selon la fameuse Gazette du Sorcier. Heureusement que Harry a des amis sur qui compter et un parrain qui le soutient… surtout quand il a d’étranges visions sur Voldemort !

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Bien évidemment, je ne dis qu’une infime partie de l’intrigue – on ne sait jamais, si certains n’en sont pas encore arrivés là… Je ne vous ai pas parlé de la Société d’Aide à la Libération des Elfes, du voyage d’Hagrid et de ce qu’il a ramené, des créatures de la Forêt interdite, des Sombrals, des farces des jumeaux Weasley, de la Salle sur Demande et surtout de Dolores Ombrage. Qu’est-ce que j’aime ce personnage ! Et j’aime toutes les interactions qu’elle a avec les autres personnages. Cette envoyée du ministère, toujours habillée en rose et qui a le don d’énerver le lecteur en quelques lignes, est vraiment l’élément qui me plaît le plus dans cet opus, suivie de près par l’Association de Défense et l’Ordre du Phénix en soi. Comme Harry, je déteste être tenue à part de l’action, du vrai combat contre Voldemort. On a envie d’en savoir plus forcément ! Or les adultes le considère trop jeune. Malheureusement, c’est la seule chose qui me rapprochait de Harry dans ce tome. Je comprends bien que ces drôles de visions joue sur son humeur mais je l’ai trouvé tellement insupportable ! A aucun moment Harry n’a été mon personnage préféré, mais dans celui-ci, c’est pire ! J’ai envie de lui mettre une bonne claque pour lui rabattre son clapet.

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Et je dois dire que même la trame principale et les dernières péripéties sont loin de me ravir… je n’ai que peu d’intérêt pour ce qui est tant défendu et que Voldemort veut si fort (je n’en dis pas plus au cas où…). Vraiment. Je préfère de très loin les intrigues secondaires et la découverte du QG de l’Ordre du Phénix. Encore une fois, comme pour Harry Potter 4, on oscille entre des enjeux d’adultes et la fragilité de l’enfant. Cela me met mal à l’aise, je ne sais pas sur quel pied danser. C’est un ressenti très personnel et c’est aussi la preuve que J. K. Rowling maîtrise son sujet… Car cette ambivalence est normale. Vivre si jeune des événements si terribles, ça met mal à l’aise. Et je sais que certains lecteurs adorent les tomes 4 et/ou 5 justement pour cette raison. Toutefois, de mon côté, je préfère clairement les opus encore insouciants de la jeunesse et ceux beaucoup plus sombres qui viennent après.

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix n’est clairement pas mon tome préféré mais je lui trouve un vrai charme. Encore une fois, j’ai vraiment adoré les intrigues secondaires. J. K. Rowling nous prouve que, décidément, elle sait très bien dessiner de nouveaux personnages (Ah, Ombrage… <3) J’ai à présent très hâte de lire le tome suivant.

J. K. Rowling, Harry Potter et l’Ordre du Phénix, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 29€50 (existe en format poche).

42 km 195, de Bernard Thomasson

42-km-195Il arrive parfois (souvent) sur Twitter que je parle d’autres choses que de littérature, d’écriture et de blog. Je blablate/râle souvent à propos de mon travail avec les enfants et il m’arrive même de parler de sport ! Car, à mon très humble et très très modeste niveau, je sporte un peu. Et notamment : je cours. Bon, à un allure d’escargot, avec la grâce d’un bébé cachalot hors de l’eau et rouge comme une écrevisse, mais tout de même. Et même que j’aime ça ! Il y a peu j’ai même réussi à boucler ma première course 10 kilomètres, un exploit quand on me connaît, surtout que je cours depuis à peine un an. Pour me motiver, j’ai deux-trois astuces : des images qui m’inspirent sur Pinterest, des amis qui m’encouragent à fond, ou quelques lectures pour me fixer des objectifs toujours plus hauts. Je ne suis pas adepte du manuel avec des méthodes et des régimes, mais plutôt des biographies, des essais, des livres inspirants. C’est dans cette catégorie que se place 42 km 195, un roman de Bernard Thomasson.

42 km 195, c’est la distance d’un marathon. Et c’est justement à l’occasion de son premier marathon, que nous allons suivre le héros, kilomètre par kilomètre. Mais il ne prend pas le départ aussi sereinement que ses compagnons de galère : lui a failli frôler la mort. Et croyez-moi, il va le surveiller de près son cœur auquel il tient tant. Ce parcours à travers la ville de Paris est une vraie invitation sportive au voyage. A travers chaque chapitre, on en apprend un peu plus sur l’histoire du marathon et sur les différentes courses sur la planète. Pour cela, notre personnage cite beaucoup Benedict Maverick et ses quarante-deux marathons qui nous fait traverser de long en large la planète. C’est aussi l’occasion de s’interroger sur le lien entre la course et la notion de groupe, la musique, le dépassement de soi, le rapport au physique, l’importance des proches…

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Il y a parfois quelques longueurs dans ce livre de près de 300 pages, mais il reste quand même très intéressant. J’aurais cru me lasser de suivre ce coureur pendant quarante-deux kilomètres, mais finalement, malgré quelques passages et anecdotes sur Maverick qui m’ont moins passionnée que d’autres, je trouve l’ensemble plutôt réussi. Bien sûr, on comprend très vite de quelle pathologie souffre notre héros et on s’attache à lui au fil des pages. On en apprend beaucoup sur la façon dont se déroule un marathon, comment on le vit, ce qui m’a personnellement très intéressée. En effet, je suis vraiment vraiment admirative de tous ces coureurs qui s’élancent pour 3 à 6 heures d’aventure… Des kenyans ou éthiopiens incroyablement rapides aux joggeurs du dimanche qui se lancent un défi, je suis époustouflée !

Ce roman n’est pas renversant, toutefois il est atypique et la narration est très bien construite. L’auteur emprunte vraiment beaucoup à Maverick mais cela donne un roman instructif et divertissant qui saura intéresser toutes les personnes qui courent ou veulent courir. Une lecture agréable que j’ai dévoré en quelques heures avant de prendre le départ de ma course.

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Bernard Thomasson, 42 km 195, aux éditions Artaud, 7€90.