Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling

product_9782070624539_244x0Nouveau mois, et donc nouvelle lecture d’Harry Potter. Ce mois-ci, on parle du deuxième tome : Harry Potter et la Chambre des Secrets. Pour cet opus, J. K. Rowling fait grandir notre héros : ce n’est plus l’heure de l’émerveillement, des jeux de piste et de la découverte. C’est l’heure des menaces mortelles à l’œuvre dans l’enceinte même de l’école de sorcellerie Poudlard, pourtant réputé comme l’un des endroits les plus sûrs de la planète.

En effet, après une arrivée fracassante en voiture volante, Harry comprend vite que ce ne sera pas une année comme les autres à l’école. Avant même qu’il arrive à Poudlard, un elfe de maison essaie de le convaincre de ne pas y aller : apparemment, sa vie serait menacée… Mais pour Harry, c’est Poudlard sa vraie maison, il est hors de question pour lui de ne pas s’y rendre ! Très vite, des choses anormales se passent : la chatte de Rusard est pétrifiée, un agresseur rôde dans les couloirs et menacent les sorciers qui ne sont pas de sang pur… Les élèves sont paniqués, l’ambiance n’est plus la même dans les couloirs et les salles de classe. Et quels sont ces sons que Harry perçoit provenant des murs ?

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Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et nous font redouter une menace d’autant plus forte qu’elle provient de l’intérieur même de Poudlard. On est à l’abri nulle part. Ce tome-ci n’est pas du tout mon préféré, Harry est dans un entre-deux-âges que je n’ai jamais vraiment aimé, toutefois je reconnais que notre héros est obligé de grandir aussi. Être l’élu, celui qui a chassé Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé implique aussi d’être soupçonné au moindre doute. Difficile d’endosser un rôle que l’on n’a jamais voulu… J’apprécie beaucoup dans cet opus les efforts de l’auteure pour inclure de la tension. Les dangers sont réels, des personnages peuvent mourir ! Ce n’est pas rien… Et cet agresseur que personne ne débusque ! Les péripéties s’enchaînent, nous entraînant petit à petit vers la vérité. Il est vrai que parfois les événements vont dans le sens de nos héros (ils sont là au bon moment, ils sont les premiers sur telle scène importante, etc.) : ces ficelles de roman jeunesse, on les pardonne car J. K. Rowling nous embarque très loin dans le monde de la magie, dans le domaine de Poudlard et c’est avec plaisir et frisson que l’on suit Harry et ses amis jusqu’au bout de l’aventure.

C’est un très bon roman qui ouvre la porte vers des histoires plus noires, plus dangereuses. On quitte petit à petit un univers enfantin pour s’approcher de la noirceur de la sorcellerie. Même si c’est peut-être le tome que je préfère le moins, je le trouve très bon. J. K. Rowling a une plume qui va droit au but tout en immergeant dans un monde vaste et complet. Elle sait tout faire : la peur, l’action, mais aussi l’humour ! Ah, ce Gilderoy Lockhart !

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Et vous, avez-vous aimé Harry Potter et la Chambre des secrets ? Rendez-vous le mois prochain pour découvrir mon tome préféré !

J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 21€.

L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante

Eh les amis, c’est l’été ! Et personnellement, chaque été, je vais en Italie, un pays que j’affectionne particulièrement. En 2017, c’est par la littérature que j’ai décidé d’y faire escale, dans une ville encore jamais visitée pour ma part : Naples. Comme d’habitude, je lis après tout le monde mais c’est tout de même avec un réel plaisir que je partage avec vous mon avis sur L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante.

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C’est une lubie subite qui m’a poussée vers ce roman que je ne pensais pas me mettre à dévorer un jour. J’avais en tête mon dernier séjour à Venise et ses quartiers méconnus, qui semblaient d’une autre époque. C’est sûrement cela qui m’a attiré vers les quartiers pauvres de Naples à la fin des années cinquante. Elena va nous raconter son enfance, son adolescence. La sienne et celle de Lila. Cette meilleure amie, cette copine, cette petite fille pleine de vie et d’affront. Elles sont toutes les deux très différentes. Lila dit tout ce qu’elle pense et ne semble pas réagir comme tout le monde : elle n’hésite pas à se mettre à danger, sans même réaliser qu’elle prend des risques. Ou alors peut-être que si, elle sait que c’est risqué, mais tente quand même le coup, comme un pied de nez permanent au destin. Elena est une suiveuse, elle est fascinée par cette fillette maigrichonne qui ne connaît pas la peur. Pourtant leur relation a l’air étrange, parfois malsaine : Lila n’a de cesse de tirer sur la corde, mais Elena accepte, Elena prend un peu plus d’assurance, Elena observe.

Les deux petites filles grandissent et leurs chemins semblent se séparer : Elena va au collège, Lila rejoint la cordonnerie de son père et de son frère Rino et devient peu à peu obsédée par un rêve, créer ses propres chaussures. Mais finalement tout ramène Elena vers Lila. Leur lien ne se rompt jamais et c’est au cœur de leur quartier que cette relation va grandir, s’affiner au gré des aléas.

L’amie prodigieuse, voici un titre bien trouvée pour parler de ce personnage intrépide et hors norme : Lila. Nous aussi, petit à petit, on ressent de la fascination pour cette fille. A la place d’Elena, difficile de dire comment on aurait réagi. Elle est méchante, mais aventureuse : faut-il la détester ou la suivre ? Faut-il la retenir ou continuer de l’ignorer ?

20130531084238951_0001-copiaJ’ai adoré nos deux héroïnes et le lien qui les unissent, comme j’ai aimé les suivre dans leur vie respective. Je me reconnais parfois en Elena : parfois passive, très bonne élève, j’ai tout de suite aimé notre narratrice. Mais il n’y a pas que ces deux personnages qui nous marquent : il y a les frères Solara, véritables clichés italiens, il y a Enzo, il y a Antonio, et Nino, et Carmela, Alfonso, etc. Il est vrai qu’on se perd parfois parmi tous ces noms, mais un index en début d’ouvrage nous aide un peu à nous y retrouver. Celui-là est le fils du menuisier, celui-ci fille de l’épicier, etc.

Naples est en ébullition : pendant la plus grande partie du roman, on dépasse peu les frontières du quartier des deux jeunes filles mais cela nous suffit. Entre l’amant poète, la veuve folle, l’ogre des contes et bien d’autres, il y a largement de quoi s’occuper ! On est complètement immergé dans cette Italie de l’après-guerre où les priorités n’étaient absolument pas les mêmes qu’aujourd’hui. L’écriture de l’auteure se confond tout à fait avec celle de la narratrice, d’autant plus qu’elles portent le même prénom. On retrouve une sincérité touchante qui donne cet aspect de véritables souvenirs partagés à ce texte. On a l’impression que c’est une amie qui nous raconte son enfance : les feux d’artifice sur les balcons le jour de la fête nationale, les corrections à l’école, les premiers rouges à lèvres, les rêves d’enfant, les questionnements de l’adolescence…

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J’ai tellement aimé ce livre, je l’ai trouvé beau, juste. Pendant plus de 400 pages, j’étais complètement ailleurs, en plein Naples et je vous invite à faire le voyage vous aussi. J’ai dévoré ce roman en deux jours et je me retiens pour ne pas dévorer la suite immédiatement. Je sens qu’il faut que je laisse un peu grandir Elena et Lila dans mon cœur pour les retrouver un peu plus tard.

Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, traduit de l’italien par Elsa Damien, aux éditions folio, 8€20.

Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, de Cindy Van Wilder

Voilà. C’est officiel. J’ai fini la saga des Outrepasseurs de Cindy Van Wilder (enfin… « fini », c’est vite dit, disons qu’il y a un quatrième tome illégitime qui m’attend dans ma PAL) avec le tome 3 intitulé Le Libérateur. Quelle aventure mes amis !

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Dans le premier tome, nous avons découvert, en même temps que notre jeune héros Peter, les origines des Outrepasseurs, cette société secrète, dont chaque « famille » a un animal totem et qui protège l’humanité des fés. C’était sans compter sur un retournement de situation dans le deuxième tome : branle-bas de combat pour les Outrepasseurs qui se doivent de protéger la magie du monde contre une terrible menace. Mais Peter, lui, commence à se poser des questions : est-il à la bonne place ici ? A-t-il raison de faire ça ? Dans ce troisième tome, il y a une vraie fracture (entre qui et qui, à vous de le découvrir). Des clans se forment alors qu’un terrifiant hiver engloutit peu à peu l’Angleterre. La clé se cache peut-être dans le passé, dans les anciennes reliques, dans les vieux souterrains abandonnés…

J’ai mis un peu de temps à retomber sur mes pieds… En même temps, si j’arrêtais de distancer autant mes lectures, ça irait sûrement mieux. Mais pas seulement. En effet, encore une fois, un des plus gros reproches (autant dire que c’est une broutille!) que j’ai à faire à ce tome est cette myriade de personnages. Ou de personnalités. Car très sincèrement on se perd parmi les personnages secondaires – alors, imaginez-moi, essayant en plus de retrouver ce qu’ils avaient pu faire ou devenir dans le tome précédent ! Heureusement, les personnages principaux sont très attachants.

6925423f02ec3d56b40be32523de556c-london-england-winter-winter-in-londonIl y a dans ce roman plusieurs intrigues plus ou moins d’égale importance qui s’entrecroisent et se mêlent, le rythme et la tension montant crescendo au fil des pages. Certains fils rouges m’ont moins subjuguée que d’autres mais je pense que cela est après tout très personnel. La force de Cindy Van Wilder est d’avoir réussi à tenir pendant ces trois tomes une histoire très dense aux multiples ramifications, avec sans cesses des connexions au passé qui enrichissent encore plus les intrigues au temps de Peter. Faire que tout se cale parfaitement pour arriver à une fin qui fonctionne bien, qui ne laisse aucune question sans réponse… chapeau !

En plus de l’écriture vive et immersive de l’auteure, cette narration va vous laisser pantois. Je suis vraiment admirative de cet univers complet, novateur, qui se glisse parfaitement dans le monde que nous connaissons et qui nous emmène en même temps sur des chemins magiques très dépaysants. Avoir une imagination débordante et la rigueur/le talent d’écriture pour la rendre au mieux, c’est assez rare.

Je suis très heureuse d’avoir découvert cette saga, écrite par une auteure absolument fantastique et disponible pour ses lecteurs. En plus de l’histoire qui est incroyable et passionnante, l’édition est très soignée. Bref, un vrai bonheur de lecture !

Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, aux éditions Gulf Stream, 18€.

Le Diable s’habille en Prada, de Lauren Weisberger (lecture commune de juillet 2017)

le-diable-s-habille-en-pradaDe la lecture sans prise de tête : voilà ce que je voulais pour l’été, pour les vacances, pour la lecture commune de juillet 2017. Cela faisait un petit moment déjà que j’avais envie de lire ce roman, qui a donné naissance à un de mes films préférés (ne me jugez pas) : Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger.

Andrea rêve d’être une grande journaliste, et pour cela elle est prête à tout, même à postuler pour le plus célèbre magazine de mode au monde : Runway. Et sans trop savoir comment, elle parvient à décrocher ce job qui fait tant d’envieuses : elle devient la seconde assistante personnelle de la rédactrice en chef, Miranda Priestly. Andrea va vite apprendre que derrière les talons aiguilles et les défilés de mode, elle et son style dépareillé vont devoir faire beaucoup de concessions. Entre les horaires de dingue, les demandes impossibles de sa patronne plus qu’exigeante, les langues de vipères qui peuplent les couloirs de la rédaction, la jeune fille est sur un chemin semé d’embûches. Mais si elle tient le coup, ne serait-ce qu’un an, on lui a dit, on lui a promis : elle pourra aller là où elle veut, y compris au très prestigieux New Yorker ! Et si à force de vouloir bien faire, notre héroïne finissait par se perdre elle-même dans les strass et les paillettes ?

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C’est à cet instant que j’ai commencé à vouloir ce poste, de toute la force de mon âme. À le vouloir comme on peut vouloir quelque chose que l’on considère hors de sa portée. Dans mon esprit affamé de succès, obtenir ce poste relevait d’un vrai défi – parce que j’étais un imposteur, et pas des plus doués, de surcroît à ce jeu-là. À la minute où j’avais foulé la moquette de Runway, j’avais su que je n’appartenais pas à ce monde-là. Mes vêtements, ma coiffure étaient certes décalés dans cet univers, mais mon état d’esprit – cela crevait les yeux – l’était encore davantage.

Ce livre nous donne tout ce qu’on attend de lui, et c’est juste parfait. On sourit, on râle, on est fatigué ou enivré avec Andrea. Même si elle semble parfois naïve, on la trouve finalement assez courageuse et on s’attache à cette working girl qui veut juste aller au bout de ses rêves. On la voit tomber dans des pièges, on la voit se débrouiller comme une chef et j’ai pris un immense plaisir à la suivre dans ses déboires. Son nouveau job regorge de surprise, on imagine tout de suite une copie de Vogue et d’Anna Wintour. Cette rédactrice en chef croquée dans le roman est redoutable… et on adore la détester. Cette femme-dragon suscite de la fascination et de l’admiration : elle s’est hissé là à la seule force de sa volonté. Comme Andrea qui lutte pour survivre et s’imposer dans cet univers redoutable qu’est Runway.

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Les personnages et le décor de cette histoire, dans un New York à mille à l’heure, sont vraiment les points forts. On a du mal à lâcher le livre, même si la traduction parfois peu naturelle ou des sous-intrigues plus inintéressantes viennent parfois polluer le récit.

Le Diable s’habille en Prada (le livre comme le film d’ailleurs) vous fera assurément passer un bon moment, si vous avez envie d’une littérature grinçante, furieusement tendance et facile. Bref, c’est une histoire divertissante, aux personnages très bien rendus, à avoir lu et/ou regardé au moins une fois dans sa vie, pour le plaisir !

Lauren Weisberger, Le Diable s’habille en Prada, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Barbaste, aux éditions Pocket, 7€40.

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Je vais bien, ne t’en fais pas d’Olivier Adam

9782266168526Je reviens avec un petit roman léger, histoire de faire une pause avec les grosses sagas. Il s’agit d’un livre que j’ai souvenir d’avoir lu il y a très longtemps, une petite lecture qui m’avait laissé un peu triste si je me souviens bien. Je vais bien, ne t’en fais pas d’Olivier Adam, c’est l’histoire d’un frère qui a disparu. Un soir que Claire rentrait à la maison, on lui a simplement dit : Loïc est parti, il s’est disputé avec ton père. Comment a-t-il pu abandonner sa sœur ? Ils étaient si proches. Pourtant, il est bien parti, sans aucune explication. Claire venait d’avoir son bac, maintenant elle est caissière à Paris. Elle ne vit que pour les quelques mots de Loïc que son frère griffonne au dos de cartes postales. « Je vais bien, ne t’en fais pas. Je t’aime. » C’est tout. Cela fait déjà deux ans, Claire a besoin de réponse, elle veut comprendre. Deux ans déjà, pourquoi il ne revient pas ? Alors elle va quitter son boulot de caissière et aller à Portbail. C’est de là-bas que la dernière carte postale a été envoyée. Elle fait croire à ses parents qu’elle va dans la Creuse. Mais en réalité, elle part sur les traces de son frère, en quête de réponse.

Le style d’Olivier Adam est très particulier et on le ressent dès les premières pages, même si l’histoire met un peu de temps à se mettre en place. Soit on aime, soit on déteste. Un style direct, présent, des phrases courtes et sans fioritures. Des dialogues qui vont droit au but. Cela explique sûrement que ce livre soit si court. On pourrait alors croire que c’est assez impersonnel, peut-être un peu froid, comme un style dépouillé. Et pourtant, c’est l’inverse qui se passe. Chaque mot touche au personnel, à l’émotion. On est dans l’œil du cyclone, on perçoit plus qu’on ne lit les sentiments de chaque personnage. Et on s’y attache à ces personnages. Ils font des erreurs, essaient de se montrer patients, tentent d’arranger tout le monde. Bref, ce sont des humains comme nous.

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Claire se sent seule. Elle a trop mangé. Du Nutella à même le pot. Avant ça, elle a fait une lessive, a passé un coup de fil à Irène [la mère de Claire]. Elle lui a demandé si Loïc avait écrit. Irène a paru troublée et un long silence a suivi. Tu es sûre que ça va. Non ça ne va pas très bien. Irène n’a pas su comment répondre. Elles se sont dit au revoir.

Il est difficile de dire plus sur ce roman. On veut faire court, à son image. Il est à la fois cristallin et chaleureux. On s’y sent bien, lové dans le cœur et l’esprit de l’héroïne, au chaud au sein des relations d’amour que ses proches ont avec elle. On s’y sent également un peu étranger, glacé par l’incompréhension de Claire envers son frère, bloqué par le silence de Loïc, abasourdi par la révélation finale. Un roman à double tranchant, une curiosité qui vaut le détour, qui vous laisse imaginer la fin que vous préférez. Je n’ai pas eu un coup de cœur mais je ne regrette pas du tout cette lecture qui me rappelle que la littérature sait aussi être terriblement humaine.

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Olivier Adam, Je vais bien, ne t’en fais pas, aux éditions Pocket, 4€95.

Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling

poudlard_nuitCette année est une grande année : Harry Potter fête ses vingts ans. Typiquement, je fais partie de la génération Harry Potter, la vraie, celle qui a grandi en même temps que notre célèbre sorcier, celle qui a fêté la sortie de chaque tome avec fébrilité, celle qui a découvert les films d’un œil curieux. Je fais partie de la masse des Potterheads, je suis une fan de la première heure. Mon pêché mignon, c’est d’acheter toutes les nouvelles éditions de la saga quand j’en croise une – pour l’instant seulement en français, mon très mauvais niveau en anglais me retenant pour la VO. Et Gallimard a justement sorti cette année une nouvelle édition aux couvertures magnifiques. Je me suis donc dis : et si je fêtais les vingt ans à ma façon, en achetant chaque mois un tome ? Et si, enfin, je commençais à parler de la saga Harry Potter sur mon blog à raison d’une chronique par mois ?

product_9782070624522_244x0Commençons par le commencement : Harry Potter à l’école des sorciers (ou une des rares fois où les traducteurs ont changé un bon escient un titre pour éviter au lecteur d’être légèrement spoilé). Harry est un garçon comme les autres. Ou presque. Ses parents sont morts alors qu’il n’était qu’un bébé et il a été recueilli par sa tante et son oncle. Depuis, il est traité comme un moins que rien par sa famille adoptive qui l’a rabroué dans le cagibi sous l’escalier. La vie pour Harry est solitaire et morose jusqu’au jour où une lettre lui est envoyée, une lettre de l’école de sorcellerie Poudlard. Là, tout s’éclaire, son destin est bouleversé. Après moult péripéties, dont l’exil sur un rocher en pleine mer lors d’une tempête, la rencontre avec un semi-géant et la traversée d’un mur en plein gare après l’achat d’un chaudron et d’une baguette magique, Harry se retrouve enfin à Poudlard. Il découvre le sport des sorciers, le Quidditch, il apprend à se faire des amis et à reconnaître ses ennemis, il suit des cours de sortilèges, de potions, de métamorphose…. Et apprend que dans le monde des sorciers aussi il y a des secrets, des dangers, des menaces. La plus grande n’est autre que Lord Voldemort… oh pardon ! Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Un mage noir extrêmement puissant qui a terrifié le monde des sorciers semant la mort et la désolation. C’est lui qui a tué les parents de Harry, lui qui a fait cette fameuse cicatrice en forme d’éclair sur le front du garçon. Après ça, il a disparu. On ne sait comment. C’est ce qui a rendu Harry Potter célèbre dans le monde magique alors même qu’il ignorait tout de cela. C’est le début d’une incroyable aventure, d’une formidable saga.

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Il est vrai que c’est le premier tome et c’est vraiment un livre très jeunesse. En le relisant, j’avais complètement oublié à quel point il allait vite, à quel point ce tome était peu épais. Quel exploit de rendre tant d’événements en si peu de pages : on n’est jamais perdu pour autant, on bénéficie de toutes les explications nécessaires pour appréhender et s’immerger dans ce nouveau monde. Et en plus de toutes les péripéties qui rebondissent les unes sur les autres, l’auteure prend le temps de nous faire découvrir l’école de Poudlard, ses enseignements, son histoire, son fonctionnement, ses professeurs. On prend un réel plaisir à imaginer les friandises des sorciers, les portraits et les peintures qui bougent, le confort de la salle commune de Gryffondor, les odeurs délicieuses lors des banquets dans la grande salle, la foule enthousiaste lors des matchs de Quidditch. Il n’y a pas à dire : J.K. Rowling sait décrire et inventer un monde nouveau et attirant, plein de couleurs, qui a un sacré goût de « reviens-y ».

Mr et Mrs Dursley, qui habitent au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. Jamais quiconque n’aurait imaginé qu’ils puissent se trouver impliqués dans quoi que ce soit d’étrange ou de mystérieux. Ils n’avaient pas de temps à perdre avec des sornettes.

Il est certain que je ne suis absolument pas objective. J’aime trop Harry Potter pour le décrier. Je dirais seulement que les personnages auraient pu être plus finement esquissés, quitte à rajouter quelques pages : l’amitié entre Hermione et Harry/Ron est trop facile. Certains retournements de l’intrigue sont un peu gros (et bon sang ! Où sont les adultes???). Je n’ai jamais aimé la fin avec cette succession d’épreuves… Mais ce sont des broutilles comparées à toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Et surtout, c’est le premier tome, celui qui a accroché des dizaines d’enfants, celui qui a fait basculer leur monde, celui qui leur a donné le goût de la lecture pour certains.

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Ce premier tome est évidemment tout un symbole, mais c’est un aussi un vrai bonheur de la littérature jeunesse. Je travaille dans une école primaire et je peux vous dire que mes yeux brillent quand je découvre qu’un des enfants a commencé à lire Harry Potter.

J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard, 21€.

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Wingardium Leviosa !

Phobos (tome 1) de Victor Dixen (lecture commune de juin 2017)

Il y a un an et demie, je découvrais pour la première fois Livre Paris, et j’en avais alors profité pour m’acheter et me faire dédicacer plusieurs romans, dont plusieurs sagas. Dont le très fameux Phobos de Victor Dixen. Et oui, encore une fois, je lis après tout le monde. Et pour ne pas le zapper une année de plus, j’ai trouvé un moyen imparable : le faire figurer parmi les lectures communes de l’année 2017.

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J’ai donc pu plonger dans cette histoire incroyable : six jeunes filles, six jeunes hommes, sans plus aucunes attaches sur cette Terre, se sont portés volontaire pour une aventure unique – et définitive : coloniser Mars. Durant tout le trajet de plusieurs semaines qui va les mener jusqu’à leur futur lieu de vie, plusieurs speed-datings sont organisés pour, à terme, créer des couples. Car ce que vous ne savez pas encore, c’est que, malgré une année entière d’entraînement, filles et garçons ne se sont jamais mélangés, ne se sont jamais rencontrés. Pourquoi une telle mise en scène ? Car plus que de l’exploration scientifique, il s’agit là d’une télé-réalité. Une télé-réalité hors du commun qui mobilise les foules sur la Terre entière depuis qu’une société privée à racheter la NASA : on le nomme le programme Genesis.

Dans ce climat un peu fou, nous retrouvons Léonor, une des six jeunes filles embarquées pour la planète rouge. Léonor est à la fois excitée et apeurée par cette aventure, elle ne comprend peut-être pas aussi bien que les autres l’enjeu médiatique de tout ça : elle aimerait rester elle-même, rester sincère. Mais entre les messes basses de chacune, le pression constante, le côté malsain du jeu, le pouvoir sans limite de ceux qui tirent les ficelles et le lourd secret qu’elle porte, le trajet risque de comporter quelques surprises.

Tout d’abord : est-ce que j’ai aimé ? J’ai envie de répondre un grand oui et un grand non à la fois.

Un grand oui pour l’intrigue absolument passionnante et innovante. On se prend complètement au jeu de la télé-réalité, du voyeurisme, c’en est même un peu effrayant. On jubile d’être du côté des coulisses car ça nous permet d’en savoir plus, de suivre chaque speed-dating. Évidemment, la notion de rencontres amoureuses, c’est une des choses que je recherchais dans ce roman, et je n’ai pas été déçue : la place qui est donnée à cette facette de l’intrigue est pile ce qu’il fallait. Cela rythme le reste de l’action, comme un rendez-vous qu’on attend de pied ferme, comme des retournements de situation dont on a la jouissance de savoir qu’ils vont arriver sans vraiment savoir de quoi ils seront faits. J’ai adoré les personnages, même s’ils manquaient presque tous de finesse : la plupart sont assez caricaturaux, mais je ne m’attendais pas à vraiment plus pour une saga jeunesse. Disons que ça parlera très bien au public visé. Les sous-intrigues de secrets, d’actions, de complots sont assez bien ficelées. Des liens se créent au fil des pages et on découvre au fur et à mesure l’ampleur des choses : autant dire à présent que j’ai hâte de voir la suite, surtout la façon dont les personnages en direction de Mars vont tenter de régler tous ces problèmes qu’ils n’ont pas mérités.

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Un grand non parce que c’est écrit avec des pattes d’éléphants. Sincèrement. Je veux bien croire que c’est un roman pour les ados et jeunes adultes, mais pas pour des imbéciles. Il n’est pas nécessaire de taper du poing sur la table pour nous énoncer très clairement les éléments de l’intrigue. Un peu d’éclaircissement de temps en temps je veux bien, surtout quand l’histoire est résolument nouvelle et avant-gardiste, mais faire dire à ses personnages lors d’un dialogue tous les ressorts machiavéliques derrière un mystère, ça gâche tout. En fait, très peu d’explications semblent naturelles dans ce roman. Seuls les moments de prime-time à la télévision semblent réalistes, pour le reste, on sent bien la main de l’auteur qui veut nous forer le crâne pour y déverser des explications sans même anesthésier ça sous une couche de narration habile. Ça m’a réellement gâcher ma lecture de savoir qu’un auteur ne se démenait pas pour faire mieux, de savoir qu’un éditeur avait accepté de laisser passer ça sans faire retravailler plus. Voilà, coup de gueule fini. J’espère bien que les choses s’arrangent dans les tomes suivants.

Oui, car malgré ce point qui m’a extrêmement déçue, je me suis attachée à cette saga, à cette histoire à laquelle j’adhère à 2000 % et j’ai très hâte de découvrir la suite. Et vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

A voir également : les avis de Virginy et d’Erika.

Victor Dixen, Phobos, tome 1, aux éditions Robert Laffont, 17€90