Le Monde caché d’Axton House, d’Edgar Cantero

Pour ma dernière lecture, j’ai laissé ma curiosité l’emporter et j’ai déniché un livre au rayon fantastique d’un auteur inconnu – même la maison d’édition, je ne connaissais pas. Il s’agit du roman d’Edgar Cantero, Le Monde caché d’Axton House.

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Notre héros A., accompagné de son amie muette Niamh, vient d’hériter d’un manoir perdu dans la campagne américaine. C’est son cousin éloigné au deuxième degré, un certain Ambrose Wells qui lui aurait légué. En se défenestrant par la fenêtre du deuxième étage comme son père trente ans auparavant. Très vite A. comprend qu’il y a bien des mystères dans cette maison : les rumeurs parlent d’un drôle de rassemblement au solstice d’hiver mais aussi d’un fantôme qui hanterait la salle de bain. Quant à notre héros, il trouve décidément bizarre ce labyrinthe de haies dans le jardin, et où a donc disparu le majordome ? Sans compter sur ces multitudes de pièces à fouiller et sur ses nuits qui deviennent de plus en plus agitée… Bref, la maison cache quelque chose et tout devient de plus en plus étrange.

Si vous aimez l’ambiance manoir hanté, les sociétés secrètes, la cryptographie, les mystères, les disparitions, le suspens, l’aventure à la Indiana Jones et un brin de truc bizarres en tout genre, vous serez servis avec cette lecture ! A mes yeux, je la trouve très originale et divertissante, mais je ne suis pas du tout une habituée du genre. J’ai adoré cette ambiance poussiéreuse où on craint les ombres, j’ai adoré les énigmes qui jalonnent notre chemin. C’est un récit à la fois d’action, d’enquête et d’aventure, qui fait souvent frissonner sans jamais terrifier pour autant. L’auteur a une imagination folle et l’objet final est très très original !

axton-house-uneJ’ai adoré suivre les personnages, qu’on découvre à travers des extraits de journaux de bord, de lettres, d’enregistrement audioLa narration sous cette forme donne un vrai rythme au récit et j’aime cette façon de raconter une histoire. Bien sûr, le rapport de longs dialogues dans les journaux des personnages m’a semblé parfois surréaliste mais on accepte assez vite de jouer le jeu en tant que lecteur, car on veut avancer. J’ai plusieurs fois cru que le récit allait prendre telle ou telle direction, mais je n’ai pas cessé d’être surprise – sauf par la toute dernière révélation dont je me doutais un peu. Je regrette juste certaines longueurs dans le dernier tiers, mais de façon plus générale j’ai heureusement trouvé le texte très rythmé. On a très envie de savoir la suite des événements, l’auteur nous tient en haleine et il nous mène par le bout du nez.

Pour en revenir aux personnages, on les connaît finalement assez peu. Ils n’ont pas de passé, leur relation semble flou – tout s’éclaire cependant à la fin. Et cela ne m’a pas vraiment gênée, car le lien qu’ils ont durant l’histoire est beau et puissant. J’ai adoré le côté décalé de Niamh et le calme de A. Leurs réactions semblent parfois d’ailleurs trop calmes par instant : à leur place, je pense que j’aurais été terrrorisée ! Ne pas les voir ressentir de si fortes émotions m’a un peu manqué, mais j’ai finalement été happée par le reste.

Une bien belle surprise : j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui me sort de mes habitudes. Je vous recommande ce roman qui vous fera passer un bon moment !

Edgar Cantero, Le Monde caché d’Axton House, traduit de l’anglais par Paul Benita, aux éditions Super 8, 19€.

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Les mille visages de notre histoire, de Jennifer Niven

En ce moment, c’est une très bonne période côté lecture : je découvre de nouveaux auteurs, je me fais plaisir en lisant des romances ados, j’ai des coups de cœur pour certains romans. Aujourd’hui, je vais vous présenter l’un de ces livres que j’ai dévoré en une journée tellement il était bien. Il s’agit du roman de Jennifer Niven, Les mille visages de notre histoire.

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Libby a été la plus grosse ado d’Amérique. A tel point que le jour où elle a fait une crise d’angoisse, il a fallu abattre un mur de sa maison pour l’emmener à l’hôpital. Depuis, elle a perdu beaucoup de poids mais rentre toujours dans la catégorie des « grosses ». En tout cas, les autres élèves du lycée n’en doutent pas. Car oui, après deux ans enfermée chez elle, Libby retourne au lycée. Par un drôle concours de circonstances, elle y fera la connaissance de Jack, un garçon imprévisible et rebelle. Mais – bon, c’est un micro-spoil car vous l’apprenez dans la première page du roman, mais ça ne figure pas sur la quatrième de couverture – Jack souffre en fait de prosopagnosie, il ne reconnaît pas les visages, y compris ceux de ses parents par exemple. Pour lui, à chaque instant, il fait face à des inconnus, sans savoir s’il est devant son principal de lycée ou son père. Mais c’est son secret, personne n’est au courant.

tIgnzzVJ’ai beaucoup aimé rencontrer la prosopagnosie dans un roman, je ne m’y attendais absolument pas. Je connais cette maladie, j’avais déjà vu des témoignages, mais grâce à cette lecture, je touche vraiment du doigt ce que c’est, j’ai beaucoup appris. Libby et Jack sont des personnages très accrocheurs, avec chacun des problématiques particulières. Rien ne m’a agacé ou déplu en cela : j’ai aimé le traitement du deuil, de la différence, de la grossophobie, des problèmes de famille. La vie est faite de cela et j’ai trouvé que Jennifer Niven, à travers ses personnages, nous communiquait des messages d’espoir et de joie de vivre de la plus belle manière qui soit.

Il faut dire que les personnages sont très attachants. L’auteure ne voulait visiblement pas faire dans le mélo mais j’avoue que l’exubérance et la sarcasme de Libby m’ont semblé parfois un peu too much. Cependant, il faut avouer que cela donne un petit côté rock’n’roll à Libby qui n’est pas pour déplaire. Comme Jack, à sa façon, elle aussi est une rebelle. J’ai aimé sa relation avec son père, beaucoup moins accrochée sur son lien avec ses amis – traité un peu mais pas trop mais un peu quand même…. Bref, vous voyez.

Jack se dévoile au fil des pages. Je ne comprenais pas toujours ce personnage au début, mais au fur et à mesure, comme Libby, je l’ai apprivoisé. Il devient de plus en plus attachant : il a juste besoin de sécurité et cherche à affronter chaque jour du mieux qu’il peut avec la prosopagnosie, donc il se protège.

L’auteure a choisi de faire des chapitres courts, basculant d’un point de vue à l’autre – ceux de ses deux héros. Ce choix était très judicieux car il donne un très bon rythme à la lecture. L’auteure a de l’humour, est très douée pour les dialogues… Un style simple, plutôt direct, qui traite bien des sentiments et de l’adolescence.

Bref, cette lecture a été géniale ! Je ne peux que vous la recommandez !

Jennifer Niven, Les mille visages de notre histoire, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Vanessa Rubio-Barreau, aux éditions Gallimard Jeunesse, 17€.

Au service surnaturel de Sa Majesté, de Daniel O’Malley

Entre deux romances young adult, il m’arrive quand même de lire autre chose. Sortir des lectures plus adolescentes, des histoires d’amour toutes mignonnes, c’est un nouveau pas en avant pour me sortir de ma panne de lecture ! J’ai donc choisi, à ma plus grande surprise, un petit pavé du rayon SF de ma librairie. Il s’agit d’Au service surnaturel de Sa Majesté de Daniel O’Malley.

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Vous vous en doutez, nous sommes en Angleterre. Myfanwy Thomas se réveille dans un parc entouré de cadavres portant des gants en latex. Elle ne se rappelle de rien : elle a perdu la mémoire. Dans sa poche, elle découvre une lettre : son ancien elle savait ce qui allait arriver et lui a laissé tout un tas de message pour qu’elle se repère dans sa nouvelle vie. Car Myfanwy n’est pas n’importe qui : elle travaille pour la Checquy, une organisation secrète qui combat le surnaturel, le cantonne, l’étudie. Dans cette agence hiérarchisée selon un jeu d’échec, Myfanwy est la Tour. Elle va devoir réussir à se dépatouiller dans ce travail, entourée de personnes aux pouvoirs spéciaux, et trouver qui lui veut du mal. Car une conspiration est sur le point de réussir à tout renverser et Myfanwy doit y mettre un terme.

Ce roman de plus de 660 pages vous en fera voir ! Je ne m’attendais pas à ce genre de surnaturel, où tout est permis, mais ça fonctionne assez bien. J’ai adoré la Checquy, son organisation, ses membres : vraiment, ça m’a passionnée de découvrir avec notre héroïne cette société du paranormal. L’auteur a beaucoup d’imagination mais surtout ce qu’il a crée se tient d’un bout à l’autre. C’est un roman d’action, d’espionnage, de science-fiction, d’aventures : tout est réuni pour que vous passiez un moment de lecture divertissant. Il est vrai qu’il y a parfois quelques longueurs. Quand le roman prend des airs de thriller avec révélation(s) finale(s), je dois avouer que j’ai commencé à regarder ma montre. Mais l’auteur a mis en place un système de narration qui nous empêche de nous ennuyer tout en découvrant la Checquy au même rythme que notre héroïne : entre l’action qui se déroule sous nos yeux et le récit des lettres écrites antérieurement, un équilibre se forme.

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On ne peut alors s’empêcher de chercher les similitudes et les différences entre les deux Myfanwy, celle du passé et celle qui a perdu la mémoire et tente de reconstruire sa vie petit à petit. Et il est vrai que ce n’est pas tout à fait la même femme. J’ai adoré ce personnage, même si je l’ai parfois trouvée trop sûre d’elle pour une amnésique – ça manquait un peu de réalisme. Je me suis un peu perdue dans la galerie des autres personnages mais j’ai globalement trouvé tous les personnages secondaires intéressants. A partir du moment où on est dans une agence du surnaturel, on peut tout se permettre et l’auteur ne sait pas prier pour écrire quelques fantaisies – ah, Gestalt ! Ceux qui ont lu comprendront.

J’ai passé un excellent moment avec ce livre, même si je lui aurais enlevé une centaine de pages sans vraiment de difficulté. Daniel O’Malley a une imagination débordante et tient son univers d’un bout à l’autre. Sa plume est sûre, et ne manque ni de vivacité, ni d’humour. Je vous recommande ce roman, idéal pour les soirs de vacances ou un long weekend.

Et vous, êtes-vous prêt à intégrer la Checquy ?

Daniel O’Malley, Au service surnaturelle de Sa Majesté, traduit de l’anglais (Australie) par Charles Bonnot, aux éditions Pocket, 8€60.

Did I mention I need You ?, d’Estelle Maskame

J’avais A-DO-RE le premier tome de cette trilogie, j’ai été ravie de pouvoir enfin me plonger dans ce nouvel opus : Did I Mention I need You ? d’Estelle Maskame. On y retrouve Eden qui, après un an de séparation, va rendre visite à son demi-frère par alliance, Tyler. Ce voyage à New York va raviver les sentiments entre eux et Eden va se retrouver dans une situation très compliquée.

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Difficile de vous en dire plus sans spoiler cette série. Je l’ai dévoré en un après-midi et je l’ai trouvé vraiment meilleur que le premier ! Peut-être parce qu’on y retrouve des personnages plus matures. C’est vrai qu’ils ont grandi, et ça se ressent. J’ai vraiment aimé que l’auteure les ait fait évoluer : au début, j’appréhendais ce saut dans le temps mais finalement, c’était une excellente idée. Tout ces sentiments resurgissent avec d’autant plus de force et c’est avec grande jubilation que j’ai assisté à ça.

Ce tome m’a fait d’autant plus vibrer que les thèmes abordés (le choix amoureux, la fidélité, l’honnêteté) m’ont vraiment touchée. J’ai été très émue par les personnages et leurs tourments, j’ai même versé une petite larme ! Clairement, du côté des personnages, de leurs relations, de leurs sentiments, l’écriture est ici encore meilleure. Il faut également noter l’apparition de nouveaux personnages secondaires que j’ai beaucoup aimé.

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Cependant, je regrette qu’on n’ait pas mieux vu New York à travers les yeux d’Eden car pourtant elle était éblouie par la ville. J’aurais souhaité devenir new-yorkaise le temps de ce tome. De plus, j’ai trouvé assez artificielle le retour de certains personnages du tome 1. Il n’était pas nécessaire de les y rajouter, le roman aurait pu se tenir sans.

La fin de roman traîne un peu en longueur mais je comprends très bien pourquoi l’auteur a du en passer par là : pour préparer la suite, que j’ai très hâte de lire ! Cette trilogie est clairement addictive.J’ai adoré voir la romance adolescente se transformer en passion plus mûre. Les personnages sont tout autant attachants, et j’espère que dans le tome 3 l’auteure s’attardera un peu plus sur Eden. Car bien qu’elle soit un personnage principal, je trouve qu’on la connaît assez peu..

Bref, encore une fois, un vrai bonheur de dévorer cette série !

Estelle Maskame, Did I mention I need you ?, traduit de l’anglais par Maud Ortaldo, aux éditions Pocket Jeunesse, 16€90

Le vide de nos cœurs, de Jasmine Warga

Je ne pensais pas du tout que cette lecture allait me faire autant d’effet : encore une fois, je me suis faite avoir avec ma fausse idée comme quoi le young adult c’est un peu doux quand même. Faudrait que je me rappelle plus souvent la claque que Nos étoiles contraires m’avait mise. Bref, aujourd’hui un livre qui m’a ému, faite vibrée et pleurer : Le vide de nos coeurs de Jasmine Warga.

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Aysel veut en finir. Sa décision est prise. Depuis que son père a commis l’irréparable et qu’il est en prison, sa vie, sa famille, son travail, son lycée… tout devient pénible pour elle. Mais surtout, elle a au fond d’elle une grosse limace noire qui siphonne son énergie, ne lui inspire que de la tristesse et l’idée qu’elle pourrait bien finir comme son père. Pour trouver le courage de mettre un terme à sa vie, elle traîne sur le forum Smooth Passages, pour trouver un compagnon de suicide. C’est là qu’elle rencontre Roman, qui lui veut en finir le 7 avril. Roman et Aysel se voit souvent, pour planifier ce moment. Mais au fil des jours qui passent et les rapprochent de la date fatidique, Aysel s’aperçoit que peut-être, il y a une autre solution pour Roman et elle.

Quelque chose ne tourne pas rond chez moi. Bien sûr, certaines choses de ma vie me donnent le sentiment d’être seule au monde, mais rien m’isole et me terrifie plus que ma petite voix intérieure. Elle s’entête à me répéter qu’il y a de fortes chances pour que je finisse exactement comme mon père. Je parie que si on m’ouvrait le ventre, la grande limace noire de la dépression en sortirait. Les conseillers d’orientations adorent rabâcher qu’il suffit de « penser de façon positive », sauf que quand on a ce mollusque dans le ventre qui étouffe le peu de bonheur qu’on arrive à éprouver, c’est mission impossible. Comme machine à détruire les pensées positives, mon corps est d’une efficacité redoutable.

Au début, pour être honnête, je ne m’attendais pas à grand-chose. Je me disais tiens encore une romance sur fond de dépression puis de résurrection mais ce livre est tellement plus que cela. Déjà la romance n’est pas évidente. La relation entre Aysel et Roman n’est pas réelle, pas normale : rien ne peut s’appliquer à eux car ils se sont rencontrés pour mourir. A partir de là, tous les codes des relations amoureuses ne s’appliquent plus à eux, ce qui ne va pas les empêcher de partager une relation forte. L’envers du décor – la réaction des familles, des camarades du lycée, l’obligation de faire semblant d’aller bien devant les autres – est très réaliste. On s’y croit complètement. J’ai été emmené au Etats-Unis aux côtés de nos deux héros en un claquement de doigts et je n’ai plus jamais voulu les quitter. Ils sont terriblement attachants, et on comprend si bien leur douleur.

La dépression. Le mot n’est pas dit et pourtant c’est présent à chaque page. Une tristesse, une limace noire… difficile de l’aborder autrement alors qu’on arrive plus à y faire face. Les mots de l’auteure m’ont transpercée. Vraiment, Jasmine Warga a beaucoup de talent pour faire comprendre, toucher du doigt aux lecteurs non concernés ce qu’est la dépression. Et ce que représente aussi la sortie d’une dépression. J’ai eu peur à un moment que ses personnages soient des caricatures en ados blasés, mais pas du tout. C’est tellement vrai… dans les réactions, dans les mots des héros, dans leurs attitudes, dans leurs manies. Très sincèrement, j’ai vraiment beaucoup pleuré, surtout à la fin : que d’émotions !

Les personnages sont excellents, y compris les personnages secondaires qui sont criants d’humanité et de vérité. Jasmine Warga a vraiment une plume extraordinaire en ce qui concerne l’écriture des personnages. Elle maîtrise également bien le rythme de son histoire qui se déroule telle un compte à rebours vers le moment fatidique. L’auteure ne s’attarde que sur des événements intéressants, parfois seulement indirectement liés à l’intrigue, mais qui nous en apprennent en réalité beaucoup sur les héros et sur leurs vies.

Un belle lecture, je m’en souviendrai ! Un excellente surprise et je ne peux que vous la conseiller !

Jasmine Warga, Le vide de nos cœurs, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Maud Desurvire, aux éditions Hugo Roman, 17€.

Belgravia, de Julian Fellowes

Il paraît que si vous aimez Downtown Abbey, vous aimerez Belgravia de Julian Fellowes – ce dernier étant le scénariste et l’auteur de ces deux œuvres. Je ne doute pas pas que ce soit vrai, mais n’ayant jamais regardé Downtown Abbey, j’aurais du mal à vous en dire plus. Mais si vous aimez les petites histoires de l’aristocratie anglaise, les secrets de famille, les intrigues de classes sociales et les ragots de serviteurs, je ne peux que vous recommander cette superbe lecture !

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En 1815, eut lieu à Bruxelles un bal qui marquera les esprits. Parmi eux, les Trenchard, une famille bourgeoise en pleine ascension sociale qui dérange un peu les aristocrates pur souche. Également présente, la famille Bellasis, dont le fils va bouleverser la vie de Sophia Trenchard. Quelques heures après cette réception, presque tous les jeunes hommes de cette assemblée périssent sur le champ de bataille à Waterloo. Près de vingt-cinq ans plus tard à Londres, les secrets ressurgissent et ramènent ces deux familles longtemps en arrière… Le monde change, s’industrialise, s’embourgeoise, et l’aristocratie n’est plus la seule à avoir des privilèges. Et pourtant, les questions de mariage, d’héritage, de filiation comptent tout autant. C’est dans ce nouvel environnement que les Trenchard et les Bellasis vont devoir évoluer, avec, pour leur tenir compagnie, leurs souvenirs du bal de 1815.

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Raaaaah, j’aimerais tellement vous en dire plus ! Mais cela vous spoilerez, alors je me retiens. Sachez juste que l’intrigue est passionnante. Il y a du suspens, des rebondissements… Beaucoup plus passionnants que des petits drames comme la duchesse a trompé son mari avec le comte de truc. L’histoire est servie par une narration impeccable et d’excellents dialogues qui donnent à ce petit pavé un rythme de croisière parfait. C’est sûr, ce n’est pas un thriller et tant mieux ! Car j’ai pris beaucoup de plaisir à explorer la sphère aristocrate anglaise, ses codes et ses personnages.

Les personnages ! Au début, je trouvais qu’il s’agissait ici du seul bémol du livre – et en effet, c’est le seul. Ils doivent être une dizaine, et tous sont importants. Le seul problème, c’est qu’on a vraiment tendance à se perdre dans tout cela. La preuve : pour éviter de vous laisser dans l’incompréhension, j’ai même triché dans le résumé sur un des noms pour que ce soit plus clair. Entre les noms de domaines et des noms de familles, les oncles et les fils, les domestiques… Dur de s’y retrouver par moment.

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Les personnages, c’est aussi et surtout la grande force de ce livre. Je m’attendais à trouver des choses assez caricaturales : alors oui, la fière maîtresse de maison, le mari qui dépense tout au jeu, etc., ils y sont ! Mais il n’y a pas qu’eux, et surtout tous les personnages principaux sont attachants à leur manière. Julian Fellowes donne beaucoup de profondeurs à ses héros, et même aux personnages secondaires. Je pense vraiment, qu’en plus de la clarté de son écriture, c’est vraiment ce qui fait le succès de son roman. Une vrai réussite ces personnages, qu’on ne veut plus lâcher : leurs aventures sont importantes à nos yeux, on a envie que ça se finisse bien pour eux ! On comprend leur colère, leur peur, on déteste leur orgueil, leur égoïsme, on admire leur roublardise, leur naïveté, leur talent. On vit avec eux !

A ma grande surprise, cette lecture m’a vraiment plu. A tel point, que j’ai encore envie de lire des romans dans cette veine-là (aristocratie anglaise, etc. Je suis preneuse de vos conseils lecture d’ailleurs!). Laissez-vous tenter également !

Julian Fellowes, Belgravia, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Valérie Rosier et Carole Delporte, aux éditions JC Lattès, 20€90.

Dernier été à Tokyo, de Cecilia Vinesse

J’ai d’abord croisé ce livre en librairie, la quatrième de couverture m’avait donné envie – pas la couverture par contre, beurk. Quand je l’ai croisé à la médiathèque, je me suis dit « pourquoi pas ? » En avant donc pour Dernier été à Tokyo de Cecilia Vinesse.

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Sophia a toujours été entre plusieurs continents. Elle vit à Tokyo depuis quatre à présent avec sa mère et sa sœur. Mais dans sept jours, alors qu’elle s’apprête à bientôt rentrer en terminale, elle va devoir dire au revoir à ses amis du lycée international, Mika et David. En effet, elle déménage dans le New Jersey. Triste de quitter cette ville qu’elle affectionne, elle est d’autant plus fâchée que ses derniers jours au Japon vont être gâchés par le retour de Jamie, qui lui revient de trois ans aux Etats-unis. Avant son départ, leur amitié s’était mal terminée… Mais il peut s’en passer des choses en une semaine, et Jamie et Sophia ont toute une relation à reconstruire.

Bon, déjà, ce qui m’a énervée : ils sont où les Japonais ? On est entre expats, point. Je veux bien croire que dans la réalité, entre ados expatriés, scolarisés dans un lycée international où on parle anglais, tu traînes peu avec des natifs… Mais quand même, être autant occidentalement centré à ce point ! Vu que l’histoire se passe à Tokyo, c’était vraiment n’importe quoi !

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Les personnages sont assez typiques, peu de nuances : prendre l’excuse que c’est une romance adolescente ne me va pas du tout car le niveau est plutôt élevé dans beaucoup d’autres. On a le gars un peu connard mais qu’on aime bien quand même, le timide soi-disant geek mais qui est au fond malheureux, la fille aux cheveux bleus qui est extravertie, la grande sœur qui gronde et râle car elle s’est faite larguée, un cliché avec le père aussi (mais je n’en dirais pas plus pour pas spoiler ça au moins…) Heureusement, j’ai trouvé que Jamie sauvait quand même les choses, car il est attachant et rafraîchissant. C’est un garçon surprenant et agréable. Les autres personnages, on les retient moins. Leur comportement change sans qu’on sache vraiment pourquoi – ah, si ! L’alcool !

Ces ados sortent quand ils veulent, boivent ce qu’ils veulent, dorment où ils veulent : où sont les parents ? Allô le réalisme ? Ça m’a agacé au possible de voir des ados se comporter comme en jeunes adultes, avec des problèmes mièvres : tous les soirs, la même chose. En fait, je crois que c’est l’écriture qui est un peu adolescente sur les bords.

Côté personnages, on a frôlé des bonnes choses comme les relations familiales par exemple : bien qu’un peu trop manichéennes, elles sont variées et c’est là où on ressent un peu de réalisme dans les relations humaines.

Il faut dire que le style n’est pas incroyable non plus. C’est de la narration, le rythme et les dialogues fonctionnent un peu près bien. J’ai énormément regretté que Tokyo ne soit qu’une excuse pour faire un titre et une couverture particulière, pour coller des descriptions de lumières de la ville la nuit. C’est vraiment dommage car on sent l’amour de l’auteure pour cette ville ! Il suffisait de travailler les descriptions, planter le décor et s’en servir pour de vrai ! On est vraiment passé à quelque chose…

Un roman clairement adolescent dans l’écriture, l’intrigue, le style, l’aboutissement, qui manque de nuances. Bizarrement, pour écrire une bonne romance, il faut s’éloigner un peu des clichés pour mieux y revenir avec des idées nouvelles. La pluie, la nuit, l’alcool, les non-dits… pfff, si au moins il y avait un vrai style, une plume acérée pour servir tout ça, un vrai enjeu dans l’intrigue, ça aurait pu fonctionner. Mais ce n’est pas le cas. C’était divertissant un peu, mais j’ai plutôt perdu mon temps avec cette lecture. Avis cru mais sincère.

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Cecilia Vinesse, Dernier été à Tokyo, traduit de l’anglais par Cécile Tasson, aux éditions Pocket Junior, 17€90.