La Voleuse de livres, de Markus Zusak (lecture commune de mai 2017)

la-voleuse-de-livresLa fin de l’année scolaire approche et avec elle le rush à l’école. Autant dire que le temps d’écrire et de lire a disparu, surtout que je me fais une joie de profiter des beaux jours. Je n’oublie jamais le blog bien sûr, mais j’essaie, petit à petit, d’arrêter de culpabiliser. Cette page, c’est du loisir, c’est du bonheur, du partage. Je ne veux pas que ça devienne une corvée, je ne veux pas me rendre malade pour des délais que je me serais imposée. C’est pourquoi c’est seulement aujourd’hui que je viens vous parler de la lecture commune de mai 2017 : La Voleuse de livres de Markus Zusak.

Allemagne nazie. La petite Liesel Meminger voit sa vie basculer quand sa mère biologique la laisse au soin d’un couple, dans une petite ville près de Dachau. Pourquoi ? Parce que le danger rôde. Des hommes puissants et menaçants ont pris la tête du pays et la population est en danger. Alors pour survivre auprès de cette mère et de ce père adoptifs, Liesel lit, elle vit les mots. Elle vole les livres, elle apprend par cœur l’orthographe, le sens. Elle essaie tant bien que mal de continuer son existence de jeune fille auprès de son meilleur ami Rudy. Même si elle doit garder un secret pesant, même si elle ne comprend pas tout aux adultes et au monde qui l’entoure, même si elle a peur, même si elle croise la Mort.

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La Mort, parlons-en. C’est elle la grande narratrice de cette histoire. Et je ne dis pas ça au figuré. La Mort a décidé de prendre le temps de nous raconter ce destin, de revenir sur ces événements, sur cette période où elle avait tant et tant de travail pour recueillir les âmes des juifs, des soldats, des malades, des miséreux. C’est très atypique et cela permet quelques choix audacieux concernant la mise en page ou la temporalité du récit. Mais je dois bien avouer que cela a représenté pour moi une gêne considérable. Je n’ai absolument pas accroché à cette narration, et c’est sûrement une des raisons principales qui ont fait que j’ai mis plus d’un mois à finir ce roman.

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Pourtant, je trouve les personnages attachants. L’auteur arrive à les rendre vivants et profonds. J’ai adoré voir les différentes relations entre eux évoluer au fil du livre. La femme du maire, le père adoptif… ils m’ont beaucoup touchée et une fois le livre refermé, je les ai gardés longtemps dans mon cœur. Je trouve malheureusement que l’intrigue les a mal servi. En effet, je ne connaissais presque rien de l’histoire avant d’ouvrir le bouquin, mais je ne m’attendais pas du tout à ce récit si étendu. En fait, on suit simplement la vie de Liesel et les rebondissements qui la composent. Il n’y a pas d’intrigue resserrée autour d’un personnage, d’un secret ; non, il y a plusieurs fils rouges plus ou moins passionnants. Et je ne me suis passionnée pour aucun d’eux. L’héroïne est importante mais elle n’est pas force d’action. Couplé à cette narration par la Mort, je me suis finalement assez ennuyée durant cette lecture.

Je reconnais les qualités d’écriture de l’auteur : le style est très agréable, vivant, le texte est immersif. Mais j’ai été déçue par l’histoire : j’adore les fictions qui se déroulent pendant la Seconde Guerre mondiale et je n’ai pas trouvé là mon compte. Pas d’intrigue prenante et palpitante, pas de récit de vie captivant. Ce n’est bien sûr que mon avis personnel et je me doute que ce roman a pu plaire à nombreux autres lecteurs vu son succès. Et je peux imaginer pourquoi, après tout, c’est un assez bon libre. Il ne me convenait tout simplement pas, à l’inverse de Virginy que ce livre a remué.

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Markus Zusak, La Voleuse de livres, traduit de l’anglais (Australie) par Marie-France Girod, aux éditions Pocket (13441), 8€20.

La Vague, de Todd Strasser (lecture commune d’avril 2017)

Ce mois-ci, pour la première fois, j’ai explosé le compteur. J’ai lu la lecture commune d’avril en une journée et ça…. avant la fin de mois, un vrai exploit en soi. Il faut dire que je suis extrêmement contente de mon choix ! La Vague de Todd Strasser a donné un film que j’avais tout simplement a-do-ré, qui m’avait époustouflé, et j’attendais un peu la même chose du livre.

la-vagueRésultat atteint : j‘ai été incroyablement heureuse et émue de retrouver cette histoire qui a encore eu cet effet coup de poing sur moi. Aux États-Unis, un professeur d’histoire, Ben Ross, est un peu embêté quand ses élèves lui posent cette question à laquelle il peine à répondre : pourquoi les Allemands ne se sont pas rebellés face aux atrocités nazies ? Un sujet délicat dont la réponse dépasse les mots. C’est alors que l’idée d’une expérience lui vient en tête. Faire comprendre à ces lycéens ce que chacun peut trouver d’enthousiasmant dans un tel mouvement où l’individu s’oublie pour le groupe. Démontrer comment on peut être embrigadé et amené à faire des choses qui nous semblaient impossibles auparavant. Et son expérience va de très loin dépasser les murs de sa classe et ses espérances les plus folles. Et si celle-ci lui échappait ? A partir de quel moment est-il devenu le leader de ce mouvement, la Vague ? A partir de quel moment les événements ont pris une telle ampleur ? « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action. »

Inspiré de faits réels, cette histoire vous prend aux tripes. On comprend cet emballement collectif, cette puissance du groupe, cette discipline qui renforce. On comprend pourquoi se réunir devient presque vital pour ces jeunes ébahis des effets positifs de cette expérience qu’ils se sont complètement appropriés : effacer les clivages au sein de la Vague. Mais peu nombreux sont ceux qui réalisent les effets pervers de ce mouvement. Alors que parents, corps enseignants et quelques élèves s’inquiètent et pâtissent de ce parti à l’intérieur du lycée, les participants eux ne réalisent pas encore que dans cette quête du pouvoir, ils y perdent leur libre arbitre, leur volonté de réfléchir par eux-mêmes.

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Dans la salle, les cinq rangées de sept bureaux individuels étaient impeccables. A chaque bureau se tenait assis un lycéen bien droit, dans la position que Ben leur avait apprise la veille. Le silence régnait. Ben balaya la pièce du regard, mal à l’aise. S’agissait-il d’une blague ? Ici et là, certains réprimaient un sourire, mais ils étaient en minorité face au nombre de visages sérieux regardant droit devant d’un air concentré. Quelques-uns lui lancèrent des regards interrogateurs, attendant de voir s’il irait plus loin encore. Le devait-il ? C’était une expérience tellement hors normes qu’il était tenté de la poursuivre. Que pouvaient-ils en apprendre ? Et lui-même, qu’en retirerait-il ? L’appel de l’inconnu fut le plus fort, il se devait de découvrir où tout cela les mènerait.

Todd Strasser va droit au but, sans grandes réflexions et c’est tant mieux. Le lecteur observe et c’est à lui de se poser des questions en même temps que les lycéens qui découvrent par a + b ce qu’a pu être l’embrigadement des Allemands dans le nazisme. C’est vraiment un récit fort, direct. On s’attache aux personnages et les voir évoluer de cette façon nous surprend, nous désarçonne. Ben Ross est d’une profondeur psychologique incroyable, tracée seulement en quelques lignes dans ce court roman. Clairement, la narration est menée d’une main de maître entre des dialogues qui font avancer l’intrigue et des péripéties qui s’enchaînent avec liant. Il y a une belle énergie dans ce roman, un élan qui mène vers l’inéluctable et que l’on suit, presque dépendant : on veut savoir comme cet organisme nouveau et incroyable au sens premier du mot va finir : grandir encore et encore en avalant tous ceux qui sont autour de lui, ou échouer en se heurtant enfin à la conscience de ceux qui ne se sont pas fait avoir par cet appel des sirènes ? Est-ce que cela va rester un jeu ou virer en dictature ?

logo_la_vagueL‘écriture est parfois trop hâtive, c’est vrai. Et certaines conversations ne m’ont pas entièrement convaincue. Et même si j’ai globalement beaucoup aimé ce roman, que je vous conseille vivement de découvrir, j’ai été très déçue par la fin en queue de poisson. Ils l’ont modifié dans le film et ils ont bien eu raison ! Le film conclut mille fois mieux cette histoire que le livre. Mais peu importe, regardez le film, lisez le livre ! Vraiment, j’insiste !

Todd Strasser, La Vague, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Aude Carlier, aux éditions Pocket, 6€20.

L’Ombre du Vent, de Carlos Ruiz Zafon (lecture commune de mars 2017)

Enfin, c’est le printemps ! Le soleil, les petits oiseaux… que du bonheur. Je peux sortir de ma tanière, de la morosité et espérer retrouver de bonnes habitudes, notamment en ce qui concerne mes lectures (qui ne se bousculent pas au portillon) et le blog (qui, décidément, tourne au ralenti).

Le mois de mars est passé, il est donc grandement temps que je vous parle de la troisième lecture commune de l’année, que j’ai presque trimballée pendant tout le mois. Il s’agit de L’Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon, le premier tome de ce qui peut être une trilogie (mais très sincèrement, ça peut se lire tout seul.)

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Daniel est fils de libraire. Alors qu’il grandit son père lui montre un lieu tenu secret : le Cimetière des Livres oubliés. Tout est déjà dit dans le nom de cet endroit si mystérieux. Daniel choisit alors un roman, pour qu’au moins une personne dans le monde se souvienne de ce livre, au moins un lecteur : L’Ombre du Vent d’un certain Julian Carax. Alors qu’il grandit et devient un jeune homme, notre héros part sur les traces de ce Carax qui peu à peu l’obsède. Au fil des pages, on sent qu’un parallèle se créée entre les deux hommes férus de lettres. Des amours qui semblent impossibles, une menace qui plane au-dessus de leurs têtes. Cette quête est plus dangereuse qu’elle n’en a l’air. Surtout qu’un certain Lain Coubert ferait tout pour récupérer les derniers exemplaires de Carax – tout. Des secrets, des mensonges… un recherche du passé qui réserve beaucoup de surprises.

the2bshadow2bof2bthe2bwindIl m’est difficile de vous résumer ce livre, une petite briquette de plus de 600 pages. L’histoire se déroule en majeure partie à Barcelone, on voyage entre présent et passé avec aisance, à travers les souvenirs et les témoignages que Daniel récolte. Les personnages secondaires sont vraiment savoureux même s’ils prennent parfois tellement de place qu’on en oublie Daniel. J’ai adoré voir se tracer les liens entre notre héros et Carax au fil des pages. Je dois avouer que je ne m’attendais absolument pas à cette histoire qui sort des sentiers battus : des intrigues étonnantes, mêlant familles riches et jalousies, une toile de fond qui nous emporte instantanément, un brin de magie et de mystère, une enquête passionnante, de rebondissements nombreux, des personnages forts. Ce mélange est détonnant et donne un livre vraiment divertissant.

J’ai quand même trouvé quelques longueurs au livre, la narration est parfois un peu lourde, toutefois chaque élément de l’intrigue est bien amené et exploité. Il y a parfois un peu trop de bons sentiments à mon goût, qui viraient au cliché, heureusement cela gênait peu à la lecture. Je n’ai pas dévoré ce roman, car il pèse son poids, il faut digérer cette histoire, mais il me semblait impensable de ne pas le terminer. Aujourd’hui, je ne pense pas lire la suite, mais plus tard, pourquoi pas ?

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Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Pour la lecture commune, Virginy a choisi de lire la suite, Le Jeu de l’Ange, n’hésitez pas à aller voir son billet 😉

Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du Vent, traduit de l’espagnol par François Maspero, aux éditions Le Livre de Poche, 8€10.

Silo, de Hugh Howey

Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait baisser ma wishlist. C’est à présent chose faite avec la lecture que je vais vous présenter aujourd’hui : Silo de Hugh Howey.

Le monde est ravagé par des gaz toxiques, la surface de la Terre est devenue inhabitable. Ils sont plusieurs milliers à vivre dans un silo enfoncé sous le sol. 144 étages où cette civilisation se développe. Mais dans un espace si restreint tout est contrôlé, hiérarchisé, surveillé, même les naissances qui font l’objet de loteries. Seul le mystérieux DIT – département d’infotechnologie – semble avoir des passe-droits, mais aussi de nombreux secrets. Dès qu’un habitant du silo commet un crime, il est envoyé dehors, dans une drôle de combinaison étanche qui ne résiste pas bien longtemps à l’air empoisonné de l’extérieur. Il a alors une mission : nettoyer les capteurs du silo, seul moyen d’avoir une image de ce qui se passe à la surface. Et tous les bannis, sans exception, exécutent cette tâche, sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi.

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J’ai été assez désarçonnée par ce roman. J’ai beaucoup aimé le cadre de l’histoire : un silo enterré dans un monde post-apocalyptique, ça m’a vraiment emballée. La vie rythmée par les volées de marches, les étages consacrés à l’élevage, à la maternité, aux fournitures, à la mairie, aux machines… J’ai adoré explorer cet univers et cette ambiance. Toutefois, je me suis moins accrochée aux personnages, notamment parce que certains disparaissent trop vite, il n’y a pas de réels personnages principaux forts dans ce livre et cela m’a manqué. Ne pas pouvoir m’identifier tout au long de cette histoire à la même figure m’a un peu dérangé. Pourtant, les choses se tiennent, il y a une logique interne qui fonctionne bien même si parfois la narration prend quelques raccourcis.

Quant à l’écriture, c’est plutôt bon : les dialogues sont prenants, les actions claires, le style lisible. De nombreux rebondissements, de nombreuses révélations viennent ponctuer le récit et relancer l’attention du lecteur. Il a fallu beaucoup d’imagination pour créer une telle intrigue, malheureusement certaines choses semblent un peu artificielles, manquent d’aisance et surtout j’ai personnellement deviné à l’avance de nombreux ressorts du suspens… Il faut également rajouter à cela le rythme que j’ai plutôt trouvé lent et répétitif, disons plus que ce à quoi je m’attendais dans ce type de récit.

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Pour résumer, c’était plutôt une bonne lecture : ça me sort de mes habitudes livresques. Mais je ne lirai pas la suite – Silo Origines : le rythme trop lent, l’absence de coup de cœur aura eu raison de moi. Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Hugh Howey, Silo, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yoann Gentric et Laure Manceau, aux éditions Le Livre de Poche, 8€60.

Black-out, de Marc Elsberg

Ça a commencé avec une simple panne de courant. Des lumières qui s’éteignent, des réfrigérateurs qui ne fonctionnent plus, des pompes à essence hors service, des chaudières qui ne chauffent plus rien. Puis les heures ont commencé à passer. Rien ne s’arrangeait. La panne est devenue un black-out. C’est toute l’Europe qui sombra dans l’obscurité et la peur. Bienvenue dans Black-out de Marc Elsberg.

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En Allemagne, dans les centres d’opérations, dans les centrales électriques, la pression monte et la panique s’insinue. Que peut-il bien se passer ? Pourquoi les systèmes s’éteignent-ils les uns après les autres, inexorablement, sans qu’on ne puisse rien faire ? Manzano a peut-être une idée pour résoudre cet immense problème qui met en danger l’existence de tous. Mais se faire entendre en temps de crise, sans électricité, est ardu.

A travers une galerie de personnages complète, l’auteur nous embarque dans cette sombre enquête, au milieu de l’hiver. Comment survit-on en cas de black-out ? Comment réagit la population ? Comment poursuivre les coupables – car coupables il y a, personne n’en doute – dans ces conditions-là ? C’est une aventure palpitante, un thriller comme je n’en ai jamais lu auparavant. Il faut vraiment se faire à cette écriture qui passe d’un personnage à l’autre à chaque chapitre, on peut se perdre au début – surtout que l’ajout de personnages secondaires peu intéressants nous embrouillent un peu plus. Mais au bout de quelques dizaines de pages, les éléments se mettent à interagir ensemble, à avoir vraiment du sens et alors il est plus aisé de suivre cette histoire d’un bout à l’autre. Et on a envie de savoir, de résoudre ce mystère. Plus que pour résoudre l’énigme, c’est surtout pour résoudre cette situation de crise terrifiante que l’on veut arriver au bout de cette enquête. Car de façon insidieuse et terriblement vivante, empathique, l’auteur nous plonge au fil des jours, au fil des pages dans une réalité tout à fait plausible – et qui en est d’autant plus effrayante. On se demande comment l’humanité peut se relever d’un tel drame, car on la voit peu à peu replonger des années, des siècles en arrière. On se rend alors compte à quel point on est petit, petit et dépendant de l’énergie, de la technologie.

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Ce livre fait très bien son travail : j’ai été emballée par cette narration insolite, cette histoire très bien travaillée, ces personnages divers auxquels on s’identifie vite. Il est certain que ce roman sortira du lot de vos lectures habituelles, mais je peux vous assurer que vous passerez un excellent moment de lecture en compagnie de Marc Elsberg. Éteignez la lumière et laissez-vous embarquer.

Marc Elsberg, Black-out, traduit par Pierre Malherbet, aux éditions Piranha, 22€90.

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, d’Annet Huizing

Il arrive parfois que je sois prise dans une frénésie de lecture et généralement dans ces cas-là, je lis des choses que je n’ai pas l’habitude de lire – comprenez : pas de littérature française ou classique. C’est assez naturellement que, dans cette période, je me dirige vers les romans jeunesse ou young adult, histoire d’avoir un truc agréable à croquer sous la dent rapidement. Voici comment est donc arrivé dans mes mains le livre d’Annet Huizing : Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte.

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Katinka est une jeune fille qui vit seule avec son petit frère et son père. Une de ses meilleures amies est sa voisine Lidwine, une auteure qui la fascine. Avec son aide, elle va commencer à écrire des petites choses, sur sa vie et sa famille. Sur Dirkje qui vient d’entrer dans leur existence tout doucement. Sauf qu’écrire, ce n’est pas toujours facile. C’est tout un art et une technique qui demande de l’entraînement et de l’apprentissage. Chaque jour, Katinka se met devant son ordinateur et essaie de pondre un petit texte. Elle ne s’imaginait pas en se lançant dans cette aventure que cela remuerait autant de choses en elle. Imperceptiblement, elle a autant appris sur elle que sur l’écriture – et sur le jardinage aussi.

C’est une lecture très rapide. J’ai trouvé ce texte simple mais sensible et émouvant. On ne côtoie que peu de temps les personnages mais on s’attache très vite à eux, les trouvant sincères et terriblement humains. Ce sont là plus que de simples êtres de papiers. L’intrigue en soi n’est vraiment pas incroyable mais elle se laisse suivre avec plaisir tout de même. L’auteure a réussi à donner vie à sa narratrice : ce sont vraiment les mots d’une enfant, toutefois cela n’est pas un problème puisque la langue et le style sont tout de même assez bons.

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J’ai peu de choses à rajouter sur ce roman. Il m’a changé les idées, c’est une bonne lecture que je conseillerai aux pré-ados, mais je n’ai pas rêvé comme dans une saga, je n’ai pas vibré comme dans Nos étoiles contraires par exemple. Il est agréable mais je trouve globalement ce livre peu ambitieux malgré un thème très intéressant.

Annet Huizing, Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, traduit du néerlandais par Myriam Bouzid, aux éditions Syros, 14€95.

World War Z, de Max Brooks

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Avec un peu de retard – NaNoWriMo oblige –, je viens vous parler de la lecture commune de novembre. L’avant-dernière de l’année et je pense déjà à celles de l’année prochaine… Ce mois-ci, était au programme un livre atypique que je voulais découvrir depuis longtemps : World War Z de Max Brooks.

Vous le savez déjà, on va parler de zombie. Le monde a plongé dans l’apocalypse, un mal aussi incompréhensible que terrifiant a envahi littéralement la planète, ne laissant que peu d’espoir. Mais des hommes et des femmes se sont battus pour rester en vie, pour reprendre possession de leurs terres, pour faire survivre l’humanité, en dépit de la souffrance, des manques, de la peur. C’est cette histoire que va raconter le narrateur. Le mal est passé, on s’en relève à peine et il est censé écrire une sorte de rapport, de documentaire retraçant l’épidémie, des premiers cas à la Grande Panique, mais aussi les différents moyens qu’ont utilisés les états pour combattre ce mal, la façon dont le peuple a essayé de survivre. Les échecs cuisants, les conséquences qu’on n’imagine même pas, les îlots de civilisation partout dans le monde, les souffrances psychologiques, les secrets petits et grands…

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Pour cela, le narrateur va dans le monde entier et interviewe ceux qui ont vu, ceux qui ont vécu, ceux qui ont survécu. Il nous retranscrit cela directement sans filtre. Un témoignage poignant, fort.

Un témoignage fictionnel bien entendu. Un coup de maître de la part de l’auteur. Certains sont désarçonnés par ce livre vraiment à part, s’étant attendu à un roman de zombie on ne peut plus classique. Personnellement, je savais à quoi m’attendre et j’étais très curieuse de découvrir ce livre. Et autant dire que cela a super bien fonctionné sur moi. J’ai été passionnée, emballée dès les premières pages et je prenais un réel plaisir à me replonger chaque jour dans ces pages. Les chapitres, les interviews sont nombreuses et très très diverses, différentes. Du militaire au scientifique, de celle qui est devenu folle à l’ancien président, tout le monde est représenté. On ne s’ennuie pas un seul instant, on découvre la grande histoire de la Guerre des Z comme les témoignages plus personnels mais tout autant importants. Pas de redites, une progression chronologique toujours maîtrisée, des échos qui enrichissent la lecture. Rajoutez à cela l’imagination incroyable et vous obtenez un livre remarquable.

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Il est vrai que cette histoire est parfois un peu américano-centré mais tous les continents sont représentés. On voyage à travers le monde, s’effrayant de voir qu’aucun coin n’a été épargné. Du fond des océans, à la station spatiale, du Japon à Cuba… Il y a toute la détresse possible dans ce roman mais aussi de l’espoir. Car l’on sait que l’humanité a survécu. Des Victory Day sont fêtés, la fin officielle de cette guerre a été déclarée, mais tout le monde sait que le combat n’est pas fini. Les zombies sont en nombre encore et se relever de ce chaos va demander beaucoup de temps et d’effort. Le monde se réveille d’un cauchemar terrible et il garde les yeux bien ouverts, regardant vers l’avenir.

World War Z est une vraie pépite, une expérience de lecture inédite. Moi qui ne suis pas fan des histoires de zombie classique, là j’ai été conquise. Et vous ?

Retrouvez aussi les avis de L’Aléthiomètre et Lilylit.

Max Brooks, World War Z, Le Livre de Poche, 7€60.