Comment faire lire les hommes de votre vie, de Vincent Monadé

51kwixcui8l-_sx305_bo1204203200_Il vous arrive peut-être de trouver refuge sur internet, dans la blogosphère ou sur Twitter, ou dans une bibliothèque, une librairie, car vous vous sentiez un peu étranger ou seul dans votre cas ? Être celui ou celle pour qui la meilleure occupation le temps d’une soirée ou de sa pause déjeuner, c’est de dégainer un livre et d’avaler les pages. Le seul dans votre entourage à avoir la liste immense de votre PAL, écrite quelque part, que vous mettez à jour scrupuleusement. Eh bien, une fois mes études littéraires finies, j’ai souvent eu l’impression d’être dans ce cas désespéré où je voulais partager, discuter autour des livres sans qu’aucun interlocuteur ne soit disponible. Un petit ouvrage comme celui de Vincent Monadé, président du CNL, m’aurait alors certainement servi. Aujourd’hui, nous parlons donc de Comment faire lire les hommes de votre vie.

Déjà, il y a des astuces que l’on connaît tous et toutes : s’estimer bien contenter que Monsieur lise L’Équipe, essayer de l’alpaguer en mettant en avant sa force, sa persévérance, son intelligence. Trouver ses goûts et le roman facile pour commencer qui lui correspondra parfaitement mais surtout ne pas lui donner nous-même ! Non, il faut le laisser traîner quelque part : si c’est un bon livre, celui-ci fera très bien son affaire en harponnant lui-même son lecteur mâle.

Je vais le préciser ici : très clairement, le livre s’adresse aux épouses, aux petites amies, d’un couple formé par une femme et un homme ; la narration est ainsi, mais il est aisé de passer outre et d’arranger les gens à son goût. Il est vrai que certaines astuces m’ont parfois faite tiquer (un câlin intime comme récompense après avoir lu?!) mais Vincent Monadé fait tellement preuve d’humour et d’enthousiasme, que j’ai pris ça au second degré. De plus, certains chapitres sont très malins et j’ai eu beaucoup de plaisir à trouver ou retrouver certaines idées : ne pas exclure les « mauvais » genres comme certains les appellent (SF, polar…), faire lire de la BD, faire en sorte que Monsieur lise l’histoire au petit dernier pour lui même attraper le virus de la lecture…

20160517220339-man-reading-book

Ce livre est bien ancré dans notre époque, avec des références aux dernières présidentielles ou encore à Miley Cyrus, et qu’est-ce que j’ai pu rire ! Ça m’a fait un bien fou, car je me suis tout d’un coup imaginée faisant partie de cette grande communauté de lecteurs qui aimerait tant que sa moitié partage sa passion et sa culture littéraire…

Ce petit ouvrage se lit rapidement et avec beaucoup de bonheur. Vincent Monadé propose à chaque chapitre des titres en particulier – de quoi rallonger ma wishlist… J’ai vraiment senti l’amour et la passion de l’auteur pour la littérature, et c’est communicatif ! Il a à cœur de partager la lecture, c’est pour lui un vrai cadeau, et j’ai trouvé cela merveilleux. Je vous conseille avec un grand sourire Comment faire lire les hommes de votre vie.

Vincent Monadé, Comment faire lire les hommes de votre vie, aux éditions Payot Rivages, 12€.

Publicités

Tokyo Sanpo, de Florent Chavouet

Rares sont les BD ou les romans graphiques que j’apprécie vraiment. Surtout que je n’y connais pas grand-chose et – soyons francs – ce n’est pas le genre littéraire qui m’attire le plus. Mais conjuguez ça avec un carnet de voyage et je suis déjà happée par le bout de votre hameçon. Et si, en plus, ça se passe au Japon, vous avez gagner, la pêche est finie.

Pour me remettre en jambes, j’ai relu il y a peu un livre que j’adore, quelle grande – et mauvaise – surprise de réaliser alors que je n’en avais encore jamais parler sur ce blog. Place aujourd’hui à Tokyo Sanpo de Florent Chavouet.

51c32doizrl-_sx362_bo1204203200_

L’auteur a passé six mois au Japon pour accompagner son amoureuse venue ici pour un stage. Après avoir renoncé à l’idée de trouver un petit job, il a donc passé ces semaines à croquer plein de recoins de la ville, ainsi que ses habitants. Il a arpenté les ruelles, les ponts, les parcs, avec son fidèle vélo orphelin, trouvé par hasard. Chaque chapitre représente un quartier qu’il a exploré, représenté par un koban – un commissariat de proximité, dont chacun a une architecture particulière.

Florent Chavouet nous raconte ses mésaventures, ses rencontres, sa bizarre fascination pour les étiquettes de fruits, les différences et les habitudes des Japonais qu’il a pu observés. C’est très agréable cette petite ballade un peu improvisée à travers ses dessins colorés. J’ai adoré le trait, c’est assez rare pour le signaler ! Ce n’est pas trop intrusif dans la vie de l’auteur : on sait à quoi ressemble son appartement, ses magasins préférés mais au final on en sait bien peu sur ce que ça fait de vivre à l’étranger. Et en fait, ça tombe plutôt bien. De nombreux autres ouvrages d’expatriés s’occupent de cela. J’ai trouvé beaucoup plus intéressant de voir les différences culturelles à travers les dessins de Florent Chavouet, j’ai voyagé avec lui.

3620800078_c50d13f9d9

Je ne suis pas très douée pour parler de bande dessinée, mais en toute sincérité, j’ai passé un excellent moment avec ce livre. Il est agréable, il nous permet de jouer les touristes sans vergogne. Bref, un ouvrage à offrir et à s’offrir !

Florent Chavouet, Tokyo Sanpo, aux éditions Picquier, 24€. Dans la même veine, je vous conseille de lire Manabé Shima.

livre-tokyo-sanpo

Blog numéro 2

Je vous l’avais dit : je créerais un second blog, pour parler de tous ce qui n’est pas livres et lectures. C’est à présent chose faite ! La Divagante est née. Je suis très contente de ce nouveau site, qui me rappelle qu’il faudrait vraiment que je redonne un coup de balai à celui-ci, histoire de changer un peu la déco.

J’espère qu’il vous plaira également. Dans tous les cas, je n’abandonne pas La Critiquante, une petite pile d’ouvrages sont en attente d’y être chroniqués !

Orient/Occident, mode d’emploi de Yang Liu

Histoire de reprendre en douceur, j’ai commencé par un tout petit petit livre avec (presque) pas de mots. Orient/Occident, mode d’emploi de Yang Liu est carré, rouge et bleu, et publié par Taschen. Autant dire que l’édition est impeccable.

ost-trifft-west-von-yang-liu

Yang Liu a habité plusieurs endroits autour de la Terre. Etats-Unis, Chine, Allemagne… Ces expériences l’ont surprise et fascinée : quoi de mieux pour mettre en lien, comparer les modes de vies, les cultures, les peuples, les schémas de pensée. D’ailleurs, c’est à travers des schémas, des dessins simples, des bonhommes en bâtons qu’elle relève les différences entre l’Orient et l’Occident. A chaque double-page, vous comprenez d’un coup d’œil grâce aux pictogrammes de quelle façon un Chinois et un Canadien verront le rôle du chef, comment on exprime une idée au Japon et en Italie, comment on demande la parole dans une école cambodgienne et dans une école ukrainienne…

5f6201b6e1812a890b8de4ee657f016e

On ne précise pas les particularités selon chaque pays, il s’agit juste là des nuances principales et les plus marquantes entre Orient et Occident. Ce n’est pas un guide précis mais il nous suffit à comprendre que les différences sont fondamentales, ancrées en nous. J’ai été surprise à de nombreuses reprises en regardant ces pages, j’ai éclaté de rire parfois et je me suis souvent interrogée. Plusieurs comparaisons ne m’ont pas parlée, je ne les ai pas comprises. De plus, très clairement, c’est axé sur les pays développés. Je ne suis pas vraiment certaine qu’on puisse appliquer cet ouvrage aux pays africains ou d’Amérique du Sud.

Bref, ne recherchez pas là de l’exhaustivité. Il s’agit d’un regard subjectif, celui de l’auteure, qui a eu l’occasion de vivre dans plusieurs pays, cultures. Et c’est drôle, c’est intelligent, c’est malin. Malgré ses défauts, j’ai passé un très bon moment en feuilletant ce livre. Clairement, c’est ce petit ouvrage qui m’a donné envie d’en rouvrir d’autres, au cœur de cette immense peine de lecture. C’est grâce à lui que j’écris cette première chronique de l’année.

Yang Liu, Orient/Occident, mode d’emploi, aux éditions Taschen, 12€.

Retour

Après des semaines et des semaines de silence, je peux enfin revenir sur mon blog sans pousser de soupirs désespérés. Je suis actuellement dans la plus grosse panne de lecture et d’écriture de ma vie et j’apprends peu à peu à en sortir. Depuis quelques jours, je relis. Des articles, des documentaires, des magazines, des petits livres. Mais je relis. Et rien que ça, c’est incroyable. Côté écriture, j’écris des lettres, je revois mes amis du NaNoWriMo.

Bref, ça avance. Il faut dire que reprendre l’habitude d’aller à la médiathèque et me dire que je vais au Salon du Livre de Paris cette année encore me motive assez. Cependant, il y a également une autre envie qui pointe le bout de son nez. Je ne suis pas encore prête à lire des gros pavés, ou tout simplement des romans. Les chroniques habituelles vont donc sûrement mettre du temps pour revenir, en attendant je posterais peut-être quelques billets sur des livres différents. Mais l’envie d’écrire pour un blog est bien présente. Et croyez-moi, depuis le temps que ce manque d’inspiration dure, ça fait du bien ce regain d’énergie. J’ai donc pour projet d’écrire un autre blog, sans abandonner celui-ci bien sûr. Ce nouveau site sera plus personnel, plus subjectif. J’y parlerai pèle-mêle de sorties, de loisirs, de cuisine, de mon mode de vie, de mes coups de cœur. Ce sera l’occasion pour moi d’évoquer ma chère Ville rose, la course à pied que je pratique presque quotidiennement maintenant, mon régime alimentaire qui évolue de plus en plus vers le  végétarisme, etc. J’ai envie de partager avec vous des recettes, des bonnes adresses toulousaines, quelques photos en vrac…

prairiedesfiltresbergestoulouse

Voilà, ça va se faire. Je ne sais pas encore quand et comment. Ce sera sur WordPress mais j’ignore encore comment ce blog se nommera – vos propositions sont les bienvenues. J’essaierai de poster un petit quelque chose ici dans les jours à venir. Ce nouveau projet me fait plaisir et ce petit renouveau, cette fraîcheur, ça fait du bien. J’espère que vous me suivrez dans cette aventure 😉 Les collaborations ponctuelles ou régulières pour ce nouveau blog sont plus qu’envisageables, n’hésitez pas à vous manifester.

Je n’ai pas eu l’occasion de le faire, alors je ne vous le dis que maintenant : je vous souhaite une excellente année 2018, même si on l’a bien entamée ! Prenez soin de vous, lisez, voyagez, découvrez, rêvez.

Pause

Bonjour à tous,

Comme vous avez pu le constater, je ne tiens pas vraiment mon blog à jour ces temps-ci. La vie est faite d’aléas et justement j’en traverse un. Je n’ai plus le goût de la lecture et j’ai besoin de prendre du temps pour moi. Devoir poster régulièrement sur ce blog est une vraie source de bonheur pour moi habituellement, malheureusement c’est pour l’instant devenu une corvée impossible à faire à mes yeux. Je vais donc faire une pause. De quelques jours, de quelques semaines voire de quelques mois, je l’ignore.

Je suis certaine que vous comprenez et je vous promets de revenir avec le sourire 🙂

En attendant, prenez bien soin de vous. A bientôt !

Les raisins de la colère, de John Steinbeck (lecture commune d’octobre 2017)

cvt_les-raisins-de-la-colere_1811La vie ne nous laisse pas toujours le choix. J’ai été peu présente sur le blog depuis le début du mois, c’est comme ça, j’ai pris du temps pour moi. Et je suis certaine que vous pouvez comprendre cela. Rajoutez à cela un peu de culpabilité car j’ai mis un temps interminable à finir la lecture commune du mois dernier. Très sincèrement, je n’aurais jamais pensé me lancer dans la lecture d’un tel pavé. J’ai fait l’erreur de croire que ce roman pouvait se lire en un petit mois, alors qu’en réalité il s’agit d’une histoire fleuve qui demande plusieurs semaines pour être dégustée et digérée.

Les raisins de la colère est un des livres les plus célèbres de John Steinbeck, le prix Nobel de la littérature 1962. On y suit la famille Joad : Tom qui revient de prison, Pa et Man, les petits Ruthie et Winfield, Rosasharn enceinte et j’en passe. Comme des milliers de familles de l’Oklahoma, ils vivaient de la terre, de leur moisson, de leur récolte. Mais la roue tourne. Alors on les a chassé de leurs terres, comme ça. La Banque, c’est elle qui a décidé ça. On leur a dit de partir, que ce champ serait à présent cultivé avec un tracteur et un homme suffit à faire tout ça. On n’a plus de travail pour vous ici, au revoir.

grapes-wrath

Avec les moyens du bords, avec quelques dollars qui sont toutes leurs richesses, avec de la débrouillardise, la famille Joad s’en va sur la route. Un long, très long périple qui fatigue les corps, les encrasse de poussière. Un voyage interminable où la famille a faim, où elle prie chaque kilomètres pour que le camion tienne encore. Des nuits et des nuits dans des campements de fortune à en croiser d’autres, des comme eux, des Okies. Petit à petit, les bruits courent que l’El Dorado vers lequel ils se précipitent n’est finalement pas si parfait. En effet, comme tous les autres, les Joad se dirigent vers la Californie, pour cueillir des oranges et du coton. On dit qu’il y a là-bas du travail pour tout le monde. Mais la réalité…

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau. Et parce qu’ils se sentaient perdus et désemparés, parce qu’ils venaient tous d’un coin où régnaient la désolation et les soucis, où ils avaient subi l’humiliation de la défaite, et parce qu’ils s’en allaient tous vers un pays nouveau et mystérieux, instinctivement, les émigrants se groupaient, se parlaient, partageaient leur vie, leur nourriture et tout ce qu’ils attendaient de la terre nouvelle…

J’ai beaucoup aimé cette famille. Je me suis attachée à chacun de ses membres qu’on apprend à connaître à travers ses actes. Ils sont courageux, ils sont curieux et généreux. Ils ne baissent pas les bras malgré les difficultés énormes qu’ils traversent et je dois dire que ça fait relativiser.

2101599_les-raisins-de-la-colere-de-john-steinbeck-web-tete-030442782548

Ce sont plus de 600 pages d’une aventure humaine incroyable que nous offre là Steinbeck. J’aurais pensé qu’à un moment il y aurait des longueurs ou de l’ennui. Mais personnellement j‘ai passionnément aimé ce livre. Il faut prendre le temps de le lire, prendre même une année s’il le faut, c’est tout à fait raisonnable. On y croit, on y est, on partage pleinement ces moments avec la famille Joad. On sent les Okies qui discutent de plus en plus, on sent l’incompréhension monter. C’est là où le titre de ce roman prend tous son sens. L’écriture de Steinbeck est incroyablement maîtrisée, ces personnages sont complètement incarnés. Rarement j’ai été autant plongée dans une histoire, et pourtant ce n’est absolument pas le genre de récit vers lequel je suis portée ! Et je ne regrette absolument pas d’avoir franchi le pas !

Et vous, avez-vous déjà tenté du Steinbeck ? Qu’en avez-vous pensé ?

Vous pouvez également aller voir l’avis de Virginy sur Des souris et des hommes du même auteur.

John Steinbeck, Les raisins de la colère, traduit brillamment de l’américain par Marcel Duhamel et M.-E. Coindreau, aux éditions folio, 9€10.