Ces écrits qu’on ne finit pas

Vous êtes nombreux à être des amoureux du livre et de la lecture sur ce blog ; et pour beaucoup cela veut également dire, au moins un peu, que vous êtes également amoureux de l’écriture. Il parait que nous sommes nombreux à vouloir écrire un livre, c’est le genre de projet qui nous fait rêver. Pourtant, bien peu parviennent à leurs fins. Je ne parle pas du tout de se faire éditer, ce n’est pas vraiment un sujet qui m’intéresse. Je parle juste de terminer un projet d’écriture.

Combien de premiers jets, de débuts de romans traînent sur les disques durs de nos ordinateurs ? Bien sûr, parmi ces brouillons jamais achevés il y a les histoires trop mauvaises pour avoir finalement de l’intérêt, et les idées jetées sur le clavier qui ne nous plaisent plus. Mais il y a aussi ce gros projet qui vous a fait vibrer, sur lequel vous avez travaillé de nombreuses heures, auquel vous avez repenser souvent. Et pourtant vous ne le finissez pas.

Écrire par étincelles

La plupart de ces écrits jaillissent d’une étincelle. Une illumination un jour qui nous a pris aux tripes et nous a poussés à tout jeter sur une page. On était enthousiaste et fébrile, imaginant déjà l’oeuvre terminée. Mais l’intérêt s’est émoussé au fil du temps. Soit parce qu’on s’est rendu compte que finalement ce n’était pas si bon, que ce projet avait ses limites. Le plus souvent, soyons honnêtes, c’est parce qu’on n’a pas été capable d’entretenir la flamme. Ecrire est un vrai engagement, ça peut être un plaisir un jour, une torture le lendemain.

Et un jour, une autre étincelle, un autre début de projet. Même schéma. Et les débuts de romans s’amoncellent.

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Écrire parce que c’est le bon moment

Parfois on ne choisit pas vraiment d’écrire, mais on le fait car c’est le bon moment dans sa vie. On en ressent le besoin et l’envie.

C’est souvent à des moments charnières de nos vies, comme l’adolescence, les grandes décisions, les épreuves. Écrire fait du bien. Ça représente parfois un partage d’expérience, parfois une évasion salvatrice dans un autre monde. Pour d’autres, c’est aussi une fierté, savoir qu’ils sont capables d’accomplir quelque chose.

Ce genre d’écrits, sauf s’ils sont très courts, sont rarement finis, rarement retravaillés. Ils n’avaient pas vraiment d’autres buts en soi que d’être commencés. On les relira dans des années avec des émotions bizarres, datant d’un autre temps, ou au contraire, on fera le choix de les supprimer.

Écrire pour les mauvaises raisons

Jamais vous ne m’entendrez dire qu’écrire est une mauvaise chose, bien au contraire. Mais parfois, nous écrivons pour les mauvaises raisons, par obligation. Cela peut avoir un bon côté, débloquant certaines choses, nous entraînant à une certaine régularité.

Mais si on se force trop, on risque carrément de voir sa plume tarir. S’énerver sur sa page car on vit l’écriture comme une obligation est plus un mal qu’un bien. Vous ne créerez que des histoires avortées avec des personnages que vous détestez déjà. Aucun intérêt. Allez souffler. Ça reviendra.

Pourquoi on reste bloqués ?

brouillons-numeriqueCertains écrits ne sont pas faits pour être repris. Mais, en tant qu’écrivain en herbe, le plus important dans tout ça, c’est que vous le compreniez, que vous l’acceptiez. Certains écrits ne sont pas faits pour être repris. Rien ne sert de s’acharner dessus car une sourde culpabilité vous envahit. Laissez ça de côté. Peut-être que ça servira de terreau à une autre histoire : il m’arrive souvent par exemple d’emprunter un nom de lieu, le trait de caractère d’un personnage à un vieux brouillon qui traînait par là. Car ce n’est pas parce que c’est inutilisable que tout est bon à jeter. Votre inspiration, votre plume ont besoin de crash tests. C’est ainsi que vous trouvez votre voie, le ton juste. Vous voyez où sont vos limites, vous découvrez certains univers que vous souhaiteriez explorer. Rater des histoires, les abandonner, ça a du bon. Les erreurs, ça permet de grandir et de mieux se connaître.

Au bout d’un moment, il faut accepter de laisser tomber une histoire. Et oui, ça peut être dur. Mais croyez-moi, si ça ne vient pas, mieux vaut ne pas insister.

Et peut-être que dans des années, vous reviendrez vers ce brouillon d’histoire pour tout reprendre et enfin finir !

Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo (lecture commune de janvier 2017)

515grkugwzl-_sx298_bo1204203200_Le mois de janvier est terminé et avec lui la première lecture commune de l’année. Ou presque ! Je commence fort l’année en effet avec un abandon de lecture. Et quel abandon ! Puisque c’est un roman phare de mon auteur chouchou que j’ai laissé sur le bord de la route : Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, un roman historique qu’on ne présente plus (et qui est quand même moins meugnon que le dessin animé de Disney).

Qu’est-ce que j’aime cet auteur ! J’apprécie autant l’écrivain (surtout le poète) que l’homme. Il a eu une vie tout à fait passionnante et a écrit des kilomètres. J’ai quand même lu pas mal de ses œuvres et je savais dans quoi je m’aventurais. Je me suis enquillé tous Les Misérables et pas en version abrégée, je connaissais donc le bonhomme et sa propension à digresser. Je croyais que j’aurais les épaules pour affronter la lecture commune du mois. Que nenni !

Il faut dire que j’étais sacrément occupée en janvier, et tracassée également. Les excuses pour ne pas lire étaient trop faciles à trouver. Je sortais de la lecture d’un gros pavé passionnant (dont je vous parlerai dans quelques jours) et je crois que j’étais à bout de souffle. Ré-enchainer sur un autre gros livre était une mauvaise idée.

Pour tout vous dire, je crains vraiment la panne de lecture. Donc au lieu de m’échiner à avancer dans ce roman, je préfère en abandonner la lecture. Je la reprendrais peut-être un jour ou – mieux – je lirai la version abrégée de Notre-Dame de Paris. Ma prochaine lecture de Hugo sera plus courte, sûrement des poèmes. Et ma prochaine lecture tout court sera contemporaine, rapide, agréable, histoire de me redonner envie et de ne pas retomber dans une panne de lecture de plusieurs mois comme j’ai pu connaître en 2016.

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Cela me peine d’autant plus d’à peine frôler les cent pages et pas plus que je n’ai rien contre cette histoire. C’est vrai que je connais déjà la fin et qu’historiquement ce n’est pas ma période préférée (Paris au Moyen Âge), mais les personnages me plaisaient, je commençais à bien me refaire au rythme de narration hugolien et je reprenais mes petites habitudes de sauter les digressions sans intérêt pour le récit. Hugo a énormément de talent pour retranscrire ce Paris que ni lui ni nous n’avons connu. Les personnages principaux sont présentés par le biais de Gringoire, un auteur sans le sou, et cette façon de les rencontrer est à la fois originale et efficace. J’aime Esmeralda, j’aime Phoebus, j’aime le narrateur. Les feux étaient dans le vert, mais je crois que j’étais découragé d’avance face à la longueur – langueur ? – de l’histoire. Il faut dire que Hugo aime prendre son temps et bien faire le boulot, c’est un perfectionniste.

Alors au lieu de me bloquer, j’arrête là les frais. Je suis déçue : mes abandons de lecture sont rarissimes et il faut que ça tombe sur la première lecture commune de l’année ! Mais qu’importe, je vais arrêter de culpabiliser pour me remettre tout de suite dans le bain. Après tout, la lecture de février est déjà lancée !

De son côté, Virginy du blog Des livres, des fils et un peu de farine voit plutôt ce roman comme un incontournable avec en fond un thème ici assez sombre : l’amour et l’impossibilité de le vivre. N’hésitez pas à aller voir son avis !

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, aux éditions Pocket, 4€70.

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Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, de Katherine Pancol

7691150098_les-ecureuils-de-central-park-sont-tristes-le-lundiAlors là, je m’attaque à du lourd. Katherine Pancol. Oui, oui, Les Yeux jaunes des crocodiles, c’est elle. Et je ne vais pas vous parler de ce roman mais d’un autre (le suivant, la suite en fait, puisqu’on y retrouve les mêmes personnages) : Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

Ne me demandez pas pourquoi, mais je n’ai jamais aimé les titres et les couvertures des livres de Pancol. C’est sûrement pour ça que je n’avais jamais lu aucun de ses romans auparavant. Mais j’avais 10 heures de train en un week-end, il fallait bien que je m’occupe, j’ai donc pris le premier pavé que j’ai croisé : Les écureuils BLA BLA BLA arrêtez avec ces titres à rallonge ! Je n’ai jamais lu un seul BON roman qui ait un titre à rallonge. Ça traduit des éditeurs pas très sûrs de ce qu’ils vendent et qui mettent un beau ruban doré pour mieux écouler leur marchandise. Les titres à rallonges, c’est le double fond des pots de glace : on nous floue sur la marchandise.

Bref, revenons à nos moutons, enfin, à nos écureuils dépressifs. Je pense que vous avez déjà compris : je n’ai pas aimé. Pas du tout. J’ai trouvé ça creux, vide, bâclé, inintéressant, ennuyeux. Pour dire, j’ai abandonné la lecture, ce qui ne m’arrive jamais, JAMAIS. Il faut dire que savoir qu’il me restait à lire encore des centaines et des centaines de pages racontant la vie de ces personnages avait de quoi me faire reculer.

De quoi ça parle ? (Parce que ne comptez pas sur la quatrième de couv’ pour vous le dire). On y suit la vie de plusieurs personnages tous liés entre eux : un mère, sa fille, la meilleure amie, etc. De façon assez générale, ce sont surtout les histoires d’amour et de famille qui sont au cœur de ce roman. Attendez-vous à quelques scènes clichés, à quelques sentiments barbe à papa, même si ce roman n’est pas clairement une romance, ni une histoire à suspens.

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Ce qui m’a vraiment dérangée, c’est le fait que les personnages principaux (qui sont beaucoup trop nombreux…) sonnent si creux. Je ne me suis pas du tout attachée à eux. Et même si certaines scènes sont très touchantes et bien réalisées, et même si certaines émotions sont bien retransmises, ces moments restent assez rares. Le décor, le contexte rendent un peu d’intérêt à l’histoire, heureusement ! mais très sincèrement, j’ai baillé en lisant ce livre. Peut-être que j’aurais éprouvé plus d’intérêt pour les personnages si je les avais suivi dès le tout début de l’histoire (vu qu’il s’agit là d’une suite), mais j’en doute franchement.

Ce roman n’est pas mal écrit au fond. Ça se lit très bien, la narration est bonne. Non, c’est vraiment l’histoire, l’intrigue, la construction qui pêchent. On en revient à une chose centrale en littérature : pourquoi écrire ? Pour dire quoi ? Pour raconter quelle histoire et de quelle façon ? Je ne pense pas que cette intrigue ait assez d’intérêt pour être autant développée. J’ai trouvé peu d’arguments justifiant cette fresque de personnages. Et au-delà de ça, je n’ai ressenti aucun plaisir de lecture.

J’avoue que mon avis est assez tranché et – bien sûr – très subjectif. Je serais vraiment curieuse d’avoir vos opinions. Avez-vous déjà lu Katherine Pancol ? Qu’en avez-vous pensé ?

Katherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Le Livre de Poche, 9€60

La solitude des nombres premiers, de Paolo Giordano

La littérature italienne ne déçoit jamais. En tout cas, ça ne m’est jamais arrivé. Classique ou contemporain, VO facile ou bonne traduction, un roman italien se savoure à coup de petites gorgées de thé. Aujourd’hui, je vais plus particulièrement parler d’un livre adapté en film (c’est d’ailleurs grâce à ça que je l’ai connu) : La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano.

 

C’est l’histoire de deux êtres, que l’on suit au fil de leurs vies. Deux êtres cabossés qui vont se croiser, s’attraper : s’en suivra une relation en pointillés, de non-dit et de pudeur, quand bien même ils osent affronter leurs peurs et leurs souffrances mutuelles. Mattia est un jeune surdoué passionné par les mathématiques, qui porte sur ses épaules le poids d’une absence. Alice affronte une solitude parfois voulue et se regarde nue dans le miroir avec un œil trop critique. Ils vont grandir sans jamais rompre ce lien entre eux, même si les kilomètres les séparent, même si les situations les mettent mal à l’aise, même si parfois ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. Une tendresse presque logique pour cet homme et cette femme faits pour se rencontrer et se trouver. Ils ne peuvent qu’être âmes sœurs, jumeaux. On ne parle pas d’amour ici, ça n’a rien à voir : juste une attraction nécessaire, une paire raisonnable de deux esprits créés pour se correspondre.

Ce fil si ténu qui rejoint Alice et Mattia court dans tout le livre. On saute de page en page en le voyant s’épaissir ou, inversement, s’amincir dangereusement. La vie de ces deux personnes n’a pas été la plus simple, chacun porte le poids d’une responsabilité, d’une culpabilité, d’un désir jamais assouvi, et d’un mal-être qui le ronge. Ce n’est pas un roman facile, et cela dès le début quand, à tour de rôle, les personnages, dans toutes leurs faiblesses, nous sont présentés. C’est un livre parfois dur car criant de réalité sur les vérités humaines, mais c’est une écriture très belle qui nous transporte dans d’autres consciences et dans leur quotidien. Parfois, on pourrait penser que c’est une description banal d’un jour comme un autre, mais on perçoit derrière une autre signification, des détails, des habitudes qui ne revêtent pas les mêmes choses pour une personne lambda et pour Matia et Alice. Au fil du livre, on les connaît bien ces personnages, on se prend d’affection pour eux, parfois on s’identifie à eux. On est d’accord ou pas avec leurs choix, on hoche la tête ou on les rabroue silencieusement.

Paolo Giordano a mis en place ici une écriture de la souffrance à la fois sourde et silencieuse, noyée dans les tâches journalières et les obligations sociétales, sociologiques. Cela permet de creuser la réflexion sur ces milliers d’êtres qui ont au creux d’eux une douleur mais n’en laissent paraître le moins possible. C’est également une douce histoire d’une relation improbable, qui aurait pu faire un cocktail dangereux, mais qui au contraire pousse les deux personnages vers l’avant, ensemble ou séparément. Ce n’est pas la renaissance, mais c’est un petit bout de chemin parcouru vers les choses dites et le regret évacué.

Une belle lecture, qui n’est pas pesante, longue ou pathétique, mais qui est à l’inverse aérienne et voluptueuse.

Paolo Giordano, La solitude des nombres premiers, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, aux éditions du Seuil, 21€.

Virgin Suicides, de Jeffrey Eugenides

Jeffrey Eugenides, mais quel nom magnifique ! Un nom fait pour être porté par un écrivain. Ce romancier américain s’est tout de suite fait connaître à la sortie de son premier ouvrage, Virgin Suicides. Succès encore plus retentissant avec la sortie du film, tiré du livre, réalisé de main de maître par Sofia Coppola en 1999. Je vous propose donc de revenir sur ce roman, salué par la critique comme par les lecteurs.

Plus de vingt ans après la tragédie qui toucha la famille Lisbon, le narrateur essaie, avec ses amis de retracer les différents éléments qui ont mené au drame. C’était dans une banlieue pavillonnaire tranquille que tout se déroula. Dans la maison familial, Cécilia, une des cinq filles Lisbon est retrouvée dans la baignoire, poignets en sang. Une tentative de suicide, sans crier gare, même si on aurait pu trouver à cette adolescente quelques comportements étranges. Très vite, les voisins commencent à épier la maison Lisbon de l’autre côté de la rue, caché derrière les fenêtres de leur chambre ou dans une cabane sous les branches des arbres. Car très vite, une routine macabre se met en place : la venue de l’ambulance, qui ne se presse pas, le policier allant scruter la mort qui a touchée cette famille. Car Cécilia a recommencé, et a réussi son coup cette fois, de manière spectaculaire. Très vite, la maison plonge alors dans une sorte de torpeur où les autres soeurs ont l’apparence de fantômes, essayant vainement de revenir à la vie. Et ce n’est pas un secret : le suicide familial va devenir une tradition.
Faisant face à ses corps si jeunes, si frêles emportés par la mort, le narrateur et ses amis vont tenter de mettre bout à bout les bribes de conversations, les souvenirs, les quelques témoignages récoltés ça et là pour mieux comprendre les motivations, s’il y en a, du geste irréversible des soeurs Lisbon. Autant de pièces à conviction qui doivent les aider à interpréter ce drame qui les hante toujours. Cette fresque nous est dévoilée avec délicatesse, les éléments prenant leur place de manière chronologique. Une sorte de monologue explicatif où percent ici et là les citations de rapports médicaux, les confessions à demi-mot, les coup de fils tourmentés.

On est tout d’abord étonné par la forme que prend le roman : des pages noircis de mots retraçant avec minutie le déroulé de ce cauchemar. Des chapitres à longs, des dialogues discret, des paragraphes peu nombreux. Au début, cet enchevêtrement de données ne paraît pas très appétissant, mais le narrateur nous expose les faits sans les déshumaniser ou, au contraire, sans verser dans la psychologie de bas étage. J’ai eu l’impression d’entendre la voix off d’un enquêteur commentant son travail. C’est écrit avec beaucoup d’intelligence et c’est très surprenant de voir un tel talent se dégager à l’occasion d’un premier roman. C’est dans un univers vraiment à part que nous entraîne Jeffrey Eugenides, un monde qui nous emporte dans cette quête mi-fataliste, mi-observatrice de cette mort à l’oeuvre.
Le narrateur est un personnage sensible, qu’on ne touche jamais du doigt, mais qui nous paraît si proche. Il guide nos pas avec un talent de conteur inégalable, nous fait part de ses observations et surtout du ressenti qu’il éprouvait, vingt ans plutôt, face aux corps sans vie de ces filles qu’il aimait. Chacune avait une caractère bien à elle, parfois discret et caché : on apprend à les connaître et à les différencier, un procédé presque frustrant quand on sait qu’on ne récupérera d’elle que des tombes dans un cimetière glacé.

C’est un roman vraiment surprenant qui nous emmène dans des confins obscurs et intrigants. Une lecture qui change de l’ordinaire récit, un véritable renouveau dans ma bibliothèque. Ce sombre défaitisme qui habite le livre nourrit l’écriture d’une façon presque poétique. Virgin Suicides n’est pas qu’un souvenir évoqué, une enquête sur un drame terrible, un monologue épuisant : c’est beaucoup plus que ça, tout en étant ces trois éléments à la fois. Je vous invite à découvrir cet ouvrage à la beauté fatale, où la mort devient presque élégante.