Livre Paris et Prix du Jeune Ecrivain

La fin du mois de mars a été très chargée en terme d’événements livresques et de découvertes littéraires.

livre_paris_2017Alors que je finissais en urgence la lecture commune du mois de mars, je me suis envolée avec bonheur pour Livre Paris. Un salon que j’attendais avec grande impatience puisque j’avais prévu d’y revoir de nombreuses connaissances, beaucoup d’amis que je ne croise jamais. Et quel régal de tous vous revoir ! La cerise sur le gâteau : voir des personnes dont j’ignorais jusqu’à la présence à Paris. Une de mes plus grande joie a été de pouvoir retrouver l’association du Prix du Jeune Écrivain à Livre Paris. J’ai pu travailler pour eux il y a quelques temps et cela va bientôt faire quatre ans que je gravite autour de l’association. Le Prix qu’elle propose est international et francophone et s’adresse aux jeunes du monde entier. Chaque année, presque 1000 manuscrits arrivent dans leur local à Muret – au sud de Toulouse. Et chaque année, des lauréats sont désignés par un jury d’écrivains et invités au Salon du Livre de Paris – entre autres choses.

DSC_6694 (Copier)C’est donc avec bonheur que je me suis rendue le samedi sur le stand Île-de-France où avait lieu un débat autour des écrivains de demain en présence des lauréats Bienvenue Eric Damiba, Elise Leroy et Anna-Livia Marchionni,, ainsi que d’écrivains membres du jury : Mohamed Aïssaoui, Alain Absire (président du jury) et Carole Martinez (que décidément j’adore). Un espace intimiste, des interventions intéressantes, un très bel échange qui a été pour moi l’occasion de retrouver les bénévoles, les amis rencontrés au PJE et de voir un peu à quoi ressemblait le cru 2017.

Toute la journée, j’ai vadrouillé au gré des rencontres dans le salon. De 10h à 19h, j’ai arpenté les allées, me perdant moult fois à cause de la signalétique absolument pourrie (on est d’accord, hein?). A l’inverse de l’année dernière, je n’avais pas pour but d’arpenter tous les stands. Je suis allée directement voir les éditeurs qui m’intéressaient, je m’étais fait un planning des conférences qui me tentaient mais sans me mettre la pression. J’ai beaucoup appréciée la scène littéraire, comme chaque année et la scène professionnelle était passionnante. Je regrette de ne pas avoir su à l’avance qu’il y avait des ateliers, ceux-ci m’auraient bien tenté. Cette année encore, je trouve le prix de l’entrée un peu cher, l’organisation présente des couacs, mais il y a de légers mieux il me semble. J’aime tellement ce rendez-vous que je me pose sérieusement la question de prendre un pass Grand Lecteur pour l’an prochain – d’ailleurs, si certains l’ont essayé, vous en avez pensé quoi ?

Côté dédicace, une seule me tenait vraiment à cœur et ça commence à devenir un rituel : avec la pétillante Nounja aka @MusicaduMN, nous nous retrouvons pour aller faire dédicacer ensemble le dernier roman de Cindy Van Wilder, l’auteure des Outrepasseurs. S’il y a bien un écrivain pour qui j’accepte de faire la queue sans me plaindre, c’est bien Cindy. Je suis toujours ravie de la revoir, elle est très proche de ses lecteurs et toujours souriante. Merci Nounja pour Memorex, merci Cindy pour tes dédicaces ❤

A peine le temps de repartir avec mes livres signés – mes seuls achats de tout le salon, autant dire que j’ai été très sage –, je m’élance vers le stand Buchet Chastel. C’est le moment, ça y est : la proclamation du palmarès du Prix du Jeune Ecrivain et les dédicaces du recueil tout nouveau, tout beau. C’est un peu la pagaille, il faut dire que le stand fait plus librairie que lieu de réception, et les micros sont interdits, mais l’émotion est quand même au rendez-vous. Les lauréats, la famille du PJE, les curieux réunis autour d’Alain Absire qui énonce le palmarès. La concrétisation d’une année de travail pour ce 32ème prix. Et il faut dire que la cuvée de cette année a l’air sacrément sympathique et j’ai eu un vrai coup de cœur pour le premier prix, Anna-Livia. « C’est une vraie » dixit mon amie et ancienne collègue Laura, et je ne peux que confirmer ! Talent, modestie, sincérité, elle est décidément très touchante cette Anna-Livia.

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Ma journée touche à sa fin. Je ne quitte pas encore Paris mais le salon du livre, c’est fini pour moi. Promesse de revenir l’an prochain en espérant que l’organisation s’améliore encore.

DSC_8014CC (Copier)Toutefois le mois de mars n’est pas terminé et il reste un de mes événements préférés de l’année : la remise du Prix du Jeune Écrivain à Muret, tout près de chez moi, le mercredi 29 mars 2017. A cette occasion, un extrait de chaque texte est lu par un comédien de la Comédie-Française ; cette année, il s’agissait de Didier Sandre et Sylvia Bergé. Intermèdes musicaux, petits mots de la part des lauréats et des membres du jury. Une mise en scène simple et très chaleureuse, rythmée. J’ai savouré chaque lecture et découvrir les textes dans ce cadre-là a été très agréable malgré la fatigue accumulée de la journée. Une bonne ambiance, et toujours la joie de retrouver les gens du PJE. Je suis contente de faire partir de cette association qui me donne l’occasion de découvrir de nouvelles plumes et je ne peux que vous inviter à visiter leur site internet pour en savoir plus sur leurs actions. Ils organisent notamment de supers ateliers d’écritures tous les étés.

Le mois d’avril sera, je l’espère, plus calme et plus propice à la lecture et à l’écriture. Et vous, vous avez été au Salon du Livre cette année ?

L’atelier des miracles, de Valérie Tong Cuong

Tout doucement, je réapparais sur ce blog après trois semaines de calme, avec peu d’articles. Mon rythme de lecture commence à revenir à la normale mais les billets vont se faire de plus en plus nombreux, comme avant.

Depuis quelques semaines ( mois ? je suis toujours la dernière à lire), la blogosphère et le Twitter littéraires sont agités par un livre qui fait des merveilles : L’atelier des miracles de Valérie Tong Cuong. Je ne pouvais pas échapper à ce raz-de-marée et j’ai donc cédé : je me suis procurée ce roman que j’ai dévorer en une journée.

C’est l’histoire croisée de trois personnages à un tournant dangereux de leur vie qui vont rencontrer Jean, le responsable de l’association pour personnes vulnérables, l’Atelier. A Monsieur Mike, ancien militaire qui crèche dans la rue, il va proposer un poste de responsable de la sécurité. A Mariette, une professeure d’histoire-géographie qui, à bout de nerfs, a mis une claque à un élève, il va l’aider à surmonter cette dépression profondément ancrée et aggravée par un mari député pas très conciliant. A Milie qui a souhaité devenir amnésique après un incendie pour changer de peau, il va lui permettre de se construire une autre vie et de devenir plus forte.

Dans cet Atelier, on fait des miracles paraît-il. Mariette commence à prendre sa vie en main, Milie trouve un très bon emploi, Monsieur Mike se sent utile. Ces trois personnages vont chacun à leur façon bouleverser cette association, quitte à en découvrir quelques côtés cachés.

Enfin un livre qui peut traiter de l’espoir et de la bonté d’âme sans être manichéen. Car un être humain ne peut pas être ou tout gentil, ou tout méchant. En chacun d’entres nous il y a un mélange subtil des deux, qui le plus souvent s’équilibre, même si parfois la balance penche plus d’un côté ou d’un autre. Jean est sur un fil sur lequel il se tient debout grâce à moult acrobaties. Ses protégés ont décidés grâce à lui de tourner la page et de se diriger vers autre chose, une nouvelle existence qui leur sera plus profitable. Mais ils ne devinent pas encore que des choses se trament sur le dos de leur revirement.

Un livre somptueusement écrit : chaque personnage a sa propre voix et les chapitres leur donne la parole à tour de rôle. De points de départ complètement différents, ils se retrouvent dans un même but qui va les rapprocher et les faire se rencontrer. C’est un livre qui se lit facilement mais dont le sujet n’en est pas moins intéressant et beau. Quand on termine la dernière page, on soupire d’aise : ce n’est pas une belle histoire, pas vraiment, mais cela nous redonne confiance en la vie, dans les hommes, car il faut continuer coûte que coûte à avancer, et affronter les difficultés. C’est un roman qui parle d’amour, de solidarité, de psychologie, d’entraide, d’affection.

L’atelier des miracles, c’est une petite pépite, un trésor qui reflète le visage de l’humanité, à avoir absolument dans sa bibliothèque !

Valérie Tong Cuong, L’atelier des miracles, aux éditions JC Lattès, 17€.