Challenge 1 pavé par mois

Cela faisait des mois et des mois que je ne m’étais pas inscrite à un challenge. Par manque de temps, par flemme aussi (avouons-le). Mais depuis quelques temps, j’ai de nouveau l’occasion de lire et un de mes objectifs de 2016 étant de vider ma PàL de façon radicale, je ne pouvais que m’inscrire en découvrant le Challenge 1 pavé par mois du blog Des livres, des livres !

challenge-un-pave-par-mois

Le principe, vous l’aurez compris : lire un pavé par mois. Ce challenge est illimité dans le temps (il a commencé en 2014). Il fixe les limites suivantes : un pavé c’est 400 pages ou plus pour un grand format, 500 pages ou plus pour un poche. De quoi lire donc !

Je pense commencer par le Tome II des Misérables, que j’aimerais beaucoup finir en janvier. Souhaitez-moi bonne chance !

Mon NaNoWriMo 2014

Cela fait tout pile 15 jours que le NaNoWriMo s’est terminé. Il est temps pour moi de revenir sur cette édition 2014.

Pour ceux qui ne connaissant cet événement de fou furieux qu’est le NaNoWriMo (National Novel Writing Month), je vous mets des liens à la fin de cet article, mais je peux aussi vous résumer cette aventure : écrire 50 000 mots en 30 jours. Bref, un truc de taré. Auquel je participe pour la deuxième année consécutive.

L’année dernière, j’avais été très studieuse, en faisant pile le nombre de mots qu’il fallait par jour, j’ai été très régulière malgré les aléas de la vie, et ça a payé puisque j’ai accouché d’un petit roman d’à peine plus de 50 000 mots. Le NaNo avait été le coup de pied aux fesses dont j’avais besoin pour arrêter de faire du sur place dans mon écriture et avancer. J’ai découvert que je pouvais écrire une histoire noire, thriller et policier sur les bords alors que ce n’est absolument pas mon style, et cette nouveauté était très enthousiasmante. J’ai laissé ce bébé roman reposer plusieurs mois dans mes tiroirs, et depuis quelques semaines je me suis lancé dans sa réécriture avec beaucoup de plaisir.

Point commun entre 2013 et 2014 : j’ai écrit quelque chose qui n’était pas du tout prévu, l’histoire est venue au fur et à mesure et je n’avais que peu d’idées de là où j’allais, mais j’y suis allée. J’ai encore cette année écrit quelque chose d’assez sombre, alors qu’à l’origine ça ne devait absolument pas se diriger dans cette direction. Ah, et autre point commun : j’ai réussi ! J’ai bien fait mes 50 000 mots !

Mon plus gros problème avec 2014 a été ma régularité. Il se trouve que mon job en ce moment a des horaires de fou (toi aussi, sois animatrice en CLAE à 50 minutes de chez toi…) et j’avais beaucoup de mal à trouver du temps, et surtout de l’énergie, pour écrire. Les premiers jours de novembre coïncidèrent avec les premiers jours dans mon nouveau travail, et je n’ai tout simplement pas pensé au NaNoWriMo. Mais je suis vite venue re-hanté le forum, et je culpabilisais de ne pas écrire cette année alors que je m’étais inscrite. Donc au bout d’une semaine, je m’y suis remise. J’ai commencé à écrire, avec une vague idée en tête sur laquelle je brodais, j’avais peur qu’elle ne tienne pas la longueur et s’essouffle en cours de route.

Cette année, sans que je ne sache vraiment pourquoi, j’étais vraiment détendue par rapport au NaNoWriMo, contrairement à l’année précédente où j’étais obsédée par mon wordcount. Il y a des jours où je n’écrivais pas alors que j’avais un retard monstrueux qui se compte en dizaine de milliers de mots ! Mais j’étais confiante.

Au bout d’une dizaine de jours, l’intrigue sur laquelle je travaillais pataugeait dans la boue et n’avançait plus. C’était un moment difficile : j’avais peur de ne jamais finir ce NaNo, et pour moi c’était inacceptable – question de fierté. Et là, j’ignore comment, une idée fabuleuse m’est venue et a complètement relancé mon histoire, et lui donnant une couleur tout à fait nouvelle. L’inspiration divine ! Grâce à elle, j’ai pu écrire plus de 30 000 mots sans m’essouffler.

C’est dans la dernière quinzaine de novembre que j’ai commencé à avoir un rythme plus soutenu, mais mes efforts du weekend étaient anéantis par la semaine de travail où j’étais peu productive. J’ai du cravaché les derniers jours, à faire entre 3 000 et 5 000 mots par jour pour être dans les temps, mais toujours sans stress. J’ai franchi la barre des 50 000 mots avec bonheur et l’intuition que je tenais là une de mes meilleures histoires.

Ce NaNoWriMo 2014 a été chaotique au niveau de l’organisation, mais je l’ai quand même remporté sans m’angoisser outre mesure, en écrivant sereinement. Encore une fois, ce challenge de l’écriture au kilomètre m’a permis de débloquer ma plume et a donné naissance à un roman dont je n’aurais jamais cru être la maman un jour !

Cet événement particulier, intense, ne peut pas convenir à tout le monde, mais je vous encourage tout de même à l’essayer un jour. C’est une expérience internationale, communautaire, humaine aussi bien que personnelle. Qui sait ? Vous écrirez peut-être le roman de votre vie grâce à ce défi ?

Le NaNoWriMo : « Il était une fin »

Ce mois de novembre a été pour moi particulier : j’ai participé à mon premier NaNoWriMo, ce challenge international un peu fou où on prend le pari d’écrire 50 000 mots en un mois. Un rythme soutenu de 1667 mots par jour pour arriver à la fin d’un roman, avec notre fierté personnelle et un petit diplôme signé de Chris Baty, le dieu du NaNo. Oui, car la seule chose que l’on gagne ici est peut-être la plus importante victoire de notre moi écrivain : savoir que l’on peut venir à bout d’un roman, d’une histoire. Bien sûr, on reconnaît tous que la réécriture va être vraiment nécessaire et très lourde, puisque le NaNo, c’est de l’écriture au kilomètre. Mais il s’agissait bien ici de faire de la quantité, et non de la qualité, pour nous forcer à avancer et à terminer un projet, pour éviter que l’on se perde dans les détails stylistiques.

Et c’était exactement ce qu’il me fallait. Je suis en master métiers de l’écriture, et je n’avais encore jamais fini un roman, un récit ou une nouvelle excédant vingt pages. Et pourtant, j’en ai des projets, qui m’inspirent, me motivent. Mais au bout de 5000 mots, ma plume se tarit, trop épuisée d’avoir cédé à mon tic et d’être revenu une dizaine de fois sur chaque phrase pour trouver le mot juste. Je suis une chipoteuse. Je ne peux pas m’empêcher de stopper et de revenir sur ce que j’ai fait, et cela se terminait invariablement par l’arrêt pur et simple de mon écriture, et une frustration grandissante.

Le NaNo, j’en avais déjà entendu parler, mais sans réellement m’y attarder. Mais cette année, j’ai eu la chance de me faire de nombreux amis qui ont déjà titillé la muse, et j’ai voulu faire comme eux : arriver à scribouiller quelque chose de potable et pouvoir tamponner FIN sur la dernière page. Au détour d’un tweet, et d’articles de blogs évoquant le NaNo à venir, je me suis un peu plus renseignée et j’ai cédé, en moins de dix minutes, faisant fi de ma fausse excuse (« Le site est en anglais, je ne parle pas anglais »). J’ai été la première surprise de mon geste mais c’était fait, La Critiquante était bien inscrite sur le site officiel, je ne pouvais plus me débiner.

Image tirée de Rhum express

J’ai abordé ce mois avec sérénité et un adage personnel qui me tenait lieu de loi de vie et de mantra : chaque jour, faire son quota de mot. Mon secret a été la régularité. Il y avait les jours avec où je n’étais pas submergée par le travail, les études, où l’inspiration venait facilement, où les mots apparaissaient comme par magie sur mon écran. Puis il y avait les jours plus sombres (de loin les plus nombreux) où écrire était une vraie corvée, où je regardais tous les cinquante mots où en était mon word count, soupirant quand je voyais que ma moyenne journalière n’était pas atteinte. Faire le NaNoWriMo demande beaucoup de travail, il ne faut pas se leurrer, et il faut faire des choix pour se libérer du temps pour écrire mais aussi pour réfléchir à la tournure que va prendre notre fiction. J’ai dû renoncer en partie à ma vie sociale, j’ai dû me lever plus tôt chaque matin pour travailler mes cours à ce moment-là et avoir ma soirée réservée au NaNo, j’ai dû parlementer avec mon copain pour lui faire comprendre que non, ce soir, je ne peux pas m’abrutir devant des séries policières avec lui (et pourtant, j’en avais bien envie parfois!), j’ai dû ralentir mon rythme de publication sur mon blog et sur les Plumes Asthmatiques.

Mais ces efforts ont payé : j’ai franchi la barre des 50 000 mots le 29 novembre. Et mon roman se termine au bout 50 034 mots, autant dire que je n’avais pas besoin de plus. Impossible de décrire ce sentiment bizarre qui vous envahit quand vous voyez la page Winner s’afficher. J’étais dans la bibliothèque de lettres de mon université, je profitais d’un après-midi de libre pour venir à bout de ce challenge. Je suis sortie de là groggy de bonheur, de fierté et d’orgueil. Je l’avais fait. J’avais pondu un roman, une soixantaine de chapitres, trois personnages centraux, une intrigue complète, un univers créé, et un point final. C’était une première pour moi, et c’était bon ! La première chose que j’ai faite, à part sourire bêtement, fut de prévenir tous mes amis, mon copain et même ma famille – et en tant qu’accroc, j’ai tweeté ça bien sûr ! Je voulais partager ce bonheur avec tous.

Une formidable aventure que ce NaNoWriMo. J’ai fait quelques rencontres bien sympathiques, j’ai partagé et débattu sur le forum, et j’ai vécu une vraie expérience d’écriture. Mais plus qu’un roman bouclé – quoiqu’il reste la longue réécriture à faire – le NaNo a débloqué plusieurs choses en moi. Je suis ce qu’on appelle un écrivain à déclenchement rédactionnel (souvenez-vous de mes articles sur la génétique des textes) : pas de plan, pas de fiches de personnages, j’écris au fil de la plume, suivant plus ou moins une ligne directrice tracée dans ma tête. Ce qui peut poser problème lors du NaNo, car je crée de toutes pièces une histoire en même temps que j’écris, alors que d’autres ont déjà tout planifié et n’ont plus qu’à mettre en mot un tableau, un plan, un schéma. J’ai dû inventer des situations auxquelles je n’aurais jamais pensé si je n’étais pas pressée par le temps, mon intrigue a pris un tour étrange, presque une audace pour moi qui ait du mal à sortir des histoires assez plan-plan. Mon roman à la base, un peu policier, un peu thriller psychologique sur les bords, ne ressemble en rien à ce que je fais d’habitude, et au fur et à mesure, il s’est de plus en plus écarté de ma ligne de conduite traditionnelle : mes personnages ont pris le dessus et ont mené leur barque où ils le souhaitaient. J’ai goûté à un style d’écriture nouveau, et ma foi, cela ne m’a pas déplu. Je suis heureuse de me savoir capable de ça ! Bien que je n’aie pas pu me résoudre à faire mourir un de mes personnages – mon seul regret.

J’ai découvert de nouveaux ressorts de narration, trouvés par obligation et par hasard pour faire monter mon word count mais qui finalement se révèlent passionnants à écrire. En plus, cela casse une certaine monotonie qui commençait à prendre racine dans mon texte. J’ai mis en place des chapitres, certaines parties se répondent, j’ai même pu créer des jeux de mots, des réseaux d’images, et bizarrement, c’est grâce à l’écriture au kilomètre du NaNo. Je pense que c’est par ce défi personnel que j’ai pu en arriver là : devoir écrire, sans se poser trop de questions, sans pinailler sur des histoires de langue, de présentation de dialogues… ça a permis d’enlever des barrières que je m’étais mises moi-même. Et je n’exagère pas aujourd’hui en disant que je ne vois plus mon écriture comme avant. Avant, elle était synonyme de perfection, une perfection qu’on pourrait qualifier de castratrice, mais à présent, l’écriture est pour moi synonyme de liberté.

Je suis fière et heureuse d’en être arrivée là. Je ne pense pas que mon histoire, même réécrite avec rigueur, soit publiable un jour. C’est un bébé roman, produit d’une écriture pas encore assez mature. Mais ça restera le symbole du jour où je me suis délivrée de quelques carcans où je m’étais enfermée toute seule. Grâce au NaNoWriMo, je me suis découverte une écriture sans obstacles, une écriture qui pouvait être agréable.

Article publié conjointement sur le site des Plumes Asthmatiques.

Les femmes du braconnier, de Claude Pujade-Renaud

Le 28 novembre, mon master organise une rencontre avec Claude Pujade-Renaud (14h à la librairie Études de l’université Toulouse-II Le Mirail si ça vous intéresse). C’est une auteur que j’avais déjà lu avec La nuit la neige, roman que j’avais beaucoup apprécié. Aujourd’hui, je vous fait découvrir un autre livre de cette auteur, Les Femmes du braconnier. Pourquoi celui là ? Eh bien surtout à cause d’un de ces personnages principaux : Sylvia Plath, une poète que je voulais connaître un peu, et ça depuis une éternité.

Toutefois, ce roman n’est pas celui d’une femme auteure un peu trop dépressive et émotive, mais de celui qui fut son mari Ted Hughes. Ces deux-là se rencontrent en 1956 à Cambridge, une première rencontre sous le signe de la morsure d’où va naître une histoire sauvage, passionnée. Ted est lui aussi un poète, avec pour thème de prédilection l’animalité, l’instinct, un bestiaire qui a quelque chose de malsain, qui a une odeur de mort. C’est le braconnier.

Ensemble, ils formeront un foyer, ils s’émuleront pour s’inspirer mutuellement et écrire, créer à deux. Ils auront un enfant, achèteront une maison, mais tout ça ne va pas durer. Sylvia replonge peu à peu dans une mélancolie trop sombre alors que Ted s’est découvert d’autres passions, dans la personne d’Assia Wevill. L’amour vous joue des tours, ces trois personnages, tous les trois auteurs, vont l’expérimenter. Les sentiments se font et défont malgré leur puissance, leur séduction. Des relations qui semblent si vivantes peuvent conduire à la mort.

Il faut le dire : ce n’est pas un roman très joyeux. Le destin de Sylvia, Ted et Assia, n’a pas été idéal, c’est un fait. Est-ce que c’est cet homme, ce chasseur, ce braconnier qui en a trop voulu et a changé à jamais le cours de la vie de ces deux femmes ? Est-ce le lot des poètes de ne pas finir bien ? Ou est-ce ce climat d’une moitié de siècle peu épanouissante ? Le hasard peut-être ? Personne ne le sait. Mais on peut essayer de le percevoir.

C’est ce à quoi s’essaie Claude Pujade-Renaud. En donnant la parole à tour de rôle à ses différents personnages, les trois principaux comme d’autres plus extérieurs, elle tente de recréer cet univers, ce contexte, de retranscrire les sentiments sûrement contradictoires qui les ont envahi. Une écriture somptueuse, avec des ardeurs et des prouesses narratives surprenantes et captivantes qui ne font que nous plonger un peu plus dans la vie du braconnier, cet homme obscur et séduisant, homme de la nature, force de la terre, qui écrit avec ses tripes.

L’atout de ce roman est de ne pas vouloir se satisfaire des apparences. De nombreux paramètres rentrent en jeu pour expliquer les tourments d’une vie : les difficultés familiales, les affres de la création et de la poésie, la publication, un passé mouvementé. Mais Ted Hughes a été un être déterminant dans l’existence de ces deux femmes aux âmes profondes et complexes.

Il est difficile de décrire l’atmosphère mise en place dans ces pages. C’est impalpable et pourtant bien présent, cela donne un goût d’espoir bafoué car trop ambitieux, de forêt mouillée, d’adultère. Un mélange imperceptible car savamment bien dosé qui nous plonge dans des vies bouleversées avec brio et refuse de nous en laisser sortir jusqu’à la dernière page, happé par l’appel du braconnier.

Claude Pujade-Renaud, Les femmes du braconnier, aux éditions Babel (1091), 8€50.

NaNoWriMo 2013

Me voici à mi-parcours du NaNoWriMo 2013. Le pari fou que j’ai pris d’écrire 50 000 mots en un mois me prend vraiment beaucoup de temps, d’où le peu d’articles sur le blog et les Plumes Asthmatiques, ainsi que la présence très minime sur Twitter. Toutefois, je ne regrette pas de tenter cette expérience, car je dois avouer que c’est plutôt bénéfique.

Au moins, maintenant, j’écris. Certain jour, c’est un calvaire, d’autre c’est un plaisir, mais d’une manière ou d’une autre, j’essaie de me fixer à mes 1667 mots par jour. La régularité est vraiment mon atout. Bon, en ce moment, je suis un peu en retard, j’ai ai été très malade et je n’ai pas pu écrire pendant deux jours. Allez hop, plus de trois mille mots de retard, heureusement, je les rattrape tranquillement chaque jour.

J’ai dépassé la barre des 20 000 mots sans être à bout de souffle. Je n’ai pas encore user toutes mes cartouches et ça me rassure. En effet, je ne suis ce qu’on appelle une auteure « à déclenchement rédactionnelle », ce qui fait que j’écris comme ça vient, sans plan, sans fiches de personnages. Autant vous dire que ça va être un joyeux chaos au moment de la réécriture, avec pas mal d’incohérences, mais ma plus grande peur, c’était surtout de me retrouver à sec d’inspiration, et que ça finisse en queue de poisson.

Mais la bonne surprise, c’est que le NaNoWriMo a activé pas mal de choses. J’ai du rusé pour trouver de la substance, et ça a débloqué mon écriture, des idées narratives auxquelles je n’avais pas pensé et qui sont en fait un vrai plus pour mon roman sont apparues comme par magie sous ma main, sans que je m’en rende compte. Grâce à ça, je ne tourne plus en rond comme les deux premiers jours, je sais que j’ai de la matière en stock autant du point de vue du style que de l’intrigue qui a pris de l’ampleur sous mes yeux au fil du temps.

Je suis assez optimiste, je pense finir ce NaNoWriMo dans les temps, même si la dose de travail est assez conséquente. Le fait d’avoir organiser un write-in et d’avoir rencontré d’autres nanoteurs a été également très motivant ! Bref, je ne renonce pas. C’est peut-être la première fois que je m’implique autant dans un projet d’écriture longue, car le reste du temps, j’ai la fâcheuse tendance à abandonner, je ne tiens pas sur la durée. Le NaNoWriMo m’apprend la persévérance et j’aime vraiment ça : je me suis prise de passion pour mon histoire et mon personnage principal, donc je lui dois bien de terminer ce roman !

NaNoWriMo : le compteur est lancé !

Je vous l’annonçais il y a quelques jours, je me suis inscrite pour la première fois de ma vie au NaNoWriMo, ce truc de malade qui te fait écrire 50 000 mots en un mois.

Aujourd’hui, c’est le top départ, avant ce soir, il faut que j’ai écris mes 1667 mots quotidiens. Pour l’instant, où j’en suis ? La moitié de la journée est écoulée, et je n’ai rien écris. Mais ça va venir.

Une NaNo-Rebelle

C’est ainsi qu’on appelle les nanoteurs qui ne respectent pas complètement la règle et qui, par exemple, décident de ne pas écrire de fictions, ou un roman. Pour ma part, je suis rebelle car j’ai décidé de continuer un écrit commencé en septembre mais qui me trottait dans la tête depuis bien plus longtemps que ça ! Mais pas de triche, je ne compterais pas les mots déjà écrits avant le 1er novembre pour faire monter le word-count, je ne suis pas rebelle à ce point-là, ce serait de mauvaise foi.

Quel genre de NaNo ?

Mais de quoi parle mon NaNo ? Eh bien, il est plutôt du genre noir, un peu policier sur les bords, un peu psychologique aussi, mais attention, je ne suis pas un maître du suspens. D’ailleurs, c’est la première fois que j’écris quelque chose d’aussi sombre, je ne m’en savais pas capable. Mon personnage principal s’appelle Hugo Lizberg, c’est un père de famille propriétaire d’un usine d’embouteillage au bord de la faillite. Un jour, alors qu’il revient tard du travail, il voit sa maison envahie par les policiers : son unique enfant, une fillette de 10 ans, a disparue. Les autorités penchent pour un enlèvement, mais la demande de rançon se fait attendre. Alors que l’enquête patine, Hugo sent bien que les regards, soupçonneux, se tournent vers lui….

Mais pourquoi le NaNo ?

Un moment de folie ? Non, plus sérieusement, je dois bien avouer que j’ai toujours un mal fou à finir un projet d’écriture longue, c’est pathologique chez moi, alors bien même que je suis attachée à ce récit, à ce décor, à mes personnages ! Le NaNo, c’est le coup de pieds aux fesses dont j’ai vraiment besoin ! Et l’entraide entre NaNoteurs va me motiver un peu plus j’espère.

Quelles peurs avoir ?

Personnellement, je redoute le manque de temps, entre le petit boulot et les études, ce sera parfois difficile. J’ai tout fait pour m’avancer un maximum et être le plus libre possible en novembre, j’ai averti mon entourage que je ne serai pas vraiment disponible…. mais je crains que cela ne suffise pas. Je n’ai pas vraiment peur du manque de motivation, mais c’est plutôt l’inspiration qui risque de me faire défaut. Au NaNo, c’est la quantité et non la qualité qui compte, mais vu que le projet me tient à coeur, je me connais, je vais refuser d’écrire tout et n’importe quoi juste pour faire monter le word-count. Mais du coup, je risque de tomber en panne sèche sur mon histoire, sans oublier que je vais avoir vraiment du mal à ne pas me relire, me corriger…

Mon objectif

Les 50 000 mots sont déjà un objectif et j’aimerais vraiment réussir à l’atteindre. Mais, il est sûr que je ne me rendrais pas malade si j’échoue. Par contre, mon défi personnel est de dépasser les 30 000 mots. Un pallier décisif pour moi, car c’est toujours à ce moment-là que j’abandonnais dans mes écrits précédents.

Le mot de la fin

Bonne chance à tous les nanoteurs ! Quant à vous, lecteurs du blog, j’ai deux trois chroniques en stock pour ne pas vous laisser désoeuvrer mais il est sûr que j’aurai moins de temps pour lire et publier sur le blog ce mois-ci, je m’en excuse !

Pour les fous du clavier qui participents au NaNoWriMo, retrouvez-moi sur le site officiel, j’ai toujours le même pseudonyme : La Critiquante 😉

La femme de l’Allemand, Marie Sizun

J’étais à la recherche d’un roman pour avancer un peu dans le challenge Marry me proposé par George. Au détour d’un blog, il y a plusieurs semaines, je suis tombée sur ce livre de Marie Sizun et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Voici ma rencontre avec La femme de l’Allemand.

la femme de l'all

Nous sommes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Fanny est une mère célibataire. Marion, sa fille, a vite compris qu’elle était le fruit d’une relation interdite, celle d’une jeune Française de 20 ans avec un bel Allemand, soldat nazi, finalement mort sur le Front russe. C’était une histoire d’amour, sincère, en tout cas Fanny en est persuadée. Mais sa famille l’a découvert, elle en a donc été exclue : toute la bienveillance du monde ne pouvait pas cautionner cet acte collaborationniste.

On ne sait pas en détail ce qui s’est passé à cette époque-là puisque on voit cette famille à travers les yeux de la petite fille, ses souvenirs, ses pensées, ses sentiments. Marion a vu peu à peu sa mère tomber dans la folie, cet amour déçu l’a complètement bouleversée et transformée. Parfois, Fanny semble normal, d’autrefois elle se met à fredonner des chansons, à ranger et déranger les affaires dans la maison la nuit. Et encore, ça, c’est le plus gentil.

 

La folie, ce dur mot qu’on préfère taire. On dit que ce sont des « excès », des « emportements ». Marion aime sa mère, mais elle déteste cette tornade qui prend parfois possession de Fanny. Alors les rôles s’inversent : c’est la fille qui s’occupe des comptes, de la maison, qui donne des nouvelles au peu de famille qui veut bien encore leur parler. Elle prend des distances avec cette femme qui ressemble de moins en moins à celle qu’elle aurait voulu.

Marion profite des quelques moments où sa mère, où sa tante veulent bien parler pour en savoir plus sur ce père inconnu qui hante Fanny, sur ce père qu’elle ne connaît pas, pas même son nom, sur ce père qu’elle n’a jamais vu. Elle s’imagine un grand blond aux yeux bleus, fort, et aimant. Un papa qui aurait pu être là si la guerre ne l’avait pas pris.

Cet homme est absent du livre et pourtant il est partout, dans chaque moment de doute de Marion, dans chaque silence et chaque cri de Fanny. Cet Allemand est la cause de tout.

Je dois avouer que l’histoire en jette, il fallait y penser : mêler deux drames dans un même roman, ce n’est pas si simple, et Marie Sizun y arrive assez bien. On tremble, on a peur en même temps que la petite fille, on s’arrête de penser horrifié par les crises de Fanny.

C’est vrai, c’était bien manié, il y a de la tension mais aussi de l’espoir, l’horizon d’attente est toujours repoussé plus loin, et on se retrouve, nous, pauvres lecteurs, essouflés de devoir toujours lui courir après. Malheureusement, quelque chose de très important m’a complètement bloquée dans ma lecture. On dirait ailleurs que c’est un élément original, c’est vrai, mais il faut le manier avec précaution car sa charge de pathos et de tragique est immense, ça peut exploser ou déborder à tout moment. Cette chose ? La narration à la deuxième personne du singulier. C’est un narrateur externe qui pendant tout le livre s’adresse à Marion, lui disant « tu ». On a souvent l’impression que c’est un regard autobiographique et rétrospectif : c’est vraiment très dérangeant, à tel point que ça m’a mise à l’aise.

Le vrai problème, c’est que, alors que le « tu » aurait pu se faire plus discret à certains moments, l’auteure en use et en abuse, si bien qu’il m’a paru absurde, de trop. C’est vraiment un élément trop facile à utiliser, qu’on voit arriver de loin avec ses gros sabots. Je m’en servais à mes débuts de scribouillonne (pas que je sois meilleure écrivain aujourd’hui, mais je connais mes manies de style maintenant), quand j’écrivais de la fiction et que je n’arrivais pas à insérer assez de drame. C’était l’astuce facile, je m’en servais avec parcimonie : il faut dire que le « tu » introduit une certaine lourdeur dans le texte. Mais tout un roman avec ça, surtout quand on s’en sert à outrance, et bien c’est franchement indigeste. Alors oui, c’est un livre avec beaucoup d’émotion, rondement mené, mais je refuse de dire que c’est un roman « bon », ou « passionnant », ou « à lire absolument », parce qu’il repose en grande partie sur la narration, et je l’ai ressenti comme étant de la triche.

Voilà.

Marie Sizun, La femme de l’Allemand, aux éditions Arléa, 17€50 OU aux éditions Le Livre de poche, 6€60.

NaNoWriMo 2013

Parce que je ne fais pas que lire…

J’ai fait le pari un peu fou d’écrire. J’ai plusieurs projets, mais je ne termine jamais ce que je commence, je me trouve toujours de mauvaises excuses. Alors pour me donner le coup de pied aux fesses dont j’ai besoin, je me suis inscrite au NaNoWriMo 2013.

Ce truc un peu dingue, je l’ai découvert il y a trois ou quatre ans, mais je n’ai encore eu jamais le cran d’y participer. Cette année, je me lance.

Le but ? Ecrire 50 000 mots (mots, pas signes, MOTS !!!) pendant le mois de novembre. On ne dispose pas de plus de temps, interdit de commencer plus tôt, sauf quelques notes préparatoires. L’objectif est bien d’écrire de la fiction : roman mais aussi recueil de nouvelles sur le même thème.

Pour venir écrire avec moi et les milliers d’autres nanoteurs de toutes les nationalités, allez directement sur le site officiel de NaNoWriMo. C’est un anglais, mais même moi qui n’en baragouine que deux mots a pu y arriver ! On se donne rendez-vous sur le forum français du site, mon pseudo est toujours le même : La Critiquante. Sinon, pour les toulousains, on se verra lors de quelques write-in (sessions d’écriture en groupe) ! Pour avoir des infos dans notre langue, le site des participants français est bien fait.

Souhaitez-moi bonne chance !

Una passione sinistra, di Chiara Gamberale

Voilà maintenant quelques semaines que je voulais lire un livre en VO, en italien bien sûr, la seule langue étrangère que j’arrive vaguement à maîtriser. Le CLES niveau 2 en poche, je me suis dit : « Bon maintenant, on arrête les livres pour ados aux vocabulaire et structure simples, passons à la littérature pour adulte ». J’ai mis en place un compromis : roman difficile = roman court. Faut quand même pas exagérer. Idéal pour se remettre en jambe avant la rentrée et finir la challenge « In Italiano » de George et Marie.

J’ai donc choisi un petit livre publié chez Bompiani (ça me change de Einaudi), c’est avant tout le couverture qui m’a plus, je n’ai même pas lu la quatrième ! Il s’agit de Una passione sinistra de Chiara Gamberale.

C’est l’histoire de deux couples : Nina et Bernado, Giulio et Simonetta. L’auteur nous raconte leurs rencontres, leurs moments forts, nous dépeint leur vie en pointant quelques moments précis. C’est très vivant car composé surtout de dialogues. C’est compliqué l’amour, il faut qu’il prenne racine, et après rien ne dit qu’il va s’épanouir facilement. Il peut y avoir des problèmes. Et cela sans compter sur tout le reste : la famille qui peut ne pas aller bien, le travail qui prend de la place, etc.

Un jour, un hasard de la vie va faire se rencontrer ces deux couples. Et comme une évidence, une erreur peut-être regrettée après, quelque chose va basculer. Mais je ne vous en dis pas plus, si jamais vous voulez à votre tour plonger dans cette lecture.

La chose vraiment innovante de ce roman aux multiples petits chapitres, c’est qu’à la fin de chacun d’eux, l’auteur a placé des extraits de discours, surtout politiques, qui correspondent précisément à la chronologie de l’histoire. Et c’est très étrange de voir qu’une vie personnelle peut être influencée et accompagnée par cette vie publique, par la société et ses changements. Cela donne un éclairage neuf sur certains bouleversement politique d’Italie, sur l’arrivé del Cavaliere au pouvoir, sur l’importance du Pape, etc. On pourrait penser que ces extraits sont accessoires mais ils sont extrêmement bien choisis et viennent compléter de façon surprenante mais judicieuse la fiction ! Ce sont deux facettes qui s’épanouissent l’une en parallèle de l’autre.

Chiara Gamberale

Un petit roman humain dont le niveau de langue n’est pas insurmontable pour les italianistes, il se lit assez vite mais s’apprécie sans mesure !

Chiara Gamberale, Una passione sinistra, Bompiani, 9€50 (mais plus cher en France à cause des frais de port). Non disponible en français malheureusement.

Instantanés, de Roger Grenier

Je reviens encore avec un livre de Roger Grenier, mais habituez-vous car ce ne sera pas le dernier. J’en ai choisi un dans la même veine que Le palais des livres : il s’agit d’Instantanés.

Ce livre est composé de plusieurs petits chapitres, des « instantanés », qui évoque différentes personnes du monde des lettres. Tous nous ont quitté il y a plusieurs années et Roger Grenier les a presque tous connu personnellement.

C’est une entreprise originale : vouloir sauvegarder par les mots une vie, un moment, une expérience, une rencontre. Ce n’est pas une œuvre de témoignage à proprement dit mais plutôt un hommage rendu à ses personnes qui ont impressionné Roger Grenier, lui ont appris des choses sur la littérature ou la vie.

Bien sûr, on retrouve des noms connus, notamment Camus avec qui il était proche, ou encore Romain Gary mais aussi des personnes un peu oubliées aujourd’hui ou dont même on ignorait l’existence : des auteurs français ou étrangers, des journalistes, des voyageurs… Roger Grenier nous parle de leur vie entière, ou de leur œuvre, ou d’un de leurs livres en particulier, mais il se rappelle également d’un interview partagé avec eux, du fait de devenir voisin, de leur bureau, de leur amour pour les animaux… Plus que des professionnels, ce sont des hommes originaux, uniques qui nous sont présentés ici. Avec quelque mot, Grenier sait leur redonner vie.

 

Mais en plus, on se prend une nouvelle claque concernant cet auteur à la vie si remplie car il partage avec nous quelques unes de ces histoires personnelles, de ses expériences : sa vie rue du Bac, son poste à Combat, son voyage près du Potomac pour rencontrer Dos Passos, sa carrière d’intervieweur… Je suis juste époustouflée d’en apprendre encore plus sur sa biographie si épaisse.

Et comme dans Le palais des livres, on retrouve une écriture sans fioritures ni effet de manches, toujours si agréable à lire, vraie, juste, sincère, émouvante sans être mélo. Un petit bonheur.

Roger Grenier, Instantanés, NRF Gallimard, 14€75.