NaNoWriMo 2018 (encore)

nano-2018-writer-badgeC’est un peu plus facile que ce que je pensais. Je souffle. Je sais que je suis capable d’arriver au bout du NaNoWriMo, et ça fait quatre ans que je n’en fais plus une montagne, je pars à l’aventure à chaque fois sans vraiment réfléchir. Et sans être angoissée pour autant, je dois avouer que j’étais un peu stressée le 31 octobre dernier lors de la kick-off. Je ne savais sincèrement pas sur quoi j’allais écrire. Histoire de noter un truc sur mon profil, j’ai évoqué l’idée de reprendre une inspiration qui avait germé au NaNoWriMo dernier. Mais mon vrai défi pour cette année ne serait pas de trouver une histoire. Non, je suis revenue à la peur que j’ai eu à mon premier NaNo : écrire tout simplement.

Ça a été sacrément compliqué l’année passée d’écrire, pour ne pas dire quasi-impossible. La panne sèche, plus d’encre au stylo. J’ai bien participé à un atelier d’écriture cet été – c’était offert. Mais je dois avouer que ça n’a pas donné grand-chose… C’était compliqué, j’avais l’impression de ne rien écrire de bon et surtout je n’y prenais pas vraiment plaisir. Heureusement que je passais tout mon temps avec des copains de plume que je connais et apprécie depuis longtemps : grâce à ça, l’expérience n’avait pas été si désagréable et malgré mes déboires, j’ai réussi à écrire un texte dont j’étais assez contente.

Autant vous dire que la pression était grande en ce début de NaNo. Je savais deux choses : qu’une fois encore, j’allais être une NaNoRebelle puissance 1 million, et que je n’allais pas écrire une grande histoire. J’ai bien cherché, pour me dépanner comme je le faisais l’année dernière, des writing prompts, des idées de départ pour écrire de la fiction. Au lieu de ça, j’ai moi-même créé des phrases-intrigues… Aujourd’hui, je le sais : je finirai ce NaNo mais ça va être du grand n’importe quoi. Je veux profiter de cette occasion pour faire ce que j’ai vraiment envie avec l’écriture : et clairement, en ce moment, il ne s’agit pas d’écrire des histoires. Je veux tester plein de petites choses, écrire plein de listes de tout et n’importe quoi, et surtout je veux redonner vie à mes blogs (oui, parce que j’en ai un deuxième pour parler de tout et de rien ici). C’est surtout ce dernier point qui me tient à cœur. Et quand je vois la liste préalable des articles que j’aimerais rédiger, liste ne cessant de se rallonger de jour en jour, je me dis que j’ai visé juste.

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Alors oui, tout à fait, c’est carrément de la triche, et pourtant, Dieu sait que j’étais consciencieuse et chipoteuse en ce qui concernait les règles du NaNo au départ. Mais cette année, à mes yeux, l’enjeu est énorme : écrire de nouveau, me reconnecter à cette part de moi-même qui m’a tant manquée. Dans la même lancée, je me suis d’ailleurs remise à lire, et ça fait du bien !

Le NaNoWriMo est vraiment un événement extraordinaire, chaque année je suis émue de sa magie. Il débloque notre imaginaire, nous pousse dans nos retranchements, crée de fabuleuses rencontres. C’est un instant à part que l’on s’octroie dans nos vies de folie pour juste réaliser notre rêve, vivre notre passion : l’écriture. C’est le moment idéal pour expérimenter de nouvelles choses, se lancer des défis, sortir des sentiers battus ou finir de gros projets. Chaque année, je suis emballée et je redécouvre la force de cet événement. Je ne peux que vous encourager à vous lancer dans cette aventure : elle vous surprendra à coup sûr !

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A l’abri du monde, de Peter Rock

Moi, on me dite secte, retrouvailles, disparition, fin du monde, j’achète. Et c’est sur cette base que je me suis lancée dans la lecture d’A l’abri du monde de Peter Rock. Sauf que. Je me suis un peu sentie flouée là.

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Voici l’histoire. Colville et Francine faisaient partie dans les années 1980 d’un mouvement religieux qui prédisait la fin du monde pour 1990. La grande Messagère leur avait demandé de construire des abris sous-terrains et de rassembler des denrées, ce que la communauté faisait avec beaucoup de zèle. Mais la fin du monde n’a pas eu lieu. Colville et Francine alors adolescents se sont écartés de cette secte. A présent, Francine travaille. Elle est mariée et attend un bébé. Mais alors que le quartier est en effervescence pour retrouver une petite fille disparue, elle a la surprise de voir à sa porte Colville, son ami d’enfance.

Alors là, vous pensez : Colville agit bizarrement, est-ce qu’il y a un lien avec l’enfant recherché ? Ou va-t-il semé la zizanie dans le couple ? Cela va-t-il faire resurgir le passé et faire parler de la secte ? Moi aussi j’étais toute émoustillée à la lecture des premières pages. Mais Colville et Francine vont finalement peu se croiser dans ce roman. Le rapport à la secte est très étrange, plus nostalgique qu’inquiétant ou hypnotisant (ce qui aurait pu grandement améliorer cette lecture). Les personnages se comportent de façon très très étrange : et vas-y que je fais des battues dans les bois alors que je suis enceinte jusqu’au yeux, et vas-y que je vole le chien des voisins, et vas-y que je parle à des inconnus dans les bois. Aucune logique dans leurs faits et gestes, où, s’il y en a une, l’auteur ne nous la donne pas. Je suis bien d’accord que le lecteur a sa part du boulot dans tout ça, mais il faut quand même nous donner les clés pour qu’on puisse le mener à bien ce travail du pacte de lecture.

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C’est un roman qui repose sur les personnages mais on les connaît à peine, on ne fait qu’effleurer ce qu’ils ressentent, on les suit dans leurs actions sans avoir vraiment le choix. Ils agiraient de façon compréhensible, je ne dis pas, mais ici je cherche toujours le sens de leur raisonnement. Francine ou son mari, Colville et son lien avec la secte : tout cela m’était assez étranger même à la fin de ce livre.

Je suis complètement passée à côté des enjeux de l’histoire. Heureusement qu’il y a un petit retournement de situation à la fin, sinon j’aurais franchement eu l’impression de perdre mon temps. Et pourtant, il y avait du potentiel dans cette intrigue : l’auteur aurait pu faire naître de la tension, une menace avec le comportement bizarre de Colville, personnage insaisissable, ou la disparition de la petite fille. La plongée dans le passé de Francine, enceinte en plus, aurait pu être plus vivante, plus forte en émotion. L’aspect hypnotique ou paranoïaque, qu’on devine parfois, aurait pu être beaucoup mieux amené et exploité.

Mais malheureusement, la seule impression que me laisse ce roman, c’est de l’incompréhension mélangée à de la frustration. Peut-être que d’autres ont pu apprécié ce côté non-dit, mais sincèrement, ça n’a pas été mon cas. A aucun moment, je me suis attachée aux personnages, et pour moi, c’est rédhibitoire.

Peter Rock, A l’abri du monde, traduction de l’américain par Anne-Laure Paulmont et Frédéric H. Collay, aux éditions rue fromentin, 18€

Mon NaNoWriMo 2014

Cela fait tout pile 15 jours que le NaNoWriMo s’est terminé. Il est temps pour moi de revenir sur cette édition 2014.

Pour ceux qui ne connaissant cet événement de fou furieux qu’est le NaNoWriMo (National Novel Writing Month), je vous mets des liens à la fin de cet article, mais je peux aussi vous résumer cette aventure : écrire 50 000 mots en 30 jours. Bref, un truc de taré. Auquel je participe pour la deuxième année consécutive.

L’année dernière, j’avais été très studieuse, en faisant pile le nombre de mots qu’il fallait par jour, j’ai été très régulière malgré les aléas de la vie, et ça a payé puisque j’ai accouché d’un petit roman d’à peine plus de 50 000 mots. Le NaNo avait été le coup de pied aux fesses dont j’avais besoin pour arrêter de faire du sur place dans mon écriture et avancer. J’ai découvert que je pouvais écrire une histoire noire, thriller et policier sur les bords alors que ce n’est absolument pas mon style, et cette nouveauté était très enthousiasmante. J’ai laissé ce bébé roman reposer plusieurs mois dans mes tiroirs, et depuis quelques semaines je me suis lancé dans sa réécriture avec beaucoup de plaisir.

Point commun entre 2013 et 2014 : j’ai écrit quelque chose qui n’était pas du tout prévu, l’histoire est venue au fur et à mesure et je n’avais que peu d’idées de là où j’allais, mais j’y suis allée. J’ai encore cette année écrit quelque chose d’assez sombre, alors qu’à l’origine ça ne devait absolument pas se diriger dans cette direction. Ah, et autre point commun : j’ai réussi ! J’ai bien fait mes 50 000 mots !

Mon plus gros problème avec 2014 a été ma régularité. Il se trouve que mon job en ce moment a des horaires de fou (toi aussi, sois animatrice en CLAE à 50 minutes de chez toi…) et j’avais beaucoup de mal à trouver du temps, et surtout de l’énergie, pour écrire. Les premiers jours de novembre coïncidèrent avec les premiers jours dans mon nouveau travail, et je n’ai tout simplement pas pensé au NaNoWriMo. Mais je suis vite venue re-hanté le forum, et je culpabilisais de ne pas écrire cette année alors que je m’étais inscrite. Donc au bout d’une semaine, je m’y suis remise. J’ai commencé à écrire, avec une vague idée en tête sur laquelle je brodais, j’avais peur qu’elle ne tienne pas la longueur et s’essouffle en cours de route.

Cette année, sans que je ne sache vraiment pourquoi, j’étais vraiment détendue par rapport au NaNoWriMo, contrairement à l’année précédente où j’étais obsédée par mon wordcount. Il y a des jours où je n’écrivais pas alors que j’avais un retard monstrueux qui se compte en dizaine de milliers de mots ! Mais j’étais confiante.

Au bout d’une dizaine de jours, l’intrigue sur laquelle je travaillais pataugeait dans la boue et n’avançait plus. C’était un moment difficile : j’avais peur de ne jamais finir ce NaNo, et pour moi c’était inacceptable – question de fierté. Et là, j’ignore comment, une idée fabuleuse m’est venue et a complètement relancé mon histoire, et lui donnant une couleur tout à fait nouvelle. L’inspiration divine ! Grâce à elle, j’ai pu écrire plus de 30 000 mots sans m’essouffler.

C’est dans la dernière quinzaine de novembre que j’ai commencé à avoir un rythme plus soutenu, mais mes efforts du weekend étaient anéantis par la semaine de travail où j’étais peu productive. J’ai du cravaché les derniers jours, à faire entre 3 000 et 5 000 mots par jour pour être dans les temps, mais toujours sans stress. J’ai franchi la barre des 50 000 mots avec bonheur et l’intuition que je tenais là une de mes meilleures histoires.

Ce NaNoWriMo 2014 a été chaotique au niveau de l’organisation, mais je l’ai quand même remporté sans m’angoisser outre mesure, en écrivant sereinement. Encore une fois, ce challenge de l’écriture au kilomètre m’a permis de débloquer ma plume et a donné naissance à un roman dont je n’aurais jamais cru être la maman un jour !

Cet événement particulier, intense, ne peut pas convenir à tout le monde, mais je vous encourage tout de même à l’essayer un jour. C’est une expérience internationale, communautaire, humaine aussi bien que personnelle. Qui sait ? Vous écrirez peut-être le roman de votre vie grâce à ce défi ?