84, Charing Cross Raod, d’Helene Hanff

84, Charing Cross Road est un livre qui beaucoup circulé sur les blogs ces derniers mois, avec des critiques assez élogieuses. Alors quand je suis tombée sur ce livre de correspondance entre la librairie Marks & Co en Angleterre et l’américaine Helene Hanff, j’ai sauté sur l’occasion.

 

Il faut savoir que ce livre est vraiment court, en une journée la lecture est pliée. Je suis restée un peu sur ma faim. On peut découvrir dans ces pages un échange de lettres qui a commencé en 1949 pour durer vingt ans. D’un côté, une femme qui veut rattrapper son retard en lisant de bons ouvrages, dans de bonnes éditions et qui peine à trouver son bonheur chez elle, de l’autre une librairie tenue par des passionnés, toujours à l’écoute. Helene Hanff n’a pas la langue dans sa poche, et les employés de l’établissement vont vite oublier leur ton trop protocolaire. Car à travers ces lettres anodines, une vrai relation voit le jour. Helene leur envoie des colis de produits difficiles à trouver en ces temps de restriction, eux l’invitent sans cesse à venir les voir en Angleterre. La bienfaitrice rentre même dans la vie intime des libraires en échangeant des lettres avec leurs épouses, leurs voisines, en offrant des bas à leurs filles.

Ici, on ne fait pas mention de politique, de guerre, de religion, ou qu’à demi-mot. Même la littérature n’est pas la matière première des lettres. Non, il s’agit juste d’un échange d’égal à égal, une relation à la fois intime et distante de milliers de kilomètres. Chacun fait succinctement part de sa vie, sans trop livrer, pour ne pas abîmée ces beaux moments de lecture de la correspondance. C’est touchant et ténue.

Une belle découverte, toutefois, il y a quelques bémols. Il est bien sûr énormément fait mention dans ces lettres d’ouvrages, d’éditions particulières, de règlement, etc. Des éléments qu’ils semblent logiques de trouver ici mais qui deviennent un peu lassants à la longue, surtout qu’ils nous donnent l’impression de ne pas laisser assez de place au reste, au sentiment, à l’humain. De plus, il s’agit d’une sélection de lettres, il arrive de sauter plusieurs mois et autant vous dire que c’est frustrant, je déteste quand on décide pour moi. Cette correspondance recèle quelque chose de profond, toutefois il faut faire l’effort de percer cette épaisse couche de superficialité. Mais vu la petitesse de l’ouvrage, je pense que ça vaut l’effort de s’y pencher. Oh, l’écriture en soi n’est pas fabuleuse, ce n’était pas destiné à être publié, ni à être du beau style, mais elle va à l’essentiel, on peut au moins lui reconnaître cela – et l’édition française respecte la typographie original des lettres ce qui est plutôt agréable.

Bref, à essayer !

Helene Hanff, 84, Charing Cross Road, aux éditions LeLivre de Poche (15575à), 5€60.