Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, d’Annet Huizing

Il arrive parfois que je sois prise dans une frénésie de lecture et généralement dans ces cas-là, je lis des choses que je n’ai pas l’habitude de lire – comprenez : pas de littérature française ou classique. C’est assez naturellement que, dans cette période, je me dirige vers les romans jeunesse ou young adult, histoire d’avoir un truc agréable à croquer sous la dent rapidement. Voici comment est donc arrivé dans mes mains le livre d’Annet Huizing : Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte.

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Katinka est une jeune fille qui vit seule avec son petit frère et son père. Une de ses meilleures amies est sa voisine Lidwine, une auteure qui la fascine. Avec son aide, elle va commencer à écrire des petites choses, sur sa vie et sa famille. Sur Dirkje qui vient d’entrer dans leur existence tout doucement. Sauf qu’écrire, ce n’est pas toujours facile. C’est tout un art et une technique qui demande de l’entraînement et de l’apprentissage. Chaque jour, Katinka se met devant son ordinateur et essaie de pondre un petit texte. Elle ne s’imaginait pas en se lançant dans cette aventure que cela remuerait autant de choses en elle. Imperceptiblement, elle a autant appris sur elle que sur l’écriture – et sur le jardinage aussi.

C’est une lecture très rapide. J’ai trouvé ce texte simple mais sensible et émouvant. On ne côtoie que peu de temps les personnages mais on s’attache très vite à eux, les trouvant sincères et terriblement humains. Ce sont là plus que de simples êtres de papiers. L’intrigue en soi n’est vraiment pas incroyable mais elle se laisse suivre avec plaisir tout de même. L’auteure a réussi à donner vie à sa narratrice : ce sont vraiment les mots d’une enfant, toutefois cela n’est pas un problème puisque la langue et le style sont tout de même assez bons.

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J’ai peu de choses à rajouter sur ce roman. Il m’a changé les idées, c’est une bonne lecture que je conseillerai aux pré-ados, mais je n’ai pas rêvé comme dans une saga, je n’ai pas vibré comme dans Nos étoiles contraires par exemple. Il est agréable mais je trouve globalement ce livre peu ambitieux malgré un thème très intéressant.

Annet Huizing, Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, traduit du néerlandais par Myriam Bouzid, aux éditions Syros, 14€95.

Lancement des LC 2017

Juste un petit message pour vous annoncer qu’ENFIN les lectures communes 2017 du blog sont lancées. Comprenez : la page dédiée avec le programme, les inscrits et le mode d’emploi est enfin en ligne.

J’espère sincèrement avoir plus de temps cette année pour m’y consacrer : lire les livres à l’heure, faire un article sur chaque LC avec bilan de tout le monde chaque mois… Car je trouve cette aventure vraiment passionnante.

Merci déjà aux inscrit(e)s, je ne vous imaginais pas si nombreux, ça me fait chaud au cœur. Et n’hésitez pas à nous rejoindre – même en cours d’année. La porte est grande ouverte !

Bonnes lectures à tous !

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Lectures communes 2017

2017 arrive à grands pas. Et je n’imagine pas cette nouvelle année sans de nouvelles lectures communes. Elles ont égayés mon quotidien durant ses douze derniers mois, m’ont aidée à vaincre une grosse panne de lecture. Elles m’ont permis de faire de belles découvertes, et j’espère sincèrement qu’il en a été de même pour les autres participants.

Sans plus attendre, voici le programme 2017 :

  • Janvier : Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Choix bis : chronique du film de Disney, ou de la comédie musicale (l’ancienne ou la toute récente).
  • Février : Réparer les vivants de Maylis de Kerangal. Choix bis : un autre roman de l’auteure.
  • Mars : L’ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon. Choix bis : du même auteur, Le Jeu de l’ange ou Le Prisonnier du ciel.
  • Avril : La Vague de Todd Strasser. Choix bis : chronique de l’adaptation en film par Dennis Gansel.
  • Mai : La Voleuse de livre de Markus Zusak. Choix bis : un autre livre de l’auteur ou la chronique de l’adaptation en film par Brian Percival.
  • Juin : Phobos de Victor Dixen. Choix bis : un autre tome de la saga.
  • Juillet : Le Diable s’habille en Prada de Laureen Weisberger. Choix bis : chronique de l’adaptation en film par David Frankel.
  • Août : Raison et sentiments de Jane Austen. Choix bis : un autre roman de l’auteure.
  • Septembre : Le Hobbit de J. R. R. Tolkien. Choix bis : du même auteur, n’importe quel tome de la saga Le Seigneur des Anneaux ou chronique des adaptations en film par Peter Jackson.
  • Octobre : Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Choix bis : du même auteur, Des souris et des hommes.
  • Novembre : Paris est une fête d’Ernest Hemingway. Choix bis : du même auteur, Le vieil homme et la mer.
  • Décembre : Le Monde de Narnia (1. Le Neveu du Magicien) de C. S. Lewis. Choix bis : n’importe quel autre tome de la saga.

 

Il y en a pour tous les goûts, j’espère que ainsi que tout le monde trouvera chaussure à son pied.

Les règles sont exactement les mêmes que celles de l’année dernière – je vous invite donc à aller jeter un coup d’œil sur les lectures communes 2016. Vous vous inscrivez à n’importe laquelle de ces lectures ou choix bis, selon vos envies. Pour cela il suffit de me prévenir par commentaire, mail ou Twitter en me précisant vos lectures et un moyen de vous contacter.

Dans les premiers jours du mois de janvier, la nouvelle page dédiée aux lectures communes 2017 sera créée.

En vous espérant nombreux, je vous souhaite de merveilleuses lectures de fin d’année !

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Vingt mille lieues sous les mers

Tout d’abord, je dois vous dire une chose : je suis désolée. Les lectures communes me tiennent vraiment à cœur, et c’est moi la dernière à être à jour. J’ai de bonnes excuses il est vrai (une panne de lecture assez terrible, un été très chargé côté travail, un gros déménagement, la reprise du sport…) mais je regrette sincèrement que cela ait autant impacté nos lectures communes. Toutefois, aujourd’hui j’ai le plaisir de vous dire que j’ai rattrapé mon retard. Les lectures d’août et de septembre sont lues, je débute celle d’octobre. Ça devrait donc rouler jusqu’à la fin de l’année. Mais je vais arrêter de tergiverser et vous parler tout de suite de ce que certains d’entre vous ont donc lu il y a…. deux mois (la honte!) : Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne.

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Le professeur Aronnax embarque dans une expédition américaine avec son fidèle domestique Conseil et aux côtés d’un fameux harponneur, Ned Land. Le but ? Découvrir quelle est l’énorme chose remarquée par plusieurs bateaux et qui hanterait les océans. Quelle n’est pas leur surprise quand il découvre que l’objet en question est une sorte d’immense sous-marins dirigé par le mystérieux Capitaine Nemo. Nos trois comparses embarquent donc pour un étrange voyage à bord du Nautilus : richesses cachées de la mer, découvertes scientifiques, aventures périlleuses, innovations remarquables… un périple qui ne manquera pas de surprises et d’interrogations !

merC’est mon premier Jules Verne. On m’a dit que ce n’est clairement pas son meilleur. Et… je confirme. C’est en partie à cause de ce livre que j’ai mis tant de temps à rattraper mon retard. Déjà il est long : presque 600 pages dans la version de poche. Mais en plus, il ne m’a pas captivée ! Beaucoup de descriptions (je finissais par sauter des pages entières tellement je n’en pouvais plus des énumérations de poissons!), de trop rares dialogues, une tension peu présente. Il y a bien de l’action, des péripéties qui font vivre l’histoire mais cela manquait peut-être d’enthousiasme dans l’écriture… dans tous les cas, je suis un peu passé à côté de la lecture. J’ai vu d’un œil extérieur nos personnages aller de découvertes en découvertes alors que pourtant j’avais fini par m’attacher à eux. Bien sûr, j’ai tout de même aimé les merveilles du Nautilus, mais très sincèrement, je n’irai pas conseiller ce roman pour autant.

En fait, on est noyé sous les informations factuelles : des chiffres, des animaux, des mesures, des positions géographiques et bla et bla. J’aurais tant aimé que le suspens autour du Capitaine Nemo soit plus fort, que les risques et dangers soient plus palpables ! C’est vraiment un roman complet mais j’ai trouvé qu’il lui manquait du souffle, une étincelle pour donner vie à tout cela. Toutefois, on doit saluer le génie, le talent et la ténacité de l’auteur  pour avoir écrit un tel livre.

Bref, ç’aura été pour moi une déception, mais je n’en resterai pas là. Je compte découvrir d’autres romans de l’auteur, ne serait-ce que pour acheter les magnifiques éditions du Livre de Poche avec les illustrations de l’édition originale Hetzel.

Vous pouvez aussi aller lire les avis de Virginy et L’Aléthiomètre.

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, aux éditions Le Livre de Poche (2033), 6€60.

Livre Paris 2016

Voilà, c’est fait. Je suis allée à mon premier Salon du Livre de Paris. Oups, à Livre Paris pardon. Même si, soyons honnêts, personne ne l’appelle comme ça. Une fois payés les 12€ d’entrée pour la journée (DOUZE EUROS, sérieux!?), j’ai pu profiter de tout mon dimanche pour déambuler dans les allées. Et autant vous dire que je suis globalement ravie de ma venue.

Il y avait du monde, c’est certain, mais l’on pouvait tout à fait profiter du lieu (bref, ce n’était pas la foule du samedi ou de l’inauguration). J’ai réussi à parcourir tous les stands – parfois en ne jetant qu’un coup d’œil, il faut l’avouer – pour la simple et bonne raison que j’avais peu de dédicaces où je souhaitais vraiment aller. J’ai fureté rapidement du côté de la Corée du Sud, pays invité, sans que ça ne me marque vraiment, un stand un peu trop aseptisé pour moi. Par contre, j’ai été ravie par les stands des DOM TOM ainsi que l’espace Brazzaville et Pointe-à-Pitre très vivants et animés. Quelle déception par contre de voir les stands des éditeurs étrangers relégués tout au fond du salon. Heureusement qu’il y avait la zone pique-nique tout près pour avoir un peu de passage, mais ils semblaient tout de même bien tristes.

J’ai été très raisonnable niveau achat : hormis les livres achetés spécialement pour la dédicace (car on ne peut pas entrer avec ses propres livres, je tiens à rappeler cette aberration quand même…!), je n’ai craqué que pour deux choses :

  • un livre de Nancy Huston sur Romain Gary, c’était l’achat dernière minute ;
  • un carnet qui mêle les avantages du bloc-notes et du tableau blanc : WhyNote (que je vous conseille, c’est tellement bien!).

Les dédicaces, parlons-en. J’ai d’abord commencé par Victor Dixen pour sa saga Phobos que je vais vite lire, j’ai hâte de la découvrir. Un auteur pas très ponctuel mais très gentil, qui prend le temps de parler avec ses lecteurs. Dans l’après-midi, je suis passé voir l’adorable Cindy Van Wilder sur le stand des Pays de la Loire. Elle m’a très gentiment dédicacé le tome 2 des Outrepasseurs. Puis j’ai filé voir la toute mignonne Agnès Marot pour qu’elle me signe son dernier roman : I. R. L. Bref, trois rencontres très agréables et remplies de sourire, et des dédicaces originales et personnelles.

La dernière dédicace me laissera un souvenir plus mitigé. Pour mon papa, j’ai voulu faire dédicacer le dernier livre de Jean d’Ormesson. Une organisation nullissime, des photographes qui poussent, des lecteurs (dont un en particulier) qui a tenté diverses magouilles pour doubler (dont une qui consistait à claironner tout haut « numéro 18 » pour faire croire qu’il fallait prendre un numéro et faire la queue, nan mais oh!). Et un Jean d’Ormesson dans sa bulle, à qui on ne peut pas adresser un mot, une dédicace très minimaliste. Bon, je peux le comprendre cet auteur, il n’est plus de première jeunesse et cette foule n’est pas très reposante… Mais quelle déception tout de même. Le bon point de cette dédicace a été la rencontre avec des lectrices. On s’est serré les coudes entre nous, on a fait connaissance et cela fut vraiment agréable. Anne-Claire, Diane, si vous passez par là, merci pour votre bonne humeur !

Le Salon a surtout été pour moi l’occasion de recroiser des amis, des connaissances, des écrivains chouchous, des booktubeuses que j’admire. J’ai découvert de sympathiques maisons d’édition, des gens passionnés. Et quel régal de voir ces enfants, ces adolescents en train de dévorer un manga ou de trépigner d’impatience à l’idée de rencontrer leurs auteurs favoris. Mention spéciale pour cette lectrice de Cindy Van Wilder : « Pour moi, c’est comme si c’était J. K. Rowling qui signait ! ». J’ai fini ma journée à la scène littéraire pour une rencontre vraiment intéressante sur la panoplie littéraire de Marie Nimier. Instructif et passionnant !

event_salon-du-livre_9762Livre Paris, j’en retiendrais donc surtout les rencontres, les découvertes. Parce qu’il y aurait tellement de choses à redire de l’organisation… Un secteur sur la religion et la spiritualité déserté, un prix juste dingue, des allées bien signalées mais pour les numéros de stand, tu peux toujours te brosser, l’impossibilité d’entrer dans le Salon avec tes propres livres. Et plus globalement, un manque d’unité : on invite une ville, et un pays, et des « terres de poésie », et des chefs cuisiniers, et des librairies religieuses qu’on cloisonne à part, et on créée un square jeunesse alors que chaque éditeur a fait son coin jeunesse de son côté, pfiou. Ce salon manque d’âme, manque d’humanité. Il n’est pas chaleureux. A part les vigiles à l’entrée, et deux personnes qui galèrent au point info, je me demande où sont les organisateurs !

Mais j’y retournerai. Tout simplement parce que c’est parfois la seule occasion de revoir autant de monde en un seul week-end. Tout simplement aussi pour revoir Paris, ville magnifique que j’ai enfin pu découvrir.

Liebster Award !

ob_d91f46_liebster-awardL’Aléthiomètre (qui s’est inscrite à toutes les lectures communes, quel courage!) a eu la gentillesse de penser à moi pour un Liebster Award.

Le but du jeu : je dois dire 11 choses sur moi, puis répondre à 11 questions posées par l’Aléthiomètre tout d’abord.

11 CHOSES SUR MOI

  1. J’adore le thé, j’ai une vraie passion pour le thé. Je ne vais nulle part sans mon thermos de thé.
  2. Mais je peux aussi lui faire des infidélités et le tromper avec un Moka viennois et un muffin au beurre de cacahuète.
  3. Côté bouffe, je tuerais pour des makis.
  4. Je suis plusieurs MOOCs et j’en suis ravie : ce petit côté étudiant me manquait.
  5. Je n’ai jamais compté ma PAL, par peur.
  6. Je suis dingue des enfants. Vive que je sois moi-même maman un jour !
  7. J’habite à Toulouse et boudu, qu’est-ce que j’aime cette ville !
  8. Je suis le genre de lectrice qui aime un peu près tout, du moment que ce n’est pas trop mauvais (un peu comme pour les films).
  9. Théoriquement, 2016 devrait être l’année où je passe mon permis (mais c’est très théorique).
  10. Je trépigne d’impatience à l’idée d’aller au Salon du Livre de Paris 2016.
  11. J’anime des ateliers d’écriture de temps en temps, et ça c’est drôlement chouette.

 

LES QUESTIONS DE L’ALÉTHIOMÈTRE

  1. Où aimez-vous lire ? Je lis surtout dans mon lit, mais j’aime beaucoup la bibliothèque ou le train pour lire !
  2. Vous sentez-vous obligée de terminer un livre même s’il ne vous plaît pas ? Oui ! C’est mon grand problème, je me dis toujours que ça peut encore s’arranger vers la fin… Mes abandons en terme de lecture sont rarissimes.
  3. Quel est votre livre préféré ? Oulah, cette question difficile ! Ça dépend tellement du moment… Mais si je dois vraiment répondre, j’ai une valeur sûre : la saga Harry Potter.
  4. Quel est le livre qui vous a le plus marquée ? Je ne sais pas pourquoi mais les comédies d’Aristophane traduites par Debidour m’ont laissée un souvenir impérissable !
  5. Quelle est votre destination de voyage de rêve ? J’ai un amour éternel pour l’Italie, et j’ai eu déjà l’occasion à plusieurs reprises de visiter ce si beau pays. Je n’ai pas de voyage de rêve, plutôt des destinations qui m’intriguent : l’Irlande, Amsterdam, Londres, Copenhague, Saint-Pétersbourg, la Finlande… Sinon, j’aimerais beaucoup m’offrir une croisière un jour !
  6. Est-ce que vous écrivez ? Eh oui, eh oui ! Il suffit de voir le TAG La plume en herbe.
  7. D’où vous vient votre inspiration ? Lire des romans, voir des films, suivre des séries, etc. La fiction des autres est une vraie source d’inspiration. On commence toujours pas copier avant d’écrire ou de créer véritablement seuls. La peinture est peut-être l’art qui m’inspire le plus ! Et comme paysage, je dirais que c’est face à l’océan que je suis la plus inspirée.
  8. Quel est votre objectif pour l’année ? Faire de mon blog est un vrai lieu de vie !
  9. Décrivez moi votre lieu idéal (pour lire, écrire, vivre…). Une maison près de la plage et dans le calme à l’île d’Oléron.
  10. A quelle époque aimeriez-vous vivre ? Sincèrement, celle où je vis me convient très très bien.
  11. Quelle est votre expression fétiche ? J’ai remarqué que je disais souvent « pépère » (pour « tranquille ») avec les enfants… !

 

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A moi maintenant de poser 11 questions à des blogueurs  que j’aimerais mieux connaître et vous faire découvrir : Le Bibliocosme, Au milieu des livres, Entre les pages, Comaujapon.

  1. Un livre que tu as abandonné en cours de route ?
  2. Plutôt bouquinerie, Amazon ou librairie ?
  3. Tu arrives à lire sur une liseuse ou c’est livre papier pour toujours ?
  4. Ton métier ou tes études dans la vie ?
  5. Ton dernier voyage ?
  6. Ta saga livresque et/ou série télévisée préférée ?
  7. Ton classique préféré ?
  8. Est-ce que tu es le genre de personne à qui on offre des livres volontiers, ou plutôt celle à qui on n’en offre jamais de peur que tu les aies déjà lus ou achetés ?
  9. Ta lecture la plus honteuse ?
  10. La chose la plus dingue que tu aimerais faire ?
  11. Ton premier coup de coeur lecture de 2016 ?

Merci à ceux qui se prêteront au jeu et merci encore à l’Aléthiomètre pour ce Liebster Award !

 

Ma vie de pingouin, de Katarina Mazetti

La seule chose qui peut me donner envie quand on me parle d’hiver, de froid, c’est d’aller faire un tour sur la banquise. Tant qu’à avoir froid et être trempée partout, autant que ce soit pour voir des phoques de mer et des manchots dans leur élément naturel. C’est donc exactement ce que j’ai fait. Enfin, presque. Pour aller faire une croisière entre les glaciers de l’Antarctique, j’ai choisi le bateau de Katarina Mazetti et son dernier roman : Ma vie de pingouin. C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver cette auteure que j’affectionne tout particulièrement, même si ma dernière lecture d’elle m’avait un peu déçue.

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Embarquons à bord de l’Orlovsky, navire russe, pour un voyage organisé suédois. Une cinquantaine de passagers mais seuls quelques uns nous intéressent. En effet, le roman se découpe entre trois personnes qui ont tour à tour la parole et nous dévoilent leur vision de ce périple, avec en cadeau quelques pastilles supplémentaires réservées à d’autres personnages, plus secondaires. Je vous présente donc Alba, une septuagénaire à la vie très remplie qui s’amuse à répertorier les différentes espèces d’humains présents sur le bateau et à les comparer à la faune de l’Antarctique. Il y a également Tomas, divorcé, le plus souvent triste et taciturne, tourmenté par l’absence de ses enfants partis vivre en Californie avec leur mère et son nouvel Apollon ; il est là dans un but précis, mais ne se l’avoue pas tout de suite. Et enfin Wilma, toujours joyeuse, souriante, drôle, optimiste, un vrai rayon de soleil, qui se devait de faire ce voyage de l’extrême avant de ne plus en être capable. Autour d’eux, une sœur tyrannique, une vendeuse de fer à repasser, des cuisiniers russes, des fous d’oiseaux, un médecin de bord qui effectue son dernier voyage, une nymphomane, des retraitées qui cherchent un veuf, etc.

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Vous l’aurez compris, c’est une vraie fresque de personnages que nous dévoile ici Katarina Mazetti. Et il est vrai qu’au début, on est un peu perdu, surtout avec ces noms suédois que personnellement je ne retiens pas du tout. Heureusement, on apprend vite à les reconnaître, l’auteure ne nous laisse pas patauger dans ce méli-mélo tout seuls. Cette croisière entre ancien port baleinier, musée des premiers colons, observation des pétrels et des albatros, verres au bar et mal de mer est un vrai prétexte pour nous faire explorer ce territoire si magique et dangereux. Et pour les personnages, c’est une occasion (voulue ou non) de partir à la rencontre d’eux-mêmes et des autres, d’affronter d’anciennes peurs ou au contraire un avenir incertain, faire des rencontres ou à l’inverse se séparer. On se rappelle le bon vieux temps, on affronte le présent avec appréhension ou avec le sourire, on tire des plans sur la comète. Je ne saurais mieux décrire ce livre qui brasse tellement de choses. J’ai vraiment été comblée par ce roman.

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Tout d’abord parce que les descriptions des paysages, des animaux, du bateau également ont été exactement à la hauteur de mes attentes. Katarina Mazetti ne fait pas l’impasse dessus mais les dissémine avec parcimonie tout au long du texte, au rythme de l’avancée du voyage, à travers les témoignages des héros. Et c’est vraiment très bien pensé, très bien construit, on découvre ce territoire avec frisson, respect et enthousiasme. C’est aussi l’occasion de rapidement revenir sur l’impact humain envers l’environnement et sur de nombreuses questions écologiques qui ont un écho tellement fort et particulier dans cette partie du monde, si fragile.

Parallèlement, les personnages sont extrêmement attachants. Vu que c’est eux qui nous parlent, on ne possède pas toutes les clés pour les comprendre dès le début et c’est une vraie découverte qui se fait petit à petit. Ils sont tous très différents, et les interactions entre eux ne manquent pas de piquant. On ne s’ennuie jamais à leurs côtés et ça tombe bien puisque c’est eux qui mènent l’histoire. Katarina Mazetti a un vrai talent dans le traitement de ses personnages : ils ne sont pas lourds mais ils ont quand même de la consistance. En fait, ils sont tout simplement comme nous, avec des cicatrices, des passions, des espoirs. Il y a une vraie humanité dans ces êtres de papiers. Quant à l’histoire en elle-même, j’y ai vraiment trouvé mon compte. Au début, cela paraît décousu, on ne sait pas vraiment où nous emmène l’auteure, mais très vite, une trame de fond se profile et on la suit avec patience, sans se presser, mais avec toujours autant d’intérêt.

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Bref, vous l’aurez compris, ce livre est une vraie réussite à mes yeux, c’est du « bon Mazetti ». Et je vous le conseille vraiment beaucoup, ça peut être un excellent cadeau pour les fêtes.

Katarina Mazetti, Ma vie de pingouin, aux éditions Gaïa, 21€.

PS : je vais me lancer dans la lecture de la deuxième moitié des Misérables. Ça + les fêtes = vous risquez d’attendre un petit peu pour lire la prochaine chronique, soyez patients 😉