Monumental, records et merveilles de l’architecture, de Sarah Tavernier et Alexandre Verhille

Au hasard des rayonnages de ma médiathèque, mon œil a été attiré par un très grand livre à l’espace jeunesse. Il s’agit de Monumental, records et merveilles de l’architecture de Sarah Tavernier et AlexandreVerhille.

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Ce magnifique ouvrage est un atlas qui parcoure cinq continents et 80 pays. Les dessins sont très colorés et soignés, la maquette et l’édition sont vraiment superbes. Au fil des pages, les auteurs nous invitent à découvrir de très nombreux monuments, incroyables par leur construction (des prouesses techniques), leur beauté, leur fonction…

Évidemment, on retrouve des incontournables comme les pyramides de Gizeh, la tour Eiffel ou celle de Pise, la Statut de la Liberté, on retrouve les plus grands buildings du monde, etc. Ces édifices ont tous été bâtis par la main de l’homme et c’est fou de voir toutes ces constructions, tous ces records techniques. Au-delà des monuments les plus célèbres, j’ai vraiment énormément apprécié de découvrir des édifices provenant de tous les pays, de tous les continents et de toutes les époques. Les édifices religieux (toutes religions confondues d’ailleurs) puis les monuments politiques sont les plus nombreux bien sûr mais on retrouve également des hôtels, des bibliothèques et même une école maternelle ! A chaque monument correspond une petite vignette avec les éléments les plus importants à savoir : la localisation, la date de construction, les architectes, la taille…

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A picorer ou à lire scrupuleusement, cet atlas saura vraiment ravir vos yeux et votre curiosité, c’est vraiment une petite merveille ! Je vais sans aucun doute le partager avec les enfants de mon école et j’ai hâte de voir leur réaction !

Sarah Tavernier et Alexandre Verhille, Monumental, Records et Merveilles de l’architecture, aux éditions Milan, 19€90.

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Orient/Occident, mode d’emploi de Yang Liu

Histoire de reprendre en douceur, j’ai commencé par un tout petit petit livre avec (presque) pas de mots. Orient/Occident, mode d’emploi de Yang Liu est carré, rouge et bleu, et publié par Taschen. Autant dire que l’édition est impeccable.

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Yang Liu a habité plusieurs endroits autour de la Terre. Etats-Unis, Chine, Allemagne… Ces expériences l’ont surprise et fascinée : quoi de mieux pour mettre en lien, comparer les modes de vies, les cultures, les peuples, les schémas de pensée. D’ailleurs, c’est à travers des schémas, des dessins simples, des bonhommes en bâtons qu’elle relève les différences entre l’Orient et l’Occident. A chaque double-page, vous comprenez d’un coup d’œil grâce aux pictogrammes de quelle façon un Chinois et un Canadien verront le rôle du chef, comment on exprime une idée au Japon et en Italie, comment on demande la parole dans une école cambodgienne et dans une école ukrainienne…

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On ne précise pas les particularités selon chaque pays, il s’agit juste là des nuances principales et les plus marquantes entre Orient et Occident. Ce n’est pas un guide précis mais il nous suffit à comprendre que les différences sont fondamentales, ancrées en nous. J’ai été surprise à de nombreuses reprises en regardant ces pages, j’ai éclaté de rire parfois et je me suis souvent interrogée. Plusieurs comparaisons ne m’ont pas parlée, je ne les ai pas comprises. De plus, très clairement, c’est axé sur les pays développés. Je ne suis pas vraiment certaine qu’on puisse appliquer cet ouvrage aux pays africains ou d’Amérique du Sud.

Bref, ne recherchez pas là de l’exhaustivité. Il s’agit d’un regard subjectif, celui de l’auteure, qui a eu l’occasion de vivre dans plusieurs pays, cultures. Et c’est drôle, c’est intelligent, c’est malin. Malgré ses défauts, j’ai passé un très bon moment en feuilletant ce livre. Clairement, c’est ce petit ouvrage qui m’a donné envie d’en rouvrir d’autres, au cœur de cette immense peine de lecture. C’est grâce à lui que j’écris cette première chronique de l’année.

Yang Liu, Orient/Occident, mode d’emploi, aux éditions Taschen, 12€.

World War Z, de Max Brooks

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Avec un peu de retard – NaNoWriMo oblige –, je viens vous parler de la lecture commune de novembre. L’avant-dernière de l’année et je pense déjà à celles de l’année prochaine… Ce mois-ci, était au programme un livre atypique que je voulais découvrir depuis longtemps : World War Z de Max Brooks.

Vous le savez déjà, on va parler de zombie. Le monde a plongé dans l’apocalypse, un mal aussi incompréhensible que terrifiant a envahi littéralement la planète, ne laissant que peu d’espoir. Mais des hommes et des femmes se sont battus pour rester en vie, pour reprendre possession de leurs terres, pour faire survivre l’humanité, en dépit de la souffrance, des manques, de la peur. C’est cette histoire que va raconter le narrateur. Le mal est passé, on s’en relève à peine et il est censé écrire une sorte de rapport, de documentaire retraçant l’épidémie, des premiers cas à la Grande Panique, mais aussi les différents moyens qu’ont utilisés les états pour combattre ce mal, la façon dont le peuple a essayé de survivre. Les échecs cuisants, les conséquences qu’on n’imagine même pas, les îlots de civilisation partout dans le monde, les souffrances psychologiques, les secrets petits et grands…

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Pour cela, le narrateur va dans le monde entier et interviewe ceux qui ont vu, ceux qui ont vécu, ceux qui ont survécu. Il nous retranscrit cela directement sans filtre. Un témoignage poignant, fort.

Un témoignage fictionnel bien entendu. Un coup de maître de la part de l’auteur. Certains sont désarçonnés par ce livre vraiment à part, s’étant attendu à un roman de zombie on ne peut plus classique. Personnellement, je savais à quoi m’attendre et j’étais très curieuse de découvrir ce livre. Et autant dire que cela a super bien fonctionné sur moi. J’ai été passionnée, emballée dès les premières pages et je prenais un réel plaisir à me replonger chaque jour dans ces pages. Les chapitres, les interviews sont nombreuses et très très diverses, différentes. Du militaire au scientifique, de celle qui est devenu folle à l’ancien président, tout le monde est représenté. On ne s’ennuie pas un seul instant, on découvre la grande histoire de la Guerre des Z comme les témoignages plus personnels mais tout autant importants. Pas de redites, une progression chronologique toujours maîtrisée, des échos qui enrichissent la lecture. Rajoutez à cela l’imagination incroyable et vous obtenez un livre remarquable.

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Il est vrai que cette histoire est parfois un peu américano-centré mais tous les continents sont représentés. On voyage à travers le monde, s’effrayant de voir qu’aucun coin n’a été épargné. Du fond des océans, à la station spatiale, du Japon à Cuba… Il y a toute la détresse possible dans ce roman mais aussi de l’espoir. Car l’on sait que l’humanité a survécu. Des Victory Day sont fêtés, la fin officielle de cette guerre a été déclarée, mais tout le monde sait que le combat n’est pas fini. Les zombies sont en nombre encore et se relever de ce chaos va demander beaucoup de temps et d’effort. Le monde se réveille d’un cauchemar terrible et il garde les yeux bien ouverts, regardant vers l’avenir.

World War Z est une vraie pépite, une expérience de lecture inédite. Moi qui ne suis pas fan des histoires de zombie classique, là j’ai été conquise. Et vous ?

Retrouvez aussi les avis de L’Aléthiomètre et Lilylit.

Max Brooks, World War Z, Le Livre de Poche, 7€60.

Un été avec Victor Hugo, de Laura El Makki et Guillaume Gallienne

Vous le savez sûrement, Victor Hugo – dit Vivi dans mon cœur – c’est un peu une histoire d’amour. J’ai lu pas mal de ses romans et poèmes (même s’il me reste encore un bon paquet de lectures), plusieurs biographies et essais sur le personnage. Je me suis beaucoup intéressée à sa vie et à ceux qui gravitaient autour. Parallèlement, une petite collection de livres aux éditions des Équateurs me faisaient de l’œil depuis longtemps. Il s’agit de Parallèles, qui reprend une série d’émissions radiophoniques de France Inter autour de grands écrivains français. C’est donc tout naturellement que j’ai acquis Un été avec Victor Hugo de Laura El Makki et Guillaume Gallienne.

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Je vais vous parler ici du livre en tant que tel, je n’aborderai pas le côté radio de la chose (je ne l’écoute jamais et n’y connais rien). C’est un livre très bien conçu qui, à travers des dizaines de courts chapitres, abordent les aspects les plus importants (et parfois méconnus) de la vie de Victor Hugo. Les tables tournantes, son double Olympio, son lien avec l’enfance ou la musique, son amour et sa défense du peuple, ses penchants et tourments politiques… C’est assez complet sans aller trop dans le détail. Parfait pour poursuivre la découverte de Hugo après une première lecture du bonhomme par exemple, peut-être un peu léger quand on le découvre pour la première fois. J’ai trouvé la plupart des sujets très bien choisis et traités même si certains m’ont paru très artificiels, peu intéressants, comme si on les avait écrits histoire d’avoir le bon nombre de chapitres/émissions.

Le style est limpide, on lit ce livre avec une grande aisance et les pages de ce petit ouvrage soigné se tournent facilement entre nos mains. La faible longueur des chapitres donne beaucoup de dynamisme à la lecture et évite la monotonie d’un récit chronologique. Les auteurs ont pris la peine de citer à plusieurs reprises Victor Hugo : on n’en attendait pas moins. Les extraits sont d’ailleurs soigneusement choisis, toujours judicieux et rendent la lecture encore plus savoureuse.

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J’ai beaucoup apprécié cette lecture rapide et divertissante qui a réussi à m’apprendre encore des choses sur Victor Hugo quand bien même j’en connais déjà pas mal. Petites anecdotes, informations biographiques, réflexion sur ses œuvres littéraires et politiques : on ne s’ennuie jamais malgré quelques petites répétitions d’un chapitre à l’autre. C’est vraiment un livre que je vous conseille vivement et je pense découvrir d’ici peu le reste de cette collection.

Laura El Makki et Guillaume Gallienne, Un été avec Victor Hugo, aux éditions des Equateurs, 13€.

L’écriture. Des hiéroglyphes au numérique.

Parfois, dans notre société consumériste et dirigée par le capitalisme, on oublie ce que c’est que donner. Donner ce n’est pas deux livres achetés = un livre offert. Donner, c’est partager sans attendre un retour, juste par envie de partager. Et ça, les éditions Perrin l’ont compris. L’initiative en question s’est déroulée en 2008 il me semble (mais le livre dont je vais parler est toujours trouvable). Imaginez-vous, vous flânez dans une librairie, vous trouvez un petit poche sympa sur l’histoire de l’écriture, vous parcourez la quatrième de couverture, moui ça a l’air pas mal. ET LA ! Réflexe de tous les lecteurs-acheteurs de France : votre regard glisse, rapide comme l’éclair, au bas de la page. Là, à côté du code-barre, vous cherchez la valeur de cet ouvrage, son prix, le combien-vous-allez-devoir-casquer-pour-acheter-de-la-culture, et ô miracle ! ô joie ! ô surprise ! « Exemplaire gratuit. Ne peut être vendu. » Comme quoi, il y a encore de l’espoir.

Ce livre, c’est un recueil de plusieurs articles et entretiens parus dans la revu L’Histoire. Oui bon, c’est vrai, ce n’est pas du neuf, ces écrits sont donc déjà parus ailleurs. Mais là où les éditions Perrin sont fortes, c’est dans ces choix éditoriaux. D’abord, les articles ont été choisis pour formé un tout cohérent, complet. Le traitement de l’évolution de l’écriture se fait de manière chronologique : ses naissances (oui, il y en a plusieurs), les manuscrits, Gutenberg et internet. Un large tour d’horizon en quelques pages pour décrypter les valeurs, la force de cet outil qui a subi moult transformations en cinq mille ans. Les auteurs de chaque article sont experts et reconnus dans leur domaine et le livre est enrichi d’un glossaire et d’une chronologie de l’écriture vraiment très utiles.

Les choses n’ont pas été fait au hasard donc. Cet ouvrage permet de revenir sur des fondamentaux de l’histoire de l’écriture (tablettes mésopotamiennes, hiéroglyphes, invention de l’imprimerie entre autres) mais s’interroge aussi, notamment au travers des entretiens, sur la symbolique de ce média à une époque donnée pour nous permettre de mieux appréhender le sens de l’évolution de l’écriture. Certain des articles nous font part d’expérience particulière ou d’évenement précis pour nous raconter l’histoire : la traduction de la pierre de Rosette pour le début de l’écriture ou les manuscrits de charte pour l’enluminure au Moyen Âge en sont des exemples. Surtout, le livre des éditions Perrin traite des sujets auquels jamais on aurait pensé : l’écriture des précolombiens ou dans le monde de l’Islam, ou encore la folie de la copie chez les Chinois.

Le style peut paraître parfois un peu froid ou difficile d’accès, il y a beaucoup de données à intégrer. Heureusement, l’alternance avec les entretiens, plus vivants et à l’aide du glossaire de fin, ce livre est vraiment à la portée de tout le monde et permet une découverte en douceur de l’histoire de l’écriture qui a érigé nos sociétés actuelles ; sans compter sur la plume vraiment agréable à lire de certains auteurs. Un ouvrage peut-être pas de référence mais que je vous recommande tout de même pour toutes les curiosités qu’il traite.