NaNoWriMo 2016 : le bilan

I did it !

I DID IT !

OMG OMG OMG OMG

Voici, à peu de choses près, ma réaction quand je me suis rendue compte que la barre des 50k (comprenez « des 50 000 mots ») a été franchie. Une fois n’est pas coutume, j’étais en write-in avec les NaNoteurs toulousains quand cela s’est produit. Un vrai bonheur de partager ce moment-là avec eux.

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A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes le 1er décembre. Le National Novel Writing Month, ou NaNoWriMo, est terminé depuis quelques heures. Nous sommes nombreux à être encore un peu sonnés par ce challenge de fou furieux qui nous a fait écrire un petit roman en trente jours – ouais, carrément. Cette année encore, pour la quatrième fois consécutive, j’ai fait mon quota de mots, j’ai réussi. NaNoWinner, oh yeah ! C’est évidemment une immense fierté personnelle, même si j’ai fini cette édition sur les rotules.

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NaNoRébellion et rythme aléatoire

Après moult tergiversions, j’ai en effet décidé cette année de faire ma NaNoRebelle. Je n’ai pas créer de toute pièce un nouveau roman, mais j’ai procédé à une sorte de réécriture de celui de l’année dernière. Sur les falaises de Guernesey (matte-moi un peu ce titre!) était un histoire qui m’obsédait depuis longtemps avec unVictor Hugo en exil à Guernesey. Et à ma grande surprise, c’est partie dans du grand n’importe quoi l’an dernier. A base de fantôme, de menace diabolique, de psychose, etc. Et c’était juste génial.

Ce roman a dévié façon American Horror Story en plein milieu de NaNo. Je vous laisse imaginer le gros micmac. Un boulot monstrueux pour tout reconstruire, ordonner. Devant la masse de travail que cela représentait, la motivation s’est un peu caché. Me connaissant, je savais très bien que seul le NaNoWriMo me pousserait à avancer dans cette histoire qui me hantait depuis des mois. Alors j’ai sauté dans le vite. Cette année, ce serait Sur les falaises de Guernesey (réécriture).

J’ai pris mon temps. Histoire de partir sur de bonnes bases, j’ai décidé de faire un plan du roman en utilisant la méthode par carte. Redoutable. En moins d’un heure, j’avais toute la base de mon récit devant les yeux : un vrai bonheur, je savais où j’allais.

Le rythme n’a pas été… soutenu. C’est le moins qu’on puisse dire. Faire le NaNoWriMo ne me fait plus peur : je sais que j’en suis tout à fait capable. J’ai donc fait le choix de garder une vie sociale, de continuer le sport, de m’investir tout autant dans mon travail. Il y avait des jours où je n’écrivais pas du tout, des jours où j’écrivais énormément. Globalement, j’étais même en avance les trois premières semaines ! Il faut dire que je suis devenue une pro pour blablater, pour faire avancer le wordcount, pour étendre une scène sur des pages… De l’écriture au kilomètre, un premier jet pas terrible mais qui a une grande qualité : faire sortir de ma plume cette histoire, dans sa version nouvelle. À partir de ce matériau bâtard, je vais pouvoir commencer une vrai réécriture de fond.

Mon histoire n’est pas tout à fait finie. Il me reste à écrire à la suite du NaNo 3 ou 4000 mots. Mais c’est déjà beaucoup moins insurmontable que les 50k de novembre !

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NaNoCommunauté

J’ai l’impression de me répéter chaque année, mais ce qui compte énormément dans la réussite du NaNo, c’est la communauté. Le forum, le chat, mais aussi les rencontres IRL. A Toulouse, nous étions inséparables, à se faire des write-in plusieurs fois par semaine. La Kick-Off a duré jusqu’à 8h00 du matin et a été un moment vraiment magique. Le TGIO (Thanks God ! It’s Over!) promet d’être formidable également. J’ai rencontré des gens attachants, talentueux et j’espère de tout mon cœur que ce sont là de belles amitiés qui se dessinent. Pouvoir partager bonheurs, déboires et anecdotes d’écriture avec des personnes comme celles-ci, c’est tout simplement fabuleux. Je manque de superlatifs pour vous, les NaNoteurs toulousains. Merci pour tout !

A l’autre bout de la France ou de la planète, des amis très chers se sont également lancé dans leur première édition du NaNo (et ils ont tout déchiré ! Momo et Jo-Machin, bravo!). Quel bonheur de voir leur avancée, quel bonheur de les voir se lancer dans ce challenge incroyable !

Une édition du NaNoWriMo riche en émotion, encore une fois. Un bébé roman qui va demander un travail herculéen mais que je suis très heureuse d’avoir pu avancer. Des moments de partage, des rencontres, des sourires inoubliables. Et la fierté encore une fois de se dire que l’on peut écrire !

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Le NaNoWriMo 2016

Novembre approche. Winter is coming. Et avec lui, le NaNoWriMo.

Mais si, vous savez, ce défi fou qui implique d’écrire 50 000 mots en un mois. Cet événement mondial et communautaire auquel des milliers de personnes participent à travers le monde. Ce pari incroyable que j’espère bien relever pour la quatrième année consécutive.

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Et chaque année, je m’investis plus, chaque année ça va plus loin. Mais faisons les choses dans l’ordre.

Ecrire quoi ? Quel va être mon sujet pour cette année ? Je vous avouerai que je me suis posée la question longtemps, sans vraiment me presser, sans être très inquiète non plus. Au fil des éditions, je suis de moins en moins stressée vis-à-vis du NaNo et je l’aborde hyper sereinement. Toutefois, il vaut mieux savoir – ne serait-ce que vaguement – sur quoi on va écrire pour se lancer le jour J.

nympheas2Dans un coin de ma tête, a surgi l’envie d’écrire sur la peinture, sur l’impressionnisme et même plus précisément : sur Monet à Giverny. L’année dernière aussi, j’avais écrit une fiction autour d’un homme dans un lieu – Victor Hugo à Guernesey en l’occurrence.

Sauf que je n’y connais franchement pas grand-chose en impressionnisme ou plus globalement en peinture, je ne suis jamais allée à Giverny et j’en sais vraiment peu sur la vie de Monet. Je suis juste tombée amoureuse, bêtement, comme plein de monde, de ses Nymphéas. Pendant quelques temps, j’ai donc gardé cette idée en ligne de mire. Mais les jours ont filé et malgré les vacances qui venaient enfin d’arriver, j’ai bien compris que je n’aurai jamais assez bossé mon sujet pour être prête le premier novembre.

J’ai donc longuement hésité. Regarder dans mon répertoire d’histoires à l’état embryonnaire pour en avancer une : pourquoi pas ? Ce serait assez facile pour moi, les mots me viennent assez vite au NaNoWriMo, je suis sûre que je pourrais atteindre les 50k.

vh-hh-2Mais voilà, il y a un autre projet qui m’obnubile et me vampirise complètement : le NaNo de l’année dernière. Son nom de code est Roman3_01 ou SLFDG (pour Sur les falaises de Guernesey). Le premier jet a été terminé en janvier dernier et contrairement aux autres auparavant, c’est un texte que je n’arrive pas à laisser tranquille. Normalement, je laisse une histoire en jachère de longs mois voire années avant de le reprendre. Mais pour SLFDG, je ne passais pas une semaine sans y penser, sans prendre des notes, sans repenser l’intrigue, sans l’ouvrir pour zieuter ce que j’avais écrit. Victor Hugo et son exil à Guernesey ne sont jamais sorti de ma tête, et cela va faire plus d’un an que c’est comme ça. Plus d’un an à lire du Hugo ou sur Hugo, à réfléchir à cette fiction et à ses ramifications.

J’ai de beaux projets pour ce roman : la trame de fond à refaire, des intrigues secondaires à repenser complètement, des personnages à remodeler. Et j’y pense constamment. Dans le doute, j’en ai parlé à mes amis, leur expliquant ma situation, et ils ont été unanimes : pourquoi me retenir d’écrire sur ce sujet puisqu’il est évident que c’est celui-ci que je veux !

Donc c’est officiel : cette année, je serais NaNoRebelle. Je vais réécrire complètement de A à Z le roman que je chéris tant. Et croyez-moi, il y a beaucoup de boulot, et de quoi faire 50 000 mots. C’est bien la première fois que je suis objectivement peu certaine de réussir mon NaNo tellement la tâche me paraît titanesque, mais je sais déjà que ce ne sera que du plaisir. Bien sûr, je bloguerai et twitterai ça… à condition que vous en fassiez de même si vous aussi vous participer au NaNo !

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Le rythme de mes lectures et donc le rythme des publications sur le blog risquent de ralentir. Il faut dire que je compte beaucoup m’investir dans cette édition du NaNo. J’accueille d’ailleurs chez moi la Kick-Off toulousaine – le première nuit d’écriture entre le 31 octobre et le 1er novembre – chez moi ! Si vous êtes intéressés pour venir, n’hésitez pas à m’envoyer un NaNoMail 😉

TAG La plume en herbe

Je ne fais pas que lire, j’écris. (Et pas seulement des articles de blogs et des tweets, cela s’entend.)

J’écris même depuis sacrément longtemps. Et aujourd’hui, j’ai décidé de vous en parler, histoire qu’on se connaisse mieux vous et moi. Je vais faire ça sous forme de questions/réponses. On pourrait presque appeler cela un TAG, oui, allez, le TAG de la plume en herbe. (On dit bien « écrivain en herbe », non?). En plus, il y a dix questions tout pile. J’aime bien quand les choses sont carrées.

La plume en herbe

Surtout, n’hésitez pas à reprendre ce TAG partiellement ou totalement sur vos blogs ou vos pages perso, ou même en commentaire. Je suis vraiment curieuse de voir s’il y a des auteurs derrière les lecteurs que je côtoie sur la blogosphère.

1. Tu écris depuis quand ? Comment s’est venu ? Oulah, je dirais que j’écris depuis que je sais écrire. Ma maman m’a très vite donné le goût des histoires en me lisant chaque soir patiemment des contes. J’ai tout de suite eu le virus de la lecture, mais cela ne suffisait pas. J’avais une imagination débordante, c’est donc tout naturellement que l’écriture de fiction est entrée dans ma vie.

2. Tu écris quoi ? De très loin, je préfère écrire des romans, même si j’arrive à en écrire et à les finir que depuis trois ans environ. Je ponds aussi quelques nouvelles parfois, mais j’y prends moins de plaisir. C’est pour moi plus un exercice pour m’entraîner et ne pas perdre la main entre deux romans.

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3. Ton parcours de plume en herbe ? Petite, j’écrivais des micro-histoires, des petites poésies, des chansons. Puis c’est passé au journal intime dès le collège (on aime bien se regarder le nombril à cet âge-là). Au lycée, j’ai essayé des textes très courts, personnels et poétiques. J’ai très très peu écrit à mon entrée en fac, mais mon admission en master écriture a tout changé. Et je suis tellement heureuse d’avoir pris cette voie ! L’écriture est vraiment un art dans lequel je m’épanouis pleinement. Il y a des défis à relever et des possibilités infinies. Puis, il y a eu la rencontre qui a tout changé : le NaNoWriMo dont je parle et reparle souvent sur le blog. Grâce à cet événement, j’ai pu finir mon premier roman, et… ouah quelle sensation ! Depuis j’en redemande. Et pas plus tard qu’hier, j’ai mis le point final au premier jet de mon troisième roman ! *clap clap clap*

4. Tes rituels d’écriture (lieux, matériels, etc.) ? J’écris sur mon ordinateur après avoir noté sur un carnet mes idées d’intrigues, de noms, etc. Hors NaNoWriMo (où là, par nécessité, j’écris n’importe où et sur n’importe quoi), je préfère écrire le matin à la bibliothèque ou dans un café. J’arrive assez facilement à me concentrer dans ce genre d’ambiance, et j’évite de mettre le WiFi pour ne pas être trop tentée… J’ai toujours du thé avec moi, et un truc à grignoter. J’écris sans musique, mais j’en mets parfois pour couvrir les bruits de ceux qui bavardent tranquillement en dérangeant tout le monde à la bibliothèque.

5. Ta méthode d’écriture ? Plutôt jardinier ou architecte ? Je note des idées (un thème, un personnage, parfois je pars juste avec un titre), et hop je me lance. En ça, je suis jardinier, j’attends que ça vienne. Cela donne des scénarios invraisemblables et géniaux à mon goût que je n’aurais jamais imaginer en préparant tout à l’avance. Avec mon dernier roman, j’avais essayé d’être architecte : j’avais préparé un plan sommaire (plutôt un chapitrage), des fiches de personnages, des docs historiques et biographiques… Mais au bout de 10 chapitres, c’est parti à toute berzingue dans une direction tout à fait inattendue, et je suis plutôt du genre à suivre le mouvement pour voir où ça me mène. (Et j’en suis assez contente.) Après le premier jet, je laisse reposer le roman loooongtemps (parfois un an voire plus!), puis je le reprends pour une réécriture complète : c’est-à-dire que j’imprime la première version et je retape tout différemment, en bien mieux, et en faisant des coupes drastiques. C’est souvent à s’arracher les cheveux de me relire : les incohérences dans la narration qu’il faut corriger, les fautes de français, les oublis… Puis je laisse reposer encore un peu et je le reprends une deuxième fois, mais cette fois-ci pour une ou plusieurs relectures. Après vient le moment des bêta-lecteurs, des derniers remaniements et corrections. Et voilà un roman tout beau, tout propre, écrit avec amûûûr. Pour l’instant, je n’ai jamais rien voulu présenter à un éditeur, je n’ai pas du tout l’étoffe d’un « vrai » écrivain. Mais peut-être qu’avec le petit dernier, je franchirai ce pas, parce que j’en suis sacrément fière quand même !

6. Qu’est-ce que tu aimes et détestes le plus dans l’écriture ? J’adore être surprise par mes personnages. J’adore la première réécriture. Je m’éclate avec la ponctuation aussi et j’apprends à apprécier de plus en plus le travail sur les dialogues. Je déteste devoir faire des descriptions et au premier jet, je les zappe souvent. Je déteste devoir écrire alors que je suis fatiguée. En fait, il faut que je sois bien physiquement pour écrire.

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7. Comment tu combats le syndrome de la page blanche ? Je trouve des idées de romans un peu par hasard, dans le métro, ou sous la douche, je les note toutes. Et je sais qu’il m’est impossible d’écrire quelque chose si je n’ai pas une de ces idées sous le coude, donc je ne tente même pas sinon c’est page blanche assurée. Sinon, pour le reste du temps, je m’astreins depuis des mois à un petit rythme pépère d’écriture deux ou trois matins par semaine minimum. C’est peu en réalité, mais au moins avec ça j’avance sûrement dans mes projets. Et bizarrement dans ces moments, je suis dans le train, l’écriture avance d’elle-même sans que j’ai trop à me forcer. Pour ce qui est de la réécriture qui peut me peser parfois, je me fixe des objectifs avec des pauses régulières ou une carotte à l’arrivée. Et si vraiment, c’est une période sans, je laisse tomber plusieurs semaines, je lis, je remplis ce blog (car cela reste TOUJOURS un plaisir), je me vide la tête, et quand j’y retourne, ça va mieux !

8. L’écriture, c’est quoi pour toi ? C’est un vrai moyen d’explorer d’autres horizons et de découvrir de nouvelles facettes de moi-même. C’est presque un jeu ! Ce n’est pas une échappatoire, ni un refuge, mais plutôt une autre dimension avec des êtres en papier qui vivent leur vie et que je retranscris. C’est un loisir extrêmement gratifiant à titre personnel auquel je souhaiterais accorder plus de temps.

9. Tu écris quoi en ce moment ? Je viens de finir un roman dont le titre provisoire est Sur les falaises de Guernesey. L’idée a germé lors d’un atelier d’écriture en juillet 2015 et elle a mûri pour se réaliser avec le NaNoWriMo 2015. Ce gros bébé est immense, et l’écriture du premier jet m’a pris 8 mois de travail intense (entre la préparation et la rédaction). Je voulais à la base raconter comment Victor Hugo était revenu à la rédaction des Misérables alors qu’il était exilé sur l’île de Guernesey dans la magnifique Hauteville House. Toute sa famille m’intéressait : je voulais parler de cet univers-là. Mais un chapitre sur les séances de tables tournantes (auxquelles il s’adonnait à Jersey) a tout changé et le livre a pris un autre tournant (oh, oh, ce jeu de mot !). Pour faire claire, imaginer qu’American Horror Story s’invite en plein milieu de sa baraque. Phénomènes étranges, inquiétants, vols, folie, agressions, bref ! Je me suis beaucoup éloignée du sujet, mais j’en suis tellement heureuse ! J’ai quitté un biopic plan-plan, pour lequel je n’avais clairement pas l’envergure, pour une réécriture complètement fantastique et un peu sombre d’un épisode de la vie de Victor Hugo. Je me suis carrément arrangée avec la réalité, mais qu’importe ! On a le droit de tout faire en écriture de création…7

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10. Tes ambitions, tes envies, tes projets en écriture ? Mon prochain projet, c’est de commencer la réécriture d’un autre roman qui attend depuis presque un an, et de commencer la relecture du tout premier que j’ai écrit (avec un point final et tout et tout). J’ai quelques petites idées pour une ou deux nouvelles que je pense écrire avant le milieu de l’année, mais rien de bien pressant. Je n’ai pas d’ambition particulière, sauf peut-être pour ma toute dernière création, mais on en est loin : la réécriture de Sur les falaises de Guernesey va juste être colossale et va me prendre des mois ! Je ferai tout pour garder un rythme d’écriture similaire ou supérieure : l’écriture est devenue pour moi presque un besoin et je ne peux pas m’en passer très longtemps.

J’espère que cet article, plus personnel, vous aura plu. C’est à vous de jouer à présent. Vous êtes tous invités à répondre à ce TAG : n’hésitez pas à vous servir de l’image plus haut, et si vous caler le lien vers cet article quelque part, ça me fera très plaisir ! Je vous mets ci-dessous la liste des questions, pour que vous ne vous embêtiez qu’avec un seul copier-coller. J’ai hâte de lire vos réponses !

  1. Tu écris depuis quand ? Comment s’est venu ?
  2. Tu écris quoi ?
  3. Ton parcours de plume en herbe ?
  4. Tes rituels d’écriture (lieux, matériels, etc.) ?
  5. Ta méthode d’écriture ? Plutôt jardinier ou architecte ?
  6. Qu’est-ce que tu aimes et déteste le plus dans l’écriture ?
  7. Comment tu combats le syndrome de la page blanche ?
  8. L’écriture, c’est quoi pour toi ?
  9. Tu écris quoi en ce moment ?
  10. Tes ambitions, tes envies, tes projets en écriture ?

NaNoWriMo 2015 : l’heure du bilan

Le NaNoWrimo 2015 est sur le point de finir. [Quoi, mais vous ne savez pas ce qu’est le NaNoWriMo, malheureux ?! Allez voir  ! Tout de suite, zouh !]. Et pour la troisième année consécutive, j’y ai participé avec une grande impatience, une grande excitation. Petit bilan post-écriture.

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Une question de rythme

Le NaNoWriMo, c’est 50 000 mots en un mois, soit une moyenne de 1667 mots par jour. Autant dire qu’il faut tenir la distance, car 50 000 mots, c’est VRAIMENT BEAU-COUP. En tout cas, pour moi. Sauf qu’au bout de trois éditions, eh bien je commence à m’y habituer. La première, j’ai du broder autour de mon histoire pour atteindre le nombre de mots voulu, l’année dernière, j’avais atteint pile poil ce qu’il fallait. Et cette année, cette évolution a continué : l’histoire que je voulais écrire s’est révélé beaucoup plus longue que prévue. A l’heure où je vous parle, j’ai déjà fini le NaNoWriMo, mais je ne suis même pas à la moitié de mon histoire, il me reste du travail en perspective… j’espère avoir assez de motivation pour y arriver, sinon ça attendra le NaNoWriMo prochain !

Côté nombre de mots, là aussi une belle amélioration. Grâce à mon travail qui me laisse des temps libres en matinée, j’ai pu avancer comme une folle à coup de 5000 mots par jour, j’ai pris une très belle avance. J’ai trainaillé les derniers jours mais j’ai malgré tout fini mon NaNo en avance, même si ce n’est pas le cas de mon histoire.

La communauté du NaNo

La grande nouveauté de cette année, c’est mon implication au sein de la communauté française du NaNoWriMo. Comme tous les ans, j’ai participé au forum, et pour la première fois, je suis allé aussi très régulièrement sur le chat français. Entraide, encouragement, discussion et surtout word wars très régulières m’ont permis de penser NaNo, de manger NaNo, de dormir NaNo.

En dehors de la toile, les nanoteurs de Toulouse se sont souvent réunis et j’ai été ravie de me joindre à eux pour quelques write-ins. J’en ai été vraiment contente, j’ai rencontré des gens agréables et motivants, et j’ai passé d’excellents moments. (Si vous passez par là nanoteurs toulousains, merci encore !)

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Planner vs Panser

Au NaNoWriMo, on fait la distinction entre les planners (ceux qui prévoient leur histoire en amont, font un plan, des fiches de personnages) et les pansers (ceux qui viennent les mains dans les poches). Depuis toujours, je faisais partie de la deuxième catégorie : j’avais vaguement une idée de l’histoire que je voulais faire et je me lançais dans le vide sans filet. C’était enthousiasmant mais j’ai également passé des heures douloureuses à me torturer l’esprit devant une page blanche (et dans le cadre du NaNo, c’est juste terriblement frustrant). Mais à chaque fois, le NaNo transformait cela en expérience vraiment étonnante car devoir écrire au kilomètre débloquait toujours les choses à un moment ou à un autre et mon histoire alors se transformait totalement. C’est comme ça que je me suis retrouvée à écrire un genre de thriller psychologique alors que ce n’est pas du tout – mais alors pas du tout – mon genre de prédilection. J’ai même réussi à tuer un de mes personnages (et chez moi, c’est un acte absolument rarissime).

Mais cette année, je suis panser. Mon idée a germé pendant l’été et comme l’histoire devait se baser sur des personnes et des faits très réels (en l’occurrence Victor Hugo et son exil à Guernesey – pour faire simple) et que cela me tenait vraiment à cœur, je me suis dit qu’il fallait un minimum de préparation. Je ne voulais absolument pas faire une biographie, soyons d’accord, mais je voulais dès que possible respecter la réalité dans mon texte. C’est ainsi que je me suis retrouvée à lire de nombreuses œuvres du grand homme, ainsi que des ouvrages retraçant sa vie et celle de sa famille. Ça a été vraiment très enrichissant et je ne regrette absolument rien. Mon côté étudiante en lettres avait repris le dessus et j’adorais ça. Cependant, le NaNo approchait et je n’ai pas pu tout lire, tout apprendre, même si j’en savais assez pour faire le premier jet. Je me suis donc lancé assez confiante dans cette aventure, suivant mon chapitrage, me référant à mes fiches de personnages. C’était bien la première fois que j’avais préparé ce que j’allais écrire et je dois avouer que je suis allé beaucoup plus vite en partie grâce à cela. Plus de panique devant la feuille blanche, je n’avais qu’à suivre le plan, mettre en mots ce que j’avais rapidement noté. Et sachant que je suis la pro pour broder (merci les éditions précédentes du NaNo…), ça roulait assez bien cette histoire. J’aimais beaucoup mon sujet, mais j’avais manqué de temps pour vraiment mettre au point mon intrigue principale (alors que mes intrigues secondaires allaient bien, elles). De ce côté-là, je tâtonnais donc.

Et là, surprise ! Retournement de situation ! Le NaNo a encore frappé et mon histoire de Victor Hugo a pris de sérieux avant-goûts d’American Horror Story (très bonne série en passant, je vous la conseille grandement). Maison hantée, folie, secrets, cauchemars. Tout basculait… et c’était génial ! J’adorais et j’adore encore ce tour complètement décalé et surprenant qu’a pris mon histoire. J’ai donc continué dans ce sens et il n’y a pas à dire, c’est beaucoup plus prenant à écrire (et, j’espère, à lire plus tard), même si beaucoup moins académique.

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Ambiance

Au début, j’étais très très enthousiaste, j’attendais le NaNo depuis septembre déjà, j’y pensais même dès juin. Je n’avais qu’une hâte, c’était de m’y mettre. Il faut dire que j’ai toujours du mal à me mettre à écrire le reste de l’année, je me trouve toujours des excuses, mais le NaNoWriMo, c’est vraiment mon rendez-vous annuel, mon défi perso, où je prends un mois pour ma passion. C’est ça et rien que ça qui prime en novembre. Les premiers jours d’écriture étaient très agréables, je faisais connaissance avec mes personnages, je rencontrais les autres nanoteurs régulièrement, mon compteur de mots affichait un score excellent, je déroulais mes phrases sans encombre, j’avais du temps et de l’énergie, puis mon histoire s’améliorait de chapitre en chapitre.

Puis est arrivé le vendredi 13 novembre et cette soirée funeste. Ça n’a plus été pareil. Mon esprit – encore aujourd’hui – est ailleurs, et personnellement, je cherche toujours mon sourire depuis ce jour. Heureusement, mon travail à l’école me console beaucoup et les rires des enfants me donnent une raison de me lever le matin et de ne pas rester à me morfondre sous la couette. Ça a été vraiment un coup dur au moral. Et même si je suis la première à dire qu’il faut se relever et ne pas se montrer abattu, et bien cela demande du temps et de l’énergie. Sans compter que je suis malade depuis 10 jours. Mon NaNo s’est fini dans la lassitude et je dirais même que je m’en fichais un peu. J’écrivais de façon automatique. Il y avait des choses plus importantes ailleurs. Sur le chat, on se consolait. Sur le forum, les participants étrangers nous laissaient des messages d’entraide, de réconfort et d’amour. Entre nanoteurs toulousains, on n’avait plus vraiment la tête à faire des write-in. Novembre n’est pas le mois de 2015 que j’aurai préféré. Au même titre que janvier.

Bon, on arrête d’être triste 🙂

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Le NaNoWriMo 2015 est terminé pour moi. Je vais commencer à réécrire celui de l’année dernière. Je ne sais pas si je finirais l’histoire que j’ai commencé. J’espère car je l’aime vraiment beaucoup. Mais ce n’est jamais évident pour moi de me remettre à l’écriture. (Et cette conclusion est toute pourrie.)

Et vous, vous écrivez ? Vous avez fait le NaNoWriMo ? Dites-moi tout !

La fois où je suis devenu écrivain, de Vincent Cuvellier

Lire un livre où l’auteur se livre (oh, oh ! :p) sur la façon dont il est devenu écrivain alors que je suis en plein NaNoWriMo, ça a un côté rassurant. On se dit que les façons de parvenir à notre but (écrire un roman) sont très diverses, et l’important c’est que chacun trouve la sienne. La fois où je suis devenu écrivain, c’est l’histoire de Vincent Cuvellier qui revient vingt-cinq ans plus tard sur ses débuts dans le milieu littéraire.

À l’époque, Vincent est ado, il s’en sort mal au collège à tel point qu’il l’arrête dès ses seize ans. Il découvre alors les petits boulots, les stages, le chômage. Il essaie de s’en sortir comme il peut, comme on peut à seize ans, alors qu’on a autre chose en tête que son épargne retraite. Non, à seize ans, on pense aux filles, à l’image qu’on renvoie et on a des rêves aussi. Le rêve de Vincent, c’est de devenir écrivain, il n’a aucun doute là-dessus, c’est ce qu’il veut faire, c’est ce qu’il veut devenir. Déjà quand il était à l’école, il n’avait qu’une hâte, c’était de rentrer chez lui pour coucher des histoires sur le papier. C’était un moment de libération et de plaisir où enfin là il était à l’origine de quelque chose. Par hasard, Vincent participe à un prix littéraire qui récompense la nouvelle d’un jeune. Et il gagne. La première place. C’est alors une révélation. Le truc, c’est que sa nouvelle est un peu crue. Il utilise des gros mots, des phrasés courts. Et ça ne plaît pas à tout le monde, mais lui refuse une censure de politesse qu’on souhaiterait lui imposer. C’est ainsi que Vincent est publié à part des autres lauréats du prix, et pas dans le recueil commun. Il s’en fout, il vient d’être publié, et tout seul en plus. Il le sait, c’est le début d’une nouvelle vie. Sauf que la vraie vie n’est parfois pas si simple. On se trouve toujours des excuses pour ne pas écrire et pour ne pas affronter l’angoisse de la page blanche.

Ce livre très court s’adresse à un public jeune. D’ailleurs Vincent Cuvellier a une plume idéale pour s’adresser à ce genre de public : drôle, incisive et directe. On peut lui reprocher peut-être ce style qui semble peu mature, peu travaillé. Mais c’est un parti pris : celui de l’oralité, il n’y a pas de barrière de syntaxe et de propreté des mots entre lui et nous. On devient proche très vite de ce narrateur qui nous invite dans sa vie, dans son adolescence et ces quelques pages se lisent à toute vitesse. Toutefois, je pense qu’on peut trouver plus inspirant, mieux écrit comme livre sur la naissance d’un écrivain et même des ouvrages s’adressant à des adolescents. En lisant ces pages, j’ai encore eu l’impression de faire face à cet ado qui voulait vous mettre dans son panier et faire bonne figure pour vous impressionner. Or, c’est l’adulte qui parle. Il y a peu de points de vue vraiment rétrospectifs, vraiment intéressants en profondeur et c’est bien dommage. En soignant un peu plus son style, en allant plus loin dans ce livre – bref en prenant le temps de s’appliquer – je pense qu’il aurait été possible de nous fournir un témoignage beaucoup plus intéressant et moins tourné vers soi au point d’en oublier un peu le lecteur.

Mais toutefois, ce livre se lit vite et peut plaire pour une lecture rapide qui change un peu.

Vincent Cuvellier, La fois où je suis devenu écrivain, éditions du Rouergue, 8€50.

Z, le roman de Zelda, de Therese Anne Fowler

Je reviens vers vous après pas mal de temps. Les vacances sont passées par là, et notamment une jolie semaine à Venise de laquelle je suis revenue avec plein de couleurs dans les yeux et les pieds en compote (je ne peux plus voir un escalier en peinture à présent…). Durant mon séjour italien, j’ai emmené quelques lectures, au grand étonnement de ma copine de séjour qui s’étonnait à n’en plus finir de mon rythme de lecture (quand moi j’enviais son rythme d’écriture proprement ahurissant). J’ai notamment fini la lecture d’un roman qui me regardait avec des yeux doux depuis ma bibliothèque : Z, le roman de Zelda de Therese Anne Fowler.

Je ne fais pas vraiment les choses dans l’ordre. En effet, le couple de F. Scott Fitzgerald m’a toujours un peu fasciné, et c’est pourquoi sur ma pile à lire trônent Gatsby le Magnifique du mari et Accordez-moi cette valse de l’épouse, plus un ou deux autres romans des « années folles » et une biographie. Mais au lieu d’être logique, j’ai préféré plonger dans un roman de fiction retraçant la vie de la célèbre femme de Francis Scott Fitzgerald directement. Une bien belle découverte !

Dans l’Alabama de 1918, la jeune et fougueuse Zelda rencontre un soldat en garnison qui rêve de gloire littéraire et d’épanouissement dans l’écriture mais aussi d’argent facile, de vie de fêtes. Elle, exubérante, veut sortir de ce Sud conservateur, sclérosé. Ils vont se marier et il va devenir célèbre. Il s’agit de Francis Scott Fitzgerald. Les premières années ne sont qu’une succession de fêtes mais lentement et inexorablement, les bonheurs éphémères des soirées mondaines laissent place à la souffrance, aux non-dits, aux désillusions quand bien même l’amour et la romance veulent rester. A Paris, à travers les États-Unis ou près de la Méditerranée, le couple Fitzgerald oscille entre tragédie et passion sincère. Happé par la folie des années de l’entre-deux guerres et la nécessité d’écrire, pas si facile de garder la tête hors de l’eau.

Therese Anne Fowler n’a pas essayé d’en faire trop, et ça fait du bien. Elle a trouvé le juste équilibre entre ces vies uniques et bouleversantes et le ton du roman. L’angle de vue par Zelda et non Scott est rafraîchissant, très judicieux. On s’intéresse rapidement à cette femme magnifique, avec ses rêves, ses espoirs qui se frottent au monde du réel avec plus ou moins de succès. J’ai adoré ce personnage « entier », franc et je trouve que l’auteure a su capter ce qu’il y avait de plus beau en Zelda (même si c’est fictionnel). Elle ne prend pas partie dans le grand débat « est-ce que Zelda qui a conduit Scott à sa perte ou l’inverse ? » Car en effet, leurs vies sont sublimes et tragiques. On a peine à croire qu’elles ont réellement existé ailleurs que dans des livres et des films. La description des lieux, des décors, de l’ambiance est très bien réalisée : on s’y croit, on est dans ce monde qui a existé des décennies avant nous, on le touche du doigt.

Ce roman est captivant, de par son thème, ses personnages emblématiques mais aussi pour le rythme de la narration et le ton employé. Résumer deux vies en quelques centaines de pages n’est pas exercice facile, mais Therese Anne Fowler s’en sort avec brio : les moments racontés sont très bien choisis, agencés, la construction donnent de l’allant à ce texte et on tourne les pages sans s’en rendre compte, trop pris dans notre découverte de ces destins hors du commun.

Ce livre est à la fois divertissant et intelligent. J’ai vraiment été touché par les personnages, même si le traitement d’Hemingway n’est pas celui que j’attendais. J’ai adoré côtoyé Cocteau, Pound et autres stars de l’époque, j’ai adoré voyager dans ces manoirs, ces demeures, ces maisons coloniales, et j’ai été émue de voir la vie intime de ces deux êtres qui s’aimaient d’un amour un peu fou.

Une vraie réussite, une fiction rondement menée, je vous la conseille !

Therese Anne Fowler, Z, le roman de Zelda, traduction de l’anglais par Laure Joanin, aux éditions Pocket (15656), 8€40.

La Délicatesse, de David Foenkinos

Je reviens après quinze jours d’absence, mais j’ai une bonne excuse : pendant deux semaines j’étais sur le champ de bataille pour mon travail qui organise en même temps un festival de théâtre/poésie/musique en plein air ET des ateliers d’écriture. Mon rôle était de courir partout pour régler les problèmes de secrétariat, de logistique et de comm’. Mais j’ai surtout joué les « mamans poules » pour les stagiaires qui ont dormi sur place. Et pour la première fois, j’ai eu la chance de participer à un atelier, cadeau d’un prix littéraire dont j’ai été lauréate il y a plusieurs mois. J’ai choisi de passer une semaine avec David Fauquemberg sur le thème « Face à la mer » et il faut dire que cela a été une vraie réussite. Je recommencerai avec plaisir !

Bref, retour sur le blog. Je suis en train de lire un immense roman de 800 pages sur le règne de Ptolémé II à Alexandrie, je le déguste à petites doses, mais pour ne pas trop vous faire attendre, je lis également des livres plus courts et efficaces en parallèle. Aujourd’hui, je vais vous parler de La Délicatesse de David Foenkinos ; je me doute que vous êtes plusieurs à l’avoir lu. Notre héros est une héroïne, Nathalie. On va la suivre tout au long du fil amoureux de sa vie. Du moment où il s’est rompu à la mort de son compagnon à celui où il se redresse, s’entortille. Nathalie ne s’attendait plus à grand-chose jusqu’au jour où. Je n’en dirais pas plus, disons seulement qu’elle a embrassé quelqu’un sans savoir pourquoi et que cela va lui réserver plus d’une surprise.

Il est difficile de retracer plus en détails l’histoire de Nathalie car j’aimerais vraiment garder la surprise pour ceux qui ne l’ont pas lu. J’avais beaucoup entendu parler de David Foenkinos et je suis très contente d’avoir enfin découvert son écriture. Son style est très visuel, un peu fataliste mais avec des notes d’espoir et d’humour. C’est très sensible, très pudique mais aussi très vrai et presque beau dans l’évocation des émotions pures, des sentiments naïfs. En me relisant, je me dis que je ne suis pas très claire, difficile de l’être, mais pour faire court : on ne s’ennuie à aucune page, on vit avec les personnages, on ressent ce qu’ils ressentent et on rêve avec eux. L’écriture nous emmène sans retenue et nous fait sourire. C’est une perle de sensibilité et de sincérité. Je dois avouer que je suis très admirative de ce style simple à lire mais multiples dans ses résultats, un beau roman comme on en lit rarement.

Je vous le conseille vraiment pour lire d’autres choses sur l’amour que ce que vous croisez habituellement.

David Foenkinos, La Délicatesse, aux éditions Gallimard, 16€