L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5), de Joseph Delaney

En plus d’avoir peu de temps pour moi, il se trouve que j’ai une petite panne de lecture. Au lieu d’ouvrir un livre quand j’ai du temps libre chez moi, je trouve toujours autre chose à faire. Pour essayer de remettre le pied à l’étrier, je me suis choisie une lecture dont j’étais certaine qu’elle me plairait : L’erreur de l’Epouvanteur, le tome 5 de la saga de Joseph Delaney.

Tom Ward est le septième fils d’un septième fils. Il a donc des dons particuliers pour percevoir l’obscur et est devenu l’apprenti de l’épouvanteur Gregory. À ses côtés, il apprend à combattre sorcières, gobelins et autres créatures. Comme pour chacun de ses apprentis, Gregory l’envoie compléter sa formation chez un de ses collègues : Bill Arkwright, spécialiste des créatures des eaux. Entre son amie Alice qui semble céder à l’obscur, la menace mortelle que fait planer le Malin sur Tom, un nouveau maître épouvanteur qui habite un moulin hanté et une sorcière des eaux qui terrorise la région, notre jeune héros n’est pas au bout de ses peines.

erreur-epouvanteur-bonusQu’est-ce que j’ai aimé ce tome ! La personnalité d’Alice prend de la profondeur : cette jeune fille a un passé trouble et des faiblesses qu’il est parfois dur de combattre. A l’inverse, je trouve Tom toujours un peu trop boy-scout à mon goût, j’espère que ça s’arrangera. Ce n’est pas parce qu’on est dans un roman jeunesse qu’on doit créer un héros si manichéen. C’est, il me semble, le seul personnage qui a un tel défaut.

Gregory est un peu absent de ce tome, mais c’est très rafraîchissant de changer complètement de lieu, de quitter Chippenden. Arkwright est un personnage avec une vraie histoire, des failles, des points forts, une vision du métier et de l’apprentissage complètement différente de Gregory. On sent que notre héros va sortir grandi de cette rencontre, et j’espère vraiment qu’on retrouvera Arkwroght par la suite.

J’ai trouvé l’écriture de Jospeh Delaney très claire et fluide. On visualise facilement les scènes. L’intrigue avance bien, grâce à des péripéties secondaires toutes aussi intéressantes que le fil rouge principal. L’auteur a réussi avec brio à faire de ce tome à la fois une histoire unique et une partie intégrante de la saga. Il faut admettre que l’auteur maîtrise le genre : comme dans la vraie vie, les personnages évoluent d’un tome à l’autre, des alliances se font et se défont, le Comté continue de vivre en parallèle (la guerre en cours, etc.). Les liens avec les autres livres sont très bien réalisés, aucunement artificiels : il y a des échos très judicieux des livres précédents par exemple. A ce stade de l’histoire, il est cependant nécessaire d’avoir lu les autres romans au préalable : vous ne pouvez pas commencer l’histoire par là sans risquer de vous perdre.

J’ai très hâte de lire le prochain livre, quel teasing dans ce tome 5 !

Joseph Delaney, L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5 de la saga), aux éditions Bayard jeunesse, 12€90.

Le Combat de l’Epouvanteur (T.4), de Joseph Delaney

9782747025737Je continue mon avancée dans la saga de Joseph Delaney avec le tome 4 : Le Combat de l’Epouvanteur. Après un tome 3 qui en disait beaucoup sur Gregory, l’intrigue se ressert ici sur l’apprenti Tom Ward mais aussi autour d’Alice, sa jeune amie sorcière. Et justement, c’est de sorcières que va parler ce gros tome de 400 pages. Le maître Gregory a décidé de faire face aux trois clans de sorcières très puissantes qui règnent dans la région de Pendle. En effet, un rumeur dit qu’elles se mettraient d’accord pour invoquer ensemble le diable en personne. Et il est évident que cet événement est à éviter à tout prix sans quoi les forces obscures prendraient possession de tout le Comté. L’intrigue pourrait s’arrêter là mais les choses vont encore plus se compliquer : la famille de Tom a été enlevée, et les malles que sa mère lui avaient donné ont été emportées elles aussi. L’enjeu est de taille, et la rencontre avec les sorcières est alors inévitable.

Dans ce tome-ci, le maître Gregory est presque absent. Personnellement, cela m’a déçu car j’adore cette relation maître/élève. Toutefois, ce choix dans l’intrigue permet d’en apprendre plus sur Tom, mais surtout sur sa mère, ce qui laisse présager de sacrés rebondissements pour cette saga. De la même façon, on voit que les liens qui unissent Tom (qui a 14 ans) et Alice se resserrent, et ça, ce n’est pas pour me déplaire. Tom prend de l’assurance, mais il est encore fragile. On s’aperçoit dans cette nouvelle aventure que les choses en jeu sont très importantes. C’est dans ce tome que j’ai commencé à me détacher du côté « je lis de la litté jeunesse » pour pencher vers le côté « je vis la litté jeunesse ». Les membres de la famille de Tom gagnent en profondeur et on s’attache vraiment à eux. De la même façon, on perçoit les faiblesses et les sentiments d’Alice, et ça c’est ce qui manquait au récit auparavant selon moi.

Quant à l’intrigue en elle-même, même si je l’ai trouvée parfois longue avec des détours étranges qu’on aurait pu éviter, j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur les différents types de sorcières, les clans, les rituels. Disons, que ça change des gobelins qu’on nous resservait à chaque fois. Le changement de décor – ils sont dans un lieu où ils n’ont pas vraiment d’attaches – accentue la tension de ce tome et ce sentiment de danger. On découvre en même temps que Tom les secrets de ce nouveau territoire. On perçoit les mêmes menaces, on ressent les mêmes peurs. Les scènes d’action sont très lisibles quoique parfois un peu répétitives.

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Quant à l’écriture, j’ai eu l’impression dans ce tome qu’elle était moins vive et moins alerte que d’habitude, voire que l’auteur brodait quelque fois pour faire durer la chose. J‘ai aimé l’histoire en elle-même mais je pense qu’on aurait pu rendre ce sentiment d’insécurité et d’angoisse avec 100 pages en moins. Toutefois, je me suis prise au jeu et j’ai lu ce roman vraiment rapidement. Et la fin de ce tome-ci, plus que toutes les autres, me donne envie de découvrir la suite de l’histoire.

Joseph Delaney, Le Combat de l’Epouvanteur, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Delval, aux éditions Bayard Jeunesse, 12€90.

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La Malédiction de l’Epouvanteur (T. 2), de Joseph Delaney

Le premier tome de cette saga m’avait séduite, je reviens donc vous parler du tome 2 que j’ai dévoré également : La Malédiction de l’Epouvanteur de Joseph Delaney.

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fleauTom Ward continue son apprentissage d’épouvanteur auprès de son maître, M. Gregory. Tout deux doivent se rendre à Priestown, ville d’églises et de prêtres, pour participer à un enterrement. Dans une ville où être épouvanteur est très mal vu, où l’Inquisiteur s’amuse à brûler vif et à torturer des gens parce que soi-disant ils sont sorciers, Tom et son maître vont pourtant réussir à se mettre encore plus en danger, mais c’est pour la bonne cause. En effet, dans les catacombes sous la cathédrale réside le Fléau, une force obscure capable de manipuler les esprits. Et ce mal reprend des forces, trop : cela en devient dangereux, il pourrait réussir à sortir de sa prison et recouvrir le Comté des ténèbres. Il faut le combattre. Une autre aventure pour nos héros, mais celle-ci s’avère vraiment dangereuse.

Encore une fois une écriture très divertissante, mais toutefois plus profonde que le tome 1 : on découvre des pans du passé du M. Gregory et on apprend à mieux connaître Tom. Face à un danger tel, pernicieux et mortel, ils ne seront pas toujours d’accord, mais heureusement, ils auront quelques alliés pour les aider dans leur tâche. C’est un roman d’aventure jeunesse, mais là encore, c’est réserver à des lecteurs avertis : des scènes peuvent faire peur, des gens meurent dans ce livre et ce genre de choses peut effrayer les plus jeunes (je rigole pas, les parents, lisez-le avant de le mettre dans les mains de vos marmots, OK ?). Toutefois, si le lecteur est « averti » comme le demande la quatrième de couv’, ce livre est vraiment prenant. Il y a parfois quelques longueurs et un manque d’explications sur les faits et gestes des personnages (on a par moment du mal à visualiser ce qu’ils font vraiment), mais les péripéties sont vraiment surprenantes. L’auteur fait souvent appel à un élément extérieur pour résoudre les situations, on pourrait le regretter, toutefois cela est très bien amené et les personnages principaux sont régulièrement preneurs d’initiatives. Il y a là un bon équilibre.

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J’aurai souhaité qu’il y ait un peu plus de lien entre le tome 1 et le tome 2 mais j’imagine toutefois que cela sera corrigé dans les prochains tomes au vu de ce que j’ai pu lire dans celui-là. En effet, des indices sont disséminés un peu partout pour savoir sur quoi reposera la future intrigue (du tome suivant, ou d’un tome encore ultérieur). On sent une trame de fond qui se développe et c’est vraiment à partir de ce livre que j’ai senti « l’esprit saga ». C’est à partir de ce roman qu’on se dit qu’il faut lire les autres, qu’on doit savoir la suite.

Comme je l’ai dit plus haut, les personnages sont plus explorés et ce traitement est vraiment bénéfique pour l’œuvre, on ne lit plus le roman que pour l’aventure mais aussi pour connaître le destin et le passé des différents protagonistes. On se prend vraiment à ce jeu de puzzle à reconstituer, d’énigmes à résoudre sur la vie de tel ou tel personnage et cela ne présage que de bonnes choses.

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On dit merci à Joseph Delaney pour cette excellente saga !

Je ne vais pas épiloguer plus pour ne pas faire redite avec l’article sur le tome 1, mais je ne peux que vous inviter à découvrir la saga. Il vous faudra commencer par le premier roman, sans cela, beaucoup d’éléments seraient incompréhensibles ou perdraient de leur saveur. J’espère vraiment que vous succomberez à L‘Epouvanteur et n’hésitez pas à me donner votre ressenti en commentaire si c’est déjà le cas (sans spoiler les autres tomes, par pitié!).

Joseph Delaney, La Malédiction de l’Epouvanteur, Bayard Jeunesse, 11€90.