Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, de Cindy Van Wilder

Voilà. C’est officiel. J’ai fini la saga des Outrepasseurs de Cindy Van Wilder (enfin… « fini », c’est vite dit, disons qu’il y a un quatrième tome illégitime qui m’attend dans ma PAL) avec le tome 3 intitulé Le Libérateur. Quelle aventure mes amis !

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Dans le premier tome, nous avons découvert, en même temps que notre jeune héros Peter, les origines des Outrepasseurs, cette société secrète, dont chaque « famille » a un animal totem et qui protège l’humanité des fés. C’était sans compter sur un retournement de situation dans le deuxième tome : branle-bas de combat pour les Outrepasseurs qui se doivent de protéger la magie du monde contre une terrible menace. Mais Peter, lui, commence à se poser des questions : est-il à la bonne place ici ? A-t-il raison de faire ça ? Dans ce troisième tome, il y a une vraie fracture (entre qui et qui, à vous de le découvrir). Des clans se forment alors qu’un terrifiant hiver engloutit peu à peu l’Angleterre. La clé se cache peut-être dans le passé, dans les anciennes reliques, dans les vieux souterrains abandonnés…

J’ai mis un peu de temps à retomber sur mes pieds… En même temps, si j’arrêtais de distancer autant mes lectures, ça irait sûrement mieux. Mais pas seulement. En effet, encore une fois, un des plus gros reproches (autant dire que c’est une broutille!) que j’ai à faire à ce tome est cette myriade de personnages. Ou de personnalités. Car très sincèrement on se perd parmi les personnages secondaires – alors, imaginez-moi, essayant en plus de retrouver ce qu’ils avaient pu faire ou devenir dans le tome précédent ! Heureusement, les personnages principaux sont très attachants.

6925423f02ec3d56b40be32523de556c-london-england-winter-winter-in-londonIl y a dans ce roman plusieurs intrigues plus ou moins d’égale importance qui s’entrecroisent et se mêlent, le rythme et la tension montant crescendo au fil des pages. Certains fils rouges m’ont moins subjuguée que d’autres mais je pense que cela est après tout très personnel. La force de Cindy Van Wilder est d’avoir réussi à tenir pendant ces trois tomes une histoire très dense aux multiples ramifications, avec sans cesses des connexions au passé qui enrichissent encore plus les intrigues au temps de Peter. Faire que tout se cale parfaitement pour arriver à une fin qui fonctionne bien, qui ne laisse aucune question sans réponse… chapeau !

En plus de l’écriture vive et immersive de l’auteure, cette narration va vous laisser pantois. Je suis vraiment admirative de cet univers complet, novateur, qui se glisse parfaitement dans le monde que nous connaissons et qui nous emmène en même temps sur des chemins magiques très dépaysants. Avoir une imagination débordante et la rigueur/le talent d’écriture pour la rendre au mieux, c’est assez rare.

Je suis très heureuse d’avoir découvert cette saga, écrite par une auteure absolument fantastique et disponible pour ses lecteurs. En plus de l’histoire qui est incroyable et passionnante, l’édition est très soignée. Bref, un vrai bonheur de lecture !

Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, aux éditions Gulf Stream, 18€.

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Eragon (tome I), L’héritage, de Christopher Paolini

Voilà, c’est avec un immense bonheur que je vous annonce que ma panne de lecture est terminée ! J’ai dévoré un roman, chose qui ne m’était plus arrivée depuis des mois, et j’ai cette petite excitation au fond de moi, celle que je ressens quand je dois choisir ma prochaine lecture. J’espère bien rattraper mon monumental retard dans mes chroniques et redonner un peu de vie à ce blog qui faisait grise mine depuis des semaines.

Chaque mois sur ce blog ont lieu des lectures communes. Nous sommes presque mi-août et je n’ai toujours pas parlé de celle qui s’est déroulé en juillet, honte à moi ! En même temps je viens juste de terminer cette lecture. Il s’agit du premier tome de la saga de Christopher Paolini : Eragon (tome I), L’héritage.

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C’est une saga que j’avais dévoré adolescente, mais il est vrai qu’elle m’a laissé moins de souvenirs qu’Harry Potter (en même temps, peu de choses arrivent au même niveau que le petit sorcier de J.K. Rowling dans mon cœur…). Eragon est la première saga fantastique, je pense même que c’est le tout premier roman fantastique que j’ai lu de ma vie. Et même s’il s’adresse à un public jeunesse/young adult, il faut avouer qu’il a gardé toutes ses qualités ! C’est ça l’avantage avec des histoires se déroulant dans un tout autre univers, un peu médiéval : ça se gâte rarement avec le temps.

Eragon est un jeune garçon élevé par son oncle dans sa ferme de Carvahall, un petit village au nord ouest de l’Alagaësia. Même si le quotidien est parfois rude, la vie est simple dans ce coin de l’Empire. On ne se préoccupe plus de Galbatorix, leur soit-disant chef qui a volé le pouvoir il y a fort longtemps, et qui n’a plus bougé de la capitale Urû’baen depuis des années. Mais alors qu’il chasse sur les montagnes de la Crête, Eragon découvre un grosse pierre ovale et bleue. C’est alors que toute sa vie qui bascule : cette pierre est un œuf, d’où éclot un dragon. Eragon devient dragonnier. Obligé de quitter les siens, il part aux confins de l’Alagaësia dans une quête ancestrale et dangereuse. Aidé par Brom, il apprendra la magie rencontrera des ennemis et des alliés puissants et mystérieux, affrontera les pires dangers aux côtés de sa dragonne, Saphira.

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Il se passe beaucoup de choses dans ce premier tome, et je ne fais ici qu’en effleurer la surface. Il y a de nombreux personnages importants (Ah, Murtagh !) que je ne peux même pas évoquer pour vous garder un peu de suspens. La trame de fond, le décor, l’histoire de l’Alagaësia et de ses peuples sont très bien amenés et expliqués : c’est passionnant, ça intervient au bon moment sans jamais nous ennuyer.

Il faut dire que le rythme de l’intrigue et de la narration a été assez soigné dans ce premier tome. Les personnages voyagent pendant une grosse partie du bouquin, il est vrai qu’on a un peu l’impression d’être dans un jeu vidéo parfois : aller jusqu’au prochain checkpoint, y combattre l’ennemi et recommencer jusqu’à la bataille finale. Heureusement, l’histoire est bien plus riche que cela malgré ce schéma sous-jacent.

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Eragon (tome I), L’héritage est un magnifique premier tome : on s’attache fort à ses personnages, on croit à cette histoire, on est transporté dans ces nouveaux territoires et on vit chaque combat. Il y a de l’amitié, des sentiments, de l’honneur, de la souffrance, des découvertes, des rencontres, des regrets, de l’espoir ! Je me demande si l’auteur arrive à tenir la distance dans ses autres tomes : il sera dur de ne pas s’essouffler après ce premier opus !

Dans tous les cas, ce livre fait très bien son travail : c’est un gros pavé qu’on ne veut pas lâcher, il est divertissant et immersif. L’écriture très fluide est maniée avec talent.

Cette lecture commune a été pour moi l’occasion d’une vraie redécouverte et j’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants.

Vous pouvez également aller voir l’avis de Virginy  et de L’Aléthiomètre !

Christopher Paolini, Eragon (tome I), L’héritage, traduction de l’anglais (États-Unis) par Bertrand Ferrier, aux éditions Bayard Jeunesse, 19€90 (existe aussi en poche).s

Le Livre perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

Le Livre perdu des Sortilèges de Deborah Harkness. Je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir de quoi il retournait. Je ne voulais pas en savoir plus d’ailleurs, de peur de faire marche arrière. Quand on lit « sorcière » et « vampire » dans la même quatrième de couverture, on se dit qu’on va encore avoir droit à une énième romance d’urban fantasy. Heureusement, ce roman s’est révélé être beaucoup, beaucoup plus cela.

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Diana est historienne, elle passe ses journées à la bibliothèque d’Oxford pour préparer sa soutenance sur l’alchimie. Mais ce que ses collègues savent moins, c’est que le monde est peuplé de démons, de vampires mais aussi de sorciers. Et bien que Diana fasse tout pour le nier, elle fait partie de cette dernière catégorie. En effet, la jeune femme a refusé très jeune la magie dans sa vie, sûrement à cause du traumatisme d’avoir perdu ses parents trop tôt. Mais on ne décide de devenir une sorcière ou d’arrêter de l’être, les choses ne sont pas si simples. Au cours de ses recherches, elle tombe sur un manuscrit mystérieux : l’Ashmole 782. Sans qu’elle le sache, une terrible machine vient de se mettre en route. Ce livre ancien contient en effet un secret que tout le monde désire connaître ardemment. Diana rencontre alors un certain Matthew Clairmont, un vampire qu’on dit redoutable, énigmatique, et qui va devenir pour elle le symbole d’une nouvelle quête, d’un amour impossible.

Stop, ne fuyez pas. Je vous promets, l’auteure ne commet pas les erreurs de Twilight ! Les vampires ne brillent pas comme des boules à facette, et l’héroïne n’est pas dépressive. Ce roman est un premier tome (ce que j’ai découvert en finissant ma lecture…) et fait plus de 500 pages en grand format. Autant vous dire qu’il y a de la matière, mais que cela ne vienne pas vous effrayer. Il y a tant à apprendre et à découvrir de cet univers inconnu : les familles de vampire, la créativité des démons, les éléments sorciers, les ordres secrets… De plus, il faut prendre le temps de faire la connaissance de nos personnages principaux. Et c’est surtout en cela qu’excelle l’auteure : la profondeur psychologique des personnages est vraiment réussie. Ce ne sont pas des êtres de papier qui évoluent devant nos yeux, mais de vrais personnes. Il est vrai qu’il y a certains stéréotypes : le vampire protecteur, la jalousie entre hommes, mais avouons que certains poncifs fonctionnent très bien et qu’on en redemande. En parallèle, il y a vraiment des éléments novateurs, originaux, intéressants : cette héroïne passionnée par son travail qui fait de l’aviron chaque matin, ce vampire qui cache des secrets vraiment étonnants (mais je ne peux pas en dire plus…), cette tante qui vit avec sa chérie, la maison qui a ses propres humeurs.

Et puis je dois avouer que j’ai adoré le cadre de l’histoire : Oxford d’un côté, université prestigieuse que je rêverais de visiter, et l’Auvergne de l’autre, où j’ai passé dix étés. Et en plus, il y a des petits bouts de dialogues en occitan, ô joie ! J’avoue que j’ai été très surprise par des éléments de l’arrière-plan, mais aussi par des rebondissements de l’intrigue. Il faut avouer que parfois, on se dit que l’auteure en rajoute, en fait trop, qu’il y a une avalanche de péripéties et de révélations. Mais je dois dire… que ça marche assez bien ! On se laisse porter par cette histoire, et on tourne les pages frénétiquement : la romance entre Diana et Matthew, les relations entre les personnages secondaires, la construction de cet univers complexe, les témoignages du passé pour revenir à l’origine des choses, l’enquête sur la mort des parents de Diana… Pfiou ! Parfois, on dirait que ça tombe un peu de nulle part, mais globalement, tout s’articule parfaitement. Ce n’est pas un roman qui nous laisse le temps de nous reposer.

harkness20pic20credit20scarlett20freundJ’ai rarement vu un livre qui était si ancré dans un genre (bit-lit notamment) tout en s’en éloignant au maximum. C’est là où on voit les limites de ce roman : il essaie d’être différent des autres sans y parvenir complètement. Mais, après tout, ça me va très bien ! C’est un pari réussi ! Cette lecture a été divertissante, agréable, addictive, et j’en redemande ! On tourne les pages avec facilité, et même si je désapprouve certains dialogues vraiment clichés, je fonds devant certaines scènes dignes des romances Harlequin. En fait, la force de cette lecture est son équilibre entre l’action, la narration pure et dure, les flash-back, les dialogues. On sent parfois derrière l’écriture les petites maladresses d’un premier roman (retournements de situation trop simplistes, mauvaise gestion du temps entre passages trop lents, passages trop rapides et ellipses), mais je pardonne aisément à Deborah Harkness car elle nous offre là le début d’une saga très prometteuse !

Deborah Harkness, Le Livre perdu des Sortilèges, aux éditions Le Livre de Poche 8€90.

Fahrenheit 451, de Ray Bradbury

Les pompiers ont pour métier de mettre feu à toutes les traces subversives du savoir. Les pages imprimées, reliées, ou livres sont interdits. Leur possession – et pire, leur lecture – est interdite, illégale, punie très sévèrement. C’est du moins le cas dans le monde de Montag.

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Un chef d’œuvre, moderne avant l’heure, un peu orwellien sur les bords. Enfin je l’ai lu, et je n’ai pas été déçue par ce roman qui m’impressionnait au premier coup d’œil alors qu’il s’avère très accessible et pas si capilo-tracté que ça.

 

Montag est pompier, son rôle, c’est l’autodafé à la moindre alerte. La société consomme du plaisir mais refuse cette espace de réflexion qu’est la lecture. Un jour, Montag croise cette jeune fille un peu étrange. Une jeune fille qui pense par elle-même, qui imagine, crée une nouvelle société dans son esprit. Elle n’est pas abrutie par la télévision très particulière de ce monde qui s’étale sur les murs du salon. Petit à petit, Montag se met à penser par lui-même et à croire que les choses pourraient peut-être être différente, il lui semble qu’avant les pompiers éteignait les feux au lieu de les allumer. Mais le fait de simplement rêver d’un monde autre, qui accepterait cette liberté de réflexion, est dangereux, criminel. Notre héros ne peut qu’être un hors-la-loi, pourchassé par sa propre société.

Fahrenheit 451 est un livre court dont la lecture se fait en un clin d’œil tellement il est impossible de lâcher ce roman. Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal les premières pages car le style est complètement différent de ce à quoi je m’attendais – presque poétique – et il m’a fallu quelques temps pour visualiser ce nouveau monde. Mais très vite, on se laisse aller dans l’écriture de Bradbury qui nous emporte et nous montre du doigt les rouages de la pensée de Montag, ce cheminement intérieur qui lui fera se rendre compte de l’importance de la littérature, du savoir, de l’imaginaire.

L’univers du roman est quand même beaucoup moins concentrationnaire que 1984, mais l’aveuglement collectif de cette société qui se laisse glisser dans la paresse et l’immobilisme est vraiment effrayant. C’est à la fois un hommage aux livres et à la liberté d’expression qu’ils véhiculent et un avertissement (d’avant-garde) pour nous qui commençons doucement à nous désengager de nos responsabilités, de nos « vrais vies » au profit de la télévision qui parasite nos salons, nos cuisines (pire : nos chambres!) et d’autres moyens qui mettent « en veille » nos capacités de réflexions.

L’écriture de Bradbury est très agréable et dépaysante. Elle est loin du style analytique, descriptif, ou médiocre que j’ai souvent croisé au rayon SF (là où est classé Fahrenheit 451). Difficile de trouver les mots pour la décrire. Dire qu’elle est « littéraire » serait trop floue, mais pourtant cet adjectif lui convient bien. Ce livre s’érige en porte parole d’une bibliothèque babylonesque s’écriant « Ne m’oubliez pas ». Un classique à lire et relire.

Ray Bradbury, Fahrenheit 451, traduction de l’américain par Jacques Chambon et Henri Robillot, Folio SF, 5€60.

L’Horreur de Dunwich, de Howard Phillips Lovecraft

« Quand un voyageur dans le centre nord du Massachussets prend la mauvaise direction au carrefour du péage d’Aylesbury juste après Dean’s Corners, il découvre une campagne étrange et désolée. (…) On ne peut s’empêcher de flairer dans le rue du village, la vague présence d’une odeur maligne, comme celle de la putréfaction et de la moisissure accumulées au cour des siècles. C’est toujours un soulagement de quitter cet endroit en suivant la route étroite qui longe la base des collines et franchit la plaine pour rejoindre enfin le péage d’Aylesbury. Plus tard on apprendra peut-être qu’on a traversé Dunwich. Les étrangers passent à Dunwich le plus rarement possible, et depuis certains moments d’horreur, tous les écriteaux qui indiquaient sa direction ont été abattus. (…) Deux siècles auparavant, quand la race des sorcières, le culte de Satan et les mystérieux habitants des forêts n’étaient pas objets de plaisanteries, c’était l’usage d’invoquer des motifs pour éviter le village. A notre époque raisonnable  – car l’horreur de Dunwich en 1928 a été étouffée par ceux qui eurent à coeur de préserver la paix de la ville et du monde  – on l’évite sans savoir exactement pourquoi. »

Etant entourée dans la vie de tous les jours par des fans de fantasy, on m’a conseillé à de nombreuses reprises de lire un des classiques du genre, autrement dit, de lire Lovecraft. Je ne suis pas réfractaire à la fantasy mais c’est vrai que ce n’est pas vers ça que je vais aller de prime abord. J’ai donc commencé doucement avec une courte nouvelle de l’auteur, écrite en 1928 : « L’Horreur de Dunwich ».

Dans cette ville lugubre du Massachussets se trament des choses pour le moins étranges. Un enfant du nom de Wilbur Whateley naît dans d’étranges circonstances. Plus étrange encore est la vitesse phénoménale à laquelle il grandit. Sa famille est considérée dans le village comme maléfique et ses membres seraient des sorciers ou encore des adeptes de rites sataniques. Et les bruits, les événements inquiétants qui se déroulent dans leur demeure n’en sont que plus troublants : des détonations se font entendre régulièrement sur cette colline à l’écart du reste des habitations et une odeur nauséabonde empeste les alentours. Un jour, la mère de Wilbur disparaît sans laisser de trace (lors d’une nuit d’horreur où des cris retentissent dans la vallée et où des éclairs zèbrent le ciel…) alors que celui-ci devient de plus en plus taciturne et effrayant. Grommelant un parler inconnu, il sort pour la première fois de Dunwich afin de consulter un grimoire ancien, le Necromicon. Comme porté par une force mystique il veut à tout prix s’emparer de l’ouvrage mais on refuse de lui céder. Il ne reste alors qu’une solution : le voler. Même si Wilbur n’a pas encore fini sa « quête », ses intentions maléfiques semblent avoir porter ses fruits : en effet, le village est sous l’emprise d’un mal mystérieux, entre sortilège et monstre. L’horreur, à Dunwich, ne fait que commencer.

Cette nouvelle est admirablement écrite et travaillée ; tout est pensé pour faire surgir en vous ce frisson, ce doute qui ne vous lâchera pas. Dès les premières lignes, la peur s’insinue sournoisement. L’univers de cette histoire est terriblement sombre et dangereuse. Il y a bien sûr des moments plus creux pour nous permettre de souffler mais jamais votre vigilance ne pourra s’affaiblir. C’est une nouvelle sous haute tension, mêlant à la fois mythe, légende urbaine et imaginaire, un bon mélange de fantasy et d’horreur écrit avec brio. Lovecraft a parfois été considéré comme fou et on peut comprendre pourquoi ; il a réussi à créer un univers bien à lui où toutes les croyances se croisent ce qui lui a valu de rentrer, parmi les premiers, au (restreint) panthéon de la fantasy.