La forêt des ombres, de Franck Thilliez

Pour cette lecture, j’ai demandé à l’amoureux de choisir un roman parmi ma pile à lire. Il a jeté son dévolu sur un thriller, sûrement à cause de sa très belle édition (une collector, pour un Noël passé). Mais grâce à ce hasard, j’ai enfin découvert la plume de Franck Thilliez avec La forêt des ombres.

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Dans les thrillers bien noirs, je n’aime pas du tout quand le héros est un flic, je préfère quand c’est quelqu’un de lambda. Et c’est le cas ici. David Miller est thanatopracteur et en parallèle, il écrit aussi. Des thrillers. Il a notamment publié un roman. On lui propose une bien étrange mission : contre une belle somme d’argent, il doit tout plaquer pendant un mois et se rendre dans le chalet d’un riche homme en fauteuil roulant, un chalet perdu dans la Forêt noire. Il s’y rend avec sa femme et sa fille, et découvre un endroit glauque, mystérieux, isolé. Il découvre alors le sujet de son roman : il doit faire revivre dans un nouveau roman le Bourreau 125, qui a torturé et tué il y a 25 ans.

Vous vous doutez bien que rien ne se passe comme prévu, que chacun a des secrets… Bref, de beaux retournements de situations. J’ai adoré le lieu où est placé l’action, à la fois beau et dangereux. L’auteur a un vrai talent pour planter le décor, même si j’aurais aimé qu’il passe plus de temps à nous décrire le chalet. De nombreux éléments nous mettent dans le doute, nous font poser des questions : j’en ai trouvé quelques uns superficiels, superflus mais je comprends l’attention de l’auteur.

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Ce thriller prend son temps pour poser les personnages, et c’est tant mieux ! J’ai apprécié découvrir et suivre ces héros qui ont chacun une histoire très intéressante. J’ai trouvé un peu kitsch l’homme en fauteuil roulant, un peu cliché. La folie a la part belle dans cette histoire mais à mes yeux, elle arrive avec ses gros sabots et utilise tous les poncifs du genre.

L’histoire va vite, on ne s’ennuie pas. Le suspens ne dure pas des lustres comme avec certains thrillers. Au fur et à mesure, on a les réponses et on comprend – malheureusement, j’ai même tout compris très vite, j’avais tout deviné, vraiment tout ! Mais je ne porte pas rigueur à ce roman de ce manque de suspens car j’ai finalement adoré son action, son intrigue, ses personnages. Franck Thilliez a une plume efficace, j’ai apprécié ce côté économe. Il n’y a presque rien à enlever, sauf à la limite quelques actes de ses personnages… Je suis vraiment déçue de la toute fin par contre, qui retombe comme un soufflet !

Un bon petit thriller, qui a bien fonctionné sur moi. Et malgré quelques défauts, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur et je vais sans aucun doute retenté l’expérience !

Franck Thilliez, La Forêt des ombres, aux éditions Pocket, 7€30.

L’Encre et le Sang, de Franck Thilliez et Laurent Scalese

Désolée pour le délais entre la parution de chaque billet, je suis plutôt occupée en ce moment et je délaisse mon blog. Vous vous souvenez que je vous avais parlé d’une création d’entreprise pour proposer de l’animation littéraire en région toulousaine ? Eh bien, ça y est : démarches enfin terminée, Anim’ Litt’ commence son activité tout doucement. N’hésitez pas à faire un tour sur le site 😉

Au fil des mois, je délaisse de plus en plus ma bibliothèque personnelle à cause de mes nombreuses infidélités : en effet, je la trompe avec la médiathèque où je travaille. Si bien que les livres non lus s’empilent chez moi – puisque j’ai toujours la fièvre acheteuse, cette maladie est sans remède.

Alors je me suis dit il y a deux semaines qu’il fallait me reprendre, je ne pouvais pas abandonner ces dizaines de romans à leur sort. Donc pour me faire pardonner, je me suis adonnée à une lecture express, j’ai choisi le plus petit livre, presque une nouvelle, qui est aussi le plus abîmé (il a voulu savoir s’il pouvait nager mais en fait non ; sécher a été une épreuve pire que la presque-noyade). Il s’agit de L’Encre et le Sang de Franck Thilliez et Laurent Scalese. Admirez plutôt cette couverture :

Ce petit roman écrit à quatre mains est un mélange de thriller, de polar et de fantastique. Les auteurs se sont donnés toute liberté en l’écrivant. L’histoire est celle d’un écrivain, William, qui s’est fait avoir en beauté par la femme qu’il aimait : elle lui a volé son dernier roman pour le refiler à son amant, qui a affirmé la paternité de ce best-seller. William se retrouve sans rien, et claque ses dernières économies dans un billet d’avion vers Hong-Kong, où le nouveau couple se trouve. Il erre, quand au détour d’un vieux garage, il la voit. La machine. Il découvre ses pouvoirs : il suffit de taper et ce qui est écrit se réalise vraiment. Ce sera l’instrument de sa vengeance, plus rien ne lui semble impossible. Sa colère va se déferler sur tous ceux qui l’ont insulté, humilié, menti.

L’Encre et le Sang aurait pu faire un très bon titre pour un livre sur le tatouage des prisonniers, mais finalement il sert à représenter une histoire complètement loufoque et assez horrible sur la puissance et la folie qu’entraîne cette dernière. J’ai été assez déçue par ce roman. Il comporte en seulement 115 pages beaucoup de défauts que je ne supporte pas.

Tout d’abord les personnages beaucoup trop stéréotypés, entre l’écrivain beau-gosse mais qui n’a rien écrit, le romancier déchu et fou de rage, la blondasse éditrice avide d’argent et de réussite, etc. Peut-être est-ce un parti pris ? Dans ce cas, j’ai beaucoup de mal à en comprendre l’intérêt.

Il y a aussi une volonté cinématographique dans ce livre. En cela, rien de mal, le problème c’est que cela s’inspire de gros blockbusters bien américains, et sans profondeur. Je me suis très vite lassée de ce répertoire de sang, de meurtres, et autres choses impossibles mais réalisables grâce à une machine diabolique.

Derrière ces apparences, on peut quand même souligner que la descente aux enfers du héros est assez bien réalisée, même si elle aurait pu être plus soignée, plus graduelle. A la fin du livre, il y a un retournement de situation annoncé par-ci par-là auparavant : une intrigue qui est vraiment intéressante, quel dommage que cela soit si peu exploité.

Je vais m’arrêter là, car il y a peu de choses à rajouter pour un si petit roman, et sincèrement, j’ai du mal à être objective. Écrire à quatre mains ne doit pas être évident. J’imagine que les idées devaient fuser entre les deux auteurs, qu’ils ont du prendre du plaisir à écrire et à offrir à la lecture cette histoire, mais cela ne doit rien enlever à l’application et aux soins mis dans la narration, la gestion de l’intrigue, la profondeur psychologique des personnages. Cela m’a laissé un arrière-goût de bâclé. Dommage, donc.

Franck Thilliez et Laurent Scalese, L’Encre et le Sang, aux éditions Pocket (14546), 2€90.