Eragon (tome I), L’héritage, de Christopher Paolini

Voilà, c’est avec un immense bonheur que je vous annonce que ma panne de lecture est terminée ! J’ai dévoré un roman, chose qui ne m’était plus arrivée depuis des mois, et j’ai cette petite excitation au fond de moi, celle que je ressens quand je dois choisir ma prochaine lecture. J’espère bien rattraper mon monumental retard dans mes chroniques et redonner un peu de vie à ce blog qui faisait grise mine depuis des semaines.

Chaque mois sur ce blog ont lieu des lectures communes. Nous sommes presque mi-août et je n’ai toujours pas parlé de celle qui s’est déroulé en juillet, honte à moi ! En même temps je viens juste de terminer cette lecture. Il s’agit du premier tome de la saga de Christopher Paolini : Eragon (tome I), L’héritage.

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C’est une saga que j’avais dévoré adolescente, mais il est vrai qu’elle m’a laissé moins de souvenirs qu’Harry Potter (en même temps, peu de choses arrivent au même niveau que le petit sorcier de J.K. Rowling dans mon cœur…). Eragon est la première saga fantastique, je pense même que c’est le tout premier roman fantastique que j’ai lu de ma vie. Et même s’il s’adresse à un public jeunesse/young adult, il faut avouer qu’il a gardé toutes ses qualités ! C’est ça l’avantage avec des histoires se déroulant dans un tout autre univers, un peu médiéval : ça se gâte rarement avec le temps.

Eragon est un jeune garçon élevé par son oncle dans sa ferme de Carvahall, un petit village au nord ouest de l’Alagaësia. Même si le quotidien est parfois rude, la vie est simple dans ce coin de l’Empire. On ne se préoccupe plus de Galbatorix, leur soit-disant chef qui a volé le pouvoir il y a fort longtemps, et qui n’a plus bougé de la capitale Urû’baen depuis des années. Mais alors qu’il chasse sur les montagnes de la Crête, Eragon découvre un grosse pierre ovale et bleue. C’est alors que toute sa vie qui bascule : cette pierre est un œuf, d’où éclot un dragon. Eragon devient dragonnier. Obligé de quitter les siens, il part aux confins de l’Alagaësia dans une quête ancestrale et dangereuse. Aidé par Brom, il apprendra la magie rencontrera des ennemis et des alliés puissants et mystérieux, affrontera les pires dangers aux côtés de sa dragonne, Saphira.

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Il se passe beaucoup de choses dans ce premier tome, et je ne fais ici qu’en effleurer la surface. Il y a de nombreux personnages importants (Ah, Murtagh !) que je ne peux même pas évoquer pour vous garder un peu de suspens. La trame de fond, le décor, l’histoire de l’Alagaësia et de ses peuples sont très bien amenés et expliqués : c’est passionnant, ça intervient au bon moment sans jamais nous ennuyer.

Il faut dire que le rythme de l’intrigue et de la narration a été assez soigné dans ce premier tome. Les personnages voyagent pendant une grosse partie du bouquin, il est vrai qu’on a un peu l’impression d’être dans un jeu vidéo parfois : aller jusqu’au prochain checkpoint, y combattre l’ennemi et recommencer jusqu’à la bataille finale. Heureusement, l’histoire est bien plus riche que cela malgré ce schéma sous-jacent.

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Eragon (tome I), L’héritage est un magnifique premier tome : on s’attache fort à ses personnages, on croit à cette histoire, on est transporté dans ces nouveaux territoires et on vit chaque combat. Il y a de l’amitié, des sentiments, de l’honneur, de la souffrance, des découvertes, des rencontres, des regrets, de l’espoir ! Je me demande si l’auteur arrive à tenir la distance dans ses autres tomes : il sera dur de ne pas s’essouffler après ce premier opus !

Dans tous les cas, ce livre fait très bien son travail : c’est un gros pavé qu’on ne veut pas lâcher, il est divertissant et immersif. L’écriture très fluide est maniée avec talent.

Cette lecture commune a été pour moi l’occasion d’une vraie redécouverte et j’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants.

Vous pouvez également aller voir l’avis de Virginy  et de L’Aléthiomètre !

Christopher Paolini, Eragon (tome I), L’héritage, traduction de l’anglais (États-Unis) par Bertrand Ferrier, aux éditions Bayard Jeunesse, 19€90 (existe aussi en poche).s

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L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5), de Joseph Delaney

En plus d’avoir peu de temps pour moi, il se trouve que j’ai une petite panne de lecture. Au lieu d’ouvrir un livre quand j’ai du temps libre chez moi, je trouve toujours autre chose à faire. Pour essayer de remettre le pied à l’étrier, je me suis choisie une lecture dont j’étais certaine qu’elle me plairait : L’erreur de l’Epouvanteur, le tome 5 de la saga de Joseph Delaney.

Tom Ward est le septième fils d’un septième fils. Il a donc des dons particuliers pour percevoir l’obscur et est devenu l’apprenti de l’épouvanteur Gregory. À ses côtés, il apprend à combattre sorcières, gobelins et autres créatures. Comme pour chacun de ses apprentis, Gregory l’envoie compléter sa formation chez un de ses collègues : Bill Arkwright, spécialiste des créatures des eaux. Entre son amie Alice qui semble céder à l’obscur, la menace mortelle que fait planer le Malin sur Tom, un nouveau maître épouvanteur qui habite un moulin hanté et une sorcière des eaux qui terrorise la région, notre jeune héros n’est pas au bout de ses peines.

erreur-epouvanteur-bonusQu’est-ce que j’ai aimé ce tome ! La personnalité d’Alice prend de la profondeur : cette jeune fille a un passé trouble et des faiblesses qu’il est parfois dur de combattre. A l’inverse, je trouve Tom toujours un peu trop boy-scout à mon goût, j’espère que ça s’arrangera. Ce n’est pas parce qu’on est dans un roman jeunesse qu’on doit créer un héros si manichéen. C’est, il me semble, le seul personnage qui a un tel défaut.

Gregory est un peu absent de ce tome, mais c’est très rafraîchissant de changer complètement de lieu, de quitter Chippenden. Arkwright est un personnage avec une vraie histoire, des failles, des points forts, une vision du métier et de l’apprentissage complètement différente de Gregory. On sent que notre héros va sortir grandi de cette rencontre, et j’espère vraiment qu’on retrouvera Arkwroght par la suite.

J’ai trouvé l’écriture de Jospeh Delaney très claire et fluide. On visualise facilement les scènes. L’intrigue avance bien, grâce à des péripéties secondaires toutes aussi intéressantes que le fil rouge principal. L’auteur a réussi avec brio à faire de ce tome à la fois une histoire unique et une partie intégrante de la saga. Il faut admettre que l’auteur maîtrise le genre : comme dans la vraie vie, les personnages évoluent d’un tome à l’autre, des alliances se font et se défont, le Comté continue de vivre en parallèle (la guerre en cours, etc.). Les liens avec les autres livres sont très bien réalisés, aucunement artificiels : il y a des échos très judicieux des livres précédents par exemple. A ce stade de l’histoire, il est cependant nécessaire d’avoir lu les autres romans au préalable : vous ne pouvez pas commencer l’histoire par là sans risquer de vous perdre.

J’ai très hâte de lire le prochain livre, quel teasing dans ce tome 5 !

Joseph Delaney, L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5 de la saga), aux éditions Bayard jeunesse, 12€90.

Les Outrepasseurs (T. 1) : Les Héritiers, de Cindy Van Wilder

Ah, j’attendais ça depuis tellement longtemps ! Le mois dernier, j’ai enfin pu rencontrer l’adorable Cindy Van Wilder. Je la croisais régulièrement sur Twitter, et quand j’ai su qu’elle se déplaçait à Toulouse pour le salon L’Imagina’livre organisé dans ma fac (une vraie réussite pour une première édition), je ne pouvais que sauter sur l’occasion. Et bien sûr, j’en ai profité pour me procurer et me faire dédicacer le premier tome de sa saga des Outrepasseurs : Les Héritiers. C’est avec une grande curiosité et beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé ma lecture, et autant vous prévenir, je l’ai finie en 24 heures. Je pense alors que vous vous doutez de mon avis sur ce premier tome.

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Peter est un jeune garçon comme les autres. Il vit à Londres avec sa mère Hermeline et rêve de devenir footballeur. Mais quand des molosses essaient de le tuer et que sa mère se transforme en renarde devant ses yeux pour le défendre, sa vie bascule. Il découvre qu’il est un Héritier. Il fait partie d’une longue lignée, les Outrepasseurs, qui se défendent depuis des siècles contre une menace terriblement puissante : les fés. Peter fait alors la connaissance de Noble, le seigneur des Outrepasseurs, et découvre qu’ils sont plusieurs à porter la Marque, qui se transmet de génération en génération. Mais le jeune homme n’est qu’au début de l’aventure : il va replonger au Moyen-Âge, pour découvrir les origines des Outrepasseurs. Et les révélations ne font que commencer.

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Bon, autant vous le dire tout de suite : tout m’a plu, sauf une unique chose. Ce roman, bien que situé de nos jours, fait d’incessants allers-retours dans le passé pour retrouver la trace des premiers Outrepasseurs. La majeure partie même se déroule durant ces flash-backs, et j’ai été beaucoup plus proche des nombreux personnages du passé que de Peter. J’irai même jusqu’à dire : on dirait que ce tome est un préquel. J’ai beaucoup aimé découvrir les racines des Outrepasseurs et je pense que cela est important pour comprendre qui il sont et contre qui ils se battent. De plus, on fait des parallèles avec le présent et petit à petit les pièces du puzzle s’assemblent. Toutefois, je me demande vraiment comme je vais aborder la suite : pour moi Peter est encore un étranger (bon, même si je sens que je vais beaucoup l’aimer ce personnage). C’est la seule petite réserve que j’ai à propos de ce tome.

Il y a de très nombreux personnages, vous serez peut-être perdu. Mais ne faites pas comme moi : dès le début, feuilletez tout le livre, vous verrez qu’à la fin, il y a un listing de ces personnages, très pratique pour s’y retrouver. La lecture devient alors très aisée.

Passons maintenant au principal : j’ai adoré ce roman. Il m’a fallu quelques dizaines de pages pour me plonger vraiment dans l’histoire, mais c’est assez normal puisque le lecteur est placé sur le même plan que Peter : on apprend les choses en même temps que le héros – héros qui reste assez calme malgré tout ce qui lui arrive, mais fait tout de même preuve de caractère. Je pensais que la grosse partie qui se déroulait au Moyen-Âge n’allait pas me plaire, parce que sincèrement je n’apprécie pas vraiment lire des histoires se déroulant à cette époque. Que nenni ! Bien sûr, il faut un peu de temps pour que les choses s’éclaircissent, qu’on comprenne qui est qui, mais très rapidement, on se prend d’affection pour les personnages. Et au cours des 350 pages, vous aurez l’occasion de pleurer avec eux, de vous inquiéter pour eux, de pester contre eux. Mais ce que j’ai le plus apprécié, en plus de l’épaisseur de ces héros, c’est leur évolution : ils leur arrivent des choses peu banales et ces événements vont changer pour toujours leurs vies. Et Cindy Van Wilder a su magnifiquement retranscrire cela. Ses personnages paraissent plus vrais que nature, quand bien même ils luttent contre des fés, ce qui est tout sauf naturel.

kp95lccbLes va-et-vients dans le passé et le présent sont réguliers et assez bien effectués : les retours au monde actuel sont un véritable souffle, et les plongées au Moyen-Âge en sont vraiment. On ne se mélange pas les pinceaux entre ces deux temporalités qui se complètent assez bien. Et surtout, grâce à la plume de l’auteure, vous serez transporté sans effort. Elle prend le temps de poser le cadre, de donner de la profondeur aux personnages, et très vite, l’intrigue s’installe. Et les événements s’enchaînent à un rythme rapide : c’est simple, une fois dedans, on ne peut plus lâcher ce roman ! Mais attention, ce n’est pas bâclé pour autant, avec ce tome, vous connaîtrez tout le background de la saga, et j’imagine que cela nous sera très utile pour la suite.

Il faut noter également que les éditions Gulf Stream nous ont pondu là un livre vraiment splendide : couverture magnifique, et petits détails jusqu’aux numéros de pages !

Il s’agit d’un coup de cœur. Je n’ai qu’une hâte : acheter le tome 2 au Salon du Livre de Paris et le lire dans le train à mon retour !

Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs (tome 1) : Les Héritiers, aux éditions Gulf Stream, 18€.

Le Combat de l’Epouvanteur (T.4), de Joseph Delaney

9782747025737Je continue mon avancée dans la saga de Joseph Delaney avec le tome 4 : Le Combat de l’Epouvanteur. Après un tome 3 qui en disait beaucoup sur Gregory, l’intrigue se ressert ici sur l’apprenti Tom Ward mais aussi autour d’Alice, sa jeune amie sorcière. Et justement, c’est de sorcières que va parler ce gros tome de 400 pages. Le maître Gregory a décidé de faire face aux trois clans de sorcières très puissantes qui règnent dans la région de Pendle. En effet, un rumeur dit qu’elles se mettraient d’accord pour invoquer ensemble le diable en personne. Et il est évident que cet événement est à éviter à tout prix sans quoi les forces obscures prendraient possession de tout le Comté. L’intrigue pourrait s’arrêter là mais les choses vont encore plus se compliquer : la famille de Tom a été enlevée, et les malles que sa mère lui avaient donné ont été emportées elles aussi. L’enjeu est de taille, et la rencontre avec les sorcières est alors inévitable.

Dans ce tome-ci, le maître Gregory est presque absent. Personnellement, cela m’a déçu car j’adore cette relation maître/élève. Toutefois, ce choix dans l’intrigue permet d’en apprendre plus sur Tom, mais surtout sur sa mère, ce qui laisse présager de sacrés rebondissements pour cette saga. De la même façon, on voit que les liens qui unissent Tom (qui a 14 ans) et Alice se resserrent, et ça, ce n’est pas pour me déplaire. Tom prend de l’assurance, mais il est encore fragile. On s’aperçoit dans cette nouvelle aventure que les choses en jeu sont très importantes. C’est dans ce tome que j’ai commencé à me détacher du côté « je lis de la litté jeunesse » pour pencher vers le côté « je vis la litté jeunesse ». Les membres de la famille de Tom gagnent en profondeur et on s’attache vraiment à eux. De la même façon, on perçoit les faiblesses et les sentiments d’Alice, et ça c’est ce qui manquait au récit auparavant selon moi.

Quant à l’intrigue en elle-même, même si je l’ai trouvée parfois longue avec des détours étranges qu’on aurait pu éviter, j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur les différents types de sorcières, les clans, les rituels. Disons, que ça change des gobelins qu’on nous resservait à chaque fois. Le changement de décor – ils sont dans un lieu où ils n’ont pas vraiment d’attaches – accentue la tension de ce tome et ce sentiment de danger. On découvre en même temps que Tom les secrets de ce nouveau territoire. On perçoit les mêmes menaces, on ressent les mêmes peurs. Les scènes d’action sont très lisibles quoique parfois un peu répétitives.

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Quant à l’écriture, j’ai eu l’impression dans ce tome qu’elle était moins vive et moins alerte que d’habitude, voire que l’auteur brodait quelque fois pour faire durer la chose. J‘ai aimé l’histoire en elle-même mais je pense qu’on aurait pu rendre ce sentiment d’insécurité et d’angoisse avec 100 pages en moins. Toutefois, je me suis prise au jeu et j’ai lu ce roman vraiment rapidement. Et la fin de ce tome-ci, plus que toutes les autres, me donne envie de découvrir la suite de l’histoire.

Joseph Delaney, Le Combat de l’Epouvanteur, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Delval, aux éditions Bayard Jeunesse, 12€90.

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Le Secret de l’Epouvanteur (T. 3), de Joseph Delaney

Dans le tome 2, plusieurs indices étaient dissimulés dans les pages et ils laissaient envisager de nouvelles révélations pour la suite de la saga. Je parle bien sûr de la série fantastique pour la jeunesse écrite par Joseph Delaney, et ici plus précisément du tome 3 : Le Secret de l’Epouvanteur. Je vais essayer de ne pas trop en dire dans cet article, pour permettre à ceux qui le souhaitent de commencer cette saga sans aucun gros spoil.

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Encore une fois, nous retrouvons Tom, l’apprenti de Gregory, un Epouvanteur. Le travail de ce dernier est de tenir éloignées les forces obscures du Comté et d’aider les habitants quand une sorcière ou un gobelin fait des siennes. Une vie de solitude et de dur labeur, mais surtout une vie dangereuse. Cela fait plusieurs mois que Tom est au service de l’Epouvanteur. L’hiver arrivant, ils quittent leur confortable maison de Chippenden pour rejoindre celle pour le moins désagréable d’Anglezarke. Screen_Shot_2015-10-23_at_14.47.36Cachée dans une faille, dans un coin glacial et triste du Comté, cette demeure n’est pas accueillante et ses immenses caves abritent des créatures peu attirantes. Tom n’a pas du tout envie de changer de lieu d’habitation mais il doit suivre son maître. Il ne s’imaginait tout de même pas à quel point son hiver allait être maussade et dangereux. Un ex-apprenti qui pratique la nécromancie et a des rêves fous de grandeur démoniaque d’un côté, une sorcière redoutable qu’il est obligé de côtoyer de l’autre, Tom doit se méfier.

Je vais m’arrêter là, pour ne pas trop en dévoiler, et j’occulte de cette façon de très nombreuses sous-intrigues qui se mêlent à la narration principale. Encore une fois, j’ai beaucoup apprécié ce tome de la saga. Je l’ai trouvé plus directement lié au précédent (ce que j’attendais) et on sent une réelle évolution dans les personnages. Les relations entre eux se modifient, on remarque que plusieurs mois de cohabitation les ont rendus plus proches (si on peut dire). Dans ce tome, on rentre plus intimement en contact avec ces protagonistes, on découvre leurs failles et certains de leurs secrets.

Ce tome 3 m’a paru beaucoup plus sombre. Le précédent mettait en scène quelque chose de maléfique et dangereux, mais ici c’est autre chose : les péripéties touchent directement à la vie personnelle des héros. L’amour, la famille, les relations passées, le regret, la passion, le désespoir : les émotions sont plus vives, plus fortes qu’une simple peur de mourir comme on pouvait le voir dans les volets précédents. C’est un roman fort, puisqu’à ce stade de la saga, on commence vraiment à connaître les personnages, leur manière d’agir, leur façon de penser, on connaît une partie de leur vie, des mystères qui les entourent, et on s’y est vraiment attaché. Les voir dans une telle position de détresse, de faiblesse affecte le lecteur assurément. En bref, c’est un roman plus profond.

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L’univers de la saga continue de se développer à dose homéopathique, juste ce qu’il nous faut pour tout comprendre, pour saisir les enjeux, les dangers de l’intrigue. L’intrigue, parlons-en. Il n’y en a pas qu’une seule, disons qu’il y a un élément central et qu’autour de celui-ci, d’autres péripéties toutes aussi importantes gravitent. Certains ressorts narratifs qui vont courir sur toute la saga (j’imagine) sont sérieusement mis en place, ne déclenchant qu’une chose : l’envie irrépressible de lire la suite.

En résumé, j’ai moins frissonné dans ce tome mais j’ai été happée par le destin des personnages, j’ai pleuré avec eux, j’ai eu peur à leurs côtés. Un roman plus grave que les précédents, mais idéal pour un tome 3, et toujours servi par une écriture fluide et agréable.

Joseph Delaney, Le Secret de l’Epouvanteur, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Delval, Bayard Jeunesse, 11€90.

Un amour de geek, de Luc Blanvillain

Cela fait une éternité que je n’ai pas lu de livre pour la jeunesse. Enfin, non, ce n’est pas tout à fait vrai puisque je chronique régulièrement la saga de L’Epouvanteur (le troisième tome est d’ailleurs en ce moment-même sur ma table de chevet), et de plus, j’anime chaque semaine une heure du conte avec les élèves de mon école. Donc des histoires pour enfants ou des sagas fantastiques jeunesse, j’en lis parfois (souvent). Mais un roman one-shot qui décrit des amours adolescentes, ça faisait un bail. Je crois même depuis Twilight au moins (oui, j’ai lu Twilight). Alors quand on m’a donné Un amour de geek de Luc Blanvillain, je n’ai pas pu résister plus de quelques semaines. Surtout que j’avais l’impression de nous revoir, moi et mon compagnon, à l’époque du lycée.

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Il faut dire qu’Esther l’héroïne aime la nature, monte à cheval (comme moi) et que l’autre protagoniste Thomas est un vrai geek fan de jeux-vidéos en ligne (comme mon compagnon). Thomas est amoureux d’Ester, voilà, ça lui est tombé dessus comme ça de façon aussi soudaine qu’imprévisible. Esther lui soumet donc une épreuve. Elle aussi éprouve des sentiments pour lui mais elle veut retrouver l’amour courtois et chevaleresque d’antan, elle veut se faire courtiser et demande donc à Thomas de passer un mois sans écran. Plus d’ordinateur, plus de portable, plus de télé. Le coup est dur pour notre apprenti hackeur, mais il tient trop à Esther et tente de relever un défi. Mais ce n’est pas simple alors qu’une affaire de vidéo de culotte (oui, oui) fait rage au lycée et qu’à la maison sa mère devient de plus en plus lointaine et énigmatique. Heureusement, Thomas peut compter sur sa petite sœur Pauline, une collégienne pleine de vie.

Vous voyez le topo, il y a tous les ingrédients réunis pour faire une histoire légère pour ado, et je ne dis pas ça en mal, au contraire, c’est exactement ce que je recherchais. Et oui, cette lecture est réellement divertissante. L’auteur (français ! Ça fait plaisir de ne pas lire une traduction dans ce domaine) a vraiment une plume agile tout aussi douée pour les dialogues que pour les questionnements intérieurs. La narration est rondement menée, on ne s’ennuie jamais : l’intrigue avance très bien, alors que les scènes qui se succèdent n’ont rien à voir entre elles, ce qui a pour effet d’empêcher la lassitude de s’installer. Un dosage parfait donc avec des personnages assez réalistes (même si plutôt manichéens, mais c’est assez normal de trouver cela dans un roman jeunesse).

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Je tenais surtout à saluer la justesse de l’auteur concernant la gestion des émotions et l’évolution des personnages. Car dans ce roman on ne parle pas que de petites histoires d’ado mais aussi de secret, de problème de famille, du harcèlement en milieu scolaire, de l’amitié, du lien frère-sœur. Par moment c’est assez profond, juste assez pour donner du relief, de l’épaisseur à l’histoire et faire réfléchir le lecteur sans pour autant le déprimer. Au contraire, la balance entre « vrais sujets » et « péripéties légères » est vraiment idéale. Vous pouvez mettre ça entre les mains de vos ados sans aucun problème : c’est un livre très divertissant mais pas bête pour autant. On peut lui reprocher parfois quelques facilités dans l’histoire et dans la description des personnages, on se doute tous également de comment ça va se finir, mais il y a aussi de nombreux rebondissements et une identification immédiate aux deux héros. Dans l’ensemble une jolie réussite !

Luc Blanvillain, Un amour de geek, aux éditions Plon Jeunesse, 16€.

La Malédiction de l’Epouvanteur (T. 2), de Joseph Delaney

Le premier tome de cette saga m’avait séduite, je reviens donc vous parler du tome 2 que j’ai dévoré également : La Malédiction de l’Epouvanteur de Joseph Delaney.

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fleauTom Ward continue son apprentissage d’épouvanteur auprès de son maître, M. Gregory. Tout deux doivent se rendre à Priestown, ville d’églises et de prêtres, pour participer à un enterrement. Dans une ville où être épouvanteur est très mal vu, où l’Inquisiteur s’amuse à brûler vif et à torturer des gens parce que soi-disant ils sont sorciers, Tom et son maître vont pourtant réussir à se mettre encore plus en danger, mais c’est pour la bonne cause. En effet, dans les catacombes sous la cathédrale réside le Fléau, une force obscure capable de manipuler les esprits. Et ce mal reprend des forces, trop : cela en devient dangereux, il pourrait réussir à sortir de sa prison et recouvrir le Comté des ténèbres. Il faut le combattre. Une autre aventure pour nos héros, mais celle-ci s’avère vraiment dangereuse.

Encore une fois une écriture très divertissante, mais toutefois plus profonde que le tome 1 : on découvre des pans du passé du M. Gregory et on apprend à mieux connaître Tom. Face à un danger tel, pernicieux et mortel, ils ne seront pas toujours d’accord, mais heureusement, ils auront quelques alliés pour les aider dans leur tâche. C’est un roman d’aventure jeunesse, mais là encore, c’est réserver à des lecteurs avertis : des scènes peuvent faire peur, des gens meurent dans ce livre et ce genre de choses peut effrayer les plus jeunes (je rigole pas, les parents, lisez-le avant de le mettre dans les mains de vos marmots, OK ?). Toutefois, si le lecteur est « averti » comme le demande la quatrième de couv’, ce livre est vraiment prenant. Il y a parfois quelques longueurs et un manque d’explications sur les faits et gestes des personnages (on a par moment du mal à visualiser ce qu’ils font vraiment), mais les péripéties sont vraiment surprenantes. L’auteur fait souvent appel à un élément extérieur pour résoudre les situations, on pourrait le regretter, toutefois cela est très bien amené et les personnages principaux sont régulièrement preneurs d’initiatives. Il y a là un bon équilibre.

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J’aurai souhaité qu’il y ait un peu plus de lien entre le tome 1 et le tome 2 mais j’imagine toutefois que cela sera corrigé dans les prochains tomes au vu de ce que j’ai pu lire dans celui-là. En effet, des indices sont disséminés un peu partout pour savoir sur quoi reposera la future intrigue (du tome suivant, ou d’un tome encore ultérieur). On sent une trame de fond qui se développe et c’est vraiment à partir de ce livre que j’ai senti « l’esprit saga ». C’est à partir de ce roman qu’on se dit qu’il faut lire les autres, qu’on doit savoir la suite.

Comme je l’ai dit plus haut, les personnages sont plus explorés et ce traitement est vraiment bénéfique pour l’œuvre, on ne lit plus le roman que pour l’aventure mais aussi pour connaître le destin et le passé des différents protagonistes. On se prend vraiment à ce jeu de puzzle à reconstituer, d’énigmes à résoudre sur la vie de tel ou tel personnage et cela ne présage que de bonnes choses.

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On dit merci à Joseph Delaney pour cette excellente saga !

Je ne vais pas épiloguer plus pour ne pas faire redite avec l’article sur le tome 1, mais je ne peux que vous inviter à découvrir la saga. Il vous faudra commencer par le premier roman, sans cela, beaucoup d’éléments seraient incompréhensibles ou perdraient de leur saveur. J’espère vraiment que vous succomberez à L‘Epouvanteur et n’hésitez pas à me donner votre ressenti en commentaire si c’est déjà le cas (sans spoiler les autres tomes, par pitié!).

Joseph Delaney, La Malédiction de l’Epouvanteur, Bayard Jeunesse, 11€90.