Panne d’écriture : comment l’éviter ?

J’ai parlé sur le blog de ces embryons de romans abandonnés. Parfois, ils sont laissés dans un coin de votre ordinateur pendant des mois, des années car à un moment donné on a eu une panne d’écriture. Est-il possible de les éviter ?

e2809clc3a9criture-cest-c3a0-la-fois-une-respiration-une-nc3a9cessitc3a9-un-vrai-bonheur-e2809d1Tout d’abord, je tiens à préciser que certaines pannes d’écriture sont inévitables. Certains événement de la vie vous laissent complètement démuni et même si vous pensez aller mieux, vous êtes en pleine reconstruction. Et parfois l’écriture n’a absolument pas sa place ici. La très longue panne que j’ai vécu en 2018 est de cet acabit : très honnêtement, j’avais autre chose à penser et ma maigre motivation servait avant tout à mettre un pied devant l’autre, à grandir, à aller de l’avant. Dans ces cas-là, ne vous en voulez pas, laissez-vous le temps. C’est seulement quand ne pas écrire est en soi devenu une souffrance que j’ai su qu’il fallait que j’y fasse quelque chose – dans mon cas, je me suis réinscrite au NaNoWriMo pour une autre édition, et ça a super bien fonctionné. Parfois au contraire, surtout pour ceux qui écrivaient peu de base, l’écriture peut vous sauver et servir à faire sortir certaines choses que vous n’avez pas encore exprimé ou tout simplement vous apporter un certain soulagement, une sensation d’évasion. Le rapport à l’écriture est très intime, soyez à votre écoute.

Mais les petites pannes d’écriture sont habituelles et quand on a un projet en cours, le syndrome de la page blanche peut vraiment devenir un vrai obstacle. Il existe pourtant des petites astuces pour essayer de se protéger des pannes d’écriture.

Garder contact quotidiennement avec l’écriture

Pour la plupart d’entre nous, écrire de la fiction n’est pas au programme tous les jours. Je peux comprendre qu’il est difficile parfois de se trouver un moment, surtout si, comme moi, il vous faut du temps pour rassembler vos esprits, vous concentrer et vous y mettre.

Mais même si vous ne travaillez pas sur votre projet tous les jours, il est très important de garder le contact avec l’écriture. Au lieu de créer, vous pouvez tout simplement vous relire, enlever les fautes d’orthographe. Écrire un article pour votre blog, ou un mail à un ami que vous n’avez pas vu depuis longtemps. Plus simplement, prenez l’habitude le soir de décrire votre journée dans votre agenda, votre ressenti dans un journal intime. Inscrivez trois choses positives de votre journée dans un carnet, faites une liste de n’importe quoi. Restez en contact avec les mots tout simplement – à travers la lecture par exemple – est déjà très bien, mais écrire sera un acte encore plus fort.

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Savoir ce que vous voulez vraiment

Si vraiment, au plus profond de vous, finir d’écrire cette histoire est important à vos yeux, si ça représente un de vos objectifs, donnez-vous les moyens d’y arriver. Le plus souvent, on s’invente en réalité des excuses pour ne pas écrire – un peu comme pour le sport tiens ! – car ce n’est pas tous les jours faciles. De plus, ça reste majoritairement une tâche solitaire et certains jours, on a un peu de mal à rester seul avec nous-même.

Prenez donc le temps pour réfléchir honnêtement à votre projet, à son importance pour vous. Si vraiment cela est important pour vous, arrêtez de tourner autour de pot et voyez les choses comme elles sont : l’écriture, la réécriture, la mise en page, les corrections… vont représenter un vrai boulot. Planifiez, inscrivez-le dans votre emploi du temps. Arrêtez avec cette excuse de « j’ai pas le temps ». Levez-vous une demi-heure plus tôt, choisissez de déjeuner sans vos collègues pour passer votre pause du midi à écrire, profitez de vos 35 minutes quotidiennes de métro au lieu de rêvasser… Vous avez la possibilité. Prenez-en juste conscience.

L’astuce la plus connue mais la plus efficace : le rituel

Si vous en êtes là de la lecture de cet article, c’est que l’écriture est vraiment importante dans votre vie. Vous aimez écrire. Alors donnez-lui l’importance qu’elle mérite dans votre vie. Créer un rituel d’écriture n’est pas une innovation, mais je ne pouvais pas ne pas inclure cette astuce car elle fonctionne tellement bien. Je le vois bien quand j’écris pour le NaNoWriMo, qui m’oblige à m’y mettre chaque jour. Il y a certaines choses qui fonctionnent mieux que d’autres : pour moi, c’est d’écrire le matin, à coup de dix ou quinze minutes entre deux activités autres, et avec un café. Créez votre propre rituel d’écriture et tenez-vous-y. Il paraît qu’il faut entre trois et quatre semaines pour qu’un nouveau comportement devienne une habitude… !

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Trouver le bon lieu, le bon moment. L’important c’est que vous soyez à l’aise et le moins dérangé possible pendant ce laps de temps – minimum dix minutes – que vous réservez pour l’écriture. Ce moment est pour vous, faites-en ce que vous voulez. Certains jours, vous aurez du mal à écrire pour votre projet phare : ce n’est pas grave, votre rituel vous servira alors à écrire d’autres petites choses, à travailler sur votre plan, à inventer des poèmes. L’important c’est que ce rituel soit vraiment régulier. Au fur et à mesure, il perdra son côté obligatoire et deviendra pour vous un vrai plaisir, voire un vrai besoin. A force, vous allez voir : vous cogiterez tout le temps qui vous sépare de votre rituel, impatient d’y être pour enfin mettre noir sur blanc toutes vos nouvelles idées. C’est stimulant et enthousiasmant. Et même dans les jours où l’inspiration n’est pas au rendez-vous, prenez ce moment pour un espace d’expression, de pause dans votre folle journée.

Ne pas écrire seul

La solitude de l’écrivain, seul penché au-dessus de sa feuille, se prenant la tête entre les mains… une image que l’on a tous imaginée, voire vécue ! Il est vrai que l’écriture est par essence une activité solitaire, sauf dans le cas de quelques jeux d’écriture que l’on peut faire en groupe bien sûr. Mais avoir des amis de plume, ne plus écrire seul n’est pas si compliqué et peut vous apporter un réel soutien au quotidien.

Il existe tellement de façon de partager sa passion de l’écriture : internet regorge de forum, de chats, d’événements, des partenariats avec des bêta-lecteurs, etc. Je vais me répéter, mais vous savez que j’adore ça : le NaNoWriMo m’a vraiment permis de rencontrer des gens adorables et disponibles pour parler d’écriture. Vous pouvez également pousser les portes d’une association, d’un atelier d’écriture : pour en avoir animer, je peux vos confirmer que c’est le lieu idéal pour avancer, progresser sur son projet tout en étant soutenu.

Enfin, vous pouvez également publier au fur et à mesure votre projet sur des plateformes comme Wattpad pour avoir des retours. Ou vous mettre aux fanfictions qui est un des styles d’écriture les plus communautaires que je connaisse !

Et bien évidemment, vous pouvez râler et demander de l’aide sur les réseaux sociaux : il y a aura toujours quelqu’un pour vous répondre.

Ecrire, ce n’est pas facile, ce n’est pas évident. On rencontre souvent la lassitude, le doute, l’ennui. Des émotions peuvent nous parasiter, nous bloquer. Mais surtout, écrire nous renvoie à nous-mêmes, c’est une activité plutôt solitaire dans l’acte : sans s’en rendre compte, on se trouve donc souvent des excuses pour échapper à cette activité. Si ça vous tient à cœur, il existe donc des petites astuces comme vous l’avez vu. Mais finalement, il n’y a pas vraiment de secret : si vous avez envie d’écrire, n’attendez pas. Écrivez, tout simplement.

Ces écrits qu’on ne finit pas

Vous êtes nombreux à être des amoureux du livre et de la lecture sur ce blog ; et pour beaucoup cela veut également dire, au moins un peu, que vous êtes également amoureux de l’écriture. Il parait que nous sommes nombreux à vouloir écrire un livre, c’est le genre de projet qui nous fait rêver. Pourtant, bien peu parviennent à leurs fins. Je ne parle pas du tout de se faire éditer, ce n’est pas vraiment un sujet qui m’intéresse. Je parle juste de terminer un projet d’écriture.

Combien de premiers jets, de débuts de romans traînent sur les disques durs de nos ordinateurs ? Bien sûr, parmi ces brouillons jamais achevés il y a les histoires trop mauvaises pour avoir finalement de l’intérêt, et les idées jetées sur le clavier qui ne nous plaisent plus. Mais il y a aussi ce gros projet qui vous a fait vibrer, sur lequel vous avez travaillé de nombreuses heures, auquel vous avez repenser souvent. Et pourtant vous ne le finissez pas.

Écrire par étincelles

La plupart de ces écrits jaillissent d’une étincelle. Une illumination un jour qui nous a pris aux tripes et nous a poussés à tout jeter sur une page. On était enthousiaste et fébrile, imaginant déjà l’oeuvre terminée. Mais l’intérêt s’est émoussé au fil du temps. Soit parce qu’on s’est rendu compte que finalement ce n’était pas si bon, que ce projet avait ses limites. Le plus souvent, soyons honnêtes, c’est parce qu’on n’a pas été capable d’entretenir la flamme. Ecrire est un vrai engagement, ça peut être un plaisir un jour, une torture le lendemain.

Et un jour, une autre étincelle, un autre début de projet. Même schéma. Et les débuts de romans s’amoncellent.

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Écrire parce que c’est le bon moment

Parfois on ne choisit pas vraiment d’écrire, mais on le fait car c’est le bon moment dans sa vie. On en ressent le besoin et l’envie.

C’est souvent à des moments charnières de nos vies, comme l’adolescence, les grandes décisions, les épreuves. Écrire fait du bien. Ça représente parfois un partage d’expérience, parfois une évasion salvatrice dans un autre monde. Pour d’autres, c’est aussi une fierté, savoir qu’ils sont capables d’accomplir quelque chose.

Ce genre d’écrits, sauf s’ils sont très courts, sont rarement finis, rarement retravaillés. Ils n’avaient pas vraiment d’autres buts en soi que d’être commencés. On les relira dans des années avec des émotions bizarres, datant d’un autre temps, ou au contraire, on fera le choix de les supprimer.

Écrire pour les mauvaises raisons

Jamais vous ne m’entendrez dire qu’écrire est une mauvaise chose, bien au contraire. Mais parfois, nous écrivons pour les mauvaises raisons, par obligation. Cela peut avoir un bon côté, débloquant certaines choses, nous entraînant à une certaine régularité.

Mais si on se force trop, on risque carrément de voir sa plume tarir. S’énerver sur sa page car on vit l’écriture comme une obligation est plus un mal qu’un bien. Vous ne créerez que des histoires avortées avec des personnages que vous détestez déjà. Aucun intérêt. Allez souffler. Ça reviendra.

Pourquoi on reste bloqués ?

brouillons-numeriqueCertains écrits ne sont pas faits pour être repris. Mais, en tant qu’écrivain en herbe, le plus important dans tout ça, c’est que vous le compreniez, que vous l’acceptiez. Certains écrits ne sont pas faits pour être repris. Rien ne sert de s’acharner dessus car une sourde culpabilité vous envahit. Laissez ça de côté. Peut-être que ça servira de terreau à une autre histoire : il m’arrive souvent par exemple d’emprunter un nom de lieu, le trait de caractère d’un personnage à un vieux brouillon qui traînait par là. Car ce n’est pas parce que c’est inutilisable que tout est bon à jeter. Votre inspiration, votre plume ont besoin de crash tests. C’est ainsi que vous trouvez votre voie, le ton juste. Vous voyez où sont vos limites, vous découvrez certains univers que vous souhaiteriez explorer. Rater des histoires, les abandonner, ça a du bon. Les erreurs, ça permet de grandir et de mieux se connaître.

Au bout d’un moment, il faut accepter de laisser tomber une histoire. Et oui, ça peut être dur. Mais croyez-moi, si ça ne vient pas, mieux vaut ne pas insister.

Et peut-être que dans des années, vous reviendrez vers ce brouillon d’histoire pour tout reprendre et enfin finir !