Did I mention I love you ?, d’Estelle Maskame

Ah, vous me connaissez, j’aime bien lire des romans après tout le monde. On ne va pas changer une équipe qui gagne, et aujourd’hui, je vous parle encore de romance, et encore de young-adult ! Habituez-vous, car je vais en dévorer encore quelques uns : ces petits plaisirs coupables me font un bien terrible et conjure l’atroce malédiction de la panne de lecture.

On se retrouve donc aujourd’hui pour parler de DIMILY pour les intimes, autrement dit Did I Mention I Love You d’Estelle Maskame, le premier tome d’une trilogie se déroulant aux États-Unis et nous narrant les amours d’Eden et de Tyler. Est-ce que c’est un bon livre ? J’ai commandé le deuxième tome aussitôt terminé le premier, ça devrait vous mettre dans la voie.

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Eden a 16 ans, elle vit seule avec sa mère à Portland. Mais son père, qui les a abandonnées trois ans plus tôt, l’invite à passer l’été dans sa magnifique maison à Santa Monica en Floride. Étrangement, malgré la rancœur – légitime – qu’elle garde pour lui, elle accepte. Une fois arrivée, elle fait la connaissance d’Ella, sa nouvelle belle-mère et de ses trois fils… dont l’aînée, Tyler, dix-sept ans, sort vraiment du lot. Il n’obéit jamais à sa mère, découche tous les soirs, agit en vrai bad-boy. Dès le début, Eden a l’impression qu’il l’a pris en grippe. Mais finalement, elle ne peut s’empêcher de le trouver attirant…

Alerte cliché ! Alerte cliché ! Tu le vois venir le coup du « je fais le dur parce que j’ai des faiblesses » ? Ralalala, oui, c’est un poncif, mais qu’est-ce que c’est bon ! Typiquement, j’aurais eu 16 ans, moi aussi je serais tombée amoureuse de Tyler, moi aussi je ne me serais pas toujours sentie à ma place comme Eden. En fait, j’ai beaucoup aimé son personnage, même s’il aurait pu avoir plus de profondeur. Mais dans les touches légères de jeune fille à la fois forte et naïve que lui fait endosser l’auteure, je me suis un peu retrouvée en elle. Tyler, dans ses excès, est moins réaliste : mais allez, on va dire que c’est Hollywood qui fait ça.

Je me suis complètement projetée dans cette vie californienne. Les descriptions ne sont pas trop présentes, juste assez pour planter le décor et laisser l’imagination du lecteur faire le reste. Les relations entre tous les personnages me semblent très bien représentées : quelle fougue on peut avoir à l’adolescence… ! J’ai un peu plus de mal avec l’opulence, la richesse qui leur semble normale, mais il faut dire qu’on ne vit pas dans le même monde.

Ce qui m’a causé le plus problème, ce sont certains dialogues (cf les grands moments de révélation) qui là, malheureusement, tombaient dans la parodie et n’étaient vraiment pas bien dosés. Idem en ce qui concerne les monologues d’Eden quand elle s’interroge sur son demi-frère Tyler. Ces passages m’ont vraiment fait lever les yeux au ciel… mais je suis capable de pardonner beaucoup pour cette romance. Elle est un peu convenue certes, mais il y a de vrais éléments originaux dans ce livre – je pense à Tiffany ou au passé d’Eden pour ceux qui l’ont déjà lu – qui redonne de la profondeur à ce roman young-adult.

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Cette chronique n’est pas bien construite du tout, il faut dire que je l’écris comme un midinette. Ce roman m’a fait du bien, c’était exactement ce que je recherchais, malgré quelques erreurs de la part de la très jeune auteure Estelle Maskame. J’ai très hâte de voir ce que va donner la suite car je dois dire que l’épilogue m’a un peu désarçonnée…

Estelle Maskame, Did I Mention I Love You ?, traduit de l’anglais par Maud Ortalda, aux éditions PKJ, 16€90.

Déboires d’une panne de lecture

Au début, on se dit, ce n’est qu’une passade, allez. Tant pis, ce serait le temps de quelques mois. Histoire d’aller mieux, de passer à autre chose. Puis les mois passent, et moi aussi je suis passée à autre chose. Ce n’est pas évident tous les jours, mais j’ai repris ma vie en main.

Pourtant la panne d’écriture mais surtout de lecture continue.

Quel gouffre ! J’ai par moment de vraies sensations de manque. J’aimerais tant retrouver la douceur de la lecture, lovée dans mon lit ou bien installée dans un parc, dans un café. Ces petits rituels que j’avais auparavant me manquent. Il est vrai que je travaille plus, que beaucoup de mes heures libres sont réservées à présent au sport, à la cuisine ou… à la sieste – le boulot m’épuise ! Mais auparavant, même si j’étais fatiguée ou pressée, je me souviens, je lisais même en marchant, ou dans le métro, tellement j’aimais ça ! Où donc est-ce passé ?

J’ignore si c’est un blocage. En tout cas, je sais que ma passion est toujours là. Aujourd’hui, je retrouve le plaisir de m’informer des dernières sorties, de me plonger dans le magazine Lire, de voir des vidéos Booktube et de traîner sur des blogs livresques. Pour vous dire, j’ai même prévu de retourner au Salon du Livre de Paris en mars prochain. Pourtant, quand j’essaie de suivre mon instinct et que j’ouvre un roman, je n’arrive pas à dépasser en règle générale les dix premières pages.

J’ai tout essayé ! Relire des œuvres que j’adore et qu’en temps normal je peux relire encore et encore. Essayer des petits romans, des textes courts pour ne pas m’essouffler en cours de route. Découvrir des romans qui pourraient me correspondre et dont je n’entends que du bien. Voire même tenter de lire des choses qui changent mes habitudes – que ce soit dans la forme, le choix de l’histoire et du thème, le genre… Lire des livres destinés aux ados, lire du young adult : je me disais qu’il serait plus facile pour moi d’embarquer dans ce genre d’histoires. Une fois, j’ai réussi sans me forcer : c’était un roman feel-good facile, avec de la romance et de la gourmandise ; quand j’ai voulu retenter l’expérience, rien à faire, ça ne fonctionnait plus.

Près de mon lit, il y a une romance adolescente à peine entamée, sur ma table basse une dystopie en un seul volume qui me plait bien mais je n’ai pas dépassé le deuxième chapitre, dans ma bibliothèque, quatre sagas que j’adore mais que j’ai arrêté en cours de route. Déprimant.

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Mais, vous savez ? Je crois que la clé c’est de s’écouter. J’avais envie de relire ? Non, je voulais juste retrouver cette sensation d’être toute à son aise, dans sa bulle, de vibrer au même rythme que les personnages. Et je voulais faire partie de ce monde livresque qui me manquait. Je me remettais presque à lire (ou à essayer plutôt) pour les mauvaises raisons en fait : je me forçais pour redevenir la grande lectrice qui s’enquillait tout ce qui lui passait sous la main à un rythme effréné.

L’automne s’installe en ce moment à Toulouse, et c’est le bon moment. Je le sens là, au fond de mes tripes. Titiller par le NaNoWriMo, la passionnée de livres que je suis toujours est de plus en plus attirée par sa bibliothèque. Comme beaucoup d’entre vous, je suis persuadée que pour écrire, il faut lire beaucoup. Se gorger des mots des autres. C’est en imitant qu’on apprend !

J’ai envie de relire Harry Potter ou L’Epouvanteur. Voire même Le Trône de Fer – mais je ne le ferai pas, je ne vais pas cramer toutes mes cartouches maintenant ! Voilà, j’en ai juste envie. Et rien que ça c’est formidable. Savoir que cet après-midi, il fait beau, je vais courir mes dix kilomètres au soleil, puis me décarcasser en râlant sur le forum pour faire mon quota de mots pour le NaNo et finalement passer la soirée à lire… J’en frétille d’avance ! Je suis heureuse de savoir que je vais lire.

Les amis, je crois que là c’est la bonne.

Et très sincèrement, vous ne vous doutez pas de toute l’émotion qui m’envahit quand je vous dis ça. La lecture, les livres, la communauté autour, c’est tellement important pour moi. C’est un vrai pan de ma vie, ça fait partie de ma construction personnelle. Je ne suis pas entière sans cela. C’est un immense bonheur de me dire que peut-être je vais m’en sortir. Une panne de lecture, ça peut être tout et n’importe quoi. Dans mon cas, ça marquait clairement un problème d’unité et de calme dans ma vie. Je suis heureuse de vous retrouver.