La forêt des ombres, de Franck Thilliez

Pour cette lecture, j’ai demandé à l’amoureux de choisir un roman parmi ma pile à lire. Il a jeté son dévolu sur un thriller, sûrement à cause de sa très belle édition (une collector, pour un Noël passé). Mais grâce à ce hasard, j’ai enfin découvert la plume de Franck Thilliez avec La forêt des ombres.

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Dans les thrillers bien noirs, je n’aime pas du tout quand le héros est un flic, je préfère quand c’est quelqu’un de lambda. Et c’est le cas ici. David Miller est thanatopracteur et en parallèle, il écrit aussi. Des thrillers. Il a notamment publié un roman. On lui propose une bien étrange mission : contre une belle somme d’argent, il doit tout plaquer pendant un mois et se rendre dans le chalet d’un riche homme en fauteuil roulant, un chalet perdu dans la Forêt noire. Il s’y rend avec sa femme et sa fille, et découvre un endroit glauque, mystérieux, isolé. Il découvre alors le sujet de son roman : il doit faire revivre dans un nouveau roman le Bourreau 125, qui a torturé et tué il y a 25 ans.

Vous vous doutez bien que rien ne se passe comme prévu, que chacun a des secrets… Bref, de beaux retournements de situations. J’ai adoré le lieu où est placé l’action, à la fois beau et dangereux. L’auteur a un vrai talent pour planter le décor, même si j’aurais aimé qu’il passe plus de temps à nous décrire le chalet. De nombreux éléments nous mettent dans le doute, nous font poser des questions : j’en ai trouvé quelques uns superficiels, superflus mais je comprends l’attention de l’auteur.

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Ce thriller prend son temps pour poser les personnages, et c’est tant mieux ! J’ai apprécié découvrir et suivre ces héros qui ont chacun une histoire très intéressante. J’ai trouvé un peu kitsch l’homme en fauteuil roulant, un peu cliché. La folie a la part belle dans cette histoire mais à mes yeux, elle arrive avec ses gros sabots et utilise tous les poncifs du genre.

L’histoire va vite, on ne s’ennuie pas. Le suspens ne dure pas des lustres comme avec certains thrillers. Au fur et à mesure, on a les réponses et on comprend – malheureusement, j’ai même tout compris très vite, j’avais tout deviné, vraiment tout ! Mais je ne porte pas rigueur à ce roman de ce manque de suspens car j’ai finalement adoré son action, son intrigue, ses personnages. Franck Thilliez a une plume efficace, j’ai apprécié ce côté économe. Il n’y a presque rien à enlever, sauf à la limite quelques actes de ses personnages… Je suis vraiment déçue de la toute fin par contre, qui retombe comme un soufflet !

Un bon petit thriller, qui a bien fonctionné sur moi. Et malgré quelques défauts, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur et je vais sans aucun doute retenté l’expérience !

Franck Thilliez, La Forêt des ombres, aux éditions Pocket, 7€30.

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D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

J’ai presque du me refréner pour ne pas lire D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan, directement après Rien ne s’oppose à la nuit, tellement j’ai aimé le style de l’auteure et ce qu’elle avait à nous raconter.

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Il me semble important de lire ces deux romans dans cet ordre, c’est ainsi qu’ils ont été écrits et publiés, et l’auteure-narratrice fait régulièrement référence au premier livre dans le deuxième. Car encore une fois, on flirte avec l’autobiographie, l’autofiction… on ne sait pas très bien où sont les limites, on s’y perd, on aime ça. Le personnage principale, c’est l’auteure elle-même et elle inclut de vrais éléments de sa vie dans ce roman – notamment son couple avec François Busnel, ses enfants, sa carrière d’écrivain. On ne sait pas où commence le faux, si tout est faux, si quelque chose est faux. Rajoutez à cela qu’on se méfie même d’une certaine folie sous-jacente qu’on a découverte chez la mère dans Rien ne s’oppose à la nuit… On ne sait plus quoi croire, surtout que la narratrice elle-même s’interroge : dois-je écrire du vrai ? Mais en réalité, à partir du moment où je le mets en mots, c’est d’une certaine façon de la fiction, c’est ma réalité, pas la réalité vraie ? Pour ma part, j’ai tout simplement décidé de tout prendre pour vrai, mais j’ai été vraiment désarçonnée par cette fin, j’ai perdu tous mes repères.

Je voudrais raconter comment L. est entrée dans ma vie, dans quelles circonstances, je voudrais décrire avec précision le contexte qui a permis à L. de pénétrer dans ma sphère privée et, avec patience, d’en prendre possession.

Delphine est fatiguée du succès inattendu de Rien ne s’oppose à la nuit, ce livre où elle parle de sa mère a touché beaucoup plus de monde que ce à quoi elle s’était attendu, et cette sorte de gloire a eu des retentissements dans sa propre famille. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre L. qui très vite va s’imposer dans sa vie comme l’amie toujours présente, qui la connaît mieux que personne et qui est toujours là pour elle. Vraiment toujours. Petit à petit, Delphine va se rendre compte qu’elle n’arrive plus à écrire, vraiment plus du tout, même pas une liste de course. L. va alors prendre de plus en plus de place, l’aidant au quotidien. Mais au fil des mois, Delphine se sent de plus en plus mal à l’aise face à son amie.

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Encore aujourd’hui, il m’est difficile d’expliquer comment notre relation s’est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l’espace de quelques mois, occuper une telle place dans ma vie. L. exerçait sur moi une véritable fascination. L. m’étonnait, m’amusait, m’intriguait. M’intimidait.

On le sait dès le début du livre, ce sera une relation toxique qui va nous être racontée. Et ce récit est à la fois hypnotisant et effrayant. Delphine se place en victime et à sa place, il faut avouer qu’on aurait sûrement agi pareil. Car ce genre d’amitié malsaine, qui prend toute la place, se glisse et se construit insidieusement dans une existence. On s’en rend compte trop tard. Par moment, et surtout dans le dernier quart, le roman prend des airs de thriller, on redoute un événement, quelque chose qui va tout faire bousculer, et les huis-clos entre L. et Delphine nous pousse à y croire. Je ne m’attendais pas du tout à ce dénouement, pour le coup l’auteure m’a surprise ! Et même si j’ai trouvé qu’elle se regardait écrire par moment, la langue et le style sont toujours impeccables, disséquant avec pudeur les émotions, voguant dans les souvenirs.

C’est un système qu’on connaît déjà : je témoigne de ce que j’ai vécu, sous la forme autobiographique, tout en m’interrogeant en même temps sur le rédaction de ce récit. Et je dois avouer : j’apprécie beaucoup cette façon d’écrire, qui immerge complètement le lecteur, l’invitant à tout prendre pour argent comptant, oubliant le mot « roman » sur la couverture. C’est troublant, passionnant, bref j’ai adoré ce livre.

Maintenant que j’expose ces faits, reconstitués dans un ordre à peu près conforme à celui dans lequel ils se sont déroulés, j’ai conscience qu’apparaît, comme à l’encre sympathique, une sorte de trame, dont les ajouts laissent entrevoir la progression lente et assurée de L., renforçant chaque jour son emprise. Et pour cause : j’écris cette histoire à la lumière de ce que cette relation est devenue et des dégâts qu’elle a provoqués. Je sais l’effroi dans lequel elle m’a plongée et la violence dans laquelle elle se termine.

Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, aux éditions JC Lattès, 20€.

Panne d’écriture : comment l’éviter ?

J’ai parlé sur le blog de ces embryons de romans abandonnés. Parfois, ils sont laissés dans un coin de votre ordinateur pendant des mois, des années car à un moment donné on a eu une panne d’écriture. Est-il possible de les éviter ?

e2809clc3a9criture-cest-c3a0-la-fois-une-respiration-une-nc3a9cessitc3a9-un-vrai-bonheur-e2809d1Tout d’abord, je tiens à préciser que certaines pannes d’écriture sont inévitables. Certains événement de la vie vous laissent complètement démuni et même si vous pensez aller mieux, vous êtes en pleine reconstruction. Et parfois l’écriture n’a absolument pas sa place ici. La très longue panne que j’ai vécu en 2018 est de cet acabit : très honnêtement, j’avais autre chose à penser et ma maigre motivation servait avant tout à mettre un pied devant l’autre, à grandir, à aller de l’avant. Dans ces cas-là, ne vous en voulez pas, laissez-vous le temps. C’est seulement quand ne pas écrire est en soi devenu une souffrance que j’ai su qu’il fallait que j’y fasse quelque chose – dans mon cas, je me suis réinscrite au NaNoWriMo pour une autre édition, et ça a super bien fonctionné. Parfois au contraire, surtout pour ceux qui écrivaient peu de base, l’écriture peut vous sauver et servir à faire sortir certaines choses que vous n’avez pas encore exprimé ou tout simplement vous apporter un certain soulagement, une sensation d’évasion. Le rapport à l’écriture est très intime, soyez à votre écoute.

Mais les petites pannes d’écriture sont habituelles et quand on a un projet en cours, le syndrome de la page blanche peut vraiment devenir un vrai obstacle. Il existe pourtant des petites astuces pour essayer de se protéger des pannes d’écriture.

Garder contact quotidiennement avec l’écriture

Pour la plupart d’entre nous, écrire de la fiction n’est pas au programme tous les jours. Je peux comprendre qu’il est difficile parfois de se trouver un moment, surtout si, comme moi, il vous faut du temps pour rassembler vos esprits, vous concentrer et vous y mettre.

Mais même si vous ne travaillez pas sur votre projet tous les jours, il est très important de garder le contact avec l’écriture. Au lieu de créer, vous pouvez tout simplement vous relire, enlever les fautes d’orthographe. Écrire un article pour votre blog, ou un mail à un ami que vous n’avez pas vu depuis longtemps. Plus simplement, prenez l’habitude le soir de décrire votre journée dans votre agenda, votre ressenti dans un journal intime. Inscrivez trois choses positives de votre journée dans un carnet, faites une liste de n’importe quoi. Restez en contact avec les mots tout simplement – à travers la lecture par exemple – est déjà très bien, mais écrire sera un acte encore plus fort.

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Savoir ce que vous voulez vraiment

Si vraiment, au plus profond de vous, finir d’écrire cette histoire est important à vos yeux, si ça représente un de vos objectifs, donnez-vous les moyens d’y arriver. Le plus souvent, on s’invente en réalité des excuses pour ne pas écrire – un peu comme pour le sport tiens ! – car ce n’est pas tous les jours faciles. De plus, ça reste majoritairement une tâche solitaire et certains jours, on a un peu de mal à rester seul avec nous-même.

Prenez donc le temps pour réfléchir honnêtement à votre projet, à son importance pour vous. Si vraiment cela est important pour vous, arrêtez de tourner autour de pot et voyez les choses comme elles sont : l’écriture, la réécriture, la mise en page, les corrections… vont représenter un vrai boulot. Planifiez, inscrivez-le dans votre emploi du temps. Arrêtez avec cette excuse de « j’ai pas le temps ». Levez-vous une demi-heure plus tôt, choisissez de déjeuner sans vos collègues pour passer votre pause du midi à écrire, profitez de vos 35 minutes quotidiennes de métro au lieu de rêvasser… Vous avez la possibilité. Prenez-en juste conscience.

L’astuce la plus connue mais la plus efficace : le rituel

Si vous en êtes là de la lecture de cet article, c’est que l’écriture est vraiment importante dans votre vie. Vous aimez écrire. Alors donnez-lui l’importance qu’elle mérite dans votre vie. Créer un rituel d’écriture n’est pas une innovation, mais je ne pouvais pas ne pas inclure cette astuce car elle fonctionne tellement bien. Je le vois bien quand j’écris pour le NaNoWriMo, qui m’oblige à m’y mettre chaque jour. Il y a certaines choses qui fonctionnent mieux que d’autres : pour moi, c’est d’écrire le matin, à coup de dix ou quinze minutes entre deux activités autres, et avec un café. Créez votre propre rituel d’écriture et tenez-vous-y. Il paraît qu’il faut entre trois et quatre semaines pour qu’un nouveau comportement devienne une habitude… !

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Trouver le bon lieu, le bon moment. L’important c’est que vous soyez à l’aise et le moins dérangé possible pendant ce laps de temps – minimum dix minutes – que vous réservez pour l’écriture. Ce moment est pour vous, faites-en ce que vous voulez. Certains jours, vous aurez du mal à écrire pour votre projet phare : ce n’est pas grave, votre rituel vous servira alors à écrire d’autres petites choses, à travailler sur votre plan, à inventer des poèmes. L’important c’est que ce rituel soit vraiment régulier. Au fur et à mesure, il perdra son côté obligatoire et deviendra pour vous un vrai plaisir, voire un vrai besoin. A force, vous allez voir : vous cogiterez tout le temps qui vous sépare de votre rituel, impatient d’y être pour enfin mettre noir sur blanc toutes vos nouvelles idées. C’est stimulant et enthousiasmant. Et même dans les jours où l’inspiration n’est pas au rendez-vous, prenez ce moment pour un espace d’expression, de pause dans votre folle journée.

Ne pas écrire seul

La solitude de l’écrivain, seul penché au-dessus de sa feuille, se prenant la tête entre les mains… une image que l’on a tous imaginée, voire vécue ! Il est vrai que l’écriture est par essence une activité solitaire, sauf dans le cas de quelques jeux d’écriture que l’on peut faire en groupe bien sûr. Mais avoir des amis de plume, ne plus écrire seul n’est pas si compliqué et peut vous apporter un réel soutien au quotidien.

Il existe tellement de façon de partager sa passion de l’écriture : internet regorge de forum, de chats, d’événements, des partenariats avec des bêta-lecteurs, etc. Je vais me répéter, mais vous savez que j’adore ça : le NaNoWriMo m’a vraiment permis de rencontrer des gens adorables et disponibles pour parler d’écriture. Vous pouvez également pousser les portes d’une association, d’un atelier d’écriture : pour en avoir animer, je peux vos confirmer que c’est le lieu idéal pour avancer, progresser sur son projet tout en étant soutenu.

Enfin, vous pouvez également publier au fur et à mesure votre projet sur des plateformes comme Wattpad pour avoir des retours. Ou vous mettre aux fanfictions qui est un des styles d’écriture les plus communautaires que je connaisse !

Et bien évidemment, vous pouvez râler et demander de l’aide sur les réseaux sociaux : il y a aura toujours quelqu’un pour vous répondre.

Ecrire, ce n’est pas facile, ce n’est pas évident. On rencontre souvent la lassitude, le doute, l’ennui. Des émotions peuvent nous parasiter, nous bloquer. Mais surtout, écrire nous renvoie à nous-mêmes, c’est une activité plutôt solitaire dans l’acte : sans s’en rendre compte, on se trouve donc souvent des excuses pour échapper à cette activité. Si ça vous tient à cœur, il existe donc des petites astuces comme vous l’avez vu. Mais finalement, il n’y a pas vraiment de secret : si vous avez envie d’écrire, n’attendez pas. Écrivez, tout simplement.

Pourquoi tu choisis ce livre ?

Vaste question ! Comment choisit-on nos lectures plaisir ?

1. A la couverture

Très clairement, et un peu injustement, on choisit de feuilleter un livre, de lire sa quatrième de couverture car souvent sa couverture nous a tapé dans l’œil. Personnellement, un livre inconnu est invisible à mes yeux si sa couverture est trop sombre, si elle représente une image du film adapté, si le nom de l’auteur est plus gros que le titre, si elle est trop kitchouille, si elle est trop sobre. Quand on flâne sans but, ça doit nous taper dans l’œil !

2. Par sa renommée

Il y a de très grandes chances que je m’attarde sur un livre car j’en ai vaguement entendu parlé. S’il a tant de succès, droit à tant de médiatisation, je me dis toujours que c’est pour une bonne raison…

3. Car on le cherche

On a été convaincu par son booktubeur préféré, ou on veut le faire dédicacer par l’auteur ou c’est la nouvelle suite de sa saga préférée ! Très souvent, c’est dans ce même cas qu’on se rend compte que, décidément les grands formats, c’est trop cher.

4. Parce qu’on aime l’auteur

Parfois, il y a des auteurs à qui on reste fidèle car on sait que, sauf exception, on aimera tout d’eux. Dans mon cas, ça n’arrive vraiment jamais mais je peux comprendre les lecteurs dans ce cas.

5. A cause de sa taille, de son prix

Combien de fois j’ai acheté un livre car je cherchais un petit poche au rayon polar à m’enfiler pendant mon voyage en train. Combien de fois j’ai craqué sur un livre quelconque car il était à 1€.

6. A cause de son édition

Et pour ma part, je préciserai même : les éditions de Noël. Chez moi, ça ne rate pas : chaque année, j’achète 4 ou 5 livres pour leurs magnifiques éditions spécial Noël. Mais il en va de même pour l’intégrale de telle saga, pour la version illustrée d’Harry Potter (en fait, pour n’importe quelle nouvelle édition d’Harry Potter….), parce qu’on a retrouvé chez un bouquiniste la version de notre enfance de tel ou tel roman, etc.

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7. Pour coller à son envie

Très souvent, il arrive vers l’automne que je parte à la recherche d’une romance cosy. En hiver, je vais vouloir un thriller haletant. Au printemps, plutôt des livres de développement personnel, etc. Parfois, j’ai envie de poésie, ou d’une saga jeunesse…

8. Par sa quatrième de couverture

Personnellement, ça me permet surtout de savoir ce que je ne veux pas lire. Les premiers mots me l’indiquent : par exemple, en ce moment, je ne veux lire que des histoires contemporaines. Globalement, je n’aime pas les romans qui se déroulent en Afrique ou en Amérique du Sud – ce n’est pas mon truc, tout simplement. Et si tu colles avec mon envie, si ça m’intrigue : bingo !

9. Par devoir

Eh, oui, même certaines de mes lectures plaisirs ont été réalisées à la suite d’un certain devoir que je me suis imposée, pour lire des classiques notamment. Grosse déception parfois (Balzac…), et grand amour par moment (Ah, Victor Hugo <3). Dans tous les cas, toujours une découverte.

10. Par curiosité

Une lecture en entraînant une autre. Tu lis un livre d’Amélie Nothomb, tu finis par ouvrir les autres. Tu lis un livre de Zweig, tu te procures ses biographies. Tu lis de la littérature russe : tu ne fais plus que ça pendant des mois. Tu lis un roman se passant pendant la Seconde Guerre mondiale et tu te dis qu’il serait peut-être tant que tu lises Le Journal d’Anne Franck…

11. Par précaution

Je donne régulièrement des cours particuliers de français et très souvent, j’essaie de conseiller des lectures à mes élèves pour qu’ils renouent avec la littérature – ou même tisse le premier lien. Je sais très bien qu’un truc à la mode, ça fonctionne mieux – ce n’est plus la génération Harry Potter… – et qu’il vaut mieux pour moi lire moi-même Divergente avant de le conseiller les yeux fermés…. Sait-on jamais ! J’imagine que le jour où je serais maman, j’opérerais de la même façon.

12. On ne choisit pas

Parfois les meilleures lectures plaisir sont celles qu’on ne choisit pas. Un cadeau de Noël, ce qui est tiré au sort avec notre bookjar, une lecture commune… Ce sont parfois des éléments extérieurs qui nous poussent à découvrir un nouveau livre.

Ce qui nous agace dans une librairie

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  • Voir quelqu’un qui repose un livre à l’envers sur sa pile.

  • Voir qu’il y a le tome 3, le tome 5 mais pas le tome 4, alors que c’est celui qu’il nous faut.

  • Les grandes sagas qui n’expliquent pas clairement sur leur quatrième de couverture l’ordre de lecture.

  • Voir qu’un livre a sa tranche cassée. Outrage !

  • Les marque-pages trop grands pour les livres de poches.

  • Ne trouver que le grand format alors qu’on sait que le poche existe.

  • Découvrir une édition de Noël ou un pack sublime alors qu’on vient d’acheter une édition toute simple du même livre une semaine avant : « Si j’avais su…. »

  • Les couvertures moches à base d’image tirée du film tiré du livre.

  • Les romans sans résumés.

  • Les rares librairies qui s’imaginent que le young-adult, c’est de la gnognotte et qu’il n’a pas le droit à un rayon en soi : « On va mettre ça en jeunesse, c’est pareil. »

  • Trouver seulement l’édition du Routard qui date de l’année précédente.

  • Chercher pendant des heures un auteur dans le rayon « Amérique » alors qu’en fait il est au rayon « Royaume-Unis ».

  • Quand le libraire t’annonce que « l’éditeur ne le fait plus ».

  • Quand tu découvres le prix de certains grands formats.

  • Quand tu te trompes d’édition et que ta saga est dépareillée.

  • Quand tu veux demander un truc au libraire mais que devant toi tu as la personne qui veut « le livre orange qui est passé au JT ».

  • Quand t’as oublié de prendre l’enveloppe de la carte d’anniversaire achetée au rayon papeterie de ta librairie préférée.

  • Quand le micro ne fonctionne pas à la rencontre avec un auteur et que tu n’entends plus rien.

  • Quand tu vois un client manger un truc gras et feuilleter les livres après.

  • Quand c’est la rentrée ou la veille des partiels et que c’est blindé d’étudiants et de lycéens qui ne se poussent pas quand tu veux passer.

  • Quand tu as un chèque lire de 20 euros mais que ton roman en coûte que 17.

  • Quand tu flânes juste pour le plaisir et que tu ressens cette horrible sensation de vide car rien ne te donne vraiment envie.

  • Quand le libraire te conseille un livre mais que tu n’oses pas lui dire que tu le connais déjà et que tu n’as pas vraiment aimé.

  • Quand le libraire s’occupe d’un rayon, qu’il est pile devant ton livre mais que tu n’oses pas le déranger.

  • Quand il fait trop chaud dans la librairie mais que tu ne veux pas enlever ton manteau et le prendre à la main de peur de renverser toutes les piles sur les tables.

  • Quand tu as plein de choses à voir mais que la librairie ferme dans dix minutes.

  • Quand tu viens pour acheter juste un petit poche à 6€ mais que tu as repéré la version collector ou illustrée à 40€.

  • Quand tu te dis qu’il faudrait que des wishlists existent dans les librairies, comme les listes de mariage ou de naissance pour les cadeaux.

  • Quand le seul exemplaire neuf du livre que tu veux est un peu sale ou corné.

  • Quand le rayonnage que tu cherches est tout en bas et que tu te casses le dos pour chercher ton livre.

  • Quand les ouvrages mis en avant te désespèrent…

  • Quand tu as oublié ta carte fidélité et que donc tu n’auras pas droit à tes moins 5 %

  • Quand, trop absorbé(e) par les rayonnages débordants, tu rates la petite marche.

  • Quand tu ne sais pas quoi faire de ton parapluie trempé, tu ne veux surtout pas abîmer ces livres.

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Comment faire lire les hommes de votre vie, de Vincent Monadé

51kwixcui8l-_sx305_bo1204203200_Il vous arrive peut-être de trouver refuge sur internet, dans la blogosphère ou sur Twitter, ou dans une bibliothèque, une librairie, car vous vous sentiez un peu étranger ou seul dans votre cas ? Être celui ou celle pour qui la meilleure occupation le temps d’une soirée ou de sa pause déjeuner, c’est de dégainer un livre et d’avaler les pages. Le seul dans votre entourage à avoir la liste immense de votre PAL, écrite quelque part, que vous mettez à jour scrupuleusement. Eh bien, une fois mes études littéraires finies, j’ai souvent eu l’impression d’être dans ce cas désespéré où je voulais partager, discuter autour des livres sans qu’aucun interlocuteur ne soit disponible. Un petit ouvrage comme celui de Vincent Monadé, président du CNL, m’aurait alors certainement servi. Aujourd’hui, nous parlons donc de Comment faire lire les hommes de votre vie.

Déjà, il y a des astuces que l’on connaît tous et toutes : s’estimer bien contenter que Monsieur lise L’Équipe, essayer de l’alpaguer en mettant en avant sa force, sa persévérance, son intelligence. Trouver ses goûts et le roman facile pour commencer qui lui correspondra parfaitement mais surtout ne pas lui donner nous-même ! Non, il faut le laisser traîner quelque part : si c’est un bon livre, celui-ci fera très bien son affaire en harponnant lui-même son lecteur mâle.

Je vais le préciser ici : très clairement, le livre s’adresse aux épouses, aux petites amies, d’un couple formé par une femme et un homme ; la narration est ainsi, mais il est aisé de passer outre et d’arranger les gens à son goût. Il est vrai que certaines astuces m’ont parfois faite tiquer (un câlin intime comme récompense après avoir lu?!) mais Vincent Monadé fait tellement preuve d’humour et d’enthousiasme, que j’ai pris ça au second degré. De plus, certains chapitres sont très malins et j’ai eu beaucoup de plaisir à trouver ou retrouver certaines idées : ne pas exclure les « mauvais » genres comme certains les appellent (SF, polar…), faire lire de la BD, faire en sorte que Monsieur lise l’histoire au petit dernier pour lui même attraper le virus de la lecture…

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Ce livre est bien ancré dans notre époque, avec des références aux dernières présidentielles ou encore à Miley Cyrus, et qu’est-ce que j’ai pu rire ! Ça m’a fait un bien fou, car je me suis tout d’un coup imaginée faisant partie de cette grande communauté de lecteurs qui aimerait tant que sa moitié partage sa passion et sa culture littéraire…

Ce petit ouvrage se lit rapidement et avec beaucoup de bonheur. Vincent Monadé propose à chaque chapitre des titres en particulier – de quoi rallonger ma wishlist… J’ai vraiment senti l’amour et la passion de l’auteur pour la littérature, et c’est communicatif ! Il a à cœur de partager la lecture, c’est pour lui un vrai cadeau, et j’ai trouvé cela merveilleux. Je vous conseille avec un grand sourire Comment faire lire les hommes de votre vie.

Vincent Monadé, Comment faire lire les hommes de votre vie, aux éditions Payot Rivages, 12€.

Journal de bord

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14h30 : Joyeux Halloween ! On sort les ingrédients, les recettes, le four préchauffe. On cuisine pour…

20h30 – 22h00 : ding-dong. Pour commencer la soirée, je sursaute. Une dizaine de fois. Et mon chat bondit en se carapatant dans la chambre, la queue entre les jambes. Ils sont 16, déguisés ou pas, à venir dans mon petit salon – on a poussé les murs – pour la kick-off du NaNoWriMo. Comprenez : pour la première nuit d’écriture du National Novel Writing Month. On s’est tous inscrit sur le site officiel pour se lancer dans ce défi fou : écrire un roman de 50 000 mots pendant le mois de novembre. Et les Toulousains se sont donnés rendez-vous chez moi pour commencer ensemble cette formidable aventure. C’est la cinquième année que je me lance dans le NaNo, et la deuxième que j’accueille la kick-off. Et c’est un bonheur jamais démenti !

Nous croulons sous les boîtes de thé, et mille choses à grignoter. Mention spéciale pour la tarte à la citrouille et le guacamole géant. Lindsey Striling, bon vieux rock ou Two Steps from Hell pour nous accompagner.

22h30 : tout le monde est là et se trimballe avec son joli gobelet en plastique blanc sur lequel on a écrit le pseudo et le prénom – ça fait un souvenir. On se serre autour de la table basse. Chacun se présente avec plus ou moins de timidité. On s’interroge sur nos participations précédentes au NaNo, sur ce qu’on va écrire cette année. On rit beaucoup, on se découvre. « Tu écris du yaoi ? » « Non, j’en fais ! ». Les NaNoteurs sont un peuple paisible et agréable, ouvert d’esprit. Ce sont toutes de belles personnes.

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On lance la traditionnel partie de StoryCubes… avec 45 dés ! Autant dire que l’histoire du mouton qui fait du théâtre et de la tortue Pascal qui débarque d’un missile aérospatiale ne manque pas de piment ! Éclats de rire retentissant, tout le monde se prête au jeu. Une fidèle NaNoteuse (coucou Momo!), venue m’aider depuis la veille, joue au scribe pour ne pas perdre une miette de ce récit épique.

23h15 : après la révélation finale – en fait, tout était le fruit d’un dessin d’enfant, désolée, je vous spoile –, on se met en place. Discussions à foison, dernière clope sur le balcon, raclement de chaises et bousculades. Chacun installe son PC, trouve une prise de libre, un bout de table et le mot de passe du WiFi.

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tumblr_m9010sxdqf1qdhag9o1_500Minuit : après un décompte qui nous fait frémir, silence religieux. Certains NaNoteurs carburent déjà, on ne voit que le mouvement flou de leurs doigts qui s’agitent au-dessus de leur clavier. D’autres finissent de préparer : dernière relecture, petit coup d’œil au plan. Moi, j’observe, je range, je discute sur le chat, je triture mes documents. Bref, je n’écris pas. Comme d’hab. A ma table, on est plutôt bavard. Le NaNo commence pour nous tranquillement.

1h00 : tout le monde lève les mains. On s’était mis d’accord pour se dire notre wordcount au bout d’une heure pile d’écriture. Résultats des courses : la plupart a fait quelques centaines de mots (moins de 500), des fous ont dépassé les 1000 et même les 2000 mots. Moi j’en suis à 9… Je décide de me remettre au travail : cette année, je fais une réécriture complète et profonde de mon deuxième NaNo. Je ne veux pas commencer de nouveaux projets avant d’avoir fini avec les précédents. Donc pas de nouveauté cette année, je fais ma NaNoRebelle… encore.

giphy1h30 : la frénésie est retombée. Certains regardent dans le vide, font des pauses, discutent, se lèvent pour dégourdir les jambes. Ma voisine en est à sa troisième tasse de café fort depuis minuit. Mon chat distrait tout le monde dès qu’il fait son apparition.

1h45 : ils ont les yeux qui piquent, ils bloquent, alors au dodo ! C’est l’heure des premiers départs pour ceux qui sont venus en voiture. Pour les autres, pas de répit ! Un café, et c’est reparti pour la nuit blanche. La fatigue commence à se faire sentir, mais je n’ai pas encore les idées brouillées. En fait, je n’ai pas d’excuses… autant écrire. Alors je continue, remplis et m’amuse avec ce journal de bord. J’avais tellement aimé la kick-off l’an dernier que je souhaite cette année en garder un souvenir.

2h00 : l’ambiance est studieuse, les discussions se font de plus en plus rares.

2h15 : voilà, je suis tombée dans le piège, je commence à traîner sur Twitter et le chat du NaNo…

2h48 : j’ai bu deux litres de Coca et je viens de tomber dans le paquet de Tagadas. Je retrouve un regain d’énergie et réattaque mon vrai NaNo sur fond de Nightwish.

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3h20 : je me lance dans la rédaction d’un long mail. Logique.

3h30 : je me rends compte que 1667 mots (la moyenne quotidienne à atteindre), c’est vraiment beaucoup. La fatigue se fait sentir chez tout le monde : chacun cherche ses mots plus longtemps, sans parvenir toujours à les trouver.

4h10 : The Offspring me redonne de l’énergie.

4h40 : j’ai mis du rap énervé et je me fais un sandwich à la rosette. Mon wordcount du jour est bouclé !

5h14 : l’heure est grave, je viens de mettre du Kyary Pamyu Pamyu à la télé. Les NaNoteurs fatigués sont comme hyptonisés.

6h26 : c’est officiel, je renonce. Parmi les survivants de la kick-off, seule une continue réellement d’écrire. La fatigue a décimé plus de la moitié du groupe. Mais ce n’est pas grave ! On bavarde, on écoute de la musique…

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7h00 : le salon se vide. J’en profite pour ranger un peu tant que j’ai le courage. Sur le chat, les matinaux croisent les NaNoteurs qui ont fait nuit blanche. Des « bon courage » s’échangent. Mon corps ne comprend pas ce que je lui fais faire ! Le soleil se lève. Et je suis tellement épuisée que je n’ai même plus sommeil.

8h00 : la kick-off toulousaine prend fin, officiellement. Il me reste encore des tonnes de bonbons et de sachets de thé. Je n’ai pas beaucoup écrit, comme à chaque kick-off. Mais je ne suis pas inquiète pour autant : tous les ans, j’arrive à finir mon NaNo, cette année ne sera donc pas différentes des autres.

Au cours de la journée : je souris bêtement en zonant sur le forum. Les NaNoteurs toulousains ont l’air content de leur soirée et je suis plus que ravie d’avoir accueilli l’événement. Je relis le texte qui a résulté de la partie géante de StoryCubes. Au détour d’un post, je découvre que notre ML (Municipal Liaison) a fait le pari complètement taré d’écrire les 50 000 mots en un jour… et a réussi. Je me laisse aller à penser que ce genre de défi me plairait bien et décide de profiter de ce NaNo pour faire des petits tests : voir combien de mots je peux écrire en une heure, ou si je peux tenir plusieurs heures d’affilée. De fil en aiguille, j’en déduis qu’il me faut une nouvelle idée de roman pour l’an prochain au lieu de me contenter des fins de projets et des réécritures de cette année. Et je me surprends finalement à tenter de trouver une nouvelle idée pour cette année, sans attendre l’édition 2018, au lieu de me mettre à écrire dès maintenant.

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