Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de J. K. Rowling

004373357Encore un mois de passé, on s’enfonce profondément dans le froid et le vent. Pour saluer l’automne et ses jolies couleurs, je me suis replongée dans la saga Harry Potter avec délice. Ce mois-ci, c’est le tour du tome 5 : Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

Les choses commencent à être sérieuses. Harry Potter a vu Lord Voldemort revenir à la vie… Albus Dumbledore reforme immédiatement la résistance : l’Ordre du Phénix. Malheureusement, le ministère de la Magie, en la personne de Cornelius Fudge, refuse catégoriquement de croire en cette version. Vivre dans le déni est tellement plus facile… Paranoïaque, Fudge se sent même menacé par Dumbledore et décide de mettre directement son nez dans les affaires de Poudlard, l’école de magie dirigée par Dumbledore. Tout l’été, Harry et lui ont été décrits comme des hurluberlus qui racontaient des bêtises selon la fameuse Gazette du Sorcier. Heureusement que Harry a des amis sur qui compter et un parrain qui le soutient… surtout quand il a d’étranges visions sur Voldemort !

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Bien évidemment, je ne dis qu’une infime partie de l’intrigue – on ne sait jamais, si certains n’en sont pas encore arrivés là… Je ne vous ai pas parlé de la Société d’Aide à la Libération des Elfes, du voyage d’Hagrid et de ce qu’il a ramené, des créatures de la Forêt interdite, des Sombrals, des farces des jumeaux Weasley, de la Salle sur Demande et surtout de Dolores Ombrage. Qu’est-ce que j’aime ce personnage ! Et j’aime toutes les interactions qu’elle a avec les autres personnages. Cette envoyée du ministère, toujours habillée en rose et qui a le don d’énerver le lecteur en quelques lignes, est vraiment l’élément qui me plaît le plus dans cet opus, suivie de près par l’Association de Défense et l’Ordre du Phénix en soi. Comme Harry, je déteste être tenue à part de l’action, du vrai combat contre Voldemort. On a envie d’en savoir plus forcément ! Or les adultes le considère trop jeune. Malheureusement, c’est la seule chose qui me rapprochait de Harry dans ce tome. Je comprends bien que ces drôles de visions joue sur son humeur mais je l’ai trouvé tellement insupportable ! A aucun moment Harry n’a été mon personnage préféré, mais dans celui-ci, c’est pire ! J’ai envie de lui mettre une bonne claque pour lui rabattre son clapet.

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Et je dois dire que même la trame principale et les dernières péripéties sont loin de me ravir… je n’ai que peu d’intérêt pour ce qui est tant défendu et que Voldemort veut si fort (je n’en dis pas plus au cas où…). Vraiment. Je préfère de très loin les intrigues secondaires et la découverte du QG de l’Ordre du Phénix. Encore une fois, comme pour Harry Potter 4, on oscille entre des enjeux d’adultes et la fragilité de l’enfant. Cela me met mal à l’aise, je ne sais pas sur quel pied danser. C’est un ressenti très personnel et c’est aussi la preuve que J. K. Rowling maîtrise son sujet… Car cette ambivalence est normale. Vivre si jeune des événements si terribles, ça met mal à l’aise. Et je sais que certains lecteurs adorent les tomes 4 et/ou 5 justement pour cette raison. Toutefois, de mon côté, je préfère clairement les opus encore insouciants de la jeunesse et ceux beaucoup plus sombres qui viennent après.

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix n’est clairement pas mon tome préféré mais je lui trouve un vrai charme. Encore une fois, j’ai vraiment adoré les intrigues secondaires. J. K. Rowling nous prouve que, décidément, elle sait très bien dessiner de nouveaux personnages (Ah, Ombrage… <3) J’ai à présent très hâte de lire le tome suivant.

J. K. Rowling, Harry Potter et l’Ordre du Phénix, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 29€50 (existe en format poche).

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Harry Potter et la Coupe de Feu, de J. K. Rowling

On con004373354tinue ce petit rythme qui me va bien : un Harry Potter par mois. Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’Harry Potter et la coupe de feu de J. K. Rowling. Ce tome est souvent un tournant dans vos vies de lecteurs, dans vos vies de Potterheads. Pour beaucoup, il s’agit de leur tome préféré (surtout chez les garçons, à ce que j’ai pu voir). Dans cet opus, Harry n’a pas le choix : il doit grandir. Les menaces étaient éphémères les années précédentes. Mais pour cette quatrième année à Poudlard, les choses vont prendre une envergure tout autre.

Après un interminable été chez les Dursley, Harry rejoint enfin les Weasley pour un programme beaucoup plus réjouissant : la coupe du monde de Quidditch ! Quel bonheur pour Harry comme pour le lecteur de plonger dans cet événement d’envergure 100 % sorcier ! C’est aussi l’occasion de rencontrer plusieurs nouveaux personnages qui auront toute leur importance par la suite – et qui confirment le talent indéniable de Rowling pour façonner des êtres de papier et nous immerger dans cet univers incroyable. Mais malheureusement, les choses ne se déroulent pas comme prévues et l’ombre de Voldemort plane déjà au-dessus de nos têtes.

C’est enfin l’heure de la rentrée scolaire à Poudlard, où Harry et ses amis apprennent une incroyable nouvelle : le Tournoi des Trois Sorciers revient de ses cendres, et il aura lieu ici ! Trois écoles vont s’affronter, chacune avec un champion que va devoir faire ses preuves lors de trois tâches. Des élèves de Beauxbâtons et Durmstrang seront donc accueillis à Poudlard toute l’année. Les choses se présentent bien donc… mais au lieu de trois, ce sera quatre champions qui seront élus, et vous vous doutez de qui est le quatrième !

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C’est le roman de l’action, du bouleversement, du dépassement de soi. Harry va apprendre qu’il ne peut plus se reposer sur ses acquis, sur ses simples aptitudes naturelles et son courage. La magie, ça s’apprend, ça se travaille, on n’a pas tous le même niveau en sorcellerie. J’aime assez ce tome, mais il vrai que ce n’est pas mon préféré. Je préfère la suite, plus sombre, et il faut dire que de voir encore Voldemort… Après tout ce qu’on a déjà vécu, il devrait être loi ! ça m’a lassé. Heureusement, on comprendra plus tard le pourquoi du comment et alors ce quatrième livre reprend un peu de valeur.

Je trouve assez laborieux le Tournoi des Trois Sorciers, mais après relecture, je pense que c’est surtout le film qui m’a laissé cette impression. Car dans le roman, les choses sont assez bien menées : on ne s’éternise pas avec des tâches à rallonge, on va à l’essentiel, mais l’auteur prend quand même le temps de développer des intrigues secondaires qui font tout le sel de cette histoire selon moi. En effet, ce que j’apprécie le plus dans Harry Potter et la Coupe de Feu, c’est tout ce qu’il y a autour de l’intrigue principale : la défense des elfes par Hermione, l’amour de Krum, la salle de bain des préfets, la finale de Quidditch, la Pensine et ce qu’elle nous révèle, le travail de Percy au Ministère. Et surtout, que de personnages secondaires incroyables ! Madame Maxime, Rita Skeeter, Ludo Verpey, Winky, Krum, Cédric, Maugrey, Charlie…

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Ce tome est indispensable pour mettre en place la suite des événements. Il débute une nouvelle phase, plus adulte, pour notre héros. Il faut dire qu’une des dernières scènes est assez terrible et poignante… on sent qu’on entre dans la cour des grands. Mais, même si j’apprécie toujours autant la magie de cet univers, j’ai du mal avec cet entre-deux que le livre tente d’adopter. Le grand écart entre l’aspect ludique et coloré (les farces et attrapes des jumeaux Weasley, l’ambiance festive du tournoi ou du match de Quidditch) et l’autre face, beaucoup plus sombre et glauque. C’était nécessaire, je peux comprendre. C’était violent et fracassant, et j’en conçois l’intérêt. Mais cela a donné pour moi un sentiment de malaise que je n’ai pas vraiment apprécié.

Et vous ? Que pensez-vous de ce tome ?

J. K. Rowling, Harry Potter et la Coupe de Feu, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 27€50.

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Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de J. K. Rowling

product_9782070624546_244x0Je dois vous avouer que ce petit rendez-vous mensuel autour d’Harry Potter me plaît bien. Je pense que ça va devenir un rituel jusqu’au jour où je n’aurais plus rien à lire de ce côté-là. J’avance dans ma relecture des tomes et c’est l’heure de vous parler de mon petit préféré, celui que j’ai adulé toute mon adolescence : Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de J. K. Rowling. Je connaissais toutes les répliques du film par cœur et je suis certaine que vous êtes nombreux à aimer cette histoire d’innocence gâchée, de vengeance et de secrets…

Sirius_Black_à_AzkabanHarry entre en troisième année à l’école de sorcellerie Poudlard. Mais certains choses ont changé depuis l’été dernier. En effet, un criminel très dangereux s’est enfui de la prison magique Azkaban – un exploit – et terrorise toute la communauté des sorciers. On lui attribue les meurtres de sept personnes, avec un seul coup de baguette magique… Et de plus, on découvre au fil des pages que ce fameux Sirius Black, un ancien élève de Poudlard, est également lié à la famille Potter (et pour ne pas spoiler ceux qui vivent dans une grotte, je n’en dirai pas plus). Pour protéger les jeunes sorciers – et surtout Harry – des Détraqueurs ont été postés à Poudlard. Ces créatures hideuses aspirent toutes idées de bonheur. L’ambiance à l’école de sorcellerie est donc bien étrange dans ce tome placé sous le signe des révélations.

J’ai beaucoup aimé ne pas avoir directement affaire à Voldemort dans cet opus, car c’est une nemesis qui ne m’excite pas plus que ça… Très clairement, j’aime les personnages secondaires plus complexes comme Sirius Black – ou Dolores Ombrage plus tard – dont l’écriture est un vrai petit chef-d’œuvre. Je me souviens qu’à ma toute première lecture, ce livre m’avait littéralement retourné le cerveau, j’ai cru tout ce qu’on me disait, je m’étais complètement laissé emportée, jusqu’à cette vérité qui change tout ! Les relectures depuis ont toujours été un bonheur, car je m’amuse énormément à traquer les indices laissés par J. K. Rowling au fil des pages.

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Les personnages prennent de l’ampleur, je pense notamment à Hermione qui est vraiment devenue pour moi une égérie à partir de ce tome. Harry est fidèle à lui-même, même si un peu trop mélodramatique à mon goût. Quant à Ron, il est au final peu présent, c’est un peu dommage. Heureusement, de nouvelles thématiques et de nouveaux personnages viennent renouveler notre esprit de découverte et font grandir cet univers. En vrac, je cite mes préférés : Lupin et l’attitude de Rogue envers lui, la carte du Maraudeur, Pré-au-Lard, les Patronus, les Animagus, le passé de Harry qu’on explore un peu plus, les scènes de Quidditch, le Magicobus, les examens de fin d’années, les soins aux créatures magiques, l’astuce d’Hermione pour suivre tous ses cours. J’ai pratiquement tout adoré.

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J’ai vibré au fur et à mesure des péripéties et des révélations : même si je trouve la fin un peu longuette (quand y en a plus, y en a encore), ce tome-là est vraiment pour moi le page-turner de la saga ! La tension est moins forte que dans le précédent, comme d’habitude les « coïncidences » pour faciliter la narration sont trop fréquentes, mais globalement c’est une histoire accrocheuse, avec beaucoup d’action. Il a donné un vrai second souffle à cette saga, entre deux tomes que personnellement j’apprécie beaucoup moins. Bref, Harry Potter et le Prisonnier d’Azaban : un coup de cœur pour toujours.

Et vous, jurez-vous solennellement que vos intentions sont mauvaises ?

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J. K. Rowling, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, nouvelle édition chez Gallimard, 22€.

Du côté de chez Swann, de Marcel Proust

FC_Proust-Du cote.inddIl y a un auteur, un classique, que j’avais envie de découvrir depuis très longtemps. Je n’étais peut-être pas prête avant, mais en tant que lectrice, j’ai mûri depuiss. J’ai donc décidé, chaque été, de lire du Marcel Proust. Parce que je savais très bien que sa Recherche du Temps perdu est une œuvre que se déguste lentement. Pour moi, l’idéal est donc vraiment de lire un roman par an, au moment des grandes vacances, quand j’ai beaucoup de temps, peu d’obligations. Exceptionnellement, je me permets alors de lire plusieurs choses en même temps : Proust et d’autres romans plus actuels et expéditifs. Ainsi, j’ai eu l’occasion ces dernières semaines de tester cet équilibre très agréable entre des lectures addictives qui me permettaient en plus d’alimenter mon blog, et une découverte littéraire douce qui m’a accompagnée et bercée pendant tout l’été. Aujourd’hui, on va donc parler Du Côté de chez Swann, premier volet de la Recherche.

C’est un long roman – au bon sens du terme – qui se divise en trois parties : Combray (de très loin ma préférée), Un amour de Swann et Noms de pays : le nom (une partie très courte qui est la suite des deux autres et dont je ne vais pas parler). On rencontre tout d’abord notre narrateur, celui que l’on va suivre tout au long de la Recherche. Il est jeune et vit à Combray. C’est un enfant qui veut seulement que sa mère adorée l’embrasse le soir avant d’aller dormir. Il a des désirs simples mais tellement vrais. Il découvre la littérature, mais ce qu’il préfère surtout ce sont les promenades. Celle du côté de Méséglise est presque quotidienne. C’est par là que vit monsieur Swann, pour lequel le narrateur va avoir une sorte de fascination. De l’autre côté, on ne peut y aller que s’il fait très beau, car la ballade est beaucoup plus longue. Au bout de ce chemin vivent les Guermantes, symbole de la haute société que l’enfant voudra à tout prix intégrer plus tard. Dans la deuxième partie, on s’éloigne de la vie de notre narrateur pour rejoindre celle de ce fameux Swann. On découvre les salons de Combray, notamment celui de madame Verdurin où Swann passe du temps. Il a une aura mystérieuse, on dit qu’il côtoie les plus grands. Mais c’est pourtant dans ce salon assez modeste qu’il va rencontrer Odette. Et en tomber amoureux.

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Brouillon de Proust

Je ne vais pas en dire plus sur l’histoire car j’ai l’impression de rendre tout cela complètement inintéressant avec mes mots… Je suis loin d’être à la hauteur de Proust et retranscrire ce qu’on peut ressentir à la lecture d’une de ses œuvres est assez ardu. Quand on pense « style de Proust », on pense « phrases interminables ». Alors, oui, je ne vais pas nier qu’il y a des phrases très longues. Mais entre la majuscule du tout début et le point final, un monde s’ouvre à vous, rythmé par la ponctuation, les discours directs, les parenthèses… Cela n’est pas ennuyeux, le lecteur n’est pas perdu dans une marée de mots. Car Proust, même s’il est d’une douceur incroyable, vous emmène là où il veut. Il y a des digressions régulièrement, mais on ne lui en veut pas du tout, au contraire : on le suit dans cette barque qui vogue sur les mots. On s’attache fort aux personnages, sans même s’en rendre compte et connaître leurs vies, leurs habitudes, leurs mondes est passionnant.

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Si vous êtes un lecteur pressé, qui veut de l’efficacité, il serait facile de vous dire d’éviter Proust, car cela ne vous conviendrait pas. Mais personnellement, j’ai plutôt envie de vous encourager à essayer : persévérez pendant une cinquantaine de pages, histoire que Proust ait le temps de vous insuffler la tranquillité d’esprit propre à son style. Ce seront de vrais vacances pour vous, quittez cette urgence, cette boulimie de lecture, et prenez enfin le temps ! Laissez-vous bercer par la plume profonde et poétique de cet auteur. Rarement, j’ai vu une langue aussi belle. Dès les premiers mots, je savais que j’aimerais : ma première lecture depuis longtemps qui me fait dire « Ah mais oui, c’est vrai ! La langue française est sublime ! ».

[…] Un jour, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusais d’abord, et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portais à mes lèvres une cuillerée de thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature.

Je sais bien que je vous vends bien mal ce monument de la littérature. Je ne peux donc que vous conseiller, avec tout mon cœur, de découvrir cette œuvre incroyable.

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann, aux éditions folio classique, 7€70.

Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling

product_9782070624539_244x0Nouveau mois, et donc nouvelle lecture d’Harry Potter. Ce mois-ci, on parle du deuxième tome : Harry Potter et la Chambre des Secrets. Pour cet opus, J. K. Rowling fait grandir notre héros : ce n’est plus l’heure de l’émerveillement, des jeux de piste et de la découverte. C’est l’heure des menaces mortelles à l’œuvre dans l’enceinte même de l’école de sorcellerie Poudlard, pourtant réputé comme l’un des endroits les plus sûrs de la planète.

En effet, après une arrivée fracassante en voiture volante, Harry comprend vite que ce ne sera pas une année comme les autres à l’école. Avant même qu’il arrive à Poudlard, un elfe de maison essaie de le convaincre de ne pas y aller : apparemment, sa vie serait menacée… Mais pour Harry, c’est Poudlard sa vraie maison, il est hors de question pour lui de ne pas s’y rendre ! Très vite, des choses anormales se passent : la chatte de Rusard est pétrifiée, un agresseur rôde dans les couloirs et menacent les sorciers qui ne sont pas de sang pur… Les élèves sont paniqués, l’ambiance n’est plus la même dans les couloirs et les salles de classe. Et quels sont ces sons que Harry perçoit provenant des murs ?

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Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et nous font redouter une menace d’autant plus forte qu’elle provient de l’intérieur même de Poudlard. On est à l’abri nulle part. Ce tome-ci n’est pas du tout mon préféré, Harry est dans un entre-deux-âges que je n’ai jamais vraiment aimé, toutefois je reconnais que notre héros est obligé de grandir aussi. Être l’élu, celui qui a chassé Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé implique aussi d’être soupçonné au moindre doute. Difficile d’endosser un rôle que l’on n’a jamais voulu… J’apprécie beaucoup dans cet opus les efforts de l’auteure pour inclure de la tension. Les dangers sont réels, des personnages peuvent mourir ! Ce n’est pas rien… Et cet agresseur que personne ne débusque ! Les péripéties s’enchaînent, nous entraînant petit à petit vers la vérité. Il est vrai que parfois les événements vont dans le sens de nos héros (ils sont là au bon moment, ils sont les premiers sur telle scène importante, etc.) : ces ficelles de roman jeunesse, on les pardonne car J. K. Rowling nous embarque très loin dans le monde de la magie, dans le domaine de Poudlard et c’est avec plaisir et frisson que l’on suit Harry et ses amis jusqu’au bout de l’aventure.

C’est un très bon roman qui ouvre la porte vers des histoires plus noires, plus dangereuses. On quitte petit à petit un univers enfantin pour s’approcher de la noirceur de la sorcellerie. Même si c’est peut-être le tome que je préfère le moins, je le trouve très bon. J. K. Rowling a une plume qui va droit au but tout en immergeant dans un monde vaste et complet. Elle sait tout faire : la peur, l’action, mais aussi l’humour ! Ah, ce Gilderoy Lockhart !

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Et vous, avez-vous aimé Harry Potter et la Chambre des secrets ? Rendez-vous le mois prochain pour découvrir mon tome préféré !

J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 21€.

L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante

Eh les amis, c’est l’été ! Et personnellement, chaque été, je vais en Italie, un pays que j’affectionne particulièrement. En 2017, c’est par la littérature que j’ai décidé d’y faire escale, dans une ville encore jamais visitée pour ma part : Naples. Comme d’habitude, je lis après tout le monde mais c’est tout de même avec un réel plaisir que je partage avec vous mon avis sur L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante.

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C’est une lubie subite qui m’a poussée vers ce roman que je ne pensais pas me mettre à dévorer un jour. J’avais en tête mon dernier séjour à Venise et ses quartiers méconnus, qui semblaient d’une autre époque. C’est sûrement cela qui m’a attiré vers les quartiers pauvres de Naples à la fin des années cinquante. Elena va nous raconter son enfance, son adolescence. La sienne et celle de Lila. Cette meilleure amie, cette copine, cette petite fille pleine de vie et d’affront. Elles sont toutes les deux très différentes. Lila dit tout ce qu’elle pense et ne semble pas réagir comme tout le monde : elle n’hésite pas à se mettre à danger, sans même réaliser qu’elle prend des risques. Ou alors peut-être que si, elle sait que c’est risqué, mais tente quand même le coup, comme un pied de nez permanent au destin. Elena est une suiveuse, elle est fascinée par cette fillette maigrichonne qui ne connaît pas la peur. Pourtant leur relation a l’air étrange, parfois malsaine : Lila n’a de cesse de tirer sur la corde, mais Elena accepte, Elena prend un peu plus d’assurance, Elena observe.

Les deux petites filles grandissent et leurs chemins semblent se séparer : Elena va au collège, Lila rejoint la cordonnerie de son père et de son frère Rino et devient peu à peu obsédée par un rêve, créer ses propres chaussures. Mais finalement tout ramène Elena vers Lila. Leur lien ne se rompt jamais et c’est au cœur de leur quartier que cette relation va grandir, s’affiner au gré des aléas.

L’amie prodigieuse, voici un titre bien trouvée pour parler de ce personnage intrépide et hors norme : Lila. Nous aussi, petit à petit, on ressent de la fascination pour cette fille. A la place d’Elena, difficile de dire comment on aurait réagi. Elle est méchante, mais aventureuse : faut-il la détester ou la suivre ? Faut-il la retenir ou continuer de l’ignorer ?

20130531084238951_0001-copiaJ’ai adoré nos deux héroïnes et le lien qui les unissent, comme j’ai aimé les suivre dans leur vie respective. Je me reconnais parfois en Elena : parfois passive, très bonne élève, j’ai tout de suite aimé notre narratrice. Mais il n’y a pas que ces deux personnages qui nous marquent : il y a les frères Solara, véritables clichés italiens, il y a Enzo, il y a Antonio, et Nino, et Carmela, Alfonso, etc. Il est vrai qu’on se perd parfois parmi tous ces noms, mais un index en début d’ouvrage nous aide un peu à nous y retrouver. Celui-là est le fils du menuisier, celui-ci fille de l’épicier, etc.

Naples est en ébullition : pendant la plus grande partie du roman, on dépasse peu les frontières du quartier des deux jeunes filles mais cela nous suffit. Entre l’amant poète, la veuve folle, l’ogre des contes et bien d’autres, il y a largement de quoi s’occuper ! On est complètement immergé dans cette Italie de l’après-guerre où les priorités n’étaient absolument pas les mêmes qu’aujourd’hui. L’écriture de l’auteure se confond tout à fait avec celle de la narratrice, d’autant plus qu’elles portent le même prénom. On retrouve une sincérité touchante qui donne cet aspect de véritables souvenirs partagés à ce texte. On a l’impression que c’est une amie qui nous raconte son enfance : les feux d’artifice sur les balcons le jour de la fête nationale, les corrections à l’école, les premiers rouges à lèvres, les rêves d’enfant, les questionnements de l’adolescence…

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J’ai tellement aimé ce livre, je l’ai trouvé beau, juste. Pendant plus de 400 pages, j’étais complètement ailleurs, en plein Naples et je vous invite à faire le voyage vous aussi. J’ai dévoré ce roman en deux jours et je me retiens pour ne pas dévorer la suite immédiatement. Je sens qu’il faut que je laisse un peu grandir Elena et Lila dans mon cœur pour les retrouver un peu plus tard.

Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, traduit de l’italien par Elsa Damien, aux éditions folio, 8€20.

Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, de Cindy Van Wilder

Voilà. C’est officiel. J’ai fini la saga des Outrepasseurs de Cindy Van Wilder (enfin… « fini », c’est vite dit, disons qu’il y a un quatrième tome illégitime qui m’attend dans ma PAL) avec le tome 3 intitulé Le Libérateur. Quelle aventure mes amis !

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Dans le premier tome, nous avons découvert, en même temps que notre jeune héros Peter, les origines des Outrepasseurs, cette société secrète, dont chaque « famille » a un animal totem et qui protège l’humanité des fés. C’était sans compter sur un retournement de situation dans le deuxième tome : branle-bas de combat pour les Outrepasseurs qui se doivent de protéger la magie du monde contre une terrible menace. Mais Peter, lui, commence à se poser des questions : est-il à la bonne place ici ? A-t-il raison de faire ça ? Dans ce troisième tome, il y a une vraie fracture (entre qui et qui, à vous de le découvrir). Des clans se forment alors qu’un terrifiant hiver engloutit peu à peu l’Angleterre. La clé se cache peut-être dans le passé, dans les anciennes reliques, dans les vieux souterrains abandonnés…

J’ai mis un peu de temps à retomber sur mes pieds… En même temps, si j’arrêtais de distancer autant mes lectures, ça irait sûrement mieux. Mais pas seulement. En effet, encore une fois, un des plus gros reproches (autant dire que c’est une broutille!) que j’ai à faire à ce tome est cette myriade de personnages. Ou de personnalités. Car très sincèrement on se perd parmi les personnages secondaires – alors, imaginez-moi, essayant en plus de retrouver ce qu’ils avaient pu faire ou devenir dans le tome précédent ! Heureusement, les personnages principaux sont très attachants.

6925423f02ec3d56b40be32523de556c-london-england-winter-winter-in-londonIl y a dans ce roman plusieurs intrigues plus ou moins d’égale importance qui s’entrecroisent et se mêlent, le rythme et la tension montant crescendo au fil des pages. Certains fils rouges m’ont moins subjuguée que d’autres mais je pense que cela est après tout très personnel. La force de Cindy Van Wilder est d’avoir réussi à tenir pendant ces trois tomes une histoire très dense aux multiples ramifications, avec sans cesses des connexions au passé qui enrichissent encore plus les intrigues au temps de Peter. Faire que tout se cale parfaitement pour arriver à une fin qui fonctionne bien, qui ne laisse aucune question sans réponse… chapeau !

En plus de l’écriture vive et immersive de l’auteure, cette narration va vous laisser pantois. Je suis vraiment admirative de cet univers complet, novateur, qui se glisse parfaitement dans le monde que nous connaissons et qui nous emmène en même temps sur des chemins magiques très dépaysants. Avoir une imagination débordante et la rigueur/le talent d’écriture pour la rendre au mieux, c’est assez rare.

Je suis très heureuse d’avoir découvert cette saga, écrite par une auteure absolument fantastique et disponible pour ses lecteurs. En plus de l’histoire qui est incroyable et passionnante, l’édition est très soignée. Bref, un vrai bonheur de lecture !

Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs (T. 3) : Le Libérateur, aux éditions Gulf Stream, 18€.