Les sagas jeunesse qu’on ne peut pas louper

Il y a des sagas jeunesse vraiment indéboulonnables. Certaines restent des grands classiques qu’on ne peut pas mettre au placard, d’autres des petites nouvelles qui envahissent les cours de récréation – et croyez-moi, je travaille tous les jours avec les enfants, je sais de quoi je parle. Mais qu’est-ce qui fonctionne bien aujourd’hui ? Pas de découvertes dans cet article : non, je vais plutôt vous parler des sagas jeunesses fantastique/fantasy qui sont indétrônables. Il y aura peut-être des livres plutôt young-adult par moment pour la simple raison qu’ils atteignent également une cible plus jeune.

1. Harry Potter de J. K. Rowling

9782070584628_1_75Mais bien sûr que c’est le premier que j’allais mettre, évidemment ! On ne peut pas parler de saga, on ne peut pas parler de jeunesse, on ne peut pas parler de fantastique sans évoquer Harry Potter. Est-il vraiment besoin de présenter à nouveau son histoire ? Honnêtement, je crois que je peux m’en dispenser.

2. Eragon de Christopher Paolini

51q1pmwddwl-_sx344_bo1204203200_Si vous n’avez jamais lu Eragon, j’espère de tout cœur que vous ne vous êtes pas arrêté au film. Ce dernier ne rend pas du tout justice à cette grande œuvre d’aventure, de courage, d’action, de dragons, de grands espaces, de combat, de découverte… Notre héros découvre par hasard un œuf de dragon. De fil en aiguille, il devient le dragonnier de Saphira et apprend son nouveau rôle auprès du vieux Brom. Mais les dragonniers, il n’en restait plus et le tyran Galbatorix est sur ses traces ! Difficile de résumer l’oeuvre en deux mots, mais globalement c’est son point de départ. Je trouve personnellement les tomes un peu gros et riches… mais j’imagine que les passionnés du genre ne voient même pas les pages défiler.

3. Le Monde de Narnia de C. S. Lewis

510r5kj659l-_sx319_bo1204203200_Noël approche, c’est le moment de lire Narnia. Les films que vous connaissez peut-être ne représentent qu’une partie de cette grande saga jeunesse – il existe d’ailleurs un très bel intégrale ! Mais le noyau de l’histoire, ce sont ses frères et sœurs, catapultés dans l’univers de Narnia qui tombe petit à petit aux mains de la sorcière blanche. Nouvel univers, nouvelles créatures, un monde très enfantin où là aussi courage et aventures sont de mises. On a souvent reproché à Narnia son côté « bon sous tous rapports » (avec un auteur aux fortes valeurs chrétiennes apparemment) : cela a au moins pour avantage de mettre en avant de belles valeurs comme la fidélité, l’amitié, l’altruisme. Je vous conseillerai cependant de ne pas vouloir tout vous enquiller d’un coup car l’intensité des différentes histoires est inégales et il se peut que vous décrochiez – comme ça a été mon cas.

4. A la croisée des mondes de Philip Pullman

71a7gfn5vdlSaga incontournable elle aussi, qui figure dans ma PAL depuis très très longtemps – là aussi, l’intégrale est vraiment un bel objet. Je ne l’ai pas lu – pas encore ! – mais de ce que j’ai pu zieuter un peu partout, on apprécie dans cette œuvre son rythme, ses personnages forts, son univers (au départ pas si éloigné du nôtre) et ses créatures originales. Dans le premier tome, on suit la jeune Lyra qui part dans le Grand Nord pour tenter de retrouver son ami Roger. Là-bas, elle fera des découvertes sur son destin et arrivera aux limites d’un autre monde.

5. Le seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien

5142bap2bsz2bl-_sx349_bo1204203200_Même si plus ardue, plutôt lue par des adolescents et jeunes adultes, je ne pouvais pas ne pas inclure cette saga. A ma grande surprise – je trouve personnellement cette saga indigeste – elle a un certain succès même chez les plus jeunes, sûrement un contre-coup des films qu’ils ont tous vus. Très sincèrement, j’invite plutôt les enfants dont je m’occupe à lire Bilbo le Hobbit – qui, pour le coup, a vraiment été écrit à destination des enfants – avant de sauter dans le bain du Seigneur des Anneaux mais s’ils sont passionnés de fantasy, ils finissent tous par craquer. Euh… faut-il vraiment que je résume cette exaltante et dangereuse épopée de notre jeune hobbit Frodon qui doit par tous les moyens détruire l’anneau pour combattre Soron ?

6. La Guerre des Clans d’Erin Hunter

retour-a-l-etat-sauvageUne saga qui envahit ma cours de récré : tous les jours, un nouvel enfant vient me montrer son nouveau tome de La Guerre des Clans, à tel point que je vais finir par m’y mettre à cette saga qui comporte des dizaines de tomes, plusieurs cycles et des hors-séries… Il faut dire que l’histoire est taillée pour les enfants : Rusty, un chat tout ce qu’il y a de plus normal, découvre qu’ils existent des clans de chats, certains étant ennemis de longue date. De fil en aiguille, il va lui-même rejoindre l’un de ces clans et devenir un valeureux guerrier. Je suis très séduite du choix de l’auteur pour les chats : pas mal de courage et de brio, bravo ! Apparemment, même si cette série semble redondante parfois, l’univers est si riche et étendue qu’on ne s’ennuie pas. Une histoire surprenante et rafraîchissante !

7. L’Epouvanteur de Joseph Delaney

51lmkd4dkjl-_sx335_bo1204203200_Ah… mon vrai coup de cœur ! Cette saga frissonnante nous emmène suivre l’aventure de Thomas Ward, apprenti épouvanteur, qui va devoir, en plus d’apprendre son métier, combattre sorcière et fantôme, faire face aux secrets de sa famille et à mille dangers dans une saga d’une dizaine de tomes. La taille de chaque livre est idéal pour la jeunesse mais attention ! Ça fait peur, très peur même et c’est réservé aux lecteurs avertis et aguerris, sinon attention aux cauchemars la nuit ! L’histoire fait renaître la tension et la peur à chaque tome. Rien à dire : un petit bijou !

8. La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero

QUETE D_EWILAN T01[BD].indd.pdfJe ne connais pas du tout cette trilogie mais vu les petites recherches que j’ai du faire pour cet article, je me dis qu’il faudrait vite que je résolve ce problème. J’ai lu énormément de critiques positives sur cette saga qu’on ne peut pas lâcher ! Camille, une ado, découvre un jour un monde parallèle où on semble la connaître sous le nom d’Ewilan. Elle possède un pouvoir, celui du Dessin, et réalise qu’elle peut aider tout un peuple à retrouver sa liberté. La trame habituelle du destin à accomplir mais ça fonctionne bien : beaucoup d’action, un monde complet, des personnages attachants. La Quête d’Ewilan charme toujours ses lecteurs !

9. Tara Duncan de Sophie Audouin-Mamikonian

les-sortceliersUne saga française ! Cette décalogie met en scène une jeune « sortcelière » au pouvoir extraordinaire et qui la dépasse parfois un peu. Dans le premier tome, notre héroïne part à la recherche de sa mère, affrontant au passage plusieurs créatures et un complot la visant. Autant vous dire qu’on n’a pas le temps de souffler dans cette saga, elle va à mille à l’heure avec une imagination débordante. J’ai eu l’occasion de lire que la qualité se dégradait un peu de tome en tome, mais ça reste tout de même une incontournable des sagas jeunesse.

10. Gardiens des cités perdues de Shannon Messenger

51kuevvzyhl-_sx303_bo1204203200_Petite dernière des sagas jeunesse puisque les grands formats sont sortis il y a seulement 4 ans. J’avais même entendu dire à l’époque que cette série allait être aussi forte que nos chers Harry Potter ! On fait la connaissance de Sophie, une jeune fille qui ne se  sent pas comme les autres : elle possède une mémoire photographique mais surtout elle peut percevoir les pensées des autres ! On lui apprend un jour qu’elle ne fait pas partie du monde des humains : elle doit tout quitter et partir dans un autre univers. Ralala, c’est fou comme on se renouvelle pas vraiment en saga jeunesse niveau concept de base… Mais ça fonctionne ! Le premier tome a été un coup de cœur pour beaucoup de lecteurs : ils ont trouvé l’héroïne touchante, le cadre féérique. D’autres, par contre, trouvent parfois le rythme un peu lent. A vous de voir donc, mais je testerais bien cette nouvelle saga qui fait beaucoup parler d’elle !

Mais aussi (avec pas mal de young adult) : Les Chevaliers d’Émeraude d’Anne Robillard, La Passe-Miroir de Christelle Dabos, Artemis Fowl d’Eoin Colfer, La Trilogie des Gemmes de Kerstin Gier, Percy Jackson de Rick Riordan, Miss Peregrine et les Enfants particuliers de Ramson Riggs, Twilight de Stephenie Meyer, A comme Association de Pierre Bottero et Erik L’Homme, Oksa Pollock d’Anne Plichota et Cendrine Wolf… Promis, ils auront droit à un article eux aussi.

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de J. K. Rowling

004373357Encore un mois de passé, on s’enfonce profondément dans le froid et le vent. Pour saluer l’automne et ses jolies couleurs, je me suis replongée dans la saga Harry Potter avec délice. Ce mois-ci, c’est le tour du tome 5 : Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

Les choses commencent à être sérieuses. Harry Potter a vu Lord Voldemort revenir à la vie… Albus Dumbledore reforme immédiatement la résistance : l’Ordre du Phénix. Malheureusement, le ministère de la Magie, en la personne de Cornelius Fudge, refuse catégoriquement de croire en cette version. Vivre dans le déni est tellement plus facile… Paranoïaque, Fudge se sent même menacé par Dumbledore et décide de mettre directement son nez dans les affaires de Poudlard, l’école de magie dirigée par Dumbledore. Tout l’été, Harry et lui ont été décrits comme des hurluberlus qui racontaient des bêtises selon la fameuse Gazette du Sorcier. Heureusement que Harry a des amis sur qui compter et un parrain qui le soutient… surtout quand il a d’étranges visions sur Voldemort !

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Bien évidemment, je ne dis qu’une infime partie de l’intrigue – on ne sait jamais, si certains n’en sont pas encore arrivés là… Je ne vous ai pas parlé de la Société d’Aide à la Libération des Elfes, du voyage d’Hagrid et de ce qu’il a ramené, des créatures de la Forêt interdite, des Sombrals, des farces des jumeaux Weasley, de la Salle sur Demande et surtout de Dolores Ombrage. Qu’est-ce que j’aime ce personnage ! Et j’aime toutes les interactions qu’elle a avec les autres personnages. Cette envoyée du ministère, toujours habillée en rose et qui a le don d’énerver le lecteur en quelques lignes, est vraiment l’élément qui me plaît le plus dans cet opus, suivie de près par l’Association de Défense et l’Ordre du Phénix en soi. Comme Harry, je déteste être tenue à part de l’action, du vrai combat contre Voldemort. On a envie d’en savoir plus forcément ! Or les adultes le considère trop jeune. Malheureusement, c’est la seule chose qui me rapprochait de Harry dans ce tome. Je comprends bien que ces drôles de visions joue sur son humeur mais je l’ai trouvé tellement insupportable ! A aucun moment Harry n’a été mon personnage préféré, mais dans celui-ci, c’est pire ! J’ai envie de lui mettre une bonne claque pour lui rabattre son clapet.

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Et je dois dire que même la trame principale et les dernières péripéties sont loin de me ravir… je n’ai que peu d’intérêt pour ce qui est tant défendu et que Voldemort veut si fort (je n’en dis pas plus au cas où…). Vraiment. Je préfère de très loin les intrigues secondaires et la découverte du QG de l’Ordre du Phénix. Encore une fois, comme pour Harry Potter 4, on oscille entre des enjeux d’adultes et la fragilité de l’enfant. Cela me met mal à l’aise, je ne sais pas sur quel pied danser. C’est un ressenti très personnel et c’est aussi la preuve que J. K. Rowling maîtrise son sujet… Car cette ambivalence est normale. Vivre si jeune des événements si terribles, ça met mal à l’aise. Et je sais que certains lecteurs adorent les tomes 4 et/ou 5 justement pour cette raison. Toutefois, de mon côté, je préfère clairement les opus encore insouciants de la jeunesse et ceux beaucoup plus sombres qui viennent après.

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix n’est clairement pas mon tome préféré mais je lui trouve un vrai charme. Encore une fois, j’ai vraiment adoré les intrigues secondaires. J. K. Rowling nous prouve que, décidément, elle sait très bien dessiner de nouveaux personnages (Ah, Ombrage… <3) J’ai à présent très hâte de lire le tome suivant.

J. K. Rowling, Harry Potter et l’Ordre du Phénix, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 29€50 (existe en format poche).

Harry Potter et la Coupe de Feu, de J. K. Rowling

On con004373354tinue ce petit rythme qui me va bien : un Harry Potter par mois. Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’Harry Potter et la coupe de feu de J. K. Rowling. Ce tome est souvent un tournant dans vos vies de lecteurs, dans vos vies de Potterheads. Pour beaucoup, il s’agit de leur tome préféré (surtout chez les garçons, à ce que j’ai pu voir). Dans cet opus, Harry n’a pas le choix : il doit grandir. Les menaces étaient éphémères les années précédentes. Mais pour cette quatrième année à Poudlard, les choses vont prendre une envergure tout autre.

Après un interminable été chez les Dursley, Harry rejoint enfin les Weasley pour un programme beaucoup plus réjouissant : la coupe du monde de Quidditch ! Quel bonheur pour Harry comme pour le lecteur de plonger dans cet événement d’envergure 100 % sorcier ! C’est aussi l’occasion de rencontrer plusieurs nouveaux personnages qui auront toute leur importance par la suite – et qui confirment le talent indéniable de Rowling pour façonner des êtres de papier et nous immerger dans cet univers incroyable. Mais malheureusement, les choses ne se déroulent pas comme prévues et l’ombre de Voldemort plane déjà au-dessus de nos têtes.

C’est enfin l’heure de la rentrée scolaire à Poudlard, où Harry et ses amis apprennent une incroyable nouvelle : le Tournoi des Trois Sorciers revient de ses cendres, et il aura lieu ici ! Trois écoles vont s’affronter, chacune avec un champion que va devoir faire ses preuves lors de trois tâches. Des élèves de Beauxbâtons et Durmstrang seront donc accueillis à Poudlard toute l’année. Les choses se présentent bien donc… mais au lieu de trois, ce sera quatre champions qui seront élus, et vous vous doutez de qui est le quatrième !

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C’est le roman de l’action, du bouleversement, du dépassement de soi. Harry va apprendre qu’il ne peut plus se reposer sur ses acquis, sur ses simples aptitudes naturelles et son courage. La magie, ça s’apprend, ça se travaille, on n’a pas tous le même niveau en sorcellerie. J’aime assez ce tome, mais il vrai que ce n’est pas mon préféré. Je préfère la suite, plus sombre, et il faut dire que de voir encore Voldemort… Après tout ce qu’on a déjà vécu, il devrait être loi ! ça m’a lassé. Heureusement, on comprendra plus tard le pourquoi du comment et alors ce quatrième livre reprend un peu de valeur.

Je trouve assez laborieux le Tournoi des Trois Sorciers, mais après relecture, je pense que c’est surtout le film qui m’a laissé cette impression. Car dans le roman, les choses sont assez bien menées : on ne s’éternise pas avec des tâches à rallonge, on va à l’essentiel, mais l’auteur prend quand même le temps de développer des intrigues secondaires qui font tout le sel de cette histoire selon moi. En effet, ce que j’apprécie le plus dans Harry Potter et la Coupe de Feu, c’est tout ce qu’il y a autour de l’intrigue principale : la défense des elfes par Hermione, l’amour de Krum, la salle de bain des préfets, la finale de Quidditch, la Pensine et ce qu’elle nous révèle, le travail de Percy au Ministère. Et surtout, que de personnages secondaires incroyables ! Madame Maxime, Rita Skeeter, Ludo Verpey, Winky, Krum, Cédric, Maugrey, Charlie…

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Ce tome est indispensable pour mettre en place la suite des événements. Il débute une nouvelle phase, plus adulte, pour notre héros. Il faut dire qu’une des dernières scènes est assez terrible et poignante… on sent qu’on entre dans la cour des grands. Mais, même si j’apprécie toujours autant la magie de cet univers, j’ai du mal avec cet entre-deux que le livre tente d’adopter. Le grand écart entre l’aspect ludique et coloré (les farces et attrapes des jumeaux Weasley, l’ambiance festive du tournoi ou du match de Quidditch) et l’autre face, beaucoup plus sombre et glauque. C’était nécessaire, je peux comprendre. C’était violent et fracassant, et j’en conçois l’intérêt. Mais cela a donné pour moi un sentiment de malaise que je n’ai pas vraiment apprécié.

Et vous ? Que pensez-vous de ce tome ?

J. K. Rowling, Harry Potter et la Coupe de Feu, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 27€50.

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Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de J. K. Rowling

product_9782070624546_244x0Je dois vous avouer que ce petit rendez-vous mensuel autour d’Harry Potter me plaît bien. Je pense que ça va devenir un rituel jusqu’au jour où je n’aurais plus rien à lire de ce côté-là. J’avance dans ma relecture des tomes et c’est l’heure de vous parler de mon petit préféré, celui que j’ai adulé toute mon adolescence : Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de J. K. Rowling. Je connaissais toutes les répliques du film par cœur et je suis certaine que vous êtes nombreux à aimer cette histoire d’innocence gâchée, de vengeance et de secrets…

Sirius_Black_à_AzkabanHarry entre en troisième année à l’école de sorcellerie Poudlard. Mais certains choses ont changé depuis l’été dernier. En effet, un criminel très dangereux s’est enfui de la prison magique Azkaban – un exploit – et terrorise toute la communauté des sorciers. On lui attribue les meurtres de sept personnes, avec un seul coup de baguette magique… Et de plus, on découvre au fil des pages que ce fameux Sirius Black, un ancien élève de Poudlard, est également lié à la famille Potter (et pour ne pas spoiler ceux qui vivent dans une grotte, je n’en dirai pas plus). Pour protéger les jeunes sorciers – et surtout Harry – des Détraqueurs ont été postés à Poudlard. Ces créatures hideuses aspirent toutes idées de bonheur. L’ambiance à l’école de sorcellerie est donc bien étrange dans ce tome placé sous le signe des révélations.

J’ai beaucoup aimé ne pas avoir directement affaire à Voldemort dans cet opus, car c’est une nemesis qui ne m’excite pas plus que ça… Très clairement, j’aime les personnages secondaires plus complexes comme Sirius Black – ou Dolores Ombrage plus tard – dont l’écriture est un vrai petit chef-d’œuvre. Je me souviens qu’à ma toute première lecture, ce livre m’avait littéralement retourné le cerveau, j’ai cru tout ce qu’on me disait, je m’étais complètement laissé emportée, jusqu’à cette vérité qui change tout ! Les relectures depuis ont toujours été un bonheur, car je m’amuse énormément à traquer les indices laissés par J. K. Rowling au fil des pages.

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Les personnages prennent de l’ampleur, je pense notamment à Hermione qui est vraiment devenue pour moi une égérie à partir de ce tome. Harry est fidèle à lui-même, même si un peu trop mélodramatique à mon goût. Quant à Ron, il est au final peu présent, c’est un peu dommage. Heureusement, de nouvelles thématiques et de nouveaux personnages viennent renouveler notre esprit de découverte et font grandir cet univers. En vrac, je cite mes préférés : Lupin et l’attitude de Rogue envers lui, la carte du Maraudeur, Pré-au-Lard, les Patronus, les Animagus, le passé de Harry qu’on explore un peu plus, les scènes de Quidditch, le Magicobus, les examens de fin d’années, les soins aux créatures magiques, l’astuce d’Hermione pour suivre tous ses cours. J’ai pratiquement tout adoré.

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J’ai vibré au fur et à mesure des péripéties et des révélations : même si je trouve la fin un peu longuette (quand y en a plus, y en a encore), ce tome-là est vraiment pour moi le page-turner de la saga ! La tension est moins forte que dans le précédent, comme d’habitude les « coïncidences » pour faciliter la narration sont trop fréquentes, mais globalement c’est une histoire accrocheuse, avec beaucoup d’action. Il a donné un vrai second souffle à cette saga, entre deux tomes que personnellement j’apprécie beaucoup moins. Bref, Harry Potter et le Prisonnier d’Azaban : un coup de cœur pour toujours.

Et vous, jurez-vous solennellement que vos intentions sont mauvaises ?

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J. K. Rowling, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, nouvelle édition chez Gallimard, 22€.

Du côté de chez Swann, de Marcel Proust

FC_Proust-Du cote.inddIl y a un auteur, un classique, que j’avais envie de découvrir depuis très longtemps. Je n’étais peut-être pas prête avant, mais en tant que lectrice, j’ai mûri depuiss. J’ai donc décidé, chaque été, de lire du Marcel Proust. Parce que je savais très bien que sa Recherche du Temps perdu est une œuvre que se déguste lentement. Pour moi, l’idéal est donc vraiment de lire un roman par an, au moment des grandes vacances, quand j’ai beaucoup de temps, peu d’obligations. Exceptionnellement, je me permets alors de lire plusieurs choses en même temps : Proust et d’autres romans plus actuels et expéditifs. Ainsi, j’ai eu l’occasion ces dernières semaines de tester cet équilibre très agréable entre des lectures addictives qui me permettaient en plus d’alimenter mon blog, et une découverte littéraire douce qui m’a accompagnée et bercée pendant tout l’été. Aujourd’hui, on va donc parler Du Côté de chez Swann, premier volet de la Recherche.

C’est un long roman – au bon sens du terme – qui se divise en trois parties : Combray (de très loin ma préférée), Un amour de Swann et Noms de pays : le nom (une partie très courte qui est la suite des deux autres et dont je ne vais pas parler). On rencontre tout d’abord notre narrateur, celui que l’on va suivre tout au long de la Recherche. Il est jeune et vit à Combray. C’est un enfant qui veut seulement que sa mère adorée l’embrasse le soir avant d’aller dormir. Il a des désirs simples mais tellement vrais. Il découvre la littérature, mais ce qu’il préfère surtout ce sont les promenades. Celle du côté de Méséglise est presque quotidienne. C’est par là que vit monsieur Swann, pour lequel le narrateur va avoir une sorte de fascination. De l’autre côté, on ne peut y aller que s’il fait très beau, car la ballade est beaucoup plus longue. Au bout de ce chemin vivent les Guermantes, symbole de la haute société que l’enfant voudra à tout prix intégrer plus tard. Dans la deuxième partie, on s’éloigne de la vie de notre narrateur pour rejoindre celle de ce fameux Swann. On découvre les salons de Combray, notamment celui de madame Verdurin où Swann passe du temps. Il a une aura mystérieuse, on dit qu’il côtoie les plus grands. Mais c’est pourtant dans ce salon assez modeste qu’il va rencontrer Odette. Et en tomber amoureux.

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Brouillon de Proust

Je ne vais pas en dire plus sur l’histoire car j’ai l’impression de rendre tout cela complètement inintéressant avec mes mots… Je suis loin d’être à la hauteur de Proust et retranscrire ce qu’on peut ressentir à la lecture d’une de ses œuvres est assez ardu. Quand on pense « style de Proust », on pense « phrases interminables ». Alors, oui, je ne vais pas nier qu’il y a des phrases très longues. Mais entre la majuscule du tout début et le point final, un monde s’ouvre à vous, rythmé par la ponctuation, les discours directs, les parenthèses… Cela n’est pas ennuyeux, le lecteur n’est pas perdu dans une marée de mots. Car Proust, même s’il est d’une douceur incroyable, vous emmène là où il veut. Il y a des digressions régulièrement, mais on ne lui en veut pas du tout, au contraire : on le suit dans cette barque qui vogue sur les mots. On s’attache fort aux personnages, sans même s’en rendre compte et connaître leurs vies, leurs habitudes, leurs mondes est passionnant.

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Si vous êtes un lecteur pressé, qui veut de l’efficacité, il serait facile de vous dire d’éviter Proust, car cela ne vous conviendrait pas. Mais personnellement, j’ai plutôt envie de vous encourager à essayer : persévérez pendant une cinquantaine de pages, histoire que Proust ait le temps de vous insuffler la tranquillité d’esprit propre à son style. Ce seront de vrais vacances pour vous, quittez cette urgence, cette boulimie de lecture, et prenez enfin le temps ! Laissez-vous bercer par la plume profonde et poétique de cet auteur. Rarement, j’ai vu une langue aussi belle. Dès les premiers mots, je savais que j’aimerais : ma première lecture depuis longtemps qui me fait dire « Ah mais oui, c’est vrai ! La langue française est sublime ! ».

[…] Un jour, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusais d’abord, et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portais à mes lèvres une cuillerée de thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature.

Je sais bien que je vous vends bien mal ce monument de la littérature. Je ne peux donc que vous conseiller, avec tout mon cœur, de découvrir cette œuvre incroyable.

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Marcel Proust, Du côté de chez Swann, aux éditions folio classique, 7€70.

Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling

product_9782070624539_244x0Nouveau mois, et donc nouvelle lecture d’Harry Potter. Ce mois-ci, on parle du deuxième tome : Harry Potter et la Chambre des Secrets. Pour cet opus, J. K. Rowling fait grandir notre héros : ce n’est plus l’heure de l’émerveillement, des jeux de piste et de la découverte. C’est l’heure des menaces mortelles à l’œuvre dans l’enceinte même de l’école de sorcellerie Poudlard, pourtant réputé comme l’un des endroits les plus sûrs de la planète.

En effet, après une arrivée fracassante en voiture volante, Harry comprend vite que ce ne sera pas une année comme les autres à l’école. Avant même qu’il arrive à Poudlard, un elfe de maison essaie de le convaincre de ne pas y aller : apparemment, sa vie serait menacée… Mais pour Harry, c’est Poudlard sa vraie maison, il est hors de question pour lui de ne pas s’y rendre ! Très vite, des choses anormales se passent : la chatte de Rusard est pétrifiée, un agresseur rôde dans les couloirs et menacent les sorciers qui ne sont pas de sang pur… Les élèves sont paniqués, l’ambiance n’est plus la même dans les couloirs et les salles de classe. Et quels sont ces sons que Harry perçoit provenant des murs ?

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Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et nous font redouter une menace d’autant plus forte qu’elle provient de l’intérieur même de Poudlard. On est à l’abri nulle part. Ce tome-ci n’est pas du tout mon préféré, Harry est dans un entre-deux-âges que je n’ai jamais vraiment aimé, toutefois je reconnais que notre héros est obligé de grandir aussi. Être l’élu, celui qui a chassé Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé implique aussi d’être soupçonné au moindre doute. Difficile d’endosser un rôle que l’on n’a jamais voulu… J’apprécie beaucoup dans cet opus les efforts de l’auteure pour inclure de la tension. Les dangers sont réels, des personnages peuvent mourir ! Ce n’est pas rien… Et cet agresseur que personne ne débusque ! Les péripéties s’enchaînent, nous entraînant petit à petit vers la vérité. Il est vrai que parfois les événements vont dans le sens de nos héros (ils sont là au bon moment, ils sont les premiers sur telle scène importante, etc.) : ces ficelles de roman jeunesse, on les pardonne car J. K. Rowling nous embarque très loin dans le monde de la magie, dans le domaine de Poudlard et c’est avec plaisir et frisson que l’on suit Harry et ses amis jusqu’au bout de l’aventure.

C’est un très bon roman qui ouvre la porte vers des histoires plus noires, plus dangereuses. On quitte petit à petit un univers enfantin pour s’approcher de la noirceur de la sorcellerie. Même si c’est peut-être le tome que je préfère le moins, je le trouve très bon. J. K. Rowling a une plume qui va droit au but tout en immergeant dans un monde vaste et complet. Elle sait tout faire : la peur, l’action, mais aussi l’humour ! Ah, ce Gilderoy Lockhart !

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Et vous, avez-vous aimé Harry Potter et la Chambre des secrets ? Rendez-vous le mois prochain pour découvrir mon tome préféré !

J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 21€.

L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante

Eh les amis, c’est l’été ! Et personnellement, chaque été, je vais en Italie, un pays que j’affectionne particulièrement. En 2017, c’est par la littérature que j’ai décidé d’y faire escale, dans une ville encore jamais visitée pour ma part : Naples. Comme d’habitude, je lis après tout le monde mais c’est tout de même avec un réel plaisir que je partage avec vous mon avis sur L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante.

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C’est une lubie subite qui m’a poussée vers ce roman que je ne pensais pas me mettre à dévorer un jour. J’avais en tête mon dernier séjour à Venise et ses quartiers méconnus, qui semblaient d’une autre époque. C’est sûrement cela qui m’a attiré vers les quartiers pauvres de Naples à la fin des années cinquante. Elena va nous raconter son enfance, son adolescence. La sienne et celle de Lila. Cette meilleure amie, cette copine, cette petite fille pleine de vie et d’affront. Elles sont toutes les deux très différentes. Lila dit tout ce qu’elle pense et ne semble pas réagir comme tout le monde : elle n’hésite pas à se mettre à danger, sans même réaliser qu’elle prend des risques. Ou alors peut-être que si, elle sait que c’est risqué, mais tente quand même le coup, comme un pied de nez permanent au destin. Elena est une suiveuse, elle est fascinée par cette fillette maigrichonne qui ne connaît pas la peur. Pourtant leur relation a l’air étrange, parfois malsaine : Lila n’a de cesse de tirer sur la corde, mais Elena accepte, Elena prend un peu plus d’assurance, Elena observe.

Les deux petites filles grandissent et leurs chemins semblent se séparer : Elena va au collège, Lila rejoint la cordonnerie de son père et de son frère Rino et devient peu à peu obsédée par un rêve, créer ses propres chaussures. Mais finalement tout ramène Elena vers Lila. Leur lien ne se rompt jamais et c’est au cœur de leur quartier que cette relation va grandir, s’affiner au gré des aléas.

L’amie prodigieuse, voici un titre bien trouvée pour parler de ce personnage intrépide et hors norme : Lila. Nous aussi, petit à petit, on ressent de la fascination pour cette fille. A la place d’Elena, difficile de dire comment on aurait réagi. Elle est méchante, mais aventureuse : faut-il la détester ou la suivre ? Faut-il la retenir ou continuer de l’ignorer ?

20130531084238951_0001-copiaJ’ai adoré nos deux héroïnes et le lien qui les unissent, comme j’ai aimé les suivre dans leur vie respective. Je me reconnais parfois en Elena : parfois passive, très bonne élève, j’ai tout de suite aimé notre narratrice. Mais il n’y a pas que ces deux personnages qui nous marquent : il y a les frères Solara, véritables clichés italiens, il y a Enzo, il y a Antonio, et Nino, et Carmela, Alfonso, etc. Il est vrai qu’on se perd parfois parmi tous ces noms, mais un index en début d’ouvrage nous aide un peu à nous y retrouver. Celui-là est le fils du menuisier, celui-ci fille de l’épicier, etc.

Naples est en ébullition : pendant la plus grande partie du roman, on dépasse peu les frontières du quartier des deux jeunes filles mais cela nous suffit. Entre l’amant poète, la veuve folle, l’ogre des contes et bien d’autres, il y a largement de quoi s’occuper ! On est complètement immergé dans cette Italie de l’après-guerre où les priorités n’étaient absolument pas les mêmes qu’aujourd’hui. L’écriture de l’auteure se confond tout à fait avec celle de la narratrice, d’autant plus qu’elles portent le même prénom. On retrouve une sincérité touchante qui donne cet aspect de véritables souvenirs partagés à ce texte. On a l’impression que c’est une amie qui nous raconte son enfance : les feux d’artifice sur les balcons le jour de la fête nationale, les corrections à l’école, les premiers rouges à lèvres, les rêves d’enfant, les questionnements de l’adolescence…

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J’ai tellement aimé ce livre, je l’ai trouvé beau, juste. Pendant plus de 400 pages, j’étais complètement ailleurs, en plein Naples et je vous invite à faire le voyage vous aussi. J’ai dévoré ce roman en deux jours et je me retiens pour ne pas dévorer la suite immédiatement. Je sens qu’il faut que je laisse un peu grandir Elena et Lila dans mon cœur pour les retrouver un peu plus tard.

Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, traduit de l’italien par Elsa Damien, aux éditions folio, 8€20.