Silo, de Hugh Howey

Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait baisser ma wishlist. C’est à présent chose faite avec la lecture que je vais vous présenter aujourd’hui : Silo de Hugh Howey.

Le monde est ravagé par des gaz toxiques, la surface de la Terre est devenue inhabitable. Ils sont plusieurs milliers à vivre dans un silo enfoncé sous le sol. 144 étages où cette civilisation se développe. Mais dans un espace si restreint tout est contrôlé, hiérarchisé, surveillé, même les naissances qui font l’objet de loteries. Seul le mystérieux DIT – département d’infotechnologie – semble avoir des passe-droits, mais aussi de nombreux secrets. Dès qu’un habitant du silo commet un crime, il est envoyé dehors, dans une drôle de combinaison étanche qui ne résiste pas bien longtemps à l’air empoisonné de l’extérieur. Il a alors une mission : nettoyer les capteurs du silo, seul moyen d’avoir une image de ce qui se passe à la surface. Et tous les bannis, sans exception, exécutent cette tâche, sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi.

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J’ai été assez désarçonnée par ce roman. J’ai beaucoup aimé le cadre de l’histoire : un silo enterré dans un monde post-apocalyptique, ça m’a vraiment emballée. La vie rythmée par les volées de marches, les étages consacrés à l’élevage, à la maternité, aux fournitures, à la mairie, aux machines… J’ai adoré explorer cet univers et cette ambiance. Toutefois, je me suis moins accrochée aux personnages, notamment parce que certains disparaissent trop vite, il n’y a pas de réels personnages principaux forts dans ce livre et cela m’a manqué. Ne pas pouvoir m’identifier tout au long de cette histoire à la même figure m’a un peu dérangé. Pourtant, les choses se tiennent, il y a une logique interne qui fonctionne bien même si parfois la narration prend quelques raccourcis.

Quant à l’écriture, c’est plutôt bon : les dialogues sont prenants, les actions claires, le style lisible. De nombreux rebondissements, de nombreuses révélations viennent ponctuer le récit et relancer l’attention du lecteur. Il a fallu beaucoup d’imagination pour créer une telle intrigue, malheureusement certaines choses semblent un peu artificielles, manquent d’aisance et surtout j’ai personnellement deviné à l’avance de nombreux ressorts du suspens… Il faut également rajouter à cela le rythme que j’ai plutôt trouvé lent et répétitif, disons plus que ce à quoi je m’attendais dans ce type de récit.

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Pour résumer, c’était plutôt une bonne lecture : ça me sort de mes habitudes livresques. Mais je ne lirai pas la suite – Silo Origines : le rythme trop lent, l’absence de coup de cœur aura eu raison de moi. Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Hugh Howey, Silo, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yoann Gentric et Laure Manceau, aux éditions Le Livre de Poche, 8€60.

Le Trône de Fer (l’intégrale 2) de George R. R. Martin

Cela fait une éternité que je n’ai rien posté sur le blog. Il faut dire que des problèmes personnels m’ont fait craindre une autre panne de lecture – et d’écriture. Heureusement, je me suis remise à lire pendant les vacances et maintenant que ces dernières sont terminées, je peux reprendre mon petit rythme habituel qui inclut le blog, fort heureusement. Ce n’est donc que maintenant que je trouve le temps et le courage d’écrire une nouvelle chronique pour une lecture qui date de début janvier.

Il s’agit d’un gros pavé, d’une saga, d’une aventure chorale et épique : Le Trône de Fer (l’intégrale 2) de George R. R. Martin.

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Ce roman correspond à la saison 2 de la série télévisée ; je vais essayer de spoiler le moins possible mais je vous conseille tout de même de connaître le contenu du premier intégrale/de la première saison.

Le récit fait directement suite aux événements du tome précédent. Le royaume a sombré dans le chaos depuis que le roi au pouvoir est mort, depuis que la Main du roi a été assassinée, depuis que l’arrogant petit Joffrey Lannister est officiellement devenu souverain. A Westeros, on continue la lutte pour réclamer le pouvoir et venger la mort d’Eddard Stark. Mais les concurrents à la couronne sont nombreux et viennent de tous côtés. La guerre fait rage et dans les coulisses des conspirations naissent. Sur les îles, au-delà du Mur dans le Nord ou dans les contrées lointaines du Sud, on échafaude des plans pour reconquérir ce qu’on estime être à soi. On passe d’un camp à l’autre, on fuit, on se cache, on assassine, on attaque, on attend, on ment, on découvre la vérité… Une chose est sûre : la paix n’est pas au programme au sein des Sept Couronnes.

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Est-ce que j’ai aimé cette lecture ? Oh que oui ! Il m’a fallu quelques pages pour me remettre dans le bain, me souvenir des événements passés et me ré-habituer à cette langue si riche. Comme dans l’opus précédent, les personnages sont extrêmement nombreux. Il y en a certains que j’ai découvert ici : alors que je m’intéressais peu à eux, je me suis mise à attendre avec impatience chaque chapitre qui les annonçait – c’était notamment le cas pour Tyrion et Sansa. A l’inverse, des personnages qu’on n’a fait que croiser dans le tome précédent prennent beaucoup d’importance ici, car ils lancent de nouvelles intrigues ; ce n’est vraiment pas pour autant que je les appréciais. Il y en a même certains dont je ne me rappelais jamais !

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Mais c’est aussi ça la force de cette saga : faire vivre ce royaume des Sept Couronnes et nous y faire voyager. En passant d’un personnage à l’autre, on apprend de l’intérieur à mieux connaître les hommes et les femmes qui façonnent cet univers. On suit de façon parallèle leurs plans, leurs évolutions, les embûches sur leur chemin, on guette avec eux les dangers qui les attend. C’est très divertissant, c’est prenant. Les pages se tournent à un rythme frénétique car il y a sans cesse un événement, une phrase qui relance notre curiosité. C’est un pavé qui se dévore.

J’ai beaucoup d’interrogations pour la suite. J’ai déjà envie de savoir ce qui attend certains de mes personnages préférés et je redoute les agissements des autres. Il est sûr que je ne vais pas attendre trop longtemps avant de me lancer dans la lecture du troisième intégrale.

Le Trône de Fer (l’intégrale 2), de George R. R. Martin, traduit de l’américain par Jean Sola, aux éditions j’ai lu, 17€50.

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Les Outrepasseurs (T.2) : La Reine des Neiges, de Cindy Van Wilder

Je reviens enfin sur le blog. Après un mois sans nouvelle. Comprenez-moi bien, j’étais occupée jusqu’au cou par le NaNoWriMo (je vous en reparlerai bientôt) et écrire autre chose était bien au-dessus de mes forces. Mais me revoilà. Mieux vaut tard que jamais. Et demain déjà je m’envole pour Paris, pour visiter le Salon du Cheval (un rêve de gamine qui se réalise) et, bien évidemment, le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, de son petit nom SLPJ. L’article d’aujourd’hui est d’ailleurs un peu en lien avec cet événement puisque la lecture que je vais vous présenter, je l’ai faite pour ce salon. En effet, je vais y retrouver la choupinette Cindy Van Wilder, auteure des Outrepasseurs. J’avais adoré le tome 1, je me suis donc empressé de lire le tome 2 avant de la rencontrer (et afin d’acheter et de me faire dédicacer le tome 3 :p).

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Le tome 2 des Outrepasseurs s’intitule La Reine des Neiges. A l’inverse du premier opus, pas de flashback ici, on reste dans le présent avec les Héritiers qu’on nous a présenté auparavant. Et bien sûr, on retrouve notre héros, Peter. Peter, qui supporte de moins en moins d’obéir aux Outrepasseurs, et surtout à leur chef, Noble. Peter qui se pose beaucoup de questions sur le bien fondé de sa mission, sur la légitimité de celle-ci au fur et à mesure qu’il découvre le pouvoir de son clan sur les fés, et la façon dont on traite ses derniers. Il ne sait pas alors qu’une figure du passé va ressurgir pour semer le trouble dans leurs vies et qu’une malédiction est en route, les menaçant tous.

C’est un moment charnière pour les Outrepasseurs, là où tout peut changer.

L’auteure nous a pondu là un vrai page-turner qu’on ne peut pas lâcher. Pourquoi ? Grâce à ces intrigues puissantes et addictives qui s’entrecroisent et se rejoignent, grâce à ces personnages principaux complexes et attachants qu’on veut suivre jusqu’au bout. A vrai dire, je ne pensais pas du tout que cette histoire, cette saga prendrait ce chemin-là, en tout cas pas dès le deuxième tome ! Cindy Van Wilder y va fort, et on en redemande.

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Dans le premier tome, on a appris la genèse des Outrepasseurs. Ici, on découvre avec délice leur fonctionnement de nos jours, la façon dont ils ont évolué. Eux, mais aussi la société des fés, dont la dernière représentante libre a été capturé. Et comme dans chaque système, il y a des failles. Des dangers qui viennent de là où on ne s’attend pas. Des retournements de situation époustouflants.

Il est vrai qu’il faut parfois s’accrocher. Les Outrepasseurs sont nombreux, je me suis un peu perdue à travers cette multitude de personnages mais au fil des pages, ils gagnent en épaisseur et on les reconnaît de mieux en mieux. De façon globale, le roman gagne en visibilité à chaque chapitre. On rentre plus dans l’action, moins dans l’exposition un peu mystérieuse des faits.

En une cinquantaine de pages, on devient accro. Sans compter sur une petite touche de romance que je n’ai pu qu’approuver au vu de mes sourires niais et béats ! Je me suis vraiment sentie dans mon éléments avec ce tome-là, plus que dans le premier, et suivre Peter dans ses aventures, dans ses choix a été un réel bonheur. Il faut toutefois avoir lu le tome 1 et l’avoir un peu en tête pour retomber facilement sur ses pieds dans cette lecture. Elle vous perdra peut-être un peu au début, mais vaut assurément le coup de persévérer ! Je n’ai qu’une hâte : lire le tome 3.

Et vous, avez-vous déjà lu cette trilogie ?

J’espère vous croiser au SLPJ 2016 ! Faites signe par mail, commentaire ou tweet si vous souhaitez boire un café 😉

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Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs, tome 2 : La Reine des Neiges, dans la magnifique édition Gulf Stream, 18€.

Harry Potter et l’enfant maudit

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Je suis une Potterhead – mais je me soigne. C’est vrai que quand on me connaît peu, ça ne se voit pas trop. Mais quand je commence à vous réciter toutes les répliques d’Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, là vous vous commencez à vous douter qu’il y a anguille sous roche. Alors bien évidemment, j’ai lu Harry Potter et l’enfant maudit dès sa sortie en VF (moi et l’anglais, ça fait deux). Bien évidemment, je l’ai dévoré d’une traite le soir-même. Bien évidemment je vais vous en parler. Bien évidemment, cette chronique ne sera pas du tout – PAS DU TOUT – objective. Vous êtes prévenus. Sachez également que je ne vais pas spoiler à proprement parler, toutefois je vais évoquer des éléments de l’intrigue que vous préfériez peut-être ne pas connaître si vous vous apprêter à lire ce livre. A vous de voir, donc. (Je vous conseille quand même d’avoir lu le bouquin d’abord très franchement.)

Cette pièce de théâtre (oui, oui) est basée sur une histoire originale de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne, mais la pièce en soi, on la doit à ce dernier seulement. Elle a été déjà joué à Londres et vu le texte, je suis extrêmement curieuse de voir comment ils ont retransmis ça sur scène.

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Nous sommes 19 ans après le dernier tome. Harry et Giny sont les parents de deux garçons et une fille. Albus, leur deuxième fils rentre à Poudlard. Mais à l’inverse de son grand-frère, il a du mal à s’intégrer, a l’impression de toujours décevoir, dans l’ombre de ce père qu’il n’a pas choisi. Heureusement, il peut compter sur son meilleur ami, Scorpius Malefoy, le fils de Drago.

Hermione et Harry ont des postes primordiaux au Ministère de la Magie : secrets et menaces font partie de leur quotidien. Et quand de curieux cauchemars viennent hanter Harry de nouveau, l’inquiétude s’installe. Une menace plane au-dessus de la famille Potter et de toute la communauté des sorciers. D’autant plus qu’un Retourneur de temps va tout mettre sans dessus dessous. Quand le passé ressurgit, quand l’avenir s’obscurcit, ça donne un nouvel opus d’Harry Potter.

Cette nouvelle histoire a un petit arrière-goût de Retour vers le futur qui rappelle un petit peu Le Prisonnier d’Azkaban même si les voyages dans le temps prennent une toute autre dimension ici. J’ai énormément apprécié – à mon grand étonnement – que l’histoire soit resserrée autour du fils d’Harry et non d’Harry tout court. On se prend d’affection pour le garçon qui traverse des périodes de doutes que nous avons tous traversé à l’adolescence, même si ici l’héritage familial et magique donne une importance autre à ses problèmes. On suit tout de même également les aventures d’Hermione et Harry, et c’est du bonheur de retrouver ces amis que nous avons suivi avec excitation pendant des années. J’ai tellement pris plaisir à voir ce qu’ils étaient devenus ! Je regrette amèrement par contre le traitement réservé au personnage de Ron. C’est une honte de l’avoir rendu ainsi : un personnage secondaire inutile et un peu ridicule. Moi qui suis tellement attachée aux Weasley, je l’ai presque pris comme une trahison !

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Heureusement, il y a les Malefoy : l’évolution et l’histoire de Drago ont été très bien travaillés, tout comme la création de ce nouveau personnage qu’est Scorpius. Il y a de vrais enjeux « humains » derrière cette histoire : la parentalité, la paternité surtout, la confiance et la liberté que l’on donne à ses enfants, survivre dans un monde où on n’est que le « fils de », la volonté de faire ses preuves, de s’émanciper. Par contre, l’enjeu magique, l’enjeu sorcier – en gros la menace d’un Voldemort ou quelque chose de similaire – ne m’a pas convaincue. De base, je ne suis pas fan des voyages dans le passé, et même si cela introduit un nouveau concept intéressant (l’Augurey pour ceux qui l’ont lu), j’ai trouvé beaucoup de péripéties assez artificielles. Le père Diggory, la présence de Delphine, les cauchemars de Harry… et surtout cette fin ! Beurk. Des beaux sentiments, une scène d’action pour enfants… ça ne colle pas avec les thèmes plus matures qui parcourent ce livre.

La lecture de cette pièce de théâtre a été inégale. La forme ne m’a pas du tout gênée – je suis habituée à lire du théâtre, faut dire – et le style est très bon, même si parfois un peu surréaliste pour de l’oral. Les didascalies sont très littéraires et on retrouve un vrai côté roman dans ces moments-là. D’une page à l’autre, mon cœur bondissait de joie ou de peur, je m’extasiais ou je grinçais des dents. Ce n’est pas du 100 % Rowling et ça se sent. Mais c’est du Harry Potter, donc je suis joie. Bref, vous l’aurez compris, la fan en moi est très très heureuse, mais la littéraire un peu moins.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

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Jack Thorne, Harry Potter et l’enfant maudit, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 21€.

Eragon (tome I), L’héritage, de Christopher Paolini

Voilà, c’est avec un immense bonheur que je vous annonce que ma panne de lecture est terminée ! J’ai dévoré un roman, chose qui ne m’était plus arrivée depuis des mois, et j’ai cette petite excitation au fond de moi, celle que je ressens quand je dois choisir ma prochaine lecture. J’espère bien rattraper mon monumental retard dans mes chroniques et redonner un peu de vie à ce blog qui faisait grise mine depuis des semaines.

Chaque mois sur ce blog ont lieu des lectures communes. Nous sommes presque mi-août et je n’ai toujours pas parlé de celle qui s’est déroulé en juillet, honte à moi ! En même temps je viens juste de terminer cette lecture. Il s’agit du premier tome de la saga de Christopher Paolini : Eragon (tome I), L’héritage.

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C’est une saga que j’avais dévoré adolescente, mais il est vrai qu’elle m’a laissé moins de souvenirs qu’Harry Potter (en même temps, peu de choses arrivent au même niveau que le petit sorcier de J.K. Rowling dans mon cœur…). Eragon est la première saga fantastique, je pense même que c’est le tout premier roman fantastique que j’ai lu de ma vie. Et même s’il s’adresse à un public jeunesse/young adult, il faut avouer qu’il a gardé toutes ses qualités ! C’est ça l’avantage avec des histoires se déroulant dans un tout autre univers, un peu médiéval : ça se gâte rarement avec le temps.

Eragon est un jeune garçon élevé par son oncle dans sa ferme de Carvahall, un petit village au nord ouest de l’Alagaësia. Même si le quotidien est parfois rude, la vie est simple dans ce coin de l’Empire. On ne se préoccupe plus de Galbatorix, leur soit-disant chef qui a volé le pouvoir il y a fort longtemps, et qui n’a plus bougé de la capitale Urû’baen depuis des années. Mais alors qu’il chasse sur les montagnes de la Crête, Eragon découvre un grosse pierre ovale et bleue. C’est alors que toute sa vie qui bascule : cette pierre est un œuf, d’où éclot un dragon. Eragon devient dragonnier. Obligé de quitter les siens, il part aux confins de l’Alagaësia dans une quête ancestrale et dangereuse. Aidé par Brom, il apprendra la magie rencontrera des ennemis et des alliés puissants et mystérieux, affrontera les pires dangers aux côtés de sa dragonne, Saphira.

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Il se passe beaucoup de choses dans ce premier tome, et je ne fais ici qu’en effleurer la surface. Il y a de nombreux personnages importants (Ah, Murtagh !) que je ne peux même pas évoquer pour vous garder un peu de suspens. La trame de fond, le décor, l’histoire de l’Alagaësia et de ses peuples sont très bien amenés et expliqués : c’est passionnant, ça intervient au bon moment sans jamais nous ennuyer.

Il faut dire que le rythme de l’intrigue et de la narration a été assez soigné dans ce premier tome. Les personnages voyagent pendant une grosse partie du bouquin, il est vrai qu’on a un peu l’impression d’être dans un jeu vidéo parfois : aller jusqu’au prochain checkpoint, y combattre l’ennemi et recommencer jusqu’à la bataille finale. Heureusement, l’histoire est bien plus riche que cela malgré ce schéma sous-jacent.

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Eragon (tome I), L’héritage est un magnifique premier tome : on s’attache fort à ses personnages, on croit à cette histoire, on est transporté dans ces nouveaux territoires et on vit chaque combat. Il y a de l’amitié, des sentiments, de l’honneur, de la souffrance, des découvertes, des rencontres, des regrets, de l’espoir ! Je me demande si l’auteur arrive à tenir la distance dans ses autres tomes : il sera dur de ne pas s’essouffler après ce premier opus !

Dans tous les cas, ce livre fait très bien son travail : c’est un gros pavé qu’on ne veut pas lâcher, il est divertissant et immersif. L’écriture très fluide est maniée avec talent.

Cette lecture commune a été pour moi l’occasion d’une vraie redécouverte et j’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants.

Vous pouvez également aller voir l’avis de Virginy  et de L’Aléthiomètre !

Christopher Paolini, Eragon (tome I), L’héritage, traduction de l’anglais (États-Unis) par Bertrand Ferrier, aux éditions Bayard Jeunesse, 19€90 (existe aussi en poche).s

L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5), de Joseph Delaney

En plus d’avoir peu de temps pour moi, il se trouve que j’ai une petite panne de lecture. Au lieu d’ouvrir un livre quand j’ai du temps libre chez moi, je trouve toujours autre chose à faire. Pour essayer de remettre le pied à l’étrier, je me suis choisie une lecture dont j’étais certaine qu’elle me plairait : L’erreur de l’Epouvanteur, le tome 5 de la saga de Joseph Delaney.

Tom Ward est le septième fils d’un septième fils. Il a donc des dons particuliers pour percevoir l’obscur et est devenu l’apprenti de l’épouvanteur Gregory. À ses côtés, il apprend à combattre sorcières, gobelins et autres créatures. Comme pour chacun de ses apprentis, Gregory l’envoie compléter sa formation chez un de ses collègues : Bill Arkwright, spécialiste des créatures des eaux. Entre son amie Alice qui semble céder à l’obscur, la menace mortelle que fait planer le Malin sur Tom, un nouveau maître épouvanteur qui habite un moulin hanté et une sorcière des eaux qui terrorise la région, notre jeune héros n’est pas au bout de ses peines.

erreur-epouvanteur-bonusQu’est-ce que j’ai aimé ce tome ! La personnalité d’Alice prend de la profondeur : cette jeune fille a un passé trouble et des faiblesses qu’il est parfois dur de combattre. A l’inverse, je trouve Tom toujours un peu trop boy-scout à mon goût, j’espère que ça s’arrangera. Ce n’est pas parce qu’on est dans un roman jeunesse qu’on doit créer un héros si manichéen. C’est, il me semble, le seul personnage qui a un tel défaut.

Gregory est un peu absent de ce tome, mais c’est très rafraîchissant de changer complètement de lieu, de quitter Chippenden. Arkwright est un personnage avec une vraie histoire, des failles, des points forts, une vision du métier et de l’apprentissage complètement différente de Gregory. On sent que notre héros va sortir grandi de cette rencontre, et j’espère vraiment qu’on retrouvera Arkwroght par la suite.

J’ai trouvé l’écriture de Jospeh Delaney très claire et fluide. On visualise facilement les scènes. L’intrigue avance bien, grâce à des péripéties secondaires toutes aussi intéressantes que le fil rouge principal. L’auteur a réussi avec brio à faire de ce tome à la fois une histoire unique et une partie intégrante de la saga. Il faut admettre que l’auteur maîtrise le genre : comme dans la vraie vie, les personnages évoluent d’un tome à l’autre, des alliances se font et se défont, le Comté continue de vivre en parallèle (la guerre en cours, etc.). Les liens avec les autres livres sont très bien réalisés, aucunement artificiels : il y a des échos très judicieux des livres précédents par exemple. A ce stade de l’histoire, il est cependant nécessaire d’avoir lu les autres romans au préalable : vous ne pouvez pas commencer l’histoire par là sans risquer de vous perdre.

J’ai très hâte de lire le prochain livre, quel teasing dans ce tome 5 !

Joseph Delaney, L’erreur de l’Epouvanteur (tome 5 de la saga), aux éditions Bayard jeunesse, 12€90.

Le Livre perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

Le Livre perdu des Sortilèges de Deborah Harkness. Je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir de quoi il retournait. Je ne voulais pas en savoir plus d’ailleurs, de peur de faire marche arrière. Quand on lit « sorcière » et « vampire » dans la même quatrième de couverture, on se dit qu’on va encore avoir droit à une énième romance d’urban fantasy. Heureusement, ce roman s’est révélé être beaucoup, beaucoup plus cela.

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Diana est historienne, elle passe ses journées à la bibliothèque d’Oxford pour préparer sa soutenance sur l’alchimie. Mais ce que ses collègues savent moins, c’est que le monde est peuplé de démons, de vampires mais aussi de sorciers. Et bien que Diana fasse tout pour le nier, elle fait partie de cette dernière catégorie. En effet, la jeune femme a refusé très jeune la magie dans sa vie, sûrement à cause du traumatisme d’avoir perdu ses parents trop tôt. Mais on ne décide de devenir une sorcière ou d’arrêter de l’être, les choses ne sont pas si simples. Au cours de ses recherches, elle tombe sur un manuscrit mystérieux : l’Ashmole 782. Sans qu’elle le sache, une terrible machine vient de se mettre en route. Ce livre ancien contient en effet un secret que tout le monde désire connaître ardemment. Diana rencontre alors un certain Matthew Clairmont, un vampire qu’on dit redoutable, énigmatique, et qui va devenir pour elle le symbole d’une nouvelle quête, d’un amour impossible.

Stop, ne fuyez pas. Je vous promets, l’auteure ne commet pas les erreurs de Twilight ! Les vampires ne brillent pas comme des boules à facette, et l’héroïne n’est pas dépressive. Ce roman est un premier tome (ce que j’ai découvert en finissant ma lecture…) et fait plus de 500 pages en grand format. Autant vous dire qu’il y a de la matière, mais que cela ne vienne pas vous effrayer. Il y a tant à apprendre et à découvrir de cet univers inconnu : les familles de vampire, la créativité des démons, les éléments sorciers, les ordres secrets… De plus, il faut prendre le temps de faire la connaissance de nos personnages principaux. Et c’est surtout en cela qu’excelle l’auteure : la profondeur psychologique des personnages est vraiment réussie. Ce ne sont pas des êtres de papier qui évoluent devant nos yeux, mais de vrais personnes. Il est vrai qu’il y a certains stéréotypes : le vampire protecteur, la jalousie entre hommes, mais avouons que certains poncifs fonctionnent très bien et qu’on en redemande. En parallèle, il y a vraiment des éléments novateurs, originaux, intéressants : cette héroïne passionnée par son travail qui fait de l’aviron chaque matin, ce vampire qui cache des secrets vraiment étonnants (mais je ne peux pas en dire plus…), cette tante qui vit avec sa chérie, la maison qui a ses propres humeurs.

Et puis je dois avouer que j’ai adoré le cadre de l’histoire : Oxford d’un côté, université prestigieuse que je rêverais de visiter, et l’Auvergne de l’autre, où j’ai passé dix étés. Et en plus, il y a des petits bouts de dialogues en occitan, ô joie ! J’avoue que j’ai été très surprise par des éléments de l’arrière-plan, mais aussi par des rebondissements de l’intrigue. Il faut avouer que parfois, on se dit que l’auteure en rajoute, en fait trop, qu’il y a une avalanche de péripéties et de révélations. Mais je dois dire… que ça marche assez bien ! On se laisse porter par cette histoire, et on tourne les pages frénétiquement : la romance entre Diana et Matthew, les relations entre les personnages secondaires, la construction de cet univers complexe, les témoignages du passé pour revenir à l’origine des choses, l’enquête sur la mort des parents de Diana… Pfiou ! Parfois, on dirait que ça tombe un peu de nulle part, mais globalement, tout s’articule parfaitement. Ce n’est pas un roman qui nous laisse le temps de nous reposer.

harkness20pic20credit20scarlett20freundJ’ai rarement vu un livre qui était si ancré dans un genre (bit-lit notamment) tout en s’en éloignant au maximum. C’est là où on voit les limites de ce roman : il essaie d’être différent des autres sans y parvenir complètement. Mais, après tout, ça me va très bien ! C’est un pari réussi ! Cette lecture a été divertissante, agréable, addictive, et j’en redemande ! On tourne les pages avec facilité, et même si je désapprouve certains dialogues vraiment clichés, je fonds devant certaines scènes dignes des romances Harlequin. En fait, la force de cette lecture est son équilibre entre l’action, la narration pure et dure, les flash-back, les dialogues. On sent parfois derrière l’écriture les petites maladresses d’un premier roman (retournements de situation trop simplistes, mauvaise gestion du temps entre passages trop lents, passages trop rapides et ellipses), mais je pardonne aisément à Deborah Harkness car elle nous offre là le début d’une saga très prometteuse !

Deborah Harkness, Le Livre perdu des Sortilèges, aux éditions Le Livre de Poche 8€90.