Les 110 règles d’or du management, de Richard Templar

Les romans s’enchaînent encore et encore sur ce blog, et pourtant je ne lis pas que ça. Histoire de changer un peu, je vais vous parler aujourd’hui d’un livre qui coûte trois fois rien et donne quelques conseils aux managers, patrons, responsable d’équipe ou de projet que vous êtes peut-être – ou que vous allez devenir. Place aux 110 règles d’or du management de Richard Templar.

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Tout d’abord, je trouve cette collection Poche Marabout très bien fait. Le papier est de qualité assez basse, l’édition souffre de quelques inattentions mais quand on voit le prix (6€50 dans le cas présent), c’est assez justifié. Ce sont des livres intéressants, à la portée de tous, et croyez-moi, vous aurez de quoi faire !

visuel_management_et_condition_de_travail_shutterstock_19Dans l’ouvrage qui nous intéresse aujourd’hui, l’auteur nous délivre ses conseils et ses retours d’expérience dans plus de 280 pages. La lecture est très agréable car Richard Templar rend son texte très vivant, avec des anecdotes, de l’oralité. On se sent très proche de lui – surtout quant il nous répète encore et toujours à quel point on est génial, à quel point on est de bons managers. Certaines règles sont vraiment des mines d’or, elles sont toujours simples à appliquer et ont toutes de l’intérêt. Mais elles sont très nombreuses à être assez évidentes… Il suffit juste d’avoir un peu de bon sens. Sans compter que certaines se rejoignent un peu, et la lecture peut donc vite devenir redondante ou ennuyeuse. Toutefois relire ces règles ne fait vraiment pas de mal et vous permettra peut-être de vous remettre en question. Richard Templar admet lui-même souvent que ses règles sont souvent évidentes et vous amène lui-même à vous questionner, très honnêtement, sur vos pratiques, votre mode de fonctionnement, votre façon d’agir.

Au-delà des règles, j’ai trouvé intéressant que l’auteur mette vraiment de son vécu, car ce genre d’ouvrage est trop souvent insipide : ici, on trouve enfin un peu d’humain, d’empirisme ! On voit que l’auteur connaît son sujet. Mais parfois, ça va trop loin : Richard Templar se fait passer pour un manager parfait, qui a toujours le bon comportement et ça devient très vite agaçant. Je pense que quelques exemples de ses gaffes en tant que manager (car il en a forcément faites), traités à la manière de « j’ai appris de mes erreurs, j’en ai tiré des enseignements » auraient été beaucoup plus efficace. De plus, son vécu est très centré sur les pratiques au Royaume-Uni ce qui peut un peu perdre le lecteur ou, en tout cas, ne pas l’intéresser.

Les 110 règles d’or du management n’est pas un indispensable, toutefois il ouvre la voie pour un prix tout doux et ses règles sont d’assez bon conseil.

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Richard Templar, Les 110 règles d’or du management, traduit par Valérie Gaillard avec la collaboration de Tina Calogirou, aux éditions Poche Marabout (vie pro), 6€50.

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Stupeur et tremblements, d’Amélie Nothomb

 

J’ai retenté une expérience dont le premier résultat fut mitigé : lire Amélie Nothomb. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai choisi Stupeur et Tremblements, que l’on m’avait conseillé et dont le cadre nippon était censé renforcé mon plaisir de lecture.

Il s’agit d’une récit visiblement autobiographique, de la belge Amélie qui se rend travailler au Japon où elle a quelques attaches. Elle se fait embaucher dans une grande entreprise et se démarque par son teint européen. Elle va découvrir à ses dépens que l’univers des affaires dans ce petit pays est régie par une hiérarchie puissante et très marquée, qui ne respecte pas forcément la logique si cela peut aider à faire respecter chaque ligne de chaque petit règlement. Le respect inconsidéré – et l’admiration – sont presque des obligations pour tout employé qui doit considérer son entreprise comme sa famille, à qui il faut rester à sa place.

Mais avec des supérieurs pas très commodes, il est parfois difficile de rester à sa place, surtout quand on ne sait pas trop ce que l’on doit faire dans l’entreprise en question. C’est le cas d’Amélie qui d’un poste de bureau, passe à un temps de plein de photocopieuse pour finir de faire un travail parmi les plus dégradants et abaissant en comparaison de son CV. Ici, les compétences ne sont pas primordiales mais plutôt l’ancienneté et la ténacité.

C’est une peinture sans faux semblants de l’entreprise nippone, dans sa dureté et sa rigueur. Il faut quand même dire que l’héroïne n’a vraiment pas eu de chance pour être si mal traitée, mais je dois avouer que je ne l’ai pas trouvée si dégourdie non plus… Elle reste en extase devant sa chef à la beauté angélique, alors que celle-ci prend un malin plaisir à la harceler, elle ne renâcle pas à la tâche et fait semblant d’être déficiente mentale pour coller à l’étiquette que l’entreprise lui a donné. J’ai détesté cette Amélie-là, sans volonté, sans force, qui se paraît de belles réflexions et d’une fausse distance pour ne pas perdre la face. On met ce que l’on veut dernier les mots.

Le style est… ni bien, ni mal, parfois incohérent mais sans jamais valoir le détour. C’est une écriture du quotidien où les descriptions et le vocabulaire prennent le dessus sur une autre richesse de langue, plus belle, plus sublime, et donc plus difficile à manier. Vous comprenez facilement en me lisant que décidément, je n’accroche pas avec cette auteure. Mais je pense qu’il y a une part de subjectif dans tout ça, car ses romans ne sont pas mauvais pour autant (je préfère amplement la lire elle que de devoir parcourir un Musso). On doit lui reconnaître une facilité de lecture et de divertissement qui n’est pas donné à tout le monde.

Encore une fois, un bilan mitigé.

Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Albin Michel, 13€60.