Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling

poudlard_nuitCette année est une grande année : Harry Potter fête ses vingts ans. Typiquement, je fais partie de la génération Harry Potter, la vraie, celle qui a grandi en même temps que notre célèbre sorcier, celle qui a fêté la sortie de chaque tome avec fébrilité, celle qui a découvert les films d’un œil curieux. Je fais partie de la masse des Potterheads, je suis une fan de la première heure. Mon pêché mignon, c’est d’acheter toutes les nouvelles éditions de la saga quand j’en croise une – pour l’instant seulement en français, mon très mauvais niveau en anglais me retenant pour la VO. Et Gallimard a justement sorti cette année une nouvelle édition aux couvertures magnifiques. Je me suis donc dis : et si je fêtais les vingt ans à ma façon, en achetant chaque mois un tome ? Et si, enfin, je commençais à parler de la saga Harry Potter sur mon blog à raison d’une chronique par mois ?

product_9782070624522_244x0Commençons par le commencement : Harry Potter à l’école des sorciers (ou une des rares fois où les traducteurs ont changé un bon escient un titre pour éviter au lecteur d’être légèrement spoilé). Harry est un garçon comme les autres. Ou presque. Ses parents sont morts alors qu’il n’était qu’un bébé et il a été recueilli par sa tante et son oncle. Depuis, il est traité comme un moins que rien par sa famille adoptive qui l’a rabroué dans le cagibi sous l’escalier. La vie pour Harry est solitaire et morose jusqu’au jour où une lettre lui est envoyée, une lettre de l’école de sorcellerie Poudlard. Là, tout s’éclaire, son destin est bouleversé. Après moult péripéties, dont l’exil sur un rocher en pleine mer lors d’une tempête, la rencontre avec un semi-géant et la traversée d’un mur en plein gare après l’achat d’un chaudron et d’une baguette magique, Harry se retrouve enfin à Poudlard. Il découvre le sport des sorciers, le Quidditch, il apprend à se faire des amis et à reconnaître ses ennemis, il suit des cours de sortilèges, de potions, de métamorphose…. Et apprend que dans le monde des sorciers aussi il y a des secrets, des dangers, des menaces. La plus grande n’est autre que Lord Voldemort… oh pardon ! Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Un mage noir extrêmement puissant qui a terrifié le monde des sorciers semant la mort et la désolation. C’est lui qui a tué les parents de Harry, lui qui a fait cette fameuse cicatrice en forme d’éclair sur le front du garçon. Après ça, il a disparu. On ne sait comment. C’est ce qui a rendu Harry Potter célèbre dans le monde magique alors même qu’il ignorait tout de cela. C’est le début d’une incroyable aventure, d’une formidable saga.

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Il est vrai que c’est le premier tome et c’est vraiment un livre très jeunesse. En le relisant, j’avais complètement oublié à quel point il allait vite, à quel point ce tome était peu épais. Quel exploit de rendre tant d’événements en si peu de pages : on n’est jamais perdu pour autant, on bénéficie de toutes les explications nécessaires pour appréhender et s’immerger dans ce nouveau monde. Et en plus de toutes les péripéties qui rebondissent les unes sur les autres, l’auteure prend le temps de nous faire découvrir l’école de Poudlard, ses enseignements, son histoire, son fonctionnement, ses professeurs. On prend un réel plaisir à imaginer les friandises des sorciers, les portraits et les peintures qui bougent, le confort de la salle commune de Gryffondor, les odeurs délicieuses lors des banquets dans la grande salle, la foule enthousiaste lors des matchs de Quidditch. Il n’y a pas à dire : J.K. Rowling sait décrire et inventer un monde nouveau et attirant, plein de couleurs, qui a un sacré goût de « reviens-y ».

Mr et Mrs Dursley, qui habitent au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. Jamais quiconque n’aurait imaginé qu’ils puissent se trouver impliqués dans quoi que ce soit d’étrange ou de mystérieux. Ils n’avaient pas de temps à perdre avec des sornettes.

Il est certain que je ne suis absolument pas objective. J’aime trop Harry Potter pour le décrier. Je dirais seulement que les personnages auraient pu être plus finement esquissés, quitte à rajouter quelques pages : l’amitié entre Hermione et Harry/Ron est trop facile. Certains retournements de l’intrigue sont un peu gros (et bon sang ! Où sont les adultes???). Je n’ai jamais aimé la fin avec cette succession d’épreuves… Mais ce sont des broutilles comparées à toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Et surtout, c’est le premier tome, celui qui a accroché des dizaines d’enfants, celui qui a fait basculer leur monde, celui qui leur a donné le goût de la lecture pour certains.

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Ce premier tome est évidemment tout un symbole, mais c’est un aussi un vrai bonheur de la littérature jeunesse. Je travaille dans une école primaire et je peux vous dire que mes yeux brillent quand je découvre qu’un des enfants a commencé à lire Harry Potter.

J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard, 21€.

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Wingardium Leviosa !

Harry Potter et l’enfant maudit

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Je suis une Potterhead – mais je me soigne. C’est vrai que quand on me connaît peu, ça ne se voit pas trop. Mais quand je commence à vous réciter toutes les répliques d’Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, là vous vous commencez à vous douter qu’il y a anguille sous roche. Alors bien évidemment, j’ai lu Harry Potter et l’enfant maudit dès sa sortie en VF (moi et l’anglais, ça fait deux). Bien évidemment, je l’ai dévoré d’une traite le soir-même. Bien évidemment je vais vous en parler. Bien évidemment, cette chronique ne sera pas du tout – PAS DU TOUT – objective. Vous êtes prévenus. Sachez également que je ne vais pas spoiler à proprement parler, toutefois je vais évoquer des éléments de l’intrigue que vous préfériez peut-être ne pas connaître si vous vous apprêter à lire ce livre. A vous de voir, donc. (Je vous conseille quand même d’avoir lu le bouquin d’abord très franchement.)

Cette pièce de théâtre (oui, oui) est basée sur une histoire originale de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne, mais la pièce en soi, on la doit à ce dernier seulement. Elle a été déjà joué à Londres et vu le texte, je suis extrêmement curieuse de voir comment ils ont retransmis ça sur scène.

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Nous sommes 19 ans après le dernier tome. Harry et Giny sont les parents de deux garçons et une fille. Albus, leur deuxième fils rentre à Poudlard. Mais à l’inverse de son grand-frère, il a du mal à s’intégrer, a l’impression de toujours décevoir, dans l’ombre de ce père qu’il n’a pas choisi. Heureusement, il peut compter sur son meilleur ami, Scorpius Malefoy, le fils de Drago.

Hermione et Harry ont des postes primordiaux au Ministère de la Magie : secrets et menaces font partie de leur quotidien. Et quand de curieux cauchemars viennent hanter Harry de nouveau, l’inquiétude s’installe. Une menace plane au-dessus de la famille Potter et de toute la communauté des sorciers. D’autant plus qu’un Retourneur de temps va tout mettre sans dessus dessous. Quand le passé ressurgit, quand l’avenir s’obscurcit, ça donne un nouvel opus d’Harry Potter.

Cette nouvelle histoire a un petit arrière-goût de Retour vers le futur qui rappelle un petit peu Le Prisonnier d’Azkaban même si les voyages dans le temps prennent une toute autre dimension ici. J’ai énormément apprécié – à mon grand étonnement – que l’histoire soit resserrée autour du fils d’Harry et non d’Harry tout court. On se prend d’affection pour le garçon qui traverse des périodes de doutes que nous avons tous traversé à l’adolescence, même si ici l’héritage familial et magique donne une importance autre à ses problèmes. On suit tout de même également les aventures d’Hermione et Harry, et c’est du bonheur de retrouver ces amis que nous avons suivi avec excitation pendant des années. J’ai tellement pris plaisir à voir ce qu’ils étaient devenus ! Je regrette amèrement par contre le traitement réservé au personnage de Ron. C’est une honte de l’avoir rendu ainsi : un personnage secondaire inutile et un peu ridicule. Moi qui suis tellement attachée aux Weasley, je l’ai presque pris comme une trahison !

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Heureusement, il y a les Malefoy : l’évolution et l’histoire de Drago ont été très bien travaillés, tout comme la création de ce nouveau personnage qu’est Scorpius. Il y a de vrais enjeux « humains » derrière cette histoire : la parentalité, la paternité surtout, la confiance et la liberté que l’on donne à ses enfants, survivre dans un monde où on n’est que le « fils de », la volonté de faire ses preuves, de s’émanciper. Par contre, l’enjeu magique, l’enjeu sorcier – en gros la menace d’un Voldemort ou quelque chose de similaire – ne m’a pas convaincue. De base, je ne suis pas fan des voyages dans le passé, et même si cela introduit un nouveau concept intéressant (l’Augurey pour ceux qui l’ont lu), j’ai trouvé beaucoup de péripéties assez artificielles. Le père Diggory, la présence de Delphine, les cauchemars de Harry… et surtout cette fin ! Beurk. Des beaux sentiments, une scène d’action pour enfants… ça ne colle pas avec les thèmes plus matures qui parcourent ce livre.

La lecture de cette pièce de théâtre a été inégale. La forme ne m’a pas du tout gênée – je suis habituée à lire du théâtre, faut dire – et le style est très bon, même si parfois un peu surréaliste pour de l’oral. Les didascalies sont très littéraires et on retrouve un vrai côté roman dans ces moments-là. D’une page à l’autre, mon cœur bondissait de joie ou de peur, je m’extasiais ou je grinçais des dents. Ce n’est pas du 100 % Rowling et ça se sent. Mais c’est du Harry Potter, donc je suis joie. Bref, vous l’aurez compris, la fan en moi est très très heureuse, mais la littéraire un peu moins.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

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Jack Thorne, Harry Potter et l’enfant maudit, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, aux éditions Gallimard Jeunesse, 21€.