Rosa candida, d’Audur Ava Olafsdottir

J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne vous ai pas présenté un livre non francophone. En même temps, quand on travaille pour un prix littéraire francophone, on tombe facilement dans la marmite. Donc pour le retour de la littérature étrangère sur le blog, j’ai décidé de vous parler d’un roman écrit originalement en islandais (rien que ça). Ce livre, vous le connaissez sûrement ou, du moins, en avez-vous entendu parler : il s’agit de Rosa candida d’Audur Ava Olafsdottir. (On applaudit la traductrice Catherine Eyjolfsson!).

Arnljotur a été le dernier à parler à sa mère : il ne le savait pas mais celle-ci lui donnait ses derniers conseils au téléphone alors qu’elle perdait la vie dans la carcasse de sa voiture accidentée. C’est dans ces champs de lave qu’il s’est décidé un nouvel avenir : il quitte ce père aimant et pudique, ce frère jumeau autiste, la serre et le jardin qui ont lié fils et mère pendant des années. Il va sur le continent pour s’occuper d’une roseraie millénaire et perdue, dans une ancienne abbaye, emmenant avec lui cette fleur à huit pétales unique : la Rosa candida. Il pense partir pour donner un sens ou plutôt une direction à sa vie, allier son besoin de solitude et sa passion pour les roses. Mais c’est dans ce périple et cette vie nouvelle que son passé va le rattraper. Une autre famille, celle formée par Anna, la fille d’un nuit, et par l’enfant qu’ils ont eu ensemble. Arnljotur va découvrir le vrai sens du mot parent, dans ce lieu oublié du reste du monde.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit roman, et je comprends aujourd’hui les raisons de son succès. Il faut dire que l’écriture est vraiment différente, j’ai eu l’impression qu’elle venait d’un autre monde, plus froid, plus vide, plus beau aussi. L’auteure nous emmène dans son univers avec douceur et on s’attache immédiatement aux personnages : comme dans la vraie vie, on les découvre petit à petit dans toute leur profondeur et ce processus est très touchant. Tous les personnages secondaires sont là pour une bonne raison et sont dessinés avec minutie, sans excès. Il y a dans ce livre un parfait équilibre, voilà c’est le mot ! Entre l’écriture unique d’Audur Ava Olafsdottir, la magnifique histoire faite de sourire d’enfant, de rose sans épines et d’hésitation d’adulte. C’est un vrai régal pour le cœur, une œuvre à la fois douce, sincère et forte en émotion, un mélange savant de la rusticité des paysages islandais et la caresse de la senteur des fleurs.

L’auteure sait taper juste : ces personnages sont d’une finesse psychologique sans commune mesure, ses paysages gardent juste ce qu’il faut de mystère, sa narration se lit sans effort. Le héros est à la fois candide, tendre et criant de vérité. Une beauté.

Je pourrais encore écrire plusieurs pages d’éloges pour ce livre qui rentre tout de suite dans mon panthéon personnel (très rare privilège!). J’ai été touchée, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu peur, je me suis sentie bien. Un vrai bonheur en cellulose. Je ne peux que vous conseiller de découvrir au plus vite cet excellent roman.

Audur Ava Olafsdottir, Rosa candida, traduit par Catherine Eyjolfsson, aux éditions Zulma, 20€.

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4 réflexions au sujet de « Rosa candida, d’Audur Ava Olafsdottir »

  1. Je suis d’accord avec toi, c’est une histoire sublime. Un énorme coup de coeur pour cette écrivaine dont j’ai adoré également le deuxième roman et pour la maison d’édition Zulma, qui ne me déçoit jamais ! A lire !

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