A propos La Critiquante

Passionnée de lettres depuis toujours, librivore dès que possible, la plume me démange souvent et c'est avec plaisir que je viens gratter sur le clavier de mon ordinateur.

Un petit mot en passant

Présente en pointillés depuis des mois, je sais. Je ne me mets pas (plus) la pression. Pas envie d’écrire ? Eh bien tant pis. Quand j’aurais le courage, la motivation et surtout l’envie, je posterai de nouvelles choses avec plaisir. Notez que j’utilise le futur simple, ça se fera donc, soyez-en sûrs 😉 Demain ou dans trois mois, ça je ne sais pas.

En attendant, je prends soin de moi. Je cours tous les jours, je travaille dur, je mange mieux, je me détends, je prévois des voyages… Je lis un tout petit peu, je suis ce que vous faites sur vos blogs et réseaux sociaux avec toujours autant de bonheur.

A très vite, ici ou ailleurs !

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Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker

Ah voilà, enfin je l’ai lu ! Le Livre des Baltimore de Joël Dicker. Il y a quatre ans, j’avais lu l’opus qui le précédait, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, et je mettais jurer de ne pas trop tarder à retrouver notre narrateur, l’écrivain Marcus Goldman. Mieux vaut tard que jamais.

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Il est tout à fait possible de lire ce roman à part, car l’histoire traitée ici est tout autre. Nous allons cette fois plonger dans le passé et la vie de notre narrateur, et parler du fameux Drame qui a détruit tout un pan de sa famille. Il y a bien longtemps, quand il était encore un ado ou un enfant, il y a avait en réalité deux familles Goldman. La sienne, les Goldman-de-Montclair, et celle de son oncle, les Goldman-de-Baltimore. Cette dernière était riche, possédait une grande maison ainsi qu’une résidence de vacances dans les Hamptons et Marcus adorait y passer ses vacances, avec ses cousins.

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Pour Marcus, l’écrivain à succès, c’est l’heure de repartir sur les traces de cette famille qui n’existe plus, de revenir en arrière pour comprendre ce qui s’est passé. Des allers-retours dans ses souvenirs, des souvenirs émus, incrédules, douloureux qui vont établir le portait de cette famille, en apparence si idyllique mais qui cachent pourtant ses failles et ses secrets. Et ce périple va petit à petit revenir sur le vernis écaillé des Goldman-de-l’Amérique-huppée, qui révèle encore ses parts d’ombre huit ans après le Drame.

Joël Dicker

Joël Dicker

J’ai été fascinée par la façon dont l’auteur a opéré la narration, voyageant d’une époque à l’autre, menant plusieurs intrigues parallèles mais liées entre elles en même temps. Coup de chapeau car cela est mené d’une main de maître ! Petit à petit, Joël Dicker met les choses en place et nous aussi nous sommes éblouis par les Goldman-de-Baltimore. Comme Marcus, nous revivons cette enfance faite d’amitiés fortes, de premiers émois amoureux, de petites hontes familiales. La tournure que prennent les choses dans la dernière partie du livre nous fait d’autant plus frémir.
Comme dans son précédent livre, Joël Dicker a écrit ici un pavé, enrichi de quelques poncifs intelligemment revisités. Et comme pour son précédent livre, j’ai dévoré ce roman. Car même si je lui ai trouvé quelques longueurs, l’écriture fluide et prenante de l’auteur, toute l’ingéniosité qu’il met dans la construction de ses personnages et le fil de l’intrigue m’a pris aux tripes. Je devais savoir ce qui était arrivé à ces personnages pour lesquels je m‘étais priss d’affection.

Une vraie plongée en Amérique, que j’ai adoré.

Joël Dicker, Le Livre des Baltimore, aux éditions de Fallois/Paris, 22€ (mais existe aussi en poche maintenant).

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer

Dans la veine de No Steak d’Aymeric Caron, j’ai continué mes lectures sur le végétarisme et/ou l’élevage des animaux. C’est d’ailleurs ce dernier sujet qui est au cœur de Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer.

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J’avais beaucoup entendu parler de ce livre et je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Finalement, je pense que l’auteur a fait un livre qui lui était très personnel. Il livre ici son avis, son parcours après trois ans de recherche, d’enquête, d’écriture. Tout est parti de sa toute fraîche paternité. Choisir ce que l’on mange, c’est une affaire entre soi et soi. Les questionnements, les doutes sur oui ou non manger de la viande ne concernent principalement que vous. Si vous êtes inconstants, si vous changez d’avis, vous ne devrez normalement rendre des comptes qu’à vous-même. Mais quand vous devez vous occuper d’un petit être… Le minimum, c’est au moins de savoir ce qu’on va réellement mettre dans sa bouche.

Le livre est organisé d’une façon très personnelle, mais logique. Tout d’abord, Safran Foer revient sur les origines de son propre végétarisme, sur les us et coutumes variant d’un continent à l’autre. On revient bien sûr sur les mots : qu’est-ce qu’un animal ? La cruauté ? Jusqu’où va la sensibilité des animaux ? A quel moment nous sommes-nous éloignés d’eux ? Et, évidemment, l’auteur met en avant les désavantages de l’élevage industriel qui est devenu la règle : la deuxième moitié du livre nous explique dans le détail quelles sont les réalités de ces établissements d’élevage et d’abattage à la chaîne. Mais on nous rappelle également les dégâts sur l’environnement, la santé. Safran Foer fait également un point sur la pêche en mer et sur la pisciculture – ce que j’ai beaucoup apprécié, les poissons étant toujours les grands oubliés.

L’auteur finit son livre en nous rappelant l’importance de nos choix et notre influence potentielle sur les autres. Bien sûr, lui pense sincèrement que le végétarisme est un bon choix, mais il a souhaité être exhaustif dans ses écrits, pour laisser tout le monde penser ce qu’il veut en connaissance de cause. Lui-même est allé en douce la nuit dans des élevages, il a aussi exploré des élevages traditionnels avec des animaux heureux, qui vivent en plein air et meurent avec un peu plus de considération que les autres. Et même s’il estime que ce n’est pas encore la solution, c’est déjà un début de solution. Il est vrai que ce livre est centré sur les États-Unis mais il y a plusieurs sujets que j’ai trouvé très intéressants : la suprématie des grandes entreprises d’élevage et d’abattage, les inconvénients concrets des tonnes et des tonnes de lisier produits, les manipulations génétiques dont résultent les animaux d’élevages… Safran Foer retranscrit également une dizaine d’interviews passionnantes : un éleveur traditionnel, une végétarienne qui élève des bœufs pour leur viande, une activiste, etc.

J’ai lu ce livre tranquillement – il faut le temps de le digérer, sans mauvais jeu de mots – et j’avoue qu’il est redoutablement efficace pour vous rendre plus végétarien que carnivore. Une lecture que je vous conseille sans aucun doute.

Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?, aux éditions de l’Olivier, 22€.

Miss Dumplin, de Julie Murphy

Haut les cœurs ! Premier roman lu depuis ma panne de lecture ! C’est une grande première et c’est super chouette ! Pour recommencer à lire des heures et des heures, j’ai choisi un roman young adult dont j’avais beaucoup entendu parler au moment de sa sortie : Miss Dumplin de Julie Murphy.

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Je savais déjà que j’allais lire l’histoire d’une adolescente, en surpoids, qui apprenait à prendre confiance en elle dans un bled des États-Unis. La quatrième de couverture m’a apprise qu’elle s’appelait Willowdean – Will pour les intimes –, qu’elle est amoureuse de Bo et qu’elle va s’inscrire à un concours de beauté. En lisant, j’ai appris que c’est la mère même de Willowdean, une ex-miss, qui organise ce célèbre concours, ce qui rend les choses plus ardues.

Mais sur le chemin de la confiance en soi, Willowdean va se poser de nombreuses questions : pourquoi une telle distance se creuse avec sa meilleure amie ? Pourquoi redoute-elle tant qu’un garçon pose ses mains sur ses courbes ?

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L’histoire est intéressante, sans compter que l’écriture – bien qu’un peu lente – fait tout à fait l’affaire. Les pages défilent vite grâce à la plume légère et fluide de l’auteure. Malheureusement je n’ai pas été emballée du tout. Déjà j’ai du attendre 160 pages avant que l’idée même de participer au concours de beauté surgissent dans l’histoire, alors que j’étais super impatiente. Au lieu de ça, le véritable cœur de l’histoire, c’est les sentiments pour Bo, ainsi que l’amitié avec Ellen. Bon, ce n’est pas inintéressant, mais on y passe vraiment beaucoup de temps : quant on m’a vanté ce roman, c’était pour cette ode à la liberté d’être qui on veut, qu’importe son poids. Finalement, il ne s’agit que d’un énième livre young adult qui parle de soucis typiquement adolescents. Ce n’est pas un mal en soi, bien sûr ! C’est juste que je ne m’y attendais pas du tout, et j’ai été déçue.

De plus, je n’ai pas vraiment aimé le personnage principal. Will n’est pas si attachante, elle se plaint beaucoup et est inconstante. Clairement, c’est une adolescente qui se cherche, et qui a besoin de prendre du recul. J’ai trouvé peu réaliste son amitié avec Ellen et cette relation m’a ennuyée. Bien sûr, c’est très personnel tout ça. Je pense plus simplement que ce roman ne me convenait pas. On me l’avait sur-vendu, ça m’a fait trouvé cette histoire très longue et un peu insipide. Même la fin et le concours en soi étaient décevants à mes yeux.

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Je suis très curieuse de voir l’avis de ceux qui ont découvert ce livre après tout le brouhaha de sa sortie : avez-vous été comme moi un peu déçu ? Ou au contraire cela a-t-il répondu à vos attentes ?

Julie Murphy, Miss Dumplin, aux éditions Michel Lafon, 15€95.

No steak, d’Aymeric Caron

Il est clair que mes choix de vie influent sur mes lectures. J’ai choisi de manger moins de viande et de produits d’origine animal. Oulah, je vous arrête, je suis encore très très loin de devenir végétar/lienne, mais j’y pense. C’est dans cette optique que j’ai lu No steak d’Aymeric Caron.

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L’auteur est végétarien et il pense sincèrement que l’espèce humaine devrait arrêter de consommer de la viande, d’exploiter les animaux et ceci pour plusieurs raisons. Tout simplement, il sera impossible de nourrir toute la planète avec assez de viande. La demande explose au fur et à mesure du développement de certains pays (Inde, Chine pour ne parler qu’eux) et il va être physiquement impossible de répondre à la demande. De plus, l’exploitation animale industrielle est une des premières causes de pollution : méthane et réchauffement climatique, nitrates dans les nappes phréatiques, déforestation massive, et j’en passe. La majeure partie des récoltes végétales ne nourrit pas les hommes mais les animaux. Et tout ça prend énormément de place sur notre petite planète bleue.

L’auteur évoque également les répercussions sur la santé d’un régime trop carné – pour aller plus loin, je vous invite à visionner le documentaire What the Healt – et, comme lui, je ne vais pas vraiment m’étendre sur ce sujet. Mais le cœur du livre, c’est bien sûr l’élevage et l’abattage des bêtes. Plus qu’un simple constat des pratiques qu’on essaie de tenir loin de nous pour nous éviter d’y penser, Aymeric Caron mène une vraie réflexion éthique et philosophique sur le sujet, et je dois avouer que je ne m’attendais pas à trouver cela si intéressant. De plus, il nous livre des faits, sources à l’appui pour confirmer ses propos, libre à vous d’aller plus loin et de comparer vos sources. Pour information, Aymeric Caron est un Français, donc les données choisies pour la plupart concernent l’Hexagone, et ce livre date de 2012.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture car l’auteur est tout simplement sincère : oui, il est végétarien et ça l’a amené à rencontrer des difficultés diverses et variées dans sa vie, et oui, il pense que tout le monde devrait au moins tendre vers le végétarisme. C’est son livre, bien sûr, il va y défendre son avis, mais je ne l’ai pas trouvé prosélyte. Il y a de la place pour la réflexion, le débat, et aucune position tranchée et bornée qui fermerait le dialogue. Avec cette lecture, vous vous poserez des questions très intéressantes : pourquoi on a choisi de surtout utiliser des bœufs, des cochons, des poulets et pourquoi ne mange-t-on pas des chiens comme en Chine ? Comment peut-on vivre sans les fameuses protéines animales et est-ce que ce régime végétarien est-il vraiment bon pour nous ? Qu’est-ce que l’éthique animale ? Quelle est la vraie forme de l’exploitation animale aujourd’hui ? Avons-nous le droit de faire souffrir et d’abattre des êtres sensibles et intelligents ?

No steak est assurément un livre très intéressant, qui poussera plus loin vos réflexions. C’est bien sûr à vous de prendre vos propres décisions, de faire vos propres choix mais je suis certaine qu’il est plus sain de les faire en connaissance de cause.

Aymeric Caron, No steak, aux éditions Fayard, 19€, et également en édition poche J’ai lu, 7€60.

Japon, miscellanées, de Chantal Deltenre et Maximilien Dauber

Vous le savez déjà si vous traînez sur mon blog de temps en temps : j’aime beaucoup le Japon. Et je suis toujours curieuse d’en savoir plus sur ce pays. Par hasard, j’ai trouvé un livre très intéressant sur le sujet : Japon, miscellanées de Chantal Deltenre et Maximilien Dauber.

Les miscellanées, c’est pratiquement un genre littéraire en soi : il s’agit d’un mélange, d’un recueil de textes divers. Ici donc, on parle du Japon. De très nombreux aspects sont abordés : l’histoire, les légendes, les arts, les habitudes et les coutumes, quelques expressions et mots de japonais, des rituels, des informations sur les religions dominantes, les fêtes, les valeurs importantes, les règles de politesse, des données géographiques, etc. Vous saurez tout sur le nô, les quartiers de Tokyo, les différentes ères japonaises, la fête des poupées, les fantômes nippons…

098656d91cee2f365bcdc95c5ae85bd2C’est un livre assez épais, mais il ne faut surtout pas que cela vous effraie. J’ai mis beaucoup de temps à le lire, et j’ai fait le choix de le découvrir de la première à la dernière page, dans l’ordre. Mais ces miscellanées n’ont pas d’ordre précis, au contraire ! On dirait que tout est fait pour que deux sujets s’enchaînent le plus aléatoirement possible. Et c’est très agréable. Ce livre se prête tout à fait au picorage, au grignotage. Un peu de page 46 au petit-déjeuner, puis quelques autres chapitres en fin de journée avant de s’enquiller les dix dernières pages avant de s’endormir, comme ça, au hasard. Si un sujet vous ennuie, vous n’avez qu’à passer au suivant, sans regret. Il est vrai que certains thèmes reviennent très souvent, par exemple le théâtre traditionnel ou les religions ; personnellement, ça m’a lassée au bout d’un moment. J’aurais aimé en savoir plus sur nos différences culturelles actuelles ou sur le monde du travail, le respect des aînés par exemple. Heureusement, j’ai adoré tout le reste et j’ai appris énormément de choses. Qu’est-ce qu’un shogun ? Comment sont célébrer les mariages ? Qu’en est-il vraiment des yakuzas ?

957c00e5e3f798ed92911cdd7791009fVous allez découvrir tellement de choses intéressantes, ça ne fait aucun doute ! Les auteurs ont eu l’excellente idée d’émailler ce livre avec des extraits d’œuvres littéraires fondatrices du Japon, dont – bien sûr – les fameux haïkus. L’édition est soignée, et je n’ai rien eu à redire quant à l’écriture. Ce livre m’a tellement fait rêver que j’ai enchaîné avec quelques films du studios Ghibli pour faire durer cette lecture. Sans hésitation, je vous conseille donc ce livre atypique, agréable.

Chantal Deltenre et Maximilien Dauber, Japon, miscellanées, aux éditions Nevigata, republié chez Pocket, 6€95.

Monumental, records et merveilles de l’architecture, de Sarah Tavernier et Alexandre Verhille

Au hasard des rayonnages de ma médiathèque, mon œil a été attiré par un très grand livre à l’espace jeunesse. Il s’agit de Monumental, records et merveilles de l’architecture de Sarah Tavernier et AlexandreVerhille.

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Ce magnifique ouvrage est un atlas qui parcoure cinq continents et 80 pays. Les dessins sont très colorés et soignés, la maquette et l’édition sont vraiment superbes. Au fil des pages, les auteurs nous invitent à découvrir de très nombreux monuments, incroyables par leur construction (des prouesses techniques), leur beauté, leur fonction…

Évidemment, on retrouve des incontournables comme les pyramides de Gizeh, la tour Eiffel ou celle de Pise, la Statut de la Liberté, on retrouve les plus grands buildings du monde, etc. Ces édifices ont tous été bâtis par la main de l’homme et c’est fou de voir toutes ces constructions, tous ces records techniques. Au-delà des monuments les plus célèbres, j’ai vraiment énormément apprécié de découvrir des édifices provenant de tous les pays, de tous les continents et de toutes les époques. Les édifices religieux (toutes religions confondues d’ailleurs) puis les monuments politiques sont les plus nombreux bien sûr mais on retrouve également des hôtels, des bibliothèques et même une école maternelle ! A chaque monument correspond une petite vignette avec les éléments les plus importants à savoir : la localisation, la date de construction, les architectes, la taille…

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A picorer ou à lire scrupuleusement, cet atlas saura vraiment ravir vos yeux et votre curiosité, c’est vraiment une petite merveille ! Je vais sans aucun doute le partager avec les enfants de mon école et j’ai hâte de voir leur réaction !

Sarah Tavernier et Alexandre Verhille, Monumental, Records et Merveilles de l’architecture, aux éditions Milan, 19€90.