Madame Bovary, de Flaubert

madame-bovaryCela fait un long moment que je n’ai pas posté d’avis lecture ici. Il faut dire qu’avec les lectures internes du Prix du Jeune Écrivain, la reprise intensive du sport et un peu de fatigue (merci le changement d’heure)… je n’ai pas beaucoup lu. Un seul roman en mars ! Mais quel roman ! Un bon classique comme je les aime, que j’avais découvert en fac de lettres : Madame Bovary de Flaubert.

Emma, ah Emma… ! Emma vit dans ses romans, elle aimerait que sa vie soit aussi romanesque. Elle épouse donc ce médecin Charles, en espérant une vie faite de péripéties… Mais cette fille de paysan découvre que son nouveau mari est bien ennuyeux, même s’il est fou amoureux d’elle. Emma rêve d’une existence plus palpitante, moins provinciale. Les hommes, elle trouvera un échappatoire avec les hommes. Elle est belle, elle veut être amoureuse… l’adultère lui tend les bras. Emma est, à mes yeux, amoureuse de l’amour, ou plutôt amoureuse de la passion. Elle aime frémir de désir, elle aime vivre dangereusement, elle aime être aimée.

Je peux comprendre que ce livre ait choqué à sa sortie en 1857, la société était alors bien différente de la nôtre. Mais même aujourd’hui, je ne peux m’empêcher d’être agacée par l’héroïne. Elle ment, elle utilise les autres, elle blesse son entourage. Charles est pourtant un mari aimant qui ferait tout pour elle. Malgré ça, j’ai adoré suivre Emma dans sa vie, je me suis passionnée pour ses aventures, son quotidien même si j’aurais bien aimé lui faire la morale ! Les pages défilent vite et il y en a plus de 400 !

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Il faut dire que Flaubert est vraiment un romancier incroyable. Il a un sens de la formule qui en fait conteur hors pair. Des descriptions précises, des dialogues bien choisis, des personnages dessinés avec justesse, un rythme maîtrisé de bout en bout. On a beaucoup à apprendre de Flaubert : chaque mot est choisi avec précision et, même à notre époque, je trouve cette langue coulante, naturelle. J’ai redécouvert l’auteur à travers cette lecture et j’ai hâte de me mettre à lire ses correspondances – j’ai beaucoup entendu parlé de son ton mordant et sans détour !

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Je ne peux que vous encourager à (re)découvrir Madame Bovary et plus largement tous ces classiques de la langue française : de belles surprises vous attendent.

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Premier coup de cœur pour ce mois de février, ça tombe bien, c’est le mois de la Saint-Valentin – et oui, je sais, cette chronique ne paraît qu’en mars. Vous voulez une histoire d’amour tout en douceur, une histoire d’amour qui change des romances fleur bleue mais qui reste romantique à souhait quand même ? Alors Songe à la douceur de Clémentine Beauvais est pour vous.

Tatiana et Eugène se sont connus quand ils étaient adolescents. Elle avait le béguin pour lui. Alors que sa sœur Olga et son ami Lensky s’aimaient d’un amour fou à côté d’eux, Eugène et Tatiana faisaient connaissance. Puis leurs liens ont été rompus. Dix ans plus tard, ils se retrouvent, au hasard des rues de Paris.

Ce roman est une vraie pépite, c’est la plus belle œuvre que j’ai lu depuis longtemps. Il y a une certaine paresse dans les sentiments que les personnages éprouvent. Et aussi une émulation : on retrouve notre adolescence avec eux. La richesse des sentiments décrits dans ce livre est purement incroyable. Clémentine Beauvais sait nous émouvoir, nous emporter et nous fasciner pour ce couple en devenir que l’on suit avec bonheur. Pourtant, ce n’est qu’une histoire d’amour, de retrouvailles… mais ce n’est pas que ça. L’auteure a voulu faire sa version d’Eugène Onéguine de Pouchkine, et elle a su retransmettre ce petit côté russe que j’aime tant, tout en l’insérant dans la vie parisienne. Paris, une histoire d’amour, avec des personnages qui sont nés dans les mêmes années que moi : j’ai adoré m’identifier à cette histoire, et j’imagine que c’est en partie pour cela que j’ai tant apprécier ce roman.

Bien sûr, je suis obligée de parler de ce style ! En vers libres, une pure merveille. Quel style, quelle richesse de la langue, honnêtement, je suis vraiment époustouflée ! Il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer la fascination qu’a eu sur moi ce livre. Ça se lit très facilement, sincèrement on se laisse emporter très vite – j’avais des appréhensions au début, des préjugés, ils sont tous tombés en deux pages.

C’est un roman exceptionnel, il réserve de nombreuses surprises. Je m’en souviendrais longtemps.

Clémentine Beauvais, Songe à la douceur, aux éditions Points, 7€40.

La Dernière des Stanfield, de Marc Levy

Eleanor-Rigby est journaliste pour National Geographic et vit à Londres, George-Harrisson est ébéniste au Québec. Un océan les sépare et pourtant ils ont tous les deux reçu une lettre anonyme leur indiquant que leurs mères avaient chacune un passé criminel. Qui est l’auteur de cette accusation ? Qu’est-ce qui relie nos deux personnages ? Un rendez-vous donné à Baltimore pourra peut-être répondre à leurs questions… et à celles du lecteur !

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La Dernière des Stanfield de Marc Levy met un peu de temps à démarrer, c’est vrai. Et nous perd aussi un peu parfois. Mais l’auteur réussit à relier trois générations, à nous faire voyager du Québec à la France en guerre en passant par l’Angleterre et les États-Unis. Très vite, on est pris dans l’engrenage dans cette enquête officieuse et familiale. On veut connaître la vérité, les liens qui unissent Eleanor-Rigby et George-Harrisson, ainsi que leurs mères. Marc Levy parvient à nous captiver complètement, on tourne les pages sans s’en rendre compte. La narration est fluide, les chapitres défilent. Il faut dire qu’on s’est beaucoup attaché à ces personnages, y compris les secondaires, et on serait prêt à les suivre au bout du monde pour faire partie de leurs aventures. Quelques fois l’auteur use un peu trop de facilité dans son intrigue – l’historien de la ville, par exemple – et ça semble un peu trop facile, mais les lieux et les décors ne manquent pas de cachet, les souvenirs de leurs familles sont racontés avec un côté rétro très réalistes… donc on fait l’impasse sur les quelques défauts et on poursuit.

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On poursuit… le dénouement arrive, et c’est génial… jusqu’aux deux dernières pages. Juste les deux dernières pages et tout cafouille. Ne lisez pas ces deux dernières pages. L’auteur a mené son roman d’un bout à l’autre, avec justesse et naturel. Et PAF ! Quel mauvais pas, quelle fin inutile ! Certaines questions sont faites pour qu’on n’y réponde pas. Pas besoin de pondre une fin incohérente, irréaliste, artificielle… ça m’a un peu gâché l’effet de cette lecture. Donc, vraiment, ne lisez pas les deux dernières pages.

Ça reste tout de même une lecture agréable et je pense retenter l’expérience avec Marc Levy. C’est divertissant, bien écrit, prenant !

Marc Levy, La Dernière des Stanfield, aux éditions Pocket, 7€90.

La Fille du train, de Paula Hawkins

la-fille-du-trainLa fille du train de Paula Hawkins, c’est l’histoire de Rachel, un peu trop portée sur la bouteille. Chaque matin, elle se rend à Londres en train depuis la banlieue où elle habite : elle en profite alors pour scruter le jardin et la maison de ce couple parfait qu’elle a surnommé Jess et Jason. Et c’est un hasard si cette demeure se situe à deux pas de celle de son ex-compagnon, qui vit avec sa jolie petite famille, cet ex qui l’a quittée pour sa maîtresse, qui l’a trahie, abandonnée. Alors au lieu de revivre tout ça, Rachel préfère imaginer la vie de Jess et Jason, jusqu’au jour où Jess la trahit aussi en embrassant un autre homme dans son jardin. Quelques jours après, Rachel découvre la photo de cette femme : elle a disparue.

C’était une lecture sympathique, mais malheureusement elle a pâti de sa réputation. On voyait ce livre partout, j’ai donc sûrement mis la barre trop haute.

J’avoue tout de même, qu’après tout, c’est une bonne histoire, avec des personnages forts – surtout les femmes – et un entremêlement de vie qui donne le tournis, qui nous perd, et c’est bien joué. On ne sait jamais qui est le coupable, l’auteure nous mène par le bout du nez en insérant tellement de fausses pistes… J’ai adoré ce décor de la banlieue de Londres, je m’y suis crue. Le point de vue depuis le train, le prendre comme point de départ est également très intéressant : ce petit côté voyeur, sans-gêne de Rachel m’a happée dans le début de ce livre et j’ai tourné les pages avec plaisir pour suivre l’héroïne dans son enquête officieuse, plus menée par la soif d’en savoir plus sur la vie privée des gens, que par réel intérêt pour la vie de la disparue.

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Malheureusement, cette intrigue manque de peps, on la sentait bricolée. Elle manque de réalisme et surtout d’enjeu. Pour nous, on voit ça avec beaucoup de distance, un regard extérieur avant tout car les personnages ne sont pas attachants. On peut être alcoolique et pitoyable et en même temps être un personnage que le lecteur veut suivre. Ici, ce n’est pas le cas. Aucune des trois femmes présentes dans ce livre, à qui l’auteur donne à tour de rôle la parole, n’est sympathique aux yeux du lecteur. On s’en fiche un peu. Ainsi, l’histoire perdune grande partie de son intérêt et de son suspens car, au-delà du dénouement assez prévisible, on s’en fiche de suivre ces personnages, de connaître leur sort à la fin du livre. Je m’exprime sûrement très mal mais j’espère tout de même que vous voyez là où je veux en venir : il manque un ingrédient essentiel dans ce roman, dans ces personnages qui ne touchent pas assez le lecteur. On a peu d’empathie pour eux, ils ont leurs vies propres et on ne s’identifie donc pas du tout à ces héros. Paula Hawkins a tout de même le mérite d’avoir un bon sens du rythme, une écriture précise et des personnages bien construits. Cela ne fait pas pour autant de La Fille du train un bon page-turner, mais c’est un thriller correct.

Paula Hawkins, La Fille du train, aux éditions pocket, traduit de l’anglais par Corinne Daniellot, 7€90.

Did I Mention I Miss You ? (tome 3), d’Estelle Maskame

Et voilà, je viens de finir la saga d’Estelle Maskame autour du couple Eden/Tyler, demi-frère et demi-sœur par alliance (pas de chance pour eux), avec le dernier tome : Did I Mention I Miss You? Attention, je vais spoiler les deux premiers tomes (un petit peu) dans cet article donc vous êtes prévenus. Ceci dit, ça reste une romance young-adult assez basique, pas de grosses surprises à l’horizon non plus.

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Eden et Tyler dans le tome précédent avaient fini par se mettre en couple et par l’avouer à leurs familles. L’accueil du côté du père d’Eden – qui est donc le mari de la mère de Tyler, vous suivez ? – n’a pas été des plus chaleureux… Leur relation choque et dégoûte pas mal de monde. Ça fait trop pour Tyler, il a déjà son passé à se traîner : il décide donc de partir. Il laisse seul Eden à Santa Monica. On la retrouve un an plus tard, pleine d’amertume et de colère envers Tyler qui l’a tout simplement abandonnée. Mais ce dernier revient dans la vie de tous. Ella, sa mère, qui voit sa famille partir en lambeaux, décident d’emmener tout le monde en week-end à Sacramento.

Tout ce passe comme vous l’imaginez entre Eden et Tyler, honnêtement rien de neuf pour une romance. Il y a toujours cette avalanche de bons sentiments, et Tyler qui a changé, qui est devenu quelqu’un d’incroyable et bla et bla.

Heureusement, je suis très attachée à ses personnages, j’ai donc pris du plaisir à les suivre jusqu’au bout. Ce qui est intéressant dans cette saga, c’est la place de la famille dans l’histoire et les relations des personnages principaux avec la leur. Il faut dire qu’il y a de quoi faire, entre les relations aimantes, les relations inexistantes, les relations belliqueuses… Ce point de vue est très intéressant et j’ai apprécié retrouver autant de profondeur dans ce genre de lecture que j’ai choisi uniquement car elle est divertissante.

C’est un roman qui se lit vite et comme les autres tomes, on ne s’ennuie pas, tout s’enchaîne très vite. Mais à l’inverse des deux opus précédents où chaque intrigue se fixait dans une ville, ici on passe beaucoup de temps en voiture et en hôtel, entre Sacramento, Santa Monica et Portland. L’histoire est éclatée, faisant ressurgir des vestiges des autres tomes. J’ai l’impression que l’auteure s’est un peu laissée envahir par son histoire. Les lieux de l’intrigue sont trop éparpillés, il aurait fallu à mes yeux qu’on se focalise vraiment plus sur la ville de Portland que j’ai appris à aimer comme Eden et Tyler. Ce tome dégouline un peu trop de bons sentiments, mais il y a un beau travail sur le thème des tensions familiales et du pardon. On peut vraiment dire que la qualité est inégale sur tous les plans !

Je suis très heureuse cependant d’avoir fini cette saga que j’ai vraiment apprécié de bout en bout malgré ses imperfections et son manque de maturité. Je vous la conseille si vous recherchez une romance ado qui vous transportera aux États-Unis.

Estelle Maskame, Did I Mention I Miss You ?, traduit de l’anglais par Maud Ortalda, aux éditions Pocket Jeunesse, 16€90.

Un mariage anglais, de Claire Fuller

Un mariage anglais de Claire Fuller est apparu devant moi sur un présentoir dans ma médiathèque. Je me suis alors souvenu que j’avais déjà entendu parler – en bien – de ce roman, et je me suis dit pourquoi pas ? Le début de ma lecture a été un peu laborieux, je n’étais pas passionnée parce que je lisais, je trouvais ça un peu ennuyeux et j’étais détachée de l’histoire et des personnages. Il faut dire que le titre, la quatrième de couverture décrivent un roman fort, poignant, avec des rebondissements, beaucoup de nature… Alors oui, il y a la nature sauvage, la mer dans laquelle on nage à n’importe quel moment. Mais au fond, c’est un récit qui s’écrit petit à petit, à son rythme.

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Ingrid a disparu il y a plus de dix ans, laissant seul son mari Gil – un écrivain assez connu – et ses deux filles Nan et Flora. Son mari redécouvre, cachées dans les livres qu’ils collectionnent et envahissent sa maison, des lettres qu’Ingrid lui a laissé, revenant sur leurs mariages, sur les secrets de Gil qui ont peu à peu créer des failles. Nan et Flora sont obligées alors de revenir auprès de leur père, affaibli, vieillissant…

Des personnages atypiques, qui ne vont pas bien ensemble, qui ont leur saute d’humeur et parfois un caractère bien trempé, des relations changeantes… Ce livre a quelque chose en lui d’humain et de sincère. Nan et Flora sont deux sœurs très différentes mais au fond complémentaires : on s’aperçoit avec elles comment un père peut être différent pour chacune. Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce dernier, Gil : son côté écrivain et collectionneur de livres m’a beaucoup plu mais c’est un mari peu fiable. Les personnages secondaires sont en fait vitaux pour l’histoire et Claire Fuller les insère d’une excellente façon dans son récit. Quant à Ingrid, j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle, je l’ai comprise, j’ai trouvé excellente chacune de ses lettres, sa façon de revenir sur son passé et son présent, de revenir sur ses dilemmes de mère et de femme – Gil a presque le double de son âge, c’était son professeur de littérature. L’auteure s’est beaucoup appliqué dans la description des lieux, et même avec peu de mots, je m’y suis crue.

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J’ai apprécié les paysages, j’ai adoré les personnages secondaires mais aussi le principe des lettres découvertes des années plus tard. Toutefois, l’intrigue aurait pu être mille fois plus passionnante, se terminer en beauté, avoir un rythme plus prenant. De ce côté-là, ça a été décevant. C’est pour moi une lecture en demi-teinte : il y a des qualités dans l’écriture, le style, la construction des personnages, mais à mon sens, certains éléments comme l’intrigue, la narration, le rythme auraient vraiment besoin d’être plus travaillés.

Claire Fuller, Un mariage anglais, traduit de l’anglais par Mathilde Bach, aux éditions Stock, 22€.

Un peu de soleil dans l’eau froide, de Françoise Sagan

J’ai lu mon premier roman de Françoise Sagan et je suis assez contente. Cela faisait très longtemps que ses livres me faisaient de l’œil, l’auteure m’attirait. J’ai donc ressorti un roman d’un recoin caché de ma bibliothèque et lu Un peu de soleil dans l’eau froide.

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C’est un court roman, avec en son cœur une histoire d’amour, une vraie, avec ses côtés triviaux et ses complications. Gilles est un journaliste en pleine déprime – il n’est plus attiré par celle qui vit chez lui, n’éprouve plus de plaisir à rien. Alors, il va se reposer quelques semaines chez sa sœur à Limoges. Là, il rencontre une femme, Nathalie, une femme entière, sincère.

J’ai été particulièrement touchée par cette histoire, parce que certains de ses aspects me rappelaient des épisodes de ma vie. Je pense plus globalement que ce livre aura des résonances dans chaque adulte : l’adultère, la rupture, être l’amant ou l’amante, la dépression, etc. Les thèmes abordés le sont avec pudeur et vérité. J’ai trouvé la plume de Sagan très personnelle et riche, tout en restant simple, dans le ressenti. Ses personnages sont très vrais et on les comprend. Ils ont chacun leurs caractères et on aimerait les suivre encore plus loin dans leur vie.

Dans cette histoire d’amour, on passe sur les choses rébarbatives (comme les aléas d’un emménagement commun), mais on n’ignore pas les éléments quotidiens qui forgent les personnages : aller boire un verre, téléphoner, les ennuis au travail. C’est l’équilibre parfait pour ne pas s’ennuyer tout en étant bien immergé dans l’histoire.

Je regrette par contre la narration parfois désordonnée : on ne sait parfois pas de qui on parle, on est de temps en temps perdu et on a du mal à suivre. Une petite impression de fouillis quand l’auteur veut juste suivre le flot de pensées de ses personnages. De plus, certaines longueurs, ou certains passages mal vieillis, viennent alourdir les pages, heureusement assez rarement. Mais je n’ai que ça a reproché à ce petit roman, qui a un côté très réaliste dans sa vision de l’amour et de la passion, presque fataliste, évident – et aussi parfois un peu désespéré il faut le dire.

Françoise Sagan, Un peu de soleil dans l’eau froide, aux éditions Le Livre de Poche, 6€50.