Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Premier coup de cœur pour ce mois de février, ça tombe bien, c’est le mois de la Saint-Valentin – et oui, je sais, cette chronique ne paraît qu’en mars. Vous voulez une histoire d’amour tout en douceur, une histoire d’amour qui change des romances fleur bleue mais qui reste romantique à souhait quand même ? Alors Songe à la douceur de Clémentine Beauvais est pour vous.

Tatiana et Eugène se sont connus quand ils étaient adolescents. Elle avait le béguin pour lui. Alors que sa sœur Olga et son ami Lensky s’aimaient d’un amour fou à côté d’eux, Eugène et Tatiana faisaient connaissance. Puis leurs liens ont été rompus. Dix ans plus tard, ils se retrouvent, au hasard des rues de Paris.

Ce roman est une vraie pépite, c’est la plus belle œuvre que j’ai lu depuis longtemps. Il y a une certaine paresse dans les sentiments que les personnages éprouvent. Et aussi une émulation : on retrouve notre adolescence avec eux. La richesse des sentiments décrits dans ce livre est purement incroyable. Clémentine Beauvais sait nous émouvoir, nous emporter et nous fasciner pour ce couple en devenir que l’on suit avec bonheur. Pourtant, ce n’est qu’une histoire d’amour, de retrouvailles… mais ce n’est pas que ça. L’auteure a voulu faire sa version d’Eugène Onéguine de Pouchkine, et elle a su retransmettre ce petit côté russe que j’aime tant, tout en l’insérant dans la vie parisienne. Paris, une histoire d’amour, avec des personnages qui sont nés dans les mêmes années que moi : j’ai adoré m’identifier à cette histoire, et j’imagine que c’est en partie pour cela que j’ai tant apprécier ce roman.

Bien sûr, je suis obligée de parler de ce style ! En vers libres, une pure merveille. Quel style, quelle richesse de la langue, honnêtement, je suis vraiment époustouflée ! Il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer la fascination qu’a eu sur moi ce livre. Ça se lit très facilement, sincèrement on se laisse emporter très vite – j’avais des appréhensions au début, des préjugés, ils sont tous tombés en deux pages.

C’est un roman exceptionnel, il réserve de nombreuses surprises. Je m’en souviendrais longtemps.

Clémentine Beauvais, Songe à la douceur, aux éditions Points, 7€40.

La Dernière des Stanfield, de Marc Levy

Eleanor-Rigby est journaliste pour National Geographic et vit à Londres, George-Harrisson est ébéniste au Québec. Un océan les sépare et pourtant ils ont tous les deux reçu une lettre anonyme leur indiquant que leurs mères avaient chacune un passé criminel. Qui est l’auteur de cette accusation ? Qu’est-ce qui relie nos deux personnages ? Un rendez-vous donné à Baltimore pourra peut-être répondre à leurs questions… et à celles du lecteur !

la-derniere-des-stanfield

La Dernière des Stanfield de Marc Levy met un peu de temps à démarrer, c’est vrai. Et nous perd aussi un peu parfois. Mais l’auteur réussit à relier trois générations, à nous faire voyager du Québec à la France en guerre en passant par l’Angleterre et les États-Unis. Très vite, on est pris dans l’engrenage dans cette enquête officieuse et familiale. On veut connaître la vérité, les liens qui unissent Eleanor-Rigby et George-Harrisson, ainsi que leurs mères. Marc Levy parvient à nous captiver complètement, on tourne les pages sans s’en rendre compte. La narration est fluide, les chapitres défilent. Il faut dire qu’on s’est beaucoup attaché à ces personnages, y compris les secondaires, et on serait prêt à les suivre au bout du monde pour faire partie de leurs aventures. Quelques fois l’auteur use un peu trop de facilité dans son intrigue – l’historien de la ville, par exemple – et ça semble un peu trop facile, mais les lieux et les décors ne manquent pas de cachet, les souvenirs de leurs familles sont racontés avec un côté rétro très réalistes… donc on fait l’impasse sur les quelques défauts et on poursuit.

baltimore-harbor-5955298c5f9b5815d9b49054

On poursuit… le dénouement arrive, et c’est génial… jusqu’aux deux dernières pages. Juste les deux dernières pages et tout cafouille. Ne lisez pas ces deux dernières pages. L’auteur a mené son roman d’un bout à l’autre, avec justesse et naturel. Et PAF ! Quel mauvais pas, quelle fin inutile ! Certaines questions sont faites pour qu’on n’y réponde pas. Pas besoin de pondre une fin incohérente, irréaliste, artificielle… ça m’a un peu gâché l’effet de cette lecture. Donc, vraiment, ne lisez pas les deux dernières pages.

Ça reste tout de même une lecture agréable et je pense retenter l’expérience avec Marc Levy. C’est divertissant, bien écrit, prenant !

Marc Levy, La Dernière des Stanfield, aux éditions Pocket, 7€90.

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, de Laurent Gounelle

J’ai enfin lu mon premier Laurent Gounelle, Et tu trouveras le trésor qui dort en toi et je crois que je peux officiellement avancer que les romans feel-good sur fond de développement personnel, ce n’est vraiment pas mon truc. Je les trouve trop niais, ils manquent de profondeur, l’intrigue est vue mille fois, les personnages sont tellement génériques qu’ils n’en sont pas attachants du tout, et l’histoire semble assez artificielle. Ça ne veut pas dire que ce ne sont pas des bons romans – souvent l’écriture en soi, l’art des dialogues, le rythme, je n’ai rien à y redire – mais ils ne sont pas au niveau des milliers d’autres que je rêve de lire.

et-tu-trouveras-le-tresor-qui-dort-en-toi

Alice est une reine de marketing, son travail est très important pour elle. Elle est aussi très portée sur le développement personnel moderne, temple de l’égocentrisme si on y prête attention deux secondes, où tout est tourné vers soi (gagner de la confiance en soi, trouver ses blocages, croire en ses capacités, se surpasser avec des compétences insoupçonnées, rayonner, et blablabla) et non plus vers l’autre (ou alors, c’est pour utiliser l’autre, le convaincre…) Pardon, je m’égare, je suis très subjective ! Alice donc. Elle souhaite venir en aide à son ami d’enfance, prêtre à Cluny, qui désespère de voir son église si vide. Après quelques tentatives purement marketing, Alice va partir à la découverte des paroles de Jésus, mais aussi du taoïsme et autres religions orientales pour tenter de comprendre ce qui pourrait réellement aider son ami. Cette jeune femme ne manque pas de motivation, testant elle-même ces trouvailles. Elle en est si parfaite qu’elle devient à la fois surréaliste et agaçante – en effet, je n’ai pas du tout aimé ce personnage principal.

clunyC’est très limite si vous êtes vraiment croyant, vous risquez d’être froissé à la lecture de ce roman. Ceci dit, ce livre ne manque pas du tout de bonnes idées du côté de développement personnel. Bon, rien d’extraordinaire, mais Laurent Gounelle nous fait passer le message d’une bien belle façon et il est vrai que c’est mieux entendable sous cette forme, plutôt que dans un essai. De plus, j’ai beaucoup aimé l’arrière-plan de ce livre : tous les décors, toutes les situations. Le rythme et l’écriture, en effet, sont bons. Ça se lit vite, même s’il y a quelques longueurs au cours de dialogues peu vraisemblables sur les religions.

Une lecture réellement en demi-teinte qui, à titre personnel, ne me convient pas vraiment. Ceci dit, c’est de la bonne littérature et je ne doute pas une seconde que de nombreux lecteurs trouveront leur compte avec ce roman !

Laurent Gounelle, Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, aux éditions Le Livre de Poche, 7€40.

L’Adversaire, d’Emmanuel Carrère

Au début de l’année 1993, un drame : Jean-Claude Romand tue sa femme, ses deux enfants, ses parents, tente d’assassiner sa maîtresse et enfin essaie de se suicider – sans succès. On découvre par la suite qu’il a menti à tout le monde, s’inventant une vie de médecin, chercheur à l’OMS en Suisse. Alors qu’il a arrêté de passer ses examens de médecine en deuxième année. Il dupe, ment, triche et escroque son entourage en prenant en charge leurs « placements d’argent » en Suisse, argent qu’il garde pour lui, histoire de remplacer son salaire imaginaire. Mais que fait-il pendant ses longues journées à faire semblant d’être au travail ? Comment en est-il arrivé là ? Comment voit-il tout cela au moment de son procès ? Dans L’Adversaire, après un long processus, une visite, des lettres, après son jugement, Emmanuel Carrère revient sur ces événements et sur l’homme qui en est la cause.

l-adversaire

C’est la mode, encore plus qu’avant, de s’inspirer de la page faits divers des journaux, d’y puiser plus ou moins largement, romançant très peu ou beaucoup, allant plus vers de la fiction ou de l’enquête… Et qu’est-ce que j’adore ça ! Vraiment, je pourrais dévorer à longueur de journée ce genre de récit retraçant des faits sordides ayant réellement eu lieu. Sûrement un côté voyeur, une envie de comprendre. Je pense que c’était là la démarche d’Emmanuel Carrère, une sorte de fascination : pourquoi mentir, encore et encore, toutes ces années ? Il devait savoir et revenir dessus. Il a mis à distance, volontairement ou non, les corps, les meurtres, l’innommable. Ce qui intéresse l’auteur dans ce livre, c’est avant tout l’homme, ses années de mensonge. J’ai aimé le suivre dans cette vision des choses, même si je trouve parfois très limite cette façon d’envisager Jean-Claude Romand, presque comme une victime de sa propre histoire, un héros dans le sens où il est au cœur du livre, dans le sens où c’est lui le moteur des événements.

Je me demandais ce qu’il ressentait dans sa voiture. De la jouissance ? Une jubilation ricanante à l’idée de tromper si magistralement son monde ? J’étais certain que non. De l’angoisse ? Est-ce qu’il imaginait comment tout cela se terminerait, de quelle façon éclaterait la vérité et ce qui se passerait ensuite ? Est-ce qu’il pleurait, le front contre le volant ? Ou bien est-ce qu’il ne ressentait rien du tout ? Est-ce que, seul, il devenait une machine à conduire, à marcher, à lire, sans vraiment penser ni sentir, un docteur Romand résiduel et anesthésié ? Un mensonge, normalement, sert à recouvrir une vérité, quelque chose de honteux peut-être mais de réel. Le sien ne recouvrait rien. Sous le faux docteur Romand il n’y avait pas de vrai Jean-Claude Romand.

Le style est direct, même s’il m’est arrivé de trouver certains termes, certaines tournures de phrases un peu alambiqués. Cela manque un peu de naturel, mais je comprends que dans ce genre de récit, mettre dans la distance, ça passe aussi dans le choix des mots. On avance vite dans l’histoire, le livre est court. J’ai aimé voir les lettres échangées entre Emmanuel Carrère et Jean-Claude Romand, étrangement j’ai apprécié leur relation. Le temps passé sur le procès, qui retrace entre autres la vie et les errements du tueur est passionnant. Je n’ai pas pu lâcher ce livre qui montre un vrai talent de chroniqueur et de conteur. Toute une vie d’imposture où, après tout, Jean-Claude Romand était très seul avec ses mensonges. Pour peu, on en viendrait presque à l’excuser. Mais personnellement, il m’a été impossible de me détacher de ce sentiment de pitié que ces pages m’inspiraient.

Si les faits divers vous intriguent, je ne peux que vous conseiller cet excellent livre !

daviel-auteuil-et-geraldine-pailhas-dans-l-adversaire_width1024

Emmanuel Carrère, L’Adversaire, aux éditions P.O.L, 18€.

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi

Les livres de Virginie Grimaldi ne m’avaient jamais attirée. Pourtant j’aime les romans feel-good, mais j’ai l’impression que les siens sont trop, et j’avais peur d’être déçue par la qualité littéraire de ces ouvrages. J’ai pourtant suivi le conseil de plusieurs blogueuses et booktubeuses : j’ai lu Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi et j’ai bien aimé.

il-est-grand-temps-de-rallumer-les-etoiles

Je déteste toujours ce genre de titres qui te vendent du roman épanouissant et feel-good avec des phrases que tu pourrais retrouver dans un agenda spécial citations. Je vous conseillerai cependant de ne pas vous arrêter à ce dernier et d’aller à la rencontre d’Anna, cette maman fauchée qui ferait tout pour ses filles, de Chloé l’adolescente en quête d’amour un peu maladroitement, et de la petite dernière, Lily qui n’a pas la langue dans sa poche mais beaucoup d’humour en réserve ! Anna vient de perdre son boulot et elle voit petit à petit la distance se creuser entre elle et ses enfants. Sur un coup de tête, elle décide de les embarquer à bord du camping-car piqué aux grands-parents pour un énorme road-trip. Direction la Laponie pour voir les aurores boréales ! Au fil de leur voyage, elles vont rencontrer d’autres personnages hauts en couleurs qui vont égayer leur quotidien.

Oui, c’est un roman feel-good avec des relations entre personnages assez convenues, avec un peu de romance à un moment, avec des instants cocasses, des larmes, des disputes, de l’émerveillement. Mais ce n’est pas mielleux. Dans ce roman, Virginie Grimaldi a trouvé un assez bon équilibre. Ses personnages sont tous très attachants et ne sont pas que des stéréotypes en papier. Lily, par exemple, on la découvre à travers son journal intime : j’ai adoré sa manie d’intervertir les expressions et elle comprend bien plus de choses qu’elle ne veut l’admettre. J’ai aimé aussi Chloé dont son utilisation du téléphone pour séduire les garçons est si malheureusement représentative de toute une génération. Anna ou les personnages secondaires m’ont moins séduite. Il faut dire qu’il y a là quelques clichés, parfois touchants certes, mais ils ont des limites… Je ne veux pas trop vous en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir par vous-mêmes.

laponie-finlande-aurore-boreale-6d2a29-0@1x

J’ai été très déçue de ne pas avoir encore plus et encore plus de descriptions des paysages magnifiques traversés par la famille : je sais bien que ce n’est pas le cœur de ce roman, mais le road-trip est la ligne rouge de cette intrigue. Il faut dire que l’auteure ne brille pas du tout par ses descriptions ; elle excelle par contre dans la construction de ses personnages et les dialogues.

C’était bizarre, on était comme en état de choc. Maman n’a pas démarré tout de suite. Même Lily se taisait. Mais ce silence-là, il était différent. Il nous réunissait. On venait de se faire mettre KO par la beauté du monde.

Ce n’est pas du tout un coup de cœur mais j’ai tout de même beaucoup apprécié ce livre qui a quelques perles cachées dans ses pages. Idéal si vous voulez voyager un peu et vous faire du bien avec une lecture !

Virginie Grimaldi, Il est grand temps de rallumer les étoiles, aux éditions Fayard, 18€50.

Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos

Cela faisait un petit moment que je voulais découvrir ce roman, donc lors d’un craquage complet en librairie, il a naturellement fait partie de mes achats : je vous parle aujourd’hui du livre de David Foenkinos, Le mystère Henri Pick.

Le-mystere-Henri-Pick

Il existe à Crozon en Bretagne une bibliothèque qui accueille les manuscrits refusés par tous les éditeurs. Une jeune éditrice et son amoureux d’écrivain y découvre par le plus grand des hasards un véritable chef-d’œuvre de la littérature. Mais l’auteur, un certain Henri Pick, se révèle être un pizzaiolo du coin, décédé deux ans auparavant… Partons à la découverte de ce mystérieux bonhomme, et suivons les conséquences étonnantes de ce roman mis au jour.

Au fur et à mesure de l’intrigue, on s’écarte des deux personnages principaux de départ pour s’intéresser un peu plus en profondeur à la femme et à la fille de Pick, mais aussi à la bibliothécaire de Crozon, à l’ancien éditorialiste déchu qui voit là une opportunité de revenir sur le devant de la scène, à l’employée d’un magasin de lingerie… Tous ces personnages se croisent, se connaissent et l’auteur nous permet d’entrer dans leur intimité, de comprendre leurs actes, leurs paroles, leurs enjeux personnels dans cette histoire. Surtout, cela nous permet de voir tous les ricochets que ce manuscrit découvert va provoquer dans leurs vies, parfois complètement bouleversées. Il est beaucoup question ici d’amour, de relations de couple, de mariage, de rencontre, de remise en question. J’ai aimé cette façon d’aborder l’intrigue, de nous la livrer. Plus que le mystère Pick lui-même, ce sont ses répercussions qui vont nous intriguer.

bande-annonce-mystere-henri-pick-remi-bezanco-L-YETghp

C’est un court livre, servi par la plume fraîche et pleine d’humanité de Foenkinos. L’auteur s’attarde peu sur les lieux et préfère consacrer sa narration aux dialogues, ou à nous faire découvrir un peu plus toutes les facettes de ses héros. Le mystère de l’origine de ce roman m’a finalement peu intéressée alors que j’avais acheté ce roman pour ça à la base ! J’ai aimé la fin choisie par l’auteur, je ne m’y attendais pas vraiment.

L’écrivain en profite pour multiplier les références au monde de l’édition française et à ses auteurs. Un vrai petit bonheur pour les grands lecteurs passionnés comme moi. Beaucoup d’humour et de vivacité dans ces pages que l’on tourne sans réfléchir. Un roman divertissant et rondement mené, même si j’aurais aimé une ligne directrice plus droite et plus visible.

David Foenkinos, Le mystère Henri Pick, aux éditions folio, 7€90.

La forêt des ombres, de Franck Thilliez

Pour cette lecture, j’ai demandé à l’amoureux de choisir un roman parmi ma pile à lire. Il a jeté son dévolu sur un thriller, sûrement à cause de sa très belle édition (une collector, pour un Noël passé). Mais grâce à ce hasard, j’ai enfin découvert la plume de Franck Thilliez avec La forêt des ombres.

La-foret-des-ombres

Dans les thrillers bien noirs, je n’aime pas du tout quand le héros est un flic, je préfère quand c’est quelqu’un de lambda. Et c’est le cas ici. David Miller est thanatopracteur et en parallèle, il écrit aussi. Des thrillers. Il a notamment publié un roman. On lui propose une bien étrange mission : contre une belle somme d’argent, il doit tout plaquer pendant un mois et se rendre dans le chalet d’un riche homme en fauteuil roulant, un chalet perdu dans la Forêt noire. Il s’y rend avec sa femme et sa fille, et découvre un endroit glauque, mystérieux, isolé. Il découvre alors le sujet de son roman : il doit faire revivre dans un nouveau roman le Bourreau 125, qui a torturé et tué il y a 25 ans.

Vous vous doutez bien que rien ne se passe comme prévu, que chacun a des secrets… Bref, de beaux retournements de situations. J’ai adoré le lieu où est placé l’action, à la fois beau et dangereux. L’auteur a un vrai talent pour planter le décor, même si j’aurais aimé qu’il passe plus de temps à nous décrire le chalet. De nombreux éléments nous mettent dans le doute, nous font poser des questions : j’en ai trouvé quelques uns superficiels, superflus mais je comprends l’attention de l’auteur.

ID_13870_371_front_large

Ce thriller prend son temps pour poser les personnages, et c’est tant mieux ! J’ai apprécié découvrir et suivre ces héros qui ont chacun une histoire très intéressante. J’ai trouvé un peu kitsch l’homme en fauteuil roulant, un peu cliché. La folie a la part belle dans cette histoire mais à mes yeux, elle arrive avec ses gros sabots et utilise tous les poncifs du genre.

L’histoire va vite, on ne s’ennuie pas. Le suspens ne dure pas des lustres comme avec certains thrillers. Au fur et à mesure, on a les réponses et on comprend – malheureusement, j’ai même tout compris très vite, j’avais tout deviné, vraiment tout ! Mais je ne porte pas rigueur à ce roman de ce manque de suspens car j’ai finalement adoré son action, son intrigue, ses personnages. Franck Thilliez a une plume efficace, j’ai apprécié ce côté économe. Il n’y a presque rien à enlever, sauf à la limite quelques actes de ses personnages… Je suis vraiment déçue de la toute fin par contre, qui retombe comme un soufflet !

Un bon petit thriller, qui a bien fonctionné sur moi. Et malgré quelques défauts, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur et je vais sans aucun doute retenté l’expérience !

Franck Thilliez, La Forêt des ombres, aux éditions Pocket, 7€30.